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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 00:12
Echec du RGPH : Les origines du mal

L’opération de Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), actuellement en cours sur le territoire national, est au centre d’une vive controverse dans les milieux politiques, et au sein des populations. En l’état actuel de la situation, il est difficile de prévoir de quelle manière se termineront ces empoignades verbales, où se mêlent menaces, intimidations, et incitation à la détermination ou à la sérénité. A moins d’un sursaut patriotique de tous, mais surtout des tenants du pouvoir, la fébrilité qui s’est emparée des protagonistes sociaux et politiques, risque d’aboutir à l’échec de cette opération, présentée comme devant servir de tremplin au développement économique et social de la Côte d’Ivoire.

Quelle est l’origine de la controverse, quels sont les objets de la controverse, à qui incomberait la responsabilité de l’échec (éventuel) du recensement, l’échec du RGPH est-il l’échec de toute la classe politique ivoirienne en qui les Ivoiriens n’ont plus confiance ?

Telles sont les questions dont la clarification, offrirait une meilleure visibilité sur la délicate question du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2O13.

L’origine de la controverse

L’impréparation et la précipitation dans le lancement du recensement, expliquent la situation délétère qui prévaut actuellement dans le pays.

Les conséquences de la crise socio-politique n’ayant pas encore disparu, une concertation de tous les acteurs de la scène politique et sociale, devait précéder les phases de préparation et de lancement de l’opération de recensement. Cette manière de procéder, s’explique par le fait que la Côte d’Ivoire est la propriété commune de tous les Ivoiriens, et non de quelques-uns seulement; et c’est ensemble, que ceux-ci devraient rechercher les solutions à ses problèmes. Surtout s’il s’agit de problèmes touchant à ses intérêts vitaux, comme c’est le cas en l’espèce. D’ailleurs, le préambule de la Constitution souligne l’intérêt d’une telle démarche, quand il affirme que l’union dans le respect de la diversité, assure le progrès économique et le bien-être social.

Dans l’immédiat, la démarche unitaire aurait permis de dégager des décisions consensuelles, couvrant tous les aspects de cette opération de recensement. En possession de ces conclusions, le gouvernement aurait été à l’aise, pour exécuter son programme, et préserver du même coup, le pays d’une autre tension inutile. Mais enfermé dans une logique politicienne, et sans doute soucieux de respecter son agenda secret, il a négligé cette étape cruciale, et a ainsi, ouvert la porte à une inquiétante gradation des réactions du FPI.

En effet, de sa simple et à peine audible protestation, ce parti est passé à l’appel au boycott de l’opération de recensement ; résultat final : réceptives à cet appel, les populations de toutes les régions du pays, sans distinction d’opinion politique, adoptent diverses stratégies, pour son application effective sur le terrain. S’ensuivent : Refus ferme de laisser les agents recenseurs entrer dans les domiciles ; séjours inopportuns des paysans dans les champs, pour éviter ces agents ; refus de répondre à l’appel au rassemblement de l’administration ; etc. Pour avoir le contrôle de la situation, et poursuivre l’opération, le gouvernement se raidit, et passe à l’étape des sanctions. Mais cela suffira-t-il pour calmer la situation?

Les objets de la controverse

Une pluralité d’objets a déterminé la naissance de la controverse entre le pouvoir et son opposition.

Au premier rang de ces objets, se trouve la modification par le pouvoir, du projet de recensement prévu pour l’année 2008. Ce projet apprêté par le gouvernement de l’époque, et validé par l’agence spécialisée des Nations-Unies, l’UNFPA, a été amendé sur plusieurs points ; ce qui a été perçu par l’opposition, comme une tentative dont le but est d’effacer toute « trace » du régime précédent. Et par la suite, plusieurs points de friction entre le gouvernement et l’opposition, au sujet de ce projet, ont été constatés.

Les problèmes créés par la modification du projet de 2008 au plan technique :

-Introduction par le gouvernement, de la cartographie censitaire (cartographie réalisée au moyen de la télédétection). Des réserves et des inquiétudes, furent manifestées au sujet des amendements apportés à la méthodologie antérieure. Mais le gouvernement n’en a pas tenu compte et est passé outre. La conséquence, c’est que le délai qui était imparti à cette tâche, au départ, a été largement dépassé, sans pour autant que la cartographie ait été entièrement achevée ; plusieurs districts et régions n’ayant pu être couverts.

Débours, par le trésor public, de la faramineuse somme de trois (03) milliards de FCFA, pour le financement du Projet d’Urgence de Production de Statistiques de Base (PU-PSB). Les résultats de ce projet se font encore attendre.

-Introduction dans le RGPH, du support électronique (Smartphone), pour collecter les informations, en remplacement du support papier, que l’opposition juge plus fiable et mieux adapté aux réalités de la Côte d’Ivoire. Pour l’opposition, si ces appareils permettent d’éviter l’étape de la saisie des données collectées, ils présentent l’inconvénient d’avoir une faible capacité de stockage, etc.

-Non maîtrise des ressources humaines : Les agents recenseurs, recrutés selon des critères pour le moins obscurs, ne sont pas suffisamment formés, n’ont pas de moyens de mobilité, ne sont pas payés, etc.

A tout ce tableau, il faut ajouter les problèmes de nature socio-politique. Les conséquences de la crise socio-politique perdurent, et engendrent plusieurs problèmes :

Instabilité des populations, qui sont obligées de se lancer dans de grands mouvements de déplacement, pour des raisons de sécurité. Des milliers d’Ivoiriens, victimes de cette crise, sont exilés et de ce fait, ne seront pas pris en compte par le RGPH. L’opposition s’en indigne, et ne comprend pas qu’une opération de comptage des Ivoiriens, ignore volontairement une partie de la population cible.

Les arguments avancés par le gouvernement, pour minimiser la gravité de la situation des réfugiés, sont rejetés par l’opposition qui estime que si le recensement est destiné à préparer les bases du développement, celui-ci doit concerner toute la population ; et ne saurait soustraire aucune composante de la société, contrairement à ce que laisse croire le ministre du Plan. Par ailleurs, toujours selon l’opposition, le gouvernement ne donne pas les raisons de l’urgence de cette opération ; ce d’autant plus qu’elle n’avait jamais été considérée auparavant, comme une condition pour faire entrer la Côte d’Ivoire dans l’ère de l’émergence, à l’horizon 2020.

Il y a également l’occupation des habitations, des villages, des terres et des plantations, notamment dans l’Ouest du pays : Pour l’opposition, cette situation peut faire penser que le recensement actuel a pour but de légitimer l’expropriation des citoyens, de leurs biens (maisons, plantations, terres, etc.).

La responsabilité d’un (éventuel) échec du RGPH

Dans le régime politique ivoirien, les rôles sont clairement définis pour la gouvernance nationale : A moins de la survenue de circonstances exceptionnelles dans la vie de la nation, et nécessitant des arrangements particuliers entre les forces politiques, pour une conduite avantageuse des affaires nationales, l’ordre normal des choses est que le gouvernement émanant du parti ou du groupement de partis majoritaire à l’Assemblée Nationale, a la responsabilité de gouverner, tandis que l’opposition constituée du parti, ou du groupement des partis minoritaires, se contente de s’opposer.

C’est dans ce schéma qu’il faut situer la monopolisation, par le gouvernement, des différentes phases du recensement. Ainsi, c’est lui qui en a déterminé le mode opératoire, fixé les dates, recruté le personnel technique, etc. De la même façon, il a jugé, en toute souveraineté, qu’il n’était pas opportun de prendre en considération les critiques que son opposition lui a adressées, sur certains aspects du processus ; et a poursuivi l’opération, comme si de rien n’était.

Eu égard à ce qui précède, et si la sagesse ne pousse pas les uns et les autres à se ressaisir pour trouver des solutions apaisantes à la situation, dans l’intérêt du pays, l’échec du RGPH serait consommé. Et la responsabilité en incomberait principalement au gouvernement qui assure le leadership de cette opération.

L’échec du RGPH serait aussi celui de toute la classe politique ivoirienne en qui les Ivoiriens n’ont plus confiance ?

L’organisation et le fonctionnement du RGPH a été exclusivement l’affaire du gouvernement ; alors qu’en raison de la particularité de la situation prévalant dans le pays, et de l’impératif de réussite qui pèse sur tout projet ou politique à vocation nationale, il était loisible de penser que le pouvoir chercherait à coaliser toutes les forces et compétences internes autour du RGPH, pour lui assurer un succès bénéfique à la CôTE D’IVOIRE. Malheureusement, il n’en fut rien, et c’est solitairement qu’il a géré cette opération qui concerne tous les Ivoiriens.

Le recensement n’étant donc pas mené dans un cadre institutionnel impliquant la participation de toute la classe politique ivoirienne, celle-ci ne saurait, a priori, être comptable de sa conduite, et encore moins de son échec. Par conséquent, l’échec du RGPH ne saurait être perçu comme celui de toute la classe politique nationale. En effet, seuls ceux qui ont la mainmise sur le recensement sont concernés par cet échec.

Par ailleurs, il serait quelque peu abusif de s’appuyer sur l’échec éventuel du RGPH pour soutenir sans nuance que les Ivoiriens n’ont plus confiance en leur classe politique. Certes, depuis quelques années, ceux-ci sont désabusés par l’expérience douloureuse des conséquences de la crise post-électorale ; quand s’y ajoutent les effets négatifs des irréductibles antagonismes politiques, ils ont de sérieuses raisons de se montrer méfiants.

Cependant, il est à noter que malgré toutes les difficultés qui plombent leur existence, les Ivoiriens ne se désintéressent pas des questions d’intérêt national.

Source : L’Eléphant déchaîné N°251

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 00:02
Ce que la justice ivoirienne reproche à Gbagbo

L'Eléphant déchaîné N°251-Dans notre édition N°83 du vendredi 24 août 2012, nous avons énuméré les charges qui sont retenues contre Laurent Gbagbo par la justice ivoirienne.

« (…) La justice ivoirienne a retenu contre lui (Laurent Gbagbo), une ribambelle d’infractions les unes aussi graves que les autres. Et la liste est plutôt longue comme un bras. Laurent Gbagbo est donc poursuivi pour vol en réunion à main armée commis avec violences et effraction, détournement de deniers publics, concussion, atteinte à l’économie publique, pillage et complicités desdites infractions. Ces infractions sont prévues et réprimées par les articles 392 ; 395 ; 396 ; 397 ; 225 ; 226 ; 227 ; 229; 313 ; 325 ; 327 ; 27 ; 29 ; 30 ; 110 et 111 du Code pénal ivoirien. Mais ce n’est pas fini.

Laurent Gbagbo est également poursuivi et inculpé pour atteinte à la défense nationale, attentat ou complot contre l’autorité de l’Etat, constitution de bandes armées, direction ou participation à une bande armée, participation à un mouvement insurrectionnel, atteinte à l’ordre public, coalition de fonctionnaires, rébellion, usurpation de fonction, tribalisme ou xénophobie.

Toutes ces infractions sont prévues et punies par les articles 151 ; 154 ; 155 ; 158 ; 159 ; 191 ; 164 ; 166 ; 167 ; 169 ; 224 ; 258 ; 305 ; 199 nouveau et 200 nouveau du Code pénal ».

Il s’agit là, quasiment, des mêmes infractions qui sont également reprochées à Simone Gbagbo et qui justifient sa détention à Odienné depuis…

Si on s’en tient aux déclarations de Gnénéma Coulibaly, Laurent Gbagbo risque aussi la « prison à vie », non ?

Source : L’Eléphant déchaîné N°251

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 23:51
Edition de Permis de conduire : Gaoussou Touré bloque tout !

C’est une idée plutôt ingénieuse ! Devant les difficultés qu’il éprouve à faire passer sa fameuse réforme des Transports essentiellement basée sur le contrôle de la parafiscalité du secteur, le ministre Gaoussou Touré a trouvé une solution pour le bonheur des demandeurs de permis.

Depuis quelques temps, ceux qui ont réussi tous les examens ne savent plus à quels saints se vouer pour rentrer en possession de leurs permis. La raison ? Eh bien la société qui produit ces permis, Interflex, a décidé de gérer avec parcimonie son stock d’imprimés pour éviter une rupture brusque dans la production et la délivrance des permis.

C’est que Gaoussou Touré-alors même que la société « Quipux » à qui il entend transférer les prérogatives de fabrication de son nouveau permis, n’a pas encore obtenu l’autorisation du chef de l’Etat pour démarrer ses activités-a écrit au fournisseur d’Interflex pour lui demander de ne plus accepter de commande venant de cet opérateur. Au motif que l’Etat a récupéré les prérogatives de fabrication du permis et qu’il n’appartient plus à Interflex de passer de nouvelles commandes d’imprimés.

Et sur la base de ce courrier, le fournisseur français a arrêté de travailler avec Interflex, d’où la lenteur dans la délivrance des permis aux nombreux demandeurs qui ne manquent pas de s’en prendre aux auto-écoles. Lesquelles ont voulu rentrer en grève mais ont levé leur mot d’ordre de grève après une rencontre avec Gaoussou Touré. Mais les assurances qu’il leur a données tombent les unes après les autres, depuis…

La situation est donc totalement bloquée. Depuis fin mars, Interflex et Starten n’ont plus reçu de courrier de Gaoussou Touré, prorogeant leur concession. Mais ces deux entreprises continuent de travailler sans avoir aucune visibilité sur l’avenir malgré les milliards investis et hypothéqués par les actions du Ministère des Transports.

Le Ministre des Transports qui, lui aussi-pensant que ses projets de loi portant suppression de la Sonatt et de l’Agetu, de même que l’approbation de sa convention avec « Quipux » allaient passer comme colis à la gare-n’a pas prorogé la concession des deux sociétés citées, se retrouve sans aucune autorisation du Chef de l’Etat. Et ne peut démarrer sa révolutionnaire réforme. Tel est pris qui croyait prendre ?

Entre-temps, après enquête, l’Inspection d’Etat a recommandé, dans un rapport remis au chef de l’Etat, l’arrêt pur et simple de cette réforme en raison de « l’opacité qui l’entoure ».

Pendant ce temps, les usagers ne savent plus à quels conducteurs se vouer…

Il n’y a vraiment qu’en Côte d’Ivoire que de telles choses puissent être possibles !!!

Source : L’Eléphant déchaîné N°251

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 08:15
Le RGHP 2014 est un retentissant échec, selon L’Eléphant déchaîné

Le Directeur général de l’Institut National de la Statistique (INS) avait pourtant fanfaronné que 67% de la population avaient déjà été recensés, malgré l’appel au boycott lancé par le Fpi. Son ministre de tutelle vient de reconnaître que « ça ne va pas », même à Abidjan.

La réalité est que l’opération, entourée d’une communication catastrophique, est un retentissant échec. Pas seulement à cause de l’appel au boycott du Fpi, mais surtout parce que les populations ivoiriennes, à qui la même infernale classe politique sert les mêmes histoires depuis 20 ans, en ont plus que marre de voir les ingrédients qui ont conduit à la dernière déflagration, petit à petit, se réinstaller.

Après huit ans de crise politico-militaire, les politiciens avaient rabâché les oreilles des Ivoiriens avec l’élection présidentielle de 2010 qui devrait sortir définitivement le pays de la crise pour que, enfin, leurs problèmes, délaissés pendant dix ans, soient traités.

Sauf qu’après leur mobilisation extraordinaire pour participer à cette élection, ils ont reçu en récompense, une meurtrière guerre dont ils ont été les seules victimes. Les politiciens s’étant arrangés, à quelques exceptions près, comme c’est toujours le cas, pour s’en sortir avec les leurs, sans grands dommages…

Trois ans après la crise, et au moment où les Ivoiriens s’attendaient à souffler un peu, voilà que les mêmes politiciens, non contents de se goinfrer sur leur dos, démontrent encore au monde entier, qu’ils n’ont tiré aucune leçon de ce qui est arrivé à ce pays.

Au projet « d’assaut final » annoncé par le Fpi, le Rdr a répondu par un vibrant « sur quoi compte le Fpi pour mélanger le pays » ? Des expressions qui rappellent l’affreuse période du boycott actif qui a coûté la vie à des dizaines d’Ivoiriens, boycott justement mené par le Fpi et le Rdr.

C’est donc à un perpétuel recommencement que l’infernale classe politique invite les Ivoiriens.

Depuis 20 ans, seuls les intérêts des politiciens sont pris en compte. Non contents de se goinfrer sur la sueur du peuple, ils prennent un immense plaisir à créer les conditions pour que les pauvres ne s’en sortent jamais. De création d’emplois ? On n’en parle point. Et les pauvres continuent de crever dans les hôpitaux, pour des ordonnances médicales de 2000 Fcfa.

Dans un tel environnement, comment s’étonner que les populations méprisent l’opération de recensement quand les politiciens eux-mêmes sont incapables de se mettre d’accord sur le principe que cette opération n’a rien de politique ?

Ce n’est certainement pas dans l’appel du Fpi qu’il faut rechercher les raisons essentielles de l’échec de cette opération. Les Ivoiriens n’ont plus aucune confiance dans leur classe politique, c’est un fait. Non seulement cette classe politique est bourrée de parvenus et de faux modèles, mais en plus, elle ne voit pas, globalement, plus loin que le bout de sa poche.

Mais le Gouvernement qui fait une mauvaise lecture de la situation, a brandi la menace de l’emprisonnement contre des membres de la direction du Fpi. En les faisant convoquer via le parquet d’Abidjan, par la Brigade de Recherche de la Gendarmerie nationale. Comme si les gendarmes n’avaient pas des choses plus sérieuses à faire, comme retrouver les braqueurs qui endeuillent des familles chaque jour à Abidjan ou à l’intérieur du pays.

Le Fpi qui n’attendait que cette aubaine, a passé le message à ses militants, dont une poignée-les temps ont vraiment changé- s’est attroupée devant la Brigade de recherche avant de se faire disperser au gaz lacrymogène, par la police. Et les images de cette petite scène ont déjà fait le tour des réseaux sociaux.

Pour offrir de la voix à un parti complètement en manque de stratégie et de leadership éclairé en détournant l’attention des Ivoiriens des vrais problèmes du pays, le Gouvernement Ouattara n’a décidément pas son pareil.

L’EDITORIAL D’ASSALE TIEMOKO (in L’Eléphant déchaîné N°250)

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 08:06
Côte d’ivoire-SINPORT 2014 : L’émergence aveugle 50 hôtesses

Sous l'égide du ministère des Transports, toujours à la pointe de la technologie, est organisée une manifestation grandiose dite Sinport à San Pedro du 6 au 9 mai : le but est de présenter notre merveilleux et exceptionnel port qui, après cette révélation, devrait connaître un essor que le monde entier va nous envier.

Pour assurer un charmant accueil lors de cette manifestation, il a été fait appel à des agences notamment une qui répond, aussi curieux que ça puisse paraître quand on lit la suite, au nom de "Sratégie" avec, comme stratège M. Bléou.

Une centaine de filles devaient être sélectionnées mais c'est finalement une cinquantaine qui a été retenue; elles ont assisté à Abidjan (gratuitement) à toutes les réunions préparatoires; tout semblait bien organisé, calé, cadré ! En effet, selon les prévisions des organisateurs, 400 exposants doivent être présents et 3 ou 4000 visiteurs viendront admirer les stands et merveilles portuaires de San Pedro ... Ça reste du domaine des prévisions !!

Le départ des hôtesses sélectionnées, a été fixé pour le lundi 5 mai. Le rendez-vous de regroupement était prévu aux Deux Plateaux à 10h pour un départ à midi ! (Toujours selon les prévisions).

Certaines sont arrivées à 7h du matin, sans savoir ce qui les attendait ! D’autres sont arrivées normalement et la longue attente a commencé. Des encadreurs, au nombre de quatre, étaient présents, tout semblait presque normal.

Un voyage de nuit, c’est beau !

Après de longues heures d'attente, deux bus immatriculés : 5041 FX 01 et 6545 FP 01 sont arrivés vers 14h mais un problème de carburant les a obligés à repartir. Finalement, ce n'est qu'à minuit et demi que les bus sont partis en direction de San Pedro pour y arriver à 6h30.

Des véhicules 4x4 de l'agence (plaques 943 GF 01 - 4839 GE 01 - 2976 GF 01 et 6746 GB 01) dont la stratégie n'est pas émergente, étaient également de la partie mais aucune protection particulière malgré les risques de circulation de nuit. Le groupe est enfin arrivé à l'hôtel qui était en principe réservé, mais c'est là que le sketch a commencé par un sérieux problème : comme l'heure d'arrivée prévue avait été fixée à 18h la veille, l'hôtelier a attendu, mais ne voyant rien venir, et la demande étant pour une fois très forte, il a loué les chambres à d’autres !!!

Personne n'a pensé à le prévenir du retard pourtant conséquent !!

Pour tenter de trouver une solution, on a prié ces demoiselles de rester dans les bus et ce, jusqu'à 10h ! Devant ce problème inattendu, les filles, baignant dans leur jus depuis plus de vingt-quatre heures, ont trouvé elles-mêmes une solution pour une douche et pour déposer leurs bagages en lieu sûr en utilisant la villa d'un parent de l'une d'elles.

On imagine la joie de l'hôte quand il a vu débarquer un peu plus de cinquante nanas chez lui !

L’enfer continue !

Durant la journée, repérages et boulot "normalement" avec accueil vers 16h du ministre des Transports qui avait drainé tous les militants du Rdr de la région.

Mais le soir venu, personne ne savait où faire coucher ces cinquante filles ; les encadreurs qui avaient conservé leurs chambres mangeaient joyeusement pendant que les filles étaient cloîtrées dans leurs bus.

Vers 22h30, le DG du port, Hilaire Marcel Lamizana, prévenu de cette totale confusion, a donné des instructions pour résoudre le problème.

Suite à cette intervention, une villa a enfin été trouvée vers 23h.

21 matelas d'une place y étaient posés à même le sol de cette villa désaffectée et très poussiéreuse. Les filles un peu fragiles à la poussière, pouvant leur déclencher des crises, ont dormi chez le même oncle qui a encore accepté cette charge. Dans la villa, il n’y avait pas d’eau. La Sodeci sera sollicitée pour venir en urgence brancher l'eau et enfin, les filles ont pu s’offrir un sommeil léger entre minuit et cinq heures. Ce qui a pu reconstituer tout ce petit monde !

Sur le site de l'exposition, on pouvait assister au remblayage toujours en cours le 5 mai, comme une impression d'émergence "à la va vite" !

Ah stratégie quand tu nous tiens !!!

Unité de valeur, le milliard !

A l’ouverture du sketch, les câbles de la compagnie ivoirienne d’électricité, las de se faire massacrer par les engins qui continuaient à circuler à l’intérieur de l’espace, ont congédié l’électricité. Résultat, prévu pour 9 heures, le sketch n’a commencé qu’à 14 heures, après que des groupes électrogènes ont été installés.

Allez, on peut commencer à présent la semaine industrielle et portuaire de San Pedro. « Au total, le Gouvernement prévoit un investissement global de 8, 243 mille milliards de Fcfa non compris les coûts des installations pétrolières (…) San Pedro comptera dans l’émergence de la Côte d’Ivoire… » A déclaré le Ministre des Transports, représentant le Premier Ministre Duncan.

En attendant cette émergence, les hôtesses ont dû réaliser que côté organisation, l’émergence a du pain sur la planche !

ALEX KASSY (in L’Eléphant déchaîné N°250)

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 07:55
Appel d’offres pour la construction 1094 classes : Un document important vous manque…et vous continuez ?

C’est un secret de polichinelle. Les appels d’offres dans ce pays cachent généralement d’affreux gré à gré. En voilà un petit aperçu !

Des clauses éliminatoires mises sous l’éteignoir

Un appel d’offres a été lancé par la Direction des Marchés Publics de Côte d’Ivoire pour la «construction de 1094 classes d’écoles primaires». Et comme cela est de coutume dans tous les appels d’offres, il y a une liste, de documents à fournir. Sur cette liste se présente un certain nombre de documents à caractère éliminatoire c’est-à-dire sans lesquels, le candidat est immédiatement éliminé.

Dans le cas présent, il s’agissait de «l’attestation de régularité fiscale légalisée (éliminatoire), l’attestation de mise à jour CNPS légalisée (éliminatoire), le registre de commerce, la caution provisoire (éliminatoire), la capacité de financement (attestation de préfinancement), deux techniciens de travaux (5 ans d’expérience) diplôme légalisé (éliminatoire), 1 bétonnière 350 litres (reçu d’achat), 1 aiguille vibrante (reçu d’achat), 1 camion 3 tonnes (reçu d’achat)».

Bien entendu, cette liste est actualisée en fonction de la particularité de chaque appel d’offres. Dans le cadre de l’appel d’offres concernant la construction des 1094 classes, les choses, semble-t-il, se sont pas passées relativement régulièrement. Sauf que l’un des candidats qui s’est confié à « L’Eléphant » pour exprimer son étonnement devant quelques décisions du patron des marchés publics : «La date de dépôt le 04/04/2014 a été reportée au 11/04. Et à cette nouvelle date qui constitue le jour du dépouillement, le Directeur des marchés publics a dit à toutes les entreprises qui n’ont pas les documents dont l’absence équivaut à l’élimination, notamment l’attestation de régularité fiscale légalisée et l’attestation de mise à jour CNPS légalisée, de ne pas s’inquiéter, puisqu’ils pourraient compléter ces documents exigés dès qu’ils seront retenus… Ce qui est inadmissible vu que sans ces documents, aucun soumissionnaire ne peut être retenu. C’est une concurrence déloyale. Pourquoi ne pas attendre les prochains appels d’offres? Surtout que le chef de l’Etat a demandé à ce qu’on attribue les 78 marchés du PPU à différentes entreprises pour que tout le monde ait du travail. Des entreprises en profitent déjà pour faire de la magouille… » S’est-il indigné.

Un homme occupé !

Pour avoir le cœur net sur ces affirmations du soumissionnaire qui s’est confié à lui, «L’Eléphant» se renseigne, le 23 avril 2014, auprès de l’Autorité nationale de régulation des marchés publics (Anrmp) pour en avoir le cœur net sur l’authenticité de cette liste produite par le soumissionnaire. Heureusement ou malheureusement, notre interlocuteur à l’Anrmp a confirmé cette liste et a bien voulu savoir l’objectif d’une telle démarche du pachyderme. Et ’infernal quadrupède de lui demander s’il est possible de demander à des soumissionnaires de ne pas s’inquiéter parce qu’ils n’ont pas les dossiers éliminatoires d’un appel d’offres tels que l’attestation de régularité fiscale légalisée et l’attestation de mise à jour CNPS légalisées, et qu’ils pourraient produire ces documents une fois que le marché à eux attribué? Sa réponse est catégorique : «Ce n’est pas possible! Cela avait été autorisé uniquement au lendemain de la crise postélectorale, à cause des entreprises sinistrées. Mais ce n’est plus possible maintenant puisque tout est rentré dans l’ordre». Bien Noté !

Vite, un coup de fil à la Direction des Marchés Publics, histoire d’obtenir une petite explication avec le dégé, présumé faiseur de faveurs. Mais sa secrétaire nous informe qu’il est en réunion et nous prie de laisser nos contacts. C’était le lundi 28 avril.

48 heures plus tard, n’ayant reçu aucun coup de fil de la DMP, « L’Eléphant », de nouveau, a appelé la DMP. De nouveau, la secrétaire, Mme Kouakou, nous apprend que son patron est en séance de travail. «Quand pouvons-nous rappeler?» Elle répond qu’ils viennent de commencer, donc ne saurait donner l’heure. «L’Eléphant» lui rappelle par la même occasion, qu’il avait déjà appelé et qu’il a même laissé ses contacts et depuis, rien! Mme KOUAKOU répond calmement : «Je lui ai fait la commission !»

C’est vrai que le dégé des Marchés Publics est un homme occupé…

SABINE KOUAKOU (in L’Eléphant déchaîné N°250)

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 07:48
Côte d’Ivoire-Violations des droits de l’homme : Les victimes toujours en attente d’une consolation

Nul ne doit être au dessus de la loi. Cette pensée, les victimes de la crise socio-politique qu’a connue la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002 jusqu’en mai 2011, semblent ne plus y croire du tout. Et pour cause, ces crimes, une décennie après, restent encore impunis. Un fait que huit organisations de défense des droits de l'homme (RAIDH, MIDH, LIDHO, APDH, OFACI, CLUB UA, CIDDH et PLAYDOO) ont décrié, le mardi 29 avril dernier, à travers la présentation d’un rapport qui englobe une dizaine d’autres par elles fait, rappelant les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire perpétrées en Côte d’Ivoire donc, des atrocités vécues par les populations. C’était au Centre de Recherche et d’Actions pour la Paix (CERAP) sis à Cocody. Ce rapport retrace les témoignages des victimes de graves violations et citent les auteurs de ces crimes qui jusque là, n’ont été nullement inquiétés. A travers ce douloureux rappel, les organisations de défense des droits de l’homme avec en tête le Regroupement des Acteurs des Droits Humains (RAIDH) avec pour coordonnateur Bamba Sindou, plaident pour une justice équitable à l’égard des victimes ainsi qu’une réparation des torts qu’elles ont subis. Le processus de réconciliation en cours, cher à nos autorités, ne saurait se départir de ce volet et s’attarder uniquement sur les acteurs politiques qui sont encore loin de se regarder en frères, ont-elles fait savoir…Elles souhaitent donc rappeler à l’Etat de Côte d’Ivoire ses obligations vis-à-vis des nombreuses victimes ainsi que la nécessité de lutter de manière impartiale contre le cycle de l’impunité. Et ce, dans un processus de justice transitionnelle dans lequel les institutions chargées de sa mise en œuvre tardent à définir clairement une politique de prise en charge des victimes.

Recommandation à l’adresse de notre président

Et pour pallier cette lourdeur, et donner quelque peu satisfaction aux victimes, des recommandations ont été faites à l’endroit de notre président, aux ministères impliqués dans la justice transitionnelle, à la Cellule Spéciale d’Enquête et d’Instruction (CSEI), à la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR) et aux Partenaires Techniques Financiers de la Côte d’Ivoire. Le quadrupède se penchera sur les exhortations à l’endroit de notre président. Nos huit organisations de défense des droits de l'homme souhaitent que notre président élève au rang des priorités nationales, la réconciliation et la justice transitionnelle en mettant en place un mécanisme exceptionnel permettant aux structures étatiques impliquées dans le processus de justice transitionnelle de disposer en temps utiles des fonds alloués, afin de ne pas affecter la mise en œuvre de leurs activités. Ça c’est d’un. De deux, il devra mettre en place un cadre de coordination entre les institutions et structures en charge des victimes afin d’aboutir à une politique de prise en charge cohérente et efficiente. De trois, notre président devra veiller au respect scrupuleux de la séparation des pouvoirs, notamment le respect de l’indépendance des juges d’instruction de la Cellule Spéciale d’Enquête et d’Instruction. De quatre et c’est la dernière recommandation, il devra étendre le mandat de la CSEI aux événements allant de septembre 2002 à mai 2011.

On espère de tout cœur que notre président s’imprégnera de ces importants avis pour soulager son peuple…Quant aux victimes, elles peuvent se réjouir de savoir qu’un jour, leurs bourreaux seront derrière les barreaux, vu que leurs crimes sont imprescriptibles…

M.M (in L’Eléphant déchaîné N°250)

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 07:38
Comité national des jeux de la francophonie (CNJF) : Beaucoup de bruits… En route pour l’humiliation?

La Côte d’Ivoire accueillera du 21 au 30 juillet 2017, la 8ème édition des jeux de la francophonie. Dix mois après la mise en place du bateau Comité national des jeux de la francophonie (CNJF), panne sèche.

Enjeux des jeux de 2017

Recommandée par le Conseil d’orientation du Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF), la Côte d’Ivoire a été désignée par les représentants des 77 Etats et gouvernements de la Francophonie devant le Tchad lors de la 87e session du Conseil Permanent de la Francophonie (CPF), qui s’est tenue le 15 mars 2013, en présence du Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf. C’est ainsi qu’a été mis en place le Comité national des jeux de la francophonie (CNJF) dirigé par l’ex ‘‘petit juge de Dimbokro‘’, Epiphane Zoro Ballo, selon le bon mot d’une ex-vedette du Gouvernement Bédié. Il a reçu pour mission de faire en sorte que la Côte d’Ivoire accueille effectivement les jeux de la francophonie, du 21 au 30 juillet 2017. Mais bien plus qu’une mission technique, il s’agit également pour le Cnjf, de redonner à la Côte d’Ivoire sa place en tant que pays phare et pays leader dans l’espace francophone.

Dans la foulée, il dévoile ses ambitions et promet que les jeux de la francophonie seront dans la vie de la Côte d’Ivoire ce qu’ont été les jeux olympiques en 1964 dans la vie du Japon, «le pays du Soleil levant». Lorsque le Japon a obtenu l’organisation des jeux olympiques, les Japonais se sont dit : «Tournons le dos à la guerre, tournons le dos à la division. On doit montrer à la face du monde que nous sommes une nation forte. Donc c’est à partir des jeux olympiques que le Japon moderne a été construit. Les Ivoiriens doivent se servir des jeux de la francophonie comme le moteur de l’émergence de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2020». Parole de Zoro Epiphane. Ne sachant pas que 10 mois après sa nomination, il n’aura ni bureaux, ni moyens de mobilité, encore moins un seul Kopeck pour son fonctionnement. Il continue actuellement, de squatter les bureaux de la Commission Nationale de la Francophonie. Pis, ses quatre voyages effectués déjà avec toujours deux de ses collaborateurs, se sont faits à crédit. Et ce, par le biais de bonnes volontés. Les travaux du terrain olympique d’Ebimpé (Anyama) n’ont pas encore débuté. Et la Côte d’Ivoire s’attelle à postuler pour l’organisation de la Can 2019 ?

En route pour l’humiliation ?

Depuis l’organisation des derniers jeux de la francophonie en France à aujourd’hui, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Un atelier a été organisé fin 2013 pour l’élaboration du cahier des charges du Cnjf et de son programme d’activités. Lequel cahier, depuis, traîne encore dans les couloirs de la Primature. En début du mois de décembre 2013, une délégation composée d’experts de la Francophonie, issus du Comité international des jeux, a séjourné pendant 5 jours à Abidjan afin de s’assurer que la Côte d’Ivoire est vraiment apte à abriter les jeux de 2017. Elle a été reçue à la Primature, le 03 décembre 2013, à la salle A de cette Institution, aux environs de 19h. Satisfecit des experts. Mais chose curieuse, depuis la mise en place du Comité national des jeux de la francophonie et la désignation de son directeur général, l’on constate que rien n’a véritablement évolué. Alors que, les jeux de la francophonie, c’est près de 4000 jeunes attendus dans plusieurs domaines, notamment du football, de l’athlétisme, de la culture, de la danse, de la photographie, du conte, de l’environnement et du numérique. Et au nombre des invités attendus, des chefs d’Etat, des premiers ministres, des ministres, et autres autorités des 77 Etats de l’espace francophone. Ce qui suppose une préparation véritable pour éviter à la Côte d’Ivoire l’humiliation et le déshonneur lors du déroulement de ces jeux. Les ratés du Marché des arts du spectacle africain (Masa) dont la 8ème édition a eu lieu, du 1er au 8 mars 2014, sont encore frais dans la mémoire des Ivoiriens.

Duncan président du Comité de pilotage. Et pourtant !

Qu’est-ce qui bloque la mise en place effective du Cnjf, sa dotation en siège social, son équipement en matériels roulants et mobiliers, et sa budgétisation? Daniel Kablan Duncan, par ailleurs ministre de l’Economie et des Finances, est le président du comité de pilotage des jeux de la Francophonie. Il est appuyé par 12 autres ministres du gouvernement. Pourquoi et comment une structure d’une telle envergure, de surcroit présidée par le Premier ministre lui-même, ministre de l’Economie et des Finances, peut-elle être jusqu’à ce jour sans siège et sans budget de fonctionnement? Grande contradiction, quand on sait que c’est le ministre de l’Economie et des Finances qui autorise l’approvisionnement en fonds des structures de l’Etat….

Les promesses de Mambé tardent …

Le comité de pilotage doit se réunir tous les 3 mois. Cependant, depuis la dernière rencontre en décembre 2013 pour la signature du cahier des charges, et même après la signature depuis le 7 avril dernier, le comité peine encore à se réunir pour faire le bilan de la situation et donner les nouvelles orientations au comité national des jeux. Le district d’Abidjan qui accueille les jeux et également membre du comité de pilotage, avait promis à Zoro Epiphane, des locaux et 4 voitures de services. Mais depuis, plus rien. Et pourtant, lorsqu’il y a des rencontres en France, le gouverneur Mambé offre des billets d’avion à au moins 4 de ses collaborateurs pour représenter une délégation du district d’Abidjan. Cela a été le cas le 7 avril 2014 pour la signature du cahier des charges. Le dossier qui normalement devrait avancer, puisque la signature du cahier des charges marque le démarrage officiel des activités du Comité national des jeux de la francophonie, reste soigneusement rangé dans les tiroirs de la Primature. Les jeux de la francophonie, c’est une affaire de gros sous. On parle de plus de 4 milliards de FCFA pour l’organisation. Comme d’habitude, on attendra les derniers jours, puis on dira que le chef de l’Etat a sauvé la situation…

Il n’est pas beau, ce pays ?

TOURE ALI (in L’Eléphant déchaîné N°250)

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 14:49
Côte d’Ivoire-« dossier Kieffer », Libéralisation de l’audiovisuel et liberté de la presse :  RSF accuse…

Reporters sans frontières (RSF) vient d’effectuer une mission d’évaluation de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire. Le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, et la responsable du bureau Afrique, Cléa Kahn-Sriber, ont été reçus ce lundi 12 mai par le président Alassane Ouattara.

Au cours de l'entretien avec le président ivoirien, il a notamment été question de l’affaire Guy-André Kieffer. La mission de Reporters sans frontières intervient en effet quelques semaines après la date commémorative des 10 ans de la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. C’était le 16 avril 2004. Une disparition qui n’a pas encore été élucidée, ce qui exaspère Christophe Deloire. « Quatre-vingt-dix pour cent des crimes commis à l’encontre des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions ne sont jamais élucidés dans le monde », regrette le secrétaire général de RSF, pour qui cette impunité représente « un encouragement pour tous ceux qui se comportent en prédateurs de la liberté d’information. »

L'emblématique « dossier Kieffer »

Le « dossier Kieffer » est donc emblématique de ces atteintes au droit à l’information. « C’est une question générale pour la liberté de la presse. Il est essentiel que cet assassinat soit élucidé, pour que soient désormais dissuadés tous ceux qui auraient l’idée de commettre de tels actes, pour empêcher des journalistes d’effectuer des enquêtes, d’effectuer des reportages, de faire leur travail. »

Le président Ouattara a assuré aux deux défenseurs de la liberté de la presse que la justice ivoirienne continuerait à coopérer avec la justice française lorsque celle-ci le demanderait. Une procédure judiciaire est en effet en cours en France, dans laquelle RSF est partie civile. « Nous avons demandé que de nouvelles auditions soient effectuées dans ce dossier, poursuit Christophe Deloire. Parce que, même si le temps a passé, de nouvelles auditions devraient permettre d’apporter, d’abord des bribes de vérité et puis la vérité tout entière, sur cette affaire. »

Libéralisation de l’audiovisuel

Le président Ouattara a par ailleurs été interpellé sur la question de la libéralisation de l’audiovisuel. La dernière fois que l’organisation est venue en Côte d’Ivoire, promesse lui avait en effet été faite que cette libéralisation de l’audiovisuel soit effectuée avant juin 2012. « Nous sommes obligés de constater que ça n’a pas été le cas du tout, déplore le responsable de RSF. Le président de la République, sur cette question-là, a tenu des propos qui m’ont semblé francs, en disant que c’était au nom de la volonté d’apaisement, qu’il n’avait pas encore libéralisé. »

Reporters sans frontières s’interdit de porter un jugement sur cette position, mais pour l’organisation, « cette libéralisation promise désormais pour juste après l’élection de 2015, doit être effectuée au plus vite. (…) Nous regrettons que les médias d’Etat, de pouvoir pourrait-on dire presque, en Côte d’Ivoire, ne soient pas des médias publics. C’est-à-dire que, malheureusement, trop d’interférences demeurent et que trop de visions officielles sont portées, alors même que des médias publics – c’est normalement leur rôle – doivent représenter l’ensemble de la société, de la manière la plus fidèle possible. »

Source : RFI

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 08:54
Ex-Air Ivoire /Agents liquidés : Le cri des morts… Le silence du Gouvernement-Bédié n’y peut rien!

Après neuf ans d’activités sanctionnés par un crash financier dû à une navigation à vue, l’actuel Gouvernement a décidé, en septembre 2011, de liquider la Société Nouvelle Air Ivoire, en jetant dans la poussière, environ 430 agents.

En lieu et place de cette structure, a été créée, avec promesse présidentielle de récupérer les agents de l’ex-Air Ivoire, une nouvelle société appelée Air Côte d’Ivoire.

Sauf qu’au décollage de cette nouvelle compagnie aérienne dont chacun des Ivoiriens, paraît-il, devrait être fier, 90% des agents de l’ex-Air Ivoire se sont retrouvés au sol. Sans activité.

31 mois plus tard, malgré le calcul de tous leurs droits par le liquidateur désigné par le Gouvernement, ces malheureux n’ont toujours perçu aucun rond.

Et la mort, comme c’est toujours le cas en pareille situation, a commencé à emporter les moins résistants à la misère.

Une compagnie aérienne vous manque et c’est la galère

Créée en 2002, la compagnie nationale de transport aérien (SN Air Ivoire), avait pour actionnaires principaux, « CFI aérien » avec 50,5%, la « Petroci », 38,5% et l’Etat de Côte d’Ivoire (tiens !) prospérait sur seulement 11%.

Quand le nouveau Gouvernement s’installe à la suite de la chute brutale des refondateurs, le nouveau chef de l’Etat réalise que cette compagnie qui vole à très basse altitude ne cadre pas avec les exigences de l’émergence, vu ses états financiers.

Tout de suite, il prend une décision : la dissolution pure et simple.

Aux 430 travailleurs qui crient leur désarroi devant cette décision, le chef de l’Etat promet la création d’une nouvelle compagnie et une place pour tous sur le premier vol de cette nouvelle compagnie. Personne ne serait laissé au chômage.

Mais au décollage du premier vol, moins d’une cinquantaine d’agents sur les 430, trouveront une place pour la nouvelle aventure aérienne dénommée « Air Côte d’Ivoire ».

Aux ex-employés d’Air Ivoire abandonnés au sol, il sera fermement tendu, le 15 décembre 2011, une lettre de licenciement, via un liquidateur nommé par le Gouvernement. « Suite à la décision de liquidation anticipée de la Société Nouvelle Air Ivoire prise par les actionnaires lors de l’Assemblée Générale tenue le 05 septembre 2011, nous vous notifions par la présente, la rupture de votre contrat de travail pour cause de liquidation, avec pour date d’effet le 16 septembre 2011. Vous voudrez bien trouver ci-joint, votre certificat de travail et votre état de solde de tout compte. Vos droits vous seront réglés dès que la trésorerie qui sera dégagée par la réalisation des actifs le permettra… »

Et c’était signé Balogoun Océni, le Liquidateur. Bonjour la misère ! Comment retrouver un emploi dans un secteur aérien où les emplois sont spécifiques et donc la reconversion jamais aisée ? Certains vont tout de suite tenter de mutualiser leurs expertises pour monter quelques petits business pour se prendre en charge, quand d’autres, individuellement, vont se lancer dans d’autres aventures après avoir conçu des projets précédés d’études solides de faisabilité.

Et sur quoi comptaient-ils pour financer tous les projets identifiés ?

Solde de tout compte non soldé

Pour financer leurs activités, ils comptaient tous sur le paiement de leurs droits légaux. D’autant plus que le liquidateur nommé par l’Etat, avait remis à chacun des nouveaux chômeurs, son support de « Solde de Tout Compte ».

Les montants à payer à chacun, selon le poste occupé et selon l’ancienneté, atteignent parfois 20 millions, voire 30 millions de Fcfa. (Voir document ) De quoi financer de véritables activités !

Mais voilà ! Depuis la remise du « Solde de Tout Compte », deux ans se sont écoulés. Sans qu’il ne se passe rien du tout et qu’aucune information crédible ne leur soit donnée quant à la date de paiement de ces droits.

De nombreuses promesses leur ont été faites et le paiement, chaque fois annoncé comme imminent, s’est transformé en un leurre.

En décembre 2013, sans doute à cause des pleurs des enfants, promesse a été faite que les droits seraient payés car pris en compte dans la dette intérieure. Mais le père noël n’existant pas, il ne s’est rien passé quand l’heure est venue de payer la dette intérieure. Les fournisseurs de l’Etat ont bien reçu une première tranche de ce qui leur était dû, mais les ex-agents de l’ex-Air Ivoire, n’ont vu aucun billet de banque voler dans leur direction.

« Ne désespérez pas, vous serez pris en compte dans la deuxième tranche en janvier 2014 ». Mais il ne s’est rien passé !

Si Bédié n’y peut rien !

Pour essayer de rentrer dans leurs droits, les ex-agents ont tout essayé. Du liquidateur au sommet de l’Etat en faisant escale chez le ministre de tutelle, l’immense Gaoussou Touré, il n’y a pas un couloir de l’administration qu’ils n’ont pas arpenté à la recherche d’une oreille attentive.

Leurs larmes ont été versées au Ministère de l’Economie et des finances, chez le Médiateur de la République, au Secrétariat général de la présidence, dans des chancelleries, etc. mais rien n’y fit.

Ils ont organisé un sit-in pour crier leur misère. Devant le Ministère des Transports. Mal leur en a pris. Leur dos a été lacéré par les matraques des Frci et certains parmi eux, y compris des mères de famille poussées dans la rue par la faim et les cris de leurs enfants, se sont retrouvés au trou dans les locaux de la préfecture de police. Là, après plusieurs heures de garde à vue, ils ont dû échanger leur liberté contre la promesse de ne plus troubler la tranquillité d’une République au travail qui piétine et méprise les droits de ses enfants.

Sortis de la préfecture de police, ils sont allés, via les responsables du collectif qu’ils ont mis en place, se lamenter auprès du sage de Daoukro, le vieux jeune, Henri Konan Bédié, qui vient de fêter on quatre-vingtième anniversaire (longue vie à lui).

Bédié leur a donné quelque espoir, éteint depuis. Puisqu’ils n’ont eu aucune suite, plus de deux mois plus tard. Mais il n’a pas encore dit son dernier mot !

Le cri des morts…le silence du Gouvernement

« L’Eléphant », pour comprendre la situation dans laquelle vivent les ex-agents, a échangé avec l’un des responsables (Koné Aboudramane) du collectif qu’ils ont mis en place et qui leur vient en aide de temps en temps en sollicitant des aides auprès de personnes de bonne volonté.

« La mort frappe dans nos rangs, nos camarades meurent, faute de pouvoir acheter le moindre médicament. C’est le cas de Poté Bon Fils, de Patrick Tanoh… Beaucoup parmi nous ont été expulsés de leur maison et vivent dans l’humiliation qui, chez un ami, qui chez un parent, qui, au village…Nos enfants ne vont plus à l’école depuis deux ans, nous sommes dans une dépression continue. Et pourtant, nous avons droit, nous aussi, à l’assistance de la République. Nos frères Ivoiriens en difficulté en Centrafrique ont été secourus, le décès de la sœur Awa Fadiga en raison, dit-on, de négligence au Chu de Cocody, a entraîné le limogeage de hauts responsables de cette structure sanitaire. Pourquoi une telle réaction de la part du Gouvernement ? Parce qu’une vie humaine est une valeur suprême avec laquelle on ne joue pas. Pourtant, nos camarades meurent parce que leurs droits légaux ne sont pas payés mais cela n’émeut personne. La vie de près de 400 personnes et celle de leurs enfants sont en danger, mais cela ne préoccupe personne. Pourquoi le Gouvernement nous fait ça ? Pendant ce temps, on augmente les salaires de quelques fonctionnaires, on revalorise les retraites, on annonce de recapitaliser Air Côte d’Ivoire, mais personne ne fait cas de nos droits à nous.

C’est l’Etat de Côte d’Ivoire qui a concédé à l’époque les droits de trafic à la SN Air Ivoire, laquelle les a cédés à Air Côte d’Ivoire. C’est l’Etat qui était propriétaire de la défunte Air Ivoire et c’est l’Etat qui l’a mise en liquidation. Combien d’argent le paiement de ces droits peut coûter à l’Etat de Côte d’Ivoire ?

Notre situation est désespérée. Certains avaient contracté des prêts auprès des banques. Et aujourd’hui, malgré le fait que ces prêts ont été obtenus sous la tutelle de notre ex-employeur, ces banques nous contraignent à rembourser sans attendre le paiement de nos droits. La situation est si rude que d’autres ont été obligés d’escompter leur allocation de retraite en acceptant de renoncer à 10 voire 25% du montant à percevoir au terme d’une retraite normale…nous et nos enfants, sommes en train de mourir de faim, d’humiliation et de privations… »

Dans le silence du Gouvernement qui, comme chacun le sait, est toujours très préoccupé par les injustices sociales dont sont victimes les Ivoiriens.

Assalé Tiémoko (in L’Eléphant déchaîné N°250)

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