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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 13:54

Avant le mariage

 

Elle : Salut !

Lui : Ah, depuis le temps que j'attends ça !

Elle : Tu veux que je parte ?

Lui : NON. Je n'ose même pas y penser

Elle : Tu m'aimes ?

Lui : Bien sûr ! énormément !

Elle : Tu m'as déjà trompée ?

Lui : NON ! Pourquoi demandes-tu ça ?

Elle : Tu veux m'embrasser ?

Lui : Chaque fois que j'en aurai l'occasion

Elle : Tu me battras un jour ?

Lui : Tu es folle ? Je ne suis pas comme ça !

Elle : Je peux te faire confiance ?

Lui : Oui

Elle : Chéri !

 

 

Après le mariage

 

Après le mariage

 

Elle : Chéri !

Lui : Oui

Elle : Je peux te faire confiance ?

Lui : Tu es folle ? Je ne suis pas comme ça !

Elle : Tu me battras un jour ?

Lui : Chaque fois que j'en aurai l'occasion

Elle : Tu veux m'embrasser ?

Lui : NON ! Pourquoi demandes-tu ça ?

Elle : Tu m'as déjà trompée ?

Lui : Bien sûr ! énormément !

Elle : Tu m'aimes ?

Lui : NON. Je n'ose même pas y penser

Elle : Tu veux que je parte ?

Lui : Ah, depuis le temps que j'attends ça !

Elle : Salut !

 

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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 13:49

Monsieur le Président de la République,

Le 31 décembre est une date très importante dans l'année en ce qu'elle marque dans la vie d'un individu comme dans celle de toute entreprise moderne un temps d'arrêt. Un temps d'arrêt d'abord pour dresser un bilan de sa vie et des activités de l'entreprise, un temps d'arrêt ensuite afin de tracer les perspectives pour l'année à venir. C'est dans cette optique que s'inscrit le traditionnel discours de fin d'année du Président de la République à la nation.

Ce lundi 31 décembre 2007, le peuple ivoirien attendait particulièrement ce discours. La question récurrente sur les lèvres était quelle serait la teneur du message du Chef de l'Etat en cette période de grisaille et de précarité.

Monsieur le Président de la République, j'ai suivi le discours de bout en bout et permettez moi de dire que je suis resté sur ma faim. De tous les discours de fin d'année depuis votre accession au pouvoir, ce discours est certainement, excusez mon outrecuidance, celui qui aura été très évasif sur les aspirations des Ivoiriens.

Monsieur le Président de la République, vous avez dit tout sauf l'essentiel dans ce message. Vous n'avez dit que ce que le peuple ivoirien ne sait que trop bien déjà. Le peuple ivoirien et la jeunesse particulièrement n'attendaient pas que vous leur parliez du Dialogue direct, de l'Accord politique de Ouagadougou, de ses avancées, de la nomination d'un nouveau premier Ministre, de l'enclenchement du processus de sortie de crise qui font désormais partie de leur quotidien. Le peuple ivoirien et la jeunesse attendaient que vous leur parliez de ce qu'ils ne savent pas et qu'ils sont en droit de savoir. La jeunesse attendait que vous lui disiez quels étaient vos projets et vos ambitions pour elle, ce qui a été fait concrètement et ce qui reste à faire.

Pour comprendre les raisons de mon insatisfaction et de cette adresse, qu'il me soit permis Monsieur le Président de la République, de faire avec vous une rétrospective pour analyser ensemble votre discours de novembre 2004 lors du lancement du Fonds National de Solidarité. Vous vous adressiez ce jour là aux jeunes ivoiriens dans un discours qui a dévoilé vos ambitions pour cette jeunesse. A la relecture dudit discours, je ne peux m'empêcher d'apprécier la pertinence de vos propos, la justesse de vos analyses et surtout la grandeur de vos projets pour la jeunesse. Un tel discours ne pouvait que susciter l'espoir au sein de cette jeunesse et apporter un tout petit peu de baume à leur cœur meurtri par la misère quotidienne, la pauvreté et l'absence de perspectives. Mais hélas ! La traduction de ces promesses en réalités concrètes tardant à se manifester, la jeunesse est aujourd'hui aux abois, désabusée et désorientée face à cette situation d'absence de perspectives et de manque de véritable politique de l'emploi. Monsieur le Président de la République, votre adresse de novembre 2004, rapportée par Fraternité Matin dans son supplément gratuit intitulé Spécial Fonds Jeunes du mardi 23 novembre 2004, a suscité de réels espoirs et de nouvelles espérances au sein de cette jeunesse. Dans ce discours Ô combien fort, vous disiez ceci : " … A eux comme à tous les jeunes de ce pays, je voudrais dire que si la guerre nous a retardés, elle n'a ni contrarié nos projets, ni compromis nos ambitions. Au contraire, elle a montré que le destin d'un pays dépend du sort qu'il réserve à sa jeunesse. "

Monsieur le Président de la République, je voudrais croire que la guerre n'a pas vraiment compromis vos projets et vos ambitions. Mais au regard de la situation sociale actuelle de la jeunesse, un certain nombre de questions méritent d'être posées :Quels étaient concrètement ces projets ? Quel est l'impact de la réalisation de ces projets, si réalisation il y a eu, sur le quotidien des Ivoiriens en général et des jeunes particulièrement si tant est que la guerre n'a rien compromis ? Dans ce discours, d'entrée de jeu, vous faisiez un point d'honneur à la jeunesse en disant : " Vous avez été de tous les combats. Vous avez contribué de façon essentielle à mon accession au pouvoir. Naturellement, ainsi que je l'ai promis pendant la campagne électorale et rappelé dans mon message à la nation le 6 août 2002, j'avais choisi de dresser pour vous, jeunes de Côte d'Ivoire, les voies nouvelles de la prospérité, de parler de votre situation face à l'emploi, de dire ce que vous êtes en droit d'attendre de votre pays. "

Fort heureusement, et cela est à votre honneur, vous reconnaissez le rôle important et déterminant joué par la jeunesse dans tous les combats et particulièrement dans votre accession et votre maintien au pouvoir. Vous avez cristallisé à un moment donné de l'histoire de notre pays l'espoir d'une population tout entière assoiffée de liberté et de mieux-être. En témoignent les affiches de votre campagne électorale en 2000 : " Laurent Gbagbo : L'espoir de tout un peuple ". Cela explique le sacrifice sans compter de la jeunesse en octobre 2000, en novembre 2004 et sa mobilisation extraordinaire pour éviter l'effondrement de la République. Cette jeunesse méritait mieux que ce auquel elle a droit actuellement. Et on peut même dire, trois (3) ans après ce discours mémorable, qu'en lieu et place des voies nouvelles de la prospérité que vous avez fait miroiter, c'est la paupérisation doublée d'une clochardisation criante. Quant à leur situation face à l'emploi, il faut dire que c'est la misère et la désolation. C'est pourquoi, cette jeunesse n'attend plus rien de son pays ; elle a même perdu tout espoir en elle-même. Désorientée et désabusée, elle se contente d'errer dans une société en pleine déconfiture et dans laquelle on assiste à un ébranlement du système de valeurs. Et vous ne croyez pas si bien dire en déclarant dans ce même discours : " Une nation qui ne sait quoi faire ni avec sa jeunesse, ni pour sa jeunesse, court à sa perte. Un pays qui laisse les jeunes au bord du chemin prépare la guerre. Si l'on se contente de mettre les enfants à l'école et qu'on ne leur offre pas des perspectives d'emplois, ils deviennent des bombes à retardement."

Au regard de la situation sociale et des perspectives peu lumineuses, peut-on encore se demander dans le cas de notre pays si la nation court à sa perte ? Il est judicieux de dire qu'elle est en pleine désintégration. Et on sent de loin l'odeur suffocante de sa décomposition. Il y a un peu plus de trois (3) ans, les statistiques de l'AGEPE estimaient à 70% de jeunes au chômage sur une population de trois (3) millions de personnes. Aujourd'hui, il faut multiplier ce chiffre par 2 ou 3 pour être plus proche de la réalité. C'est dire qu'on n'a su quoi faire ni avec la jeunesse, ni pour la jeunesse et que cette jeunesse est laissée au bord du chemin. En témoignent les étudiants déplacés de Bouaké, de Korhogo qui végètent à Abidjan, à la recherche d'hypothétiques salles de cours et d'amphithéâtres. Ceci est une preuve du délaissement des jeunes au bord du chemin et qui en à point douter constitue pour un pays une manière de préparer la guerre. Le fait est que dans ce cas précis, on ne parle plus de mettre les enfants à l'école encore moins de leur offrir des perspectives d'emplois, mais mieux de fabriquer des déchets sociaux qui deviendront des bombes à retardement.

Tous ces faits ainsi relevés, Monsieur le Président de la République, vous renvoient le bilan de sept (7) années de gestion et exigent de vous une introspection. Vous devriez vous poser la question de savoir si cette jeunesse a encore des raisons de croire en vous. Vous avez un défi à relever et vous le reconnaissez vous-même en affirmant : " L'emploi des jeunes représente donc un défi lancé à notre génération. La guerre vient de nous révéler que les enjeux peuvent être dramatiques. Je ressens ce défi comme une double dette envers la jeunesse : une dette pour l'histoire de la Côte d'Ivoire et une dette personnelle dans mon histoire. " Pourvu que cette fois-ci cela ne se limite pas à des déclarations d'intentions mais se traduise plutôt en réalités concrètes pour faire mentir nombre d'Ivoiriens qui ont perdu toute crédibilité en votre parole. Et cela exige des mesures vigoureuses dont :

-l'assainissement et la transparence dans les concours de la Fonction Publique que les Ivoiriens ne cessent de dénoncer de façon quotidienne,

-tracer un avenir pour la jeunesse qui est en train de se consumer dans la débauche et l'alcool,

-définir une réelle politique de développement en lieu et place des opérations de charme,

-une promotion humaine, économique et culturelle de la jeunesse,

-la relance de l'emploi par l'entreprise, la création d'emplois nouveaux et la mobilité sociale.

Telles sont les missions essentielles d'un Etat moderne et les conditions sine qua non pour que le développement de ce pays repose effectivement sur le dynamisme de sa jeunesse comme vous l'ambitionnez. Monsieur le Président de la République, si vous dénoncez les difficultés des conditions sociales d'existence de votre époque en déclarant : " Appelé à me présenter devant le forum de la Nation, j'ai dit les difficultés d'être enfant puis adolescent dans une famille modeste, avec un père fonctionnaire moyen et une mère au foyer, dans un contexte politique troublé… Oui ! je sais ce qu'un jeune éprouve quand les parents ne peuvent pas subvenir aux besoins essentiels… ", qu'allons-nous dire, nous jeunes d'aujourd'hui, à qui on exige de payer 3 millions, voire 4 millions de francs pour réussir un concours de la Fonction Publique et plus encore nos parents quand on sait que les salaires sont bloqués depuis de nombreuses années et qu'ils sont contraints à faire face aux nombreuses charges sociales dans un contexte d'inflation marqué par la hausse des prix des produits de première nécessité ?

Voilà, Monsieur le Président de la République, les points essentiels qui devaient constituer la trame de votre discours du soir du 31 décembre et que les Ivoiriens dans leur majorité attendaient. Tout le reste n'a été que politique politicienne.

 

Bonne et heureuse 2008 !

 

  SERI  Hervé

Jeune diplômé sans emploi très déçu…

hansroyce@hotmail.com

(225) 05 47 45 18

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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 12:55


Konan-002.jpg

André Silver Konan, Journaliste, écrivain, Grand Réporter à LE NOUVEAU REVEIL
_______________________________________________________________________________


Bonjour grand frère,

Ce n'est qu'aujourd'hui que je décide de t'écrire. Je ne l'ai pas fait la semaine dernière au moment où ta bastonnade chez le chef de l'Etat par ses soldats faisait la "Une" des journaux parce que je voulais prendre le temps de t'observer. Observer ton comportement, disséquer tes propos, analyser tes réactions afin de cerner ta personnalité. J’en suis arrivé à la conclusion selon laquelle tu es un homme qui ne sait pas ce qu'il veut dans la vie. Je vais te dire pourquoi je suis arrivé à cette intransigeante conclusion, mais permets moi avant tout, de te dire "yako". Trois fois "yako". D'abord "yako" pour ta bastonnade physique. En tant qu'homme, je sais que tu as souffert dans ta chair. Recevoir des coups de bottes et de crosses de fusils sur son corps n'est pas à souhaiter à son pire ennemi. Je te dis donc "yako" pour cela. Je te dis ensuite "yako" pour ta bastonnade morale. Toi, le " maréchal " de l'Union des patriotes pour la libération totale de la Côte d'Ivoire (UPLTCI) qui revendique des milliers de combattants (d'autres diront des miliciens), te faire bastonner comme un vulgaire citoyen par des bidasses ! C'est vrai que je n'ai jamais cru que ton groupe que d'autres appellent milice, pouvait compter plus de cent jeunes gens, mais cela ne donne tout de même pas le droit à des soldats du rang de te frapper. Après tout, même si tu n'as rien fait pour mériter le grade de maréchal des "jeunes patriotes" que tu t'es arrogé, tu ne demeures pas moins le doyen des "jeunes patriotes". Rien que pour le droit sacro saint d'aînesse en Afrique, ces jeunes soldats te devaient du respect.

Enfin, je te dis "yako" pour ta bastonnade symbolique. Vois-tu, tu as été frappé à la résidence présidentielle, le lit du pouvoir, le symbole de l'âme de notre pays. C'est un lieu qui devrait symboliser la quiétude, surtout la sécurité. L'autre symbole est ta propre personne. Tu es l'un des leaders de la lutte patriotique. Tu n'es pas une icône. D'ailleurs, personne parmi vous n'est une icône puisque vous ne méritez pas d'être cités comme des modèles à imiter autant que Sidiki Konaté ou Alain Lobognon dans la rébellion. Cependant, après Blé Goudé que tu as toutes les raisons de ne pas aimer, tu es le plus en vue parmi les leaders de la nébuleuse patriotique. Donc, tu ne devais pas être bastonné par des soldats de la garde rapprochée de Laurent Gbagbo et surtout pas à la résidence présidentielle. Mais le fait est que tu l'as été.

 

Grand frère,

Je vais te faire un aveu. Quand j'ai lu dans la presse, le mardi 2 janvier que tu avais été bastonné par des soldats de la garde rapprochée du chef de l'Etat à sa résidence de Cocody le 31 décembre, je n'y ai pas cru. J'ai tout de suite pensé à une manipulation. Tu sais de quoi je parle. Dans votre milieu, on parle plutôt de "complot". Touré Al Moustapha alias Aladji Forceur sait de quoi je parle, lui dont une rumeur bien organisée avait donné un temps, pour fusillé à Yopougon. A la suite de ce "complot" qui avait fait grand bruit, de nombreuses portes lui ont été ouvertes. Blé Goudé sait de quoi je parle, lui dont on a dit dans un journal où il avait deux ou trois amis, qu'il avait échappé à la mort après l'accident ( ?) de son premier véhicule "France au revoir". Blé Goudé sait comment à la suite de ce "complot", des barons du Front populaire ivoirien (FPI) dont Marcel Gossio (chaque fois que j'écris ce nom, je ne peux m'empêcher de penser aux victimes des déchets toxiques), le directeur général du Port autonome d'Abidjan, lui ont offert des véhicules. Donc je pensais à une manipulation. Malheureusement, ce n'en était pas une. Cependant, je ne doute pas que les faits aient été exagérés. Avec cette minerve au cou alors que tes proches eux-mêmes ont confié que dans ta clinique à Yopougon, aucune radiographie n'a été faite. Mais une minerve au cou, ça fait beau à voir dans un journal. Et ça suscite aussi la compassion.

 

Grand frère,

Tu as dû te rendre compte par toi-même. Ta bastonnade n'a fait l'objet d'aucune déclaration d'indignation du FPI, ton parti selon toi, encore moins des autres membres de la nébuleuse patriotique ou du Congrès national de la résistance démocratique (CNRD) dont tu es membre. Bien sûr, il y a eu quelques visites dans la deuxième clinique où tu as été transféré. Pour cela, les Ivoiriens n'ont pas pondu des déclarations télévisées comme ils savent le faire depuis que la télé nationale est entre des mains non expertes et non professionnelles.

Est-il besoin, dans ces conditions, de te dire que tu n'es pas aimé ? Ce soldat qui t'aurait dit, selon toi-même " Je vais te tuer et il n'y aura rien ", aurait pu te loger une balle quelque part et il n'y aurait sans doute rien eu. Puisque tu le sais autant que moi, ni Kuyo Téa, ni les soldats qui t'ont frappé n'ont été sanctionnés par Laurent Gbagbo. Tu sais aussi qu'aucune enquête n'a été ouverte pour élucider l'affaire. Tu peux te réconforter en " tirant " sur des proches de Laurent Gbagbo mais tu sais très bien pour avoir été leader de la nébuleuse FESCI, qu'un chef qui ne sanctionne pas, cautionne. Tu as pu mesurer combien tu ne représentes rien aux yeux de ceux que tu suis. Et cela m'amène à te dire pourquoi je dis que tu es un quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il veut dans la vie.

 

Grand frère,

Je me permets de te rappeler que tu as au moins 42 ans, aujourd'hui. A 42 ans, tu n'as aucun emploi connu. Ce n'est pas moi qui l'invente. C'est toi-même qui le dis. Tu l'as dit à "Notre Voie" (du vendredi 4 janvier 2008) dans l'énoncé des circonstances de ton humiliante bastonnade. Tu as déclaré que tu as confié à la secrétaire du chef de l'Etat le 31 décembre, à la résidence présidentielle " trois doléances dont une urgence et deux non pressées ". L'urgence, selon tes explications était que tu souhaitais entrer en possession dare dare du "bonne année l'argent" de 15 millions Fcfa (si j'en crois un confrère) que toi et certains leaders patriotiques, comptiez prendre avec Laurent Gbagbo. " Chaque année, entre le 29 et le 30 décembre, le Président nous donne de l'argent que nous partageons à tous ces jeunes que nous avons organisés pour la résistance patriotique. Cela leur permet de fêter. C'est comme ça ", as-tu expliqué dans "Notre Voie". L'urgence pour toi donc, c'était l'argent pour aller "fêter". Cette affaire de jeunes à qui tu partagerais de l'argent n'est qu'un prétexte pour obtenir une rallonge. Cela est d'autant plus vrai qu'à 20 H le 31 décembre, je ne vois pas comment tu t'arrangerais pour partager l'argent du contribuable ivoirien avec tes pseudo jeunes qui se trouveraient par exemple à Toumodi. Mais là n'est pas le problème. Le problème c'est qu'à en croire "Notre Voie", tes deux doléances non pressées avaient " trait à (ton) état de sans-emploi que (tu) comptais soumettre au Président Gbagbo ". A 42 ans diplômé Bac+5, tu es sans emploi, dans une république où ton président, ton "vieux père" comme tu l'appelles, nomme, à coups de signature, des gens qui n'ont jamais pu produire un CV, ministres; des "semi analphabètes" PCA et des "coupeurs de route" (cf Le Matin d'Abidjan), chargés de mission. De toutes les façons, comment Laurent Gbagbo peut-il te nommer quand toi-même tu relègues au second plan, la question de ton emploi ? Comprends-tu pourquoi je te dis que tu ne sais pas encore ce que tu veux dans la vie ? Tu cries partout que tu es un cadre du FPI, mais serais-tu capable de me dire quel poste tu occupes au secrétariat général, au comité de contrôle ou à la direction de ce parti ? Je crains que tu puisses le faire parce que tu n'as aucun poste dans ce parti. Vois-tu, tu ne fais l'objet d'aucune considération à ce niveau-là encore. Tu me répondras que tu t'es engagé dans la résistance patriotique à l'avènement du conflit né le 19 septembre 2002, pour défendre une cause. Mais, tu es un intellectuel comme moi et tu sais que quand on s'engage dans la défense d'une cause juste ou mauvaise, on n'attend rien en retour. Alors que toi, tu attends de l'argent en retour au point où quand cet argent ne vient pas, tu t'énerves et tu te fais frapper comme un vulgaire petit voyou d'Adjamé, par des soldats de la garde présidentielle. Donc, tu ne défends aucune cause si ce n'est celle de ton ventre. Aussi es-tu obligé de défendre un poste : celui de Laurent Gbagbo. Raison pour laquelle tu crois que tu as le droit de te faire payer pour cela.

 

Grand frère,

Je refuse de rentrer dans le débat nauséabond du tribalisme, hélas bien réel, que toi et tes proches dénoncez. Mais, je ne peux m'empêcher de constater que pour le même travail que vous faites à savoir défendre le poste de Laurent Gbagbo, Blé Goudé et toi, êtes traités de façon inégalitaire. Lui, roule carrosses, gère une agence de communication qui décroche les plus gros marchés de l'instant, envahit la télé nationale alors que toi, tu te contentes d'expédients. Tu es obligé de tendre la main pour vivre. Tu es obligé de t'humilier en organisant une publicité à la fois gigantesque et infantilisante autour d'une bastonnade somme toute indigne dont tu as été victime. L'objectif étant, je n'en doute pas, de quémander de la pitié. Si cela n'est pas de la mendicité, ça en a tout l'air. Un homme, qui sait ce qu'il veut dans la vie, peut-il se réduire à une telle bassesse ?

 

Grand frère,

Tu as 42 ans. Tu n'es donc plus un jeune, encore moins un enfant. Tu es sous sanction onusienne pour ton activisme nationaliste et tu risques d'être traduit devant le tribunal après la chute de Laurent Gbagbo, cette année. Je parle de chute de ce dernier cette année parce qu'aucun Ivoirien lucide ne peut être suffisamment masochiste pour le voter à la prochaine présidentielle qui aura lieu certainement cette année. A défaut du tribunal, tu seras réduit encore plus à la mendicité avec le prochain pouvoir. Et ce n'est pas sûr que tu trouves des mains généreuses pour te donner de l'argent chaque 29 ou 30 décembre. Je l'ai déjà dit, chacun fera son (amère) expérience du "régime tribal et sanguinaire" (ce sont les expressions utilisées par tes proches et parues dans les journaux le 3 janvier dernier) de Laurent Gbagbo. Junior Ahua a fait la sienne. Il a choisi de quitter la confrérie. Laurent Tapé Koulou a fait la même expérience. Il a pris ses distances. Idem pour Tony Oulaï et Mathias Doué. Avant eux, on peut citer les Anaky Kobena, Paul Arnaud et autres. Plusieurs autres personnes qui ont flirté avec le régime de Laurent Gbagbo et ont découvert son réel visage, ont décidé de prendre leurs responsabilités. Tu viens de faire ton expérience à toi et Dieu merci, elle n'a pas été tragique comme cela a été le cas pour Dr Benoît Dakoury et Guy André Kieffer.

C'est à toi de savoir si tu refuses que ta vie soit un échec, que toi-même tu sois en fin de compte, un homme raté ou non, si tu continues d'être un homme que ceux que tu sers et suis ne respectent pas, qui ne sait pas ce qu'il veut dans la vie. Je t'observe. Les Ivoiriens t'observent.

Par André Silver Konan

kandresilver@yahoo.fr

http://andresilverkonan.over-blog.com

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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 12:52

Universitaire doublé d'un mathématicien hors paire, ex-ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique du Président Henri Konan Bédié, on n'avait plus entendu le professeur Saliou Touré depuis de longues années. Que fait-il ? Que devient-il ? Ses rapports avec le Président Bédié et les autres militants du PDCI-RDA. Son regard sur l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire… C'est de tout cela que le professeur Saliou parle.

 

Quand on évoque votre nom, on pense tout de suite aux mathématiques, à l'enseignant, à la formation. Aujourd'hui, vous présidez les destinées de l'université internationale de Grand-Bassam. Qu'est-ce qui vous a amené à prendre les rênes de cette institution ?

Je vous remercie. Comme vous le savez, j'ai été pendant longtemps le ministre de l'Enseignement supérieur du président Henri Konan Bédié. D'après le discours programme du président Bédié prononcé à Yamoussoukro en 1995, le président avait formé bon nombre d'institutions en Côte d'Ivoire, en particulier dans le domaine de l'éducation et de la formation. C'est ainsi que le président Bédié m'avait permis d'aller aux Etat Unis pour nouer des contacts avec de grandes universités de recherche pour nous en inspirer. C'est à la suite de ce voyage que nous avons mis en place une recherche de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique dès septembre 1995. Cette reforme avait plusieurs objectifs. Il s'agissait de redéfinir plusieurs objectifs pour l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire. Il s'agit aussi d'associer à la formation des jeunes Ivoiriens des entreprises ivoiriennes parce que l'université n'est pas seule à se mettre au service du développement national. C'est ainsi que nous avons fait cette reforme avec la bénédiction du président de la République et du premier ministre Daniel Kablan Duncan. A la suite de cela, j'avais souhaité en Côte d'Ivoire une université du type américain parce que j'avais eu l'occasion de côtoyer des universités américaines pour voir la qualité des formations américaines. A l'époque, le gouvernement avait accepté de créer cette institution américaine en Côte d'Ivoire. Par la suite, nous avons dû partir voir et les choses ont continué. D'ailleurs, tous les gouvernements qui nous ont succédé ont continué à respecter l'orientation qui avait été définie. C'est à la suite de beaucoup de demandes avec le département d'Etat aux Etats-Unis, avec l'USD, avec la banque mondiale (La grande partie de ces démarches a été faite par le premier ministre Duncan) que l'université internationale de Grand Bassam avait été créée sur le modèle américain. Les formations sont données en anglais ; tous les cours sont donnés en Anglais. La gestion est une gestion américaine. Alors, vous me demandez pourquoi j'ai accepté de prendre la présidence de cette université. C'est simple, c'est qu'ayant été à l'origine de cette affaire avec la bénédiction de mes patrons de l'époque (Bédié et Duncan), l'université avait été dirigée par une dame américaine, Polan Dersel. Mais c'est qu'en 2006, Polan Dersel a préféré se retirer et se consacrer à ses activités aux Etats-Unis. Elle est allée voir le premier ministre Duncan pour que celui-ci me demande d'accepter de présider l'université. C'est donc ainsi que le premier ministre Duncan me l'a demandé ; il a été mon patron, je ne pouvais pas refuser ce service à la Côte d'Ivoire.

 

M. le ministre, ce qui surprend un peu, c'est que le style américain et le style francophone auquel avait adhéré la Côte d'Ivoire sont totalement différents. Est-ce que ça ne crée pas un problème? Et puis où est-ce que vous recrutez vos étudiants qui doivent accéder à cette université? Quel est le profil, et les enseignants qui dispensent les cours ?

Concernant la création de l'UIGB, il n'y a de conflit avec personne. Plusieurs systèmes peuvent coexister dans un même pays. Je prends le cas de la France, vous trouverez des Busness school, des centres de formation où les enseignements sont entièrement en anglais. Nous, Ivoiriens, ayant constaté la qualité de l'enseignement américain, nous avons souhaité créer ce type d'enseignement en Côte d'Ivoire qui cohabite avec le système francophone. Nous connaissons dans nos universités que j'ai eu à gérer pendant un certain temps, que ce soit l'université de Cocody, d'Abobo-Adjamé ou celle de Bouaké, le système francophone. Mais personne ne nous interdit de regarder ailleurs et c'est ce que nous avons fait en toute liberté. Concernant les cours, ils sont dispensés en anglais, la gestion est en anglais. Les cours sont dispensés par des enseignants qui ont fait leurs études soit aux Etats-Unis, soit en Grande Bretagne soit au Canada ou même en Europe. Nous avons des professeurs très qualifiés. Je recruterai un Ivoirien déjà professeur à Racheter Institut for Technology autour de New York, qui va diriger l'école de business à partir de septembre prochain. C'est le jeune N'Da Koffi. Et d'autres viendront. Il y a des Américains qui enseignent des Asiatiques. Nous recrutons nos enseignants parmi les meilleurs venant du monde entier. Il n'y a que des Ivoiriens qui ont fait leurs études aux Etats-Unis. Le seul critère, c'est la compétence et les cours en anglais. Voici nos critères. Quant aux étudiants, ils viennent de la sous région puisque le président Bédié avait voulu une université qui se mette au service du développement du pays et de la sous région. Donc est une université à vocation régionale. Vous y trouverez des Burkinabé, 1 Ghanéen, 1 Togolais, ainsi de suite. Des étudiants venant d'un peu partout.

 

Avec les outils que vous donnez à vos étudiants, notamment les cours en anglais, les outils pragmatiques, est ce qu'on peut dire que vous formez des travailleurs pour le monde entier et qui ont des compétences pour travailler dans le monde entier, qui arrivent à s'épanouir avec les outils que vous leurs donnez ?

C'est aussi l'un des objectifs premiers de notre université. Nous avions au départ voulu créer une université qui puisse former des élites du monde entier, des élites africaines qui pourront travailler n'importe où dans le monde. Vous savez que l'anglais est une langue incontournable dans tous les domaines économiques, de la science, même la littérature. Donc, les étudiants qui sont formés dans notre université pourront signer un peu partout dans le monde. Je suis en train de signer beaucoup d'accord avec beaucoup d'entreprises londoniennes de façon à ce que nos étudiants puissent commencer leurs études ici et aller les terminer aux Etats-Unis. De sorte qu'ils auront la bi-diplomation. Ils auront le diplôme de l'UIGB et ils auront le diplôme de cette autre université. D'ailleurs, très bientôt, je vais recevoir nos partenaires américains pour pouvoir finaliser tout ça. Nous allons faire un séminaire pendant toute la semaine prochaine à Grand-Bassam pour nous mettre d'accord sur le type de diplôme, sur les différentes formations que nous sommes en train de dispenser. Donc en moralité, nos Etudiants pourront travailler partout dans le monde.

 

Ancien ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, vous êtes aussi la cheville ouvrière de l'Institut de la Recherche mathématique. Aujourd'hui, quel regard portez-vous sur l'ensemble de l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire ?

Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, l'enseignement supérieur a été reformé par le gouvernement du président Bédié depuis septembre 1995. A l'époque, nous avions défini les grandes orientations de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique en Côte d'Ivoire. Tous les textes fondamentaux avaient été pris à cette époque. Aujourd'hui, je suis heureux de constater que le ministre Cissé Bacongo a pris la relève et qu'il est en train d'appliquer la reforme qui a été définie dès cette époque. Je crois que l'enseignement supérieur est sur la bonne voie. Il y a eu des difficultés, on ne peut pas le nier. Il y a eu les problèmes de machettes, des résidences universitaires, bref. Beaucoup de problèmes sont en train d'être résolus et je pense que je suis heureux et fier de constater que ceux qui nous ont succédé et particulièrement le ministre actuel, le ministre Cissé Bacongo est en train de mettre en application les reformes de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique définies dès 1995.

 

Aujourd'hui, l'enseignement supérieur, tout comme l'enseignement général est en perte de vitesse par rapport à certaines difficultés. Comment pensez-vous qu'on puisse les surmonter ?

Je pense qu'avec beaucoup de volonté et de moyens, il ne faut pas négliger les moyens, toutes les difficultés peuvent être surmontées… J'ai toujours eu la passion pour la formation de la jeunesse. Je suis convaincu que pour qu'un pays se développe, il faut qu'il dispose de cadres, bien formés dans tous les secteurs. Des cadres compétents et responsables et qui sachent développer la solidarité entre les êtres humains.

 

M. le ministre, vous n'avez cessé de faire allusion au président Bédié et au premier ministre Duncan, vos patrons d'alors. Ils sont toujours en politique, on les voit un peu partout. Par contre, on ne vous voit plus sur la scène politique. Pourquoi ?

C'est vrai qu'on ne me voit plus activement sur la scène politique, mais je garde mes convictions. Etant à la tête de l'UIGB, j'ai un statut de diplomate. Et à ce titre, j'ai le devoir de réserve. Par contre, je garde mes amitiés, je garde mes relations avec mes amis, avec le président Bédié, avec le premier ministre Duncan que je vois régulièrement. Donc, de ce point de vue, il n'y a absolument pas de problème. Seulement, je ne peux plus être véritablement actif comme il y a dix ans.

 

Mais les convictions restent ?

Absolument. C'est pour cela que je vous disais que je garde mes amitiés solides, je les développe, je les cultive. Il n'est pas question que je renie quoi que ce soit de mon passé.

 

M. le ministre, pensez-vous que les réformes initiées sous le président Bédié sont encore d'actualité et peuvent encore servir ?

Absolument. Je suis convaincu que les idées généreuses qui ont été émises à l'époque, rappelons le discours du président Bédié de 1995 à Yamoussoukro, à la fondation Félix Houphouët-Boigny, les grandes idées qui ont été émises, les orientations qui ont été définies restent d'actualité. Il suffit de les revoir un peu et de les modifier pour tenir compte de l'actualité. Et je suis convaincu que ça doit pouvoir servir de boussole à la Côte d'Ivoire.

 

M. le ministre, l'enseignement supérieur connaît aujourd'hui un véritable boom. Les grandes écoles se développent pour donner une formation pratique. Vous êtes à l'origine de la démocratisation de l'enseignement supérieur avec l'université de Bouaké. Comment pensez-vous que tout cela doit être réorienté pour que les Etudiants puissent être mieux formés et servir le pays?

Effectivement, c'est dès 1995 que les grands chantiers de la formation ont été définis. Je ne dis pas que rien n'a été fait avant, mais à cette époque, il était nécessaire de mettre de l'ordre et de redéfinir de nouvelles missions pour l'enseignement supérieur et la recherche scientifique, conformément aux programmes définis par le président Bédié, président de la République à cette époque. Cela a été fait. Les choses continuent aujourd'hui. C'est vrai, il y a eu des difficultés mais, ces difficultés seront résolues par les équipes actuelles. Nous avons fait ce qu'il était nécessaire de faire sous l'autorité du président Bédié, du premier ministre Duncan. Nous avons réussi à mettre les choses en route. Aujourd'hui, il s'agit d'appliquer véritablement la politique qui a été définie. Et encore une fois, je suis sûr que l'actuel ministre, Cissé Bacongo est en train de faire ce qu'il faut pour cela. L'enseignement supérieur privé et les universités doivent jouer un rôle important. Quand j'arrivais à la tête de l'enseignement supérieur, il y avait seulement quatre grandes écoles privées. Et quand nous partions du pouvoir, il y avait environ soixante établissements d'enseignement supérieur privé. Aujourd'hui, il y en a environ 145. Mais nous nous étions rendus comptes que l'Etat ne pouvait pas tout faire. En effet, pendant longtemps, la Côte d'Ivoire produisait seulement deux mille, trois mille voire cinq mille bacheliers. Mais à partir de 1995, le chiffre est monté à 15.000. Donc nous savions que le gouvernement ivoirien ne pourrait pas former toute la jeunesse. Il fallait donc permettre au secteur privé de se développer. Et c'est ce que nous avons fait. Et je me souviens, le premier ministre Duncan m'avait dit à l'époque, il faut rapidement renverser la tendance. Qu’il y ait plus d'étudiants dans le privé que dans le public. L'Etat ne pouvant pas tout faire, nous nous sommes décidés de mettre les moyens à la disposition des établissements privés sous le contrôle de l'Etat, de façon que la jeunesse puisse être formée dans de bonnes conditions. Encore une fois, à l'image du système américain auquel je me réfère très souvent. Vous savez qu'aux Etats-Unis, il y a très peu d'universités publiques. Toutes les universités sont privées. Chaque Etat à une université publique, mais les milliers d'universités qui sont aux Etats-Unis sont pour la plupart, des universités privées. Donc c'est vers cette tendance que nous devrions aller. L'Etat permet à des opérateurs économiques compétents des enseignants d'ouvrir des établissements privés sous son contrôle. C'est-à-dire que les programmes ne devraient pas être faits n'importe comment. Les enseignants devraient avoir les mêmes qualifications que dans le supérieur public et ainsi de suite.

 

Le professeur Saliou Touré et les mathématiques. Je veux dire, la Passion demeure. Que devient l'IRMA, après l'IRMA, que devient cette collaboration, cette amitié ?

Merci beaucoup ! Vous savez les mathématiques demeurent ma passion. J'avais créé l'Institut de recherche mathématique dans ce cadre là pour définir de nouveaux programmes pour l'enseignement secondaire. Nous avons créé des programmes, nous avons écrit des livres d'abord pour la Côte d'Ivoire sous la houlette du ministre Paul Yao Akoto qui nous avait permis de mettre en place la collection IRMA. Devant le succès de cette collection, nous avons créé en 1990 une nouvelle collection qui s'appelle la collection internationale de mathématique et cette collecte est actuellement en vigueur dans tous les pays francophones d'Afrique et de l'océan indien y compris bien sûr la Côte d'Ivoire. Donc, la passion demeure. Chaque deux ans, nous révisons les programmes de cette collection pour coller à l'actualité. En plus, dans la vision inter africaine, je suis toujours le président de la société mathématique de Côte d'Ivoire. J'ai voulu me retirer, mais mes jeunes filles et mes anciens étudiants ont décidé de ne pas me laisser partir afin que je continue de travailler avec eux. Nous avons créé récemment plusieurs prix : le prix Miss Mathématique. Pour encourager les jeunes filles qui ont peur des mathématiques. Nous voulons que les jeunes filles aient confiance en elles. Et nous en formons beaucoup. D'ailleurs, le Président Gbagbo leur donne des bourses pour aller étudier en France et aller dans les grandes écoles préparatoires françaises. Aussi continué-je de suivre quelques étudiants qui font leur doctorat.

 

On naît mathématicien ou on le devient?

On ne naît pas mathématicien, mais on développe les capacités qui sont innées, à condition de fournir beaucoup d'efforts. On peut devenir mathématicien.

 

La dernière question monsieur le ministre. Vous avez dit que vous ne ferez plus de politique de façon active. Vous n'en demeurez pas moins un citoyen observateur. Vous êtes un éminent cadre, votre jeune frère est à la primature. Quelle est votre lecture et la chance de la Côte d'Ivoire pour s'en sortir ?

Vous savez notre pays depuis septembre 2002 a connu d'énormes difficultés. Nous avons perdu beaucoup de choses sur le plan national et international. L'image de la Côte d'Ivoire a pris un coup. Avec l'accord politique de Ouagadougou, Soro a accepté de devenir le Premier ministre de Côte d'Ivoire pour tenter de ramener la paix. Cette paix pour laquelle notre père Houphouët-Boigny ne se lassait jamais de dire que " la paix n'est pas un vain mot, c'est un comportement ". C'est ce que Soro a compris. En mettant balle à terre et en acceptant ce poste difficile pour que notre pays puisse s'en sortir et retrouver sa place qui est la tienne. Une place de leader dans notre sous-région. Je suis convaincu que si les deux belligérants savent être raisonnables Côte d'Ivoire ira mieux.

 

Réalisée par Eddy Péhé

et Hervé Ahossy

Coll : JCA et FC (stagiaire)

 

 

 

 

 

Actualité/ Modernisation du passeport ivoirien : Tagro et Bictogo dans une affaire de 25 milliards ?

 

L'affaire est sérieuse. Même très sérieuse. Car elle touche directement à l'identité des Ivoiriens, pour ne pas dire à l'identification des Ivoiriens sur le plan international. Il s'agit du dossier de la conception, de la fabrication et  de la mise en circulation du passeport CEDEAO en Côte d'Ivoire. Un important marché autour duquel un véritable ballet politico financier a été organisé et mené de bout en bout par l'actuel ministre ivoirien de l'Intérieur, Désiré Tagro et l'ex-conseiller du Premier Ministre, Adama Bictogo. Du moins, selon les informations et documents en notre possession. Une affaire de gros sous sur fond d'intrique et de trafic d'influence.

C'est par une correspondance officielle datée du 27 octobre 2004 et adressée au Ministre d'Etat, ministre ivoirien des Affaires étrangères (en son temps, M. Bamba Mamadou) que le Secrétaire exécutif de la CEDEAO, le Dr Mohamed Ibn Chambas a rappelé à l'Etat ivoirien, contrairement à la décision A/DEC.1/5/2000 de la 23ème Session de la conférence des Chefs d'Etat et de gouvernements tenue à Abuja les 28 et 29 mai 2000, que le passeport CEDEAO "qui doit consacrer la citoyenneté communautaire et faciliter la circulation des ressortissants à l'intérieur et hors de la Communauté n'a pas encore été imprimé et mis en circulation par la Côte d'Ivoire". La date butoir pour le retrait des passeports nationaux est fixée au 31 décembre 2005. A partir d'octobre 2005, chacun sait les tiraillements politiques qui ont eu lieu. Le gouvernement a changé et le ministère des Affaires Etrangères a changé de mains. Ainsi que le Ministère de l'Intérieur… Mais Gbagbo est demeuré au pouvoir. On arrive donc en 2007 dans le contexte de l'accord politique de Ouagadougou, signé le 04 mars, qui initie un nouveau gouvernement dont Soro Guillaume est le Premier Ministre. La question de la modernisation du passeport ivoirien et du passeport CEDEAO à mettre en circulation était jusque-là en suspension, en dépit du fait que le marché aurait déjà été accordé de gré à gré à la SITEL (cf la lettre N° 192/MS/CAB-1/C du 06 mars 2007) et autorisé par lettre du Ministère de l'Economie et des Finances datée du 04 juin 2007.

Soro forme une nouvelle équipe gouvernementale dans le même mois de mars. Sur proposition du président Gbagbo, Désiré Tagro est nommé Ministre de l'Intérieur, en charge également de la sécurité. Le dossier de la mise en circulation du passeport CEDEAO est remis au goût du jour. Cette fois, sur le bureau du ministre de l'Intérieur, Désiré Tagro. Il s'agit de trouver un opérateur pour la confection de ce précieux document. Or, selon nos sources, c'est la SITEL qui avait ce marché d'une valeur de 25 milliards de francs CFA. Le 03 octobre 2007, le ministre de l'Intérieur Désiré Tagro écrit à son homologue de l'Economie et des Finance, Charles Koffi Diby. L'objet de cette correspondance N° 1408, marquée du sceau de la confidentialité est "La substitution de la SNEDAI à la SITEL. La SNEDAI est la Société Nationale d'Edition de Documents Administratifs et d'Identification. Elle est une filiale du groupe belge ZETES qui est, a-t-on appris, spécialisée dans la confection et l'édition des passeports et documents électoraux. Selon nos sources, La SNEDAI aurait pour un des gros actionnaires ou propriétaires Adama Bictogo, alors conseiller à la Primature. Voici ce que dit la lettre de Tagro à Diby : " (…) En raison du caractère sensible du projet et des graves réserves formulées à l'encore de ladite (NDLR, la SITEL) société qui s'est vu confier, sans succès, par le passé une convention de concession pour la modernisation de l'état-civil, il m'apparaît opportun, dans le cadre de la modernisation du passeport ivoirien, à une autre société présentant des garanties plus sérieuses tant financières que techniques (…) Aussi ai-je l'honneur de solliciter par la présente, la substitution de la Société Nationale d'Edition de Documents Administratifs et d'Identification dite "SNEDAI" à la SITEL (…) "

Le 08 octobre 2007, soit seulement 05 jours après, le ministre Diby répond favorablement et avec des réserves au ministre Tagro par courrier N° 4801. Voici ce que dit cette réponse implicitement révélatrice : " (…) A l'appui de votre requête de substitution, vous relevez d'une part, le caractère sensible du projet et d'autre part, de graves réserves formulées contre la SITEL relativement au projet de modernisation de l'état-civil ivoirien à lui confié par ledit ministère. Vous précisez de plus que la SNEDAI présente non seulement de garanties financière et technique, mais également est une filiale de la Société Belge ZETES Industries qui est une entreprise paneuropéenne de premier plan dans la production de documents de voyage sécurisés, depuis plus de trente ans…Après examen et compte tenu des arguments développés, je vous marque mon accord pour la substitution de SDENAI à SITEL conformément à la lettre d'autorisation sus indiquée. ".

Le 10 octobre 2007, soit deux jours plus tard, le ministre de l'Intérieur Tagro crée par arrêté N° 338 un comité ad hoc chargé de conduire les négociations et d'assurer le suivi du respect des termes de la convention de délégation de service public à la Société Nationale d'Editions de Documents Administratifs et d'Identification pour la modernisation du passeport ivoirien. " Le comité est chargé, en outre, de donner, à la demande de l'autorité compétente, son avis sur toute question intéressant ladite convention. " L'autorité compétente ici c'est Tagro Désiré. Le comité  ainsi créé par l'arrêté de Tagro est présidé par le Ministre de l'Intérieur ou son représentant. Il a pour membres : -3 représentants du Ministère de l'Intérieur ayant, respectivement, des compétences en matière juridique, en matière de télécommunication et système d'information et en matière de police de l'air et des Frontières ; 2 représentants du Ministère de l'Economie et des Finances ; -1 représentant du Ministère des Affaires Etrangères ; -1 représentant du Ministère de la Coopération et de l'Intégration Africaine. On le constate, les ministères de l'Intérieur et de l'Economie et des Finances ont au total 05 représentants sur les sept membres du comité. En cas de vote pour délibérer, Tagro l'emportera toujours. Ce qui revient à dire que le comité est juste là pour crédibiliser ce que décidera le ministère de l'Intérieur qui préside les délibérations. Voilà pour les méandres Techniques de l'affaire. Apparemment, il n'y a pas grand-chose à redire. Mais en réalité, c'est une véritable montagne politico financière. Et quiconque la contrôle tient l'identification ivoirienne. Et qui tient l'identification tient les élections à venir.

Eddy PEHE

 

 

 

 

 

Contrôler à la fois les milliards et le fichier électoral

 

Le côté financier est encore plus important. L'opération de modernisation du passeport ivoirien est un marché, selon nos sources d'environ 32 milliards de francs. D'où la bataille souterraine pour l'obtention de cet important marché. Dans les différentes démarches du Ministre Tagro, ont retient deux importants faits :

-D'abord, nulle part, il n'a été fait cas d'un conseil des ministres encore moins d'un conseil de gouvernement. Est-ce à dire que pour cet important dossier, on n’a pas besoin d'une communication et d'une délibération en Conseil des Ministres ? Si oui, pour quoi ne l’a-t-on pas fait? Si non dans quel cadre juridique s'inscrit alors le dossier et surtout l'opération que doit mener l'opérateur choisi ?

-Ensuite, la modernisation du passeport concerne avant tout les ministères des Affaires Etrangères et de la Coopération qui sont les premiers interlocuteurs de la communauté internationale. Mais, dans les tractations et échanges de courriers qui ont abouti à la substitution de la SNEDAI à la SITEL puis à l'arrêté du ministre Tagro, aucune allusion n'a été faite à ces ministères qui sont la porte de sortie. Ce n'est que dans le comité ad hoc qu'une place a été offerte à chacun d'eux juste pour la configuration. A quel dessein?

On se rend compte aussi que c'est une fois la substitution réussie par Tagro que Bictogo a démissionné de la Primature. Pourquoi ? Et pourquoi cette célérité avec laquelle le ministre Tagro a-t-il demandé et obtenu cette substitution? Comment expliquer qu'il ait créé un comité ad hoc à la limite du déséquilibre ?

Au-delà de tout cela, il y a une autre bataille que Tagro a engagée. C'est celle du contrôle du fichier d'identification. On sait que les informations que l'on fournit pour l'obtention d'un passeport sont les plus complètes. Aussi, dans le cadre de la modernisation du passeport pour en faire un document de la CEDEAO, il va sans dire que les données traitées seront envoyées à toutes les chancelleries pour les besoins de la cause.

La SAGEM a été retenue comme opérateur de l'identification avant les élections. SITEL c'est la SAGEM et Tagro a de bonnes raisons de ne pas laisser la SAGEM tout avoir, à moins qu'il ne s'agisse d'un jeu dont nous pourrons découvrir les motivations par la suite. Toujours est-il que le ministre Tagro et Bictogo sont dans une lubie  qui vise à la fois les sous et les données électorales pour le compte de qui l'on sait. Pour le reste, nos investigations continuent.

E. P.

 

 

 

 

 

Le curieux silence de la SITEL et de Bakou

 

Dans cette sorte de corrida politico financière, le plus gros perdant dans l'affaire jusque-là est la SITEL à qui on a arraché cet important marché de 25 milliards de francs CFA sans coup férir. François Bakou, patron de la SITEL s'est curieusement muré dans un mutisme déconcertant. Pourquoi, cet homme d'affaires d'ordinaire si prompt et si alerte s'est-il aussi facilement laissé souffler un si important marché sans qu'il ne bronche ? Est-il vrai qu'il n'a pas l'expertise et la carapace financière nécessaires à la conduite de l'opération, comme le soutiennent les services de Tagro Désiré? Aux dernières nouvelles, on apprend que Bakou n'est même pas en Côte d'Ivoire. Mais on apprend également qu'un chargé de missions du Ministre Tagro et Adama Bictogo viennent de séjourner une semaine durant en France. A la rencontre de leur partenaire technique qui doit sous traiter les documents. Bakou est-il au courant de cette autre course? A-t-il fait un dernier tour à Paris ? Mystère. Ce marché qui devrait redorer le blason de la SITEL lui a été soufflé. Sans autre forme de procès. Sans un mot en face.

E. P.

 

 

 

 

 

 

Economie/ Hausse régulière du prix du blé, désorganisation…/François Ahuili, président de la FIP-BPCI: “Nous ne saurions garantir le prix du pain à 150 Fcfa”

 

Le président de la fédération interprofessionnelle des patrons boulangers et pâtissiers de Côte d'Ivoire (FIP-BPCI), François Ahwili Naylor fonde un grand espoir sur la réorganisation de la corporation. Il interpelle donc de toutes ses forces l'Etat de Côte d'Ivoire, afin qu'il joue, enfin, son rôle.

 

Comment va, aujourd'hui, votre secteur ?

Nous vivons une situation très difficile, à l'image de l'économie du pays. Il y a également l'augmentation du prix du blé qui nous installe dans une très mauvaise situation et cela a une incidence défavorable sur le prix de la matière. Finie dans nos boulangerie et pâtisseries. Nous avons donc beaucoup de problèmes compte tenu du prix de la baguette de pain maintenu à 150f.

 

En sus des difficultés énumérées ci-dessous, vous parlez aussi de désorganisation du secteur …

Oui, le secteur souffre également d'une désorganisation, nous n'avons pas la liste exacte de tous les professionnels (boulangers et pâtissiers, ndlr). Dans les rues du pays vous voyez des gens qui transportent le pain sur la tête, du pain exposé sur des étals comme s'il s'agissait de banane ou de l'igname. La qualité du pain laisse donc à désirer. L'outil de travail est obsolète. Nous ne saurions ignorer les impôts que nous payons alors que nous travaillons dans des conditions difficiles : le prix de l'énergie a augmenté (le gasoil), l'eau également, le personnel n'est pas adapté parce que le fait qu'il n'existe pas d'école pour la formation et le recyclage des travailleurs constitue une problème à résoudre.

 

Votre fédération pense-t-elle à des solutions à toutes ces difficultés ?

Je crois que la naissance de la fédération a été suscitée par l'ensemble des professionnels. Face aux difficultés, nous voulons voir dans quelle mesure, nous pouvons demander à l'Etat de nous aider, pour la réorganisation du secteur. Pour nous, le mot réorganiser regroupe tous ce que je viens de citer comme problèmes. C'est une opération qui nous permettra de maintenir l'équilibre au niveau de la corporation. On aura bientôt un séminaire qui va rassembler l'Etat, les professionnels de la corporation et les consommateurs. Nous allons y proposer des solutions et l'Etat pourra prendre une décision, surtout au niveau de la présidence de la République. Une bonne organisation nous permettra d'avoir une bonne lisibilité et créer des emplois. La réorganisation nous permettra de savoir qui fabrique ce pain, qui l'a vendu et à qui nous pouvons nous plaindre si le produit manque de qualité et de sécurité et voir les moyens de distribution. Cela permettra le prolongement des guichets dans les quartiers ou les boulangeries ne sont pas installées…

 

Aucun Etat ne saurait ignorer le rôle du secteur privé dans l'économie nationale. Comment doit-il se comporter vis-à-vis de vous ?

Nous estimons que l'Etat ivoirien a un rôle d'organisateur ; il doit avoir un regard régulier sur tous les secteurs et ne doit pas attendre que nous ayons des difficultés avant de ce sentir interpellé. Il doit permettre la création d'emplois et veiller sur la régulation des impôts sur la qualité des produits que nous proposons aux Ivoiriens. Mais dans la situation de crise actuelle, nous sommes allés vers les autorités pour solliciter leur aide. Si nous sommes organisés l'Etat y gagnera avec la création d'emplois, l'arrivée des investisseurs, la qualité des produits…J'ai parlé du blé, des fours. Qui ne sont pas ivoiriens. Chaque jour, ce sont plusieurs baguettes de pain qui sont jetées à la poubelle. Cela fait des milliards quand on multiplie le nombre, à 150f. Et c'est là que nous parlons d'épargne. Si l'Etat nous accompagne, on peut éviter cette perte.

 

Le blé n'est pas ivoirien, il est européen, américain…A quoi devons-nous nous attendre avec la nouvelle hausse annoncée de ce produit ?

Pour nous-mêmes, il est assez difficile parce qu'aujourd'hui, si nous étions une bonne organisation, nous devrions avoir la possibilité d'anticiper une année avant par rapport à l'augmentation prochaine du prix. Malheureusement, c'est maintenant que nous sommes en train de mettre en place l'organisation. Il est encore difficile de dire quelque chose. Le blé est utilisé en biocarburant et donc, il faut s'attendre à une augmentation de son prix à la tonne dans le monde entier et que ce que cela puisse ici influencer négativement le prix à la consommation. Pour nous, le prix du blé ne nous garantit pas le prix du pain à 150f à la longue. C'est pourquoi nous demandons à l'Etat de nous aider parce qu'une bonne organisation permettrait de mettre en place une bonne structure pour anticiper et voir effectivement quelles sont les dispositions à prendre pour maintenir le prix du pain relativement adapté au pouvoir d'achat des Ivoiriens.

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Published by tressia - dans Politique
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 22:48

Dr-Lenissongui.jpg

Son humilité frise la timidité. Et pourtant, ce n'est pas le savoir, la connaissance et l'éducation qui font défaut à cet homme. Dr. Lénissongui Coulibaly, puisque c'est de lui qu'il s'agit, est un sachant tant par sa formation universitaire que par la conviction avec laquelle il milite au PDCI-RDA. Maire de Boundiali pendant 15 ans, directeur de cabinet de feu le ministre Jean Baptiste Mockey, Lenissongui Coulibaly a côtoyé pendant de longues années le Président Houphouët. Aujourd'hui, aux côtés du Président Bédié, l'homme sait de quoi il parle quand il s'agit du PDCI-RDA. Politologue de formation, il jette le regard du scientifique sur la crise que vit la Côte d'Ivoire. Au passage, il ne se prive pas de jeter la pierre dans le jardin de ceux qui adorent le clinquant et pensent que faire de la politique, c'est dénigrer les autres. Lisez plutôt !

 

Docteur, au PDCI, quand on prononce votre nom, LENISSONGUI COULBALY, automatiquement, on voit le Directeur de cabinet du Président BEDIE. Vos rapports avec l'homme…

Je vous remercie de  l'occasion que vous m'offrez de pouvoir, à travers  "Le Repère"  qui renaît, présenter mes vœux les meilleurs de bonne et heureuse année 2008, non seulement à vos lecteurs, mais également à ceux de "Le Nouveau Réveil" dont je suis le Président du Comité d'Eveil, aux militants et sympathisants du PDCI-RDA et aux Ivoiriens  dans leur ensemble. Je prie le TOUT-PUISSANT pour qu'il jette un regard compatissant sur notre pays et le fasse enfin sortir de cette situation que seuls des cyniques peuvent envier.

Revenant à la question que vous  posez, je suis, en effet, le Directeur de cabinet du Président du PDCI-RDA, S.E.M. le Président HENRI KONAN BEDIE. J'ai été nommé à ce poste après le 11ème Congrès et précisément le  15 juin 2002. Il est donc normal que les militants voient en moi le Directeur de cabinet du Président BEDIE  puisque tel est le cas.

Mes rapports avec le Président sont d'abord des rapports de patron à collaborateur. Mais, je dois préciser qu'ils sont empreints d'une très grande cordialité. Ces rapports étaient déjà très forts du temps  de son exil. Ils sont devenus familiaux au fil du temps. Le Président m'assure de sa protection discrète et paternelle. En un mot, je suis et reste attaché à sa personne.

 

Directeur de cabinet, votre récompense de n'avoir pas été choisi Secrétaire  général du PDCI-RDA ?

Je crois que c'est au Président lui-même que la question doit être posée, puisque c'est lui qui nomme à tous les postes. Il faut considérer le Président comme un général à la tête d'une armée. Il dispose de soldats qu'il connaît. ll sait par conséquent où positionner tel ou tel de ses soldats pour obtenir le résultat qu'il veut obtenir. Il sait donc pour quelles raisons il m'a nommé au poste de Directeur de cabinet plutôt qu'à celui de Secrétaire général.

 

En quoi consiste concrètement votre rôle ? N'est-ce pas un titre ronflant pour la forme ?

J'ai occupé à plusieurs reprises, le poste de Directeur de Cabinet,  dans ma carrière de fonctionnaire. Je rappelle que j'ai été le directeur de Cabinet de feu Jean Baptiste MOCKEY jusqu'à sa tragique disparition en 1981. J'ai servi d'autres dans les mêmes fonctions. Je n'ai jamais eu l'impression qu'il s'agissait d'un titre ronflant sans contenu. Mais peut -être pour les jeunes, et à titre didactique, faut-il indiquer que le Directeur de Cabinet est le collaborateur direct du ministre ou du Président dans le cas d'espèce. Il est au courant de toutes les affaires  concernant le département et prépare les dossiers pour le patron. Il reçoit le courrier qu'il impute à différents services pour traitement et souvent, dépendant de la complicité qui existe entre lui et son patron, il traite directement certaines  affaires  dont il rend compte. Il est par ailleurs le conseiller  en chef de son patron. On pourrait dire que le Directeur de Cabinet sert de courroie de transmission entre le patron et le public, pour ceux, naturellement qui n'ont pas accès directement à lui.

A partir de ces indications, vous voyez qu'il ne s'agit pas d'un poste sans contenu, d'un titre ronflant, pour satisfaire quelqu'un.

Mais je considère cela du reste comme une insulte, de penser que le président puisse nommer un cadre dans le  simple but de lui faire plaisir.

Certes, le Directeur de Cabinet n'est pas au-devant de la scène, ce qui semble le plus  souvent intéresser les gens, mais il ne constitue pas moins une pièce importante dans le dispositif de tout ministère ou de toute structure. Je sais, pour ma part, que malgré les apparences, j'apporte dans le poste que j'occupe, le meilleur de moi-même. Beaucoup ignorent mes déplacements à Daoukro, lorsque le président  a besoin de moi à ses côtés  ou alors qu'il a besoin  de quelque chose de précis.

Il est vrai, je le répète, que nos compatriotes aiment le clinquant et le " m'as-tu vu ", mais il faut souvent se méfier des apparences.

 

Gnamien Yao trouve votre poste immérité allant jusqu'à vous traiter de judas après le renversement du Président BEDIE…

Je suis surpris par ces propos de M.Gnamien Yao. S'il estime que je ne mérite pas ce poste, c'est peut-être lui qui le mériterait ! Je ne comprends pas cette propension qu'a ce monsieur de s'en prendre à tout le monde. Il estime également que je serais un Judas. Je suis sûr qu'il ne sait pas qui était Judas, car il n'a certainement jamais lu la Bible, pire, il n'a sans doute jamais mis les pieds dans une église. Je suis chrétien pratiquant et c'est pourquoi, je ne puis accepter d'être traité de Judas.

Peut-il me dire qui j'ai trahi ? Qui ai-je livré pour quelques pièces d'argent ? Là, quand même, je crois qu'il exagère et je ne puis permettre cette méchanceté qui ne peut se justifier. Je suis indigné. Pourquoi ces attaques  gratuites ?

Je dois reconnaître  que lorsque le Président, en exil, m'a demandé d'être son porte-parole, j'ai eu à faire face aux méchancetés, à la jalousie et à la délation à l'intérieur du PDCI. Beaucoup n'ont jamais  accepté que je joue ce rôle. Selon eux, je n'étais pas de son sérail : j'étais un étranger. Je dois vous avouer que ce fut difficile pour moi  d'avoir à faire face au CNSP et me battre contre mes partisans. C'était une gymnastique périlleuse. Dieu merci, le Président est revenu, nous avons réussi notre mission. 

Je voudrais dire à M.Gnamien Yao que mon mariage avec une fille du canton Zédi de la sous-préfecture de Bayota et qui est une proche parente du Chef de l'Etat  est une porte ouverte pour moi, pour  être à ses côtés, car les Bété, dans leur culture, ont pour habitude de " gâter " leurs beaux-frères. Mais, je suis un homme de conviction, un homme de parole ; c'est pourquoi, je n'ai jamais trahi ma ligne politique.

Je dois vous avouer que la dignité coûte cher, elle n'a pas de prix pour un enseignant à la retraite comme moi. Je suis senoufo, et chez moi, on nous enseigne l'honneur.

M. Gnamien Yao, qui se targue d'avoir, tout seul, fait revenir le Président BEDIE d'exil, n'était pas seul dans l'arène en ce temps-là. Pour lui rafraîchir la mémoire, je vais citer ceux des jeunes, et non des moindres, qui se sont battus eux aussi et qui pourtant sont restés discrets.  Ce sont: le Mouvement Nouvelle Génération de Kouadio Konan Bertin (KKB), le Mouvement des Femmes actives (MOFAC) de Célestine ZOMA, le Mouvement de Soutien aux Actions du PDCI-RDA (MOSAC) de KONATE Idriss, le Mouvement Paix et Réconciliation nationale d'AMANKOU Jean Michel, le HKB Je Positive de Mea ETTIEN, le Comité national de Soutien à la Candidature de HKB d'Ibra BAKHOUM, le C.R.B de TANOH Assielou Félix, le S.N.F.B de TANOH Marthe, la Jeunesse Féminine en Action de YAPO Valérie, l'A.S.P.R.E.N.A de Madame AKPOUE Yvette, et bien entendu, FUTURIV-PDCI que j'ai créé avec des amis et que je continue de diriger. Comment apprécier l'apport respectif de chacun de ces groupes de soutien qui furent actifs, sauf à dire qu'ils ont tous contribué au retour effectif d'exil du Président Henri KONAN BEDIE!

A ces groupes de jeunes, il convient d'ajouter Denis KAH ZION et son "Réveil", devenu plus tard, "Le Nouveau Réveil" grâce  à qui nos messages et nos meetings étaient largement diffusés sur toute l'étendue du  territoire national.

Il y avait  aussi des militants, des hommes et des femmes qui ont souhaité garder l'anonymat, et qui n'étaient pas moins actifs et que nous ne cesserons jamais de remercier.

Il y avait également ces hommes et ces dames qui certainement se reconnaissent dans ces écrits et qui venaient spontanément nous aider !

Je dois rappeler à M.Gnamien YAO que j'ai pris sur moi de faire la déclaration du 26 décembre 1999 au nom du PDCI-RDA pour dire que le PDCI prenait acte du coup d'Etat de Robert GUEI et redonner de la sorte, au lendemain du putsch,  courage aux militants qui étaient tous troublés  et désorientés.

 

 

Par ailleurs, je tiens à rappeler à Gnamien Yao et aussi à vos lecteurs qu'après avoir fait la déclaration  dont il a été fait mention plus haut, j'ai pris également le risque, alors que  certains militants par peur ou par méchanceté, n'osaient prononcer le nom du Président BEDIE, de me présenter sur le plateau de la Télévision ivoirienne , Première Chaîne et de proclamer haut et fort, à l'émission "Quatre vingt dix minutes pour convaincre", ma foi dans le retour triomphal d’Henri KONAN BEDIE. L'animateur de l'émission était Thomas BAHINCHI et trois autres journalistes  dont Abel  DOUALY de Fraternité-Matin, Franck DALY de "Notre Voie" et Charles SANGA de “Le Patriote”. C'était le jeudi 26 avril 2001.

Monsieur Gnamien Yao a raison quand il clame partout avoir  refait le Président tout seul. N'a-t-il pas  été nommé ministre  alors que tous les autres jeunes qui ont donné leur poitrine n'arrivent pas à satisfaire un seul de leurs besoins ? Il devrait avoir honte de raconter n'importe quoi. Quand on est rassasié parce que on a tout eu et que les autres ont les mains vides, on devrait se taire par  pudeur

J'ai ouï dire qu'il a été nommé ambassadeur et qu'il serait allé faire une école de diplomatie en France. J'en suis très étonné, car la diplomatie française  est l'une des meilleures au monde. Y-a-t-il vraiment suivi ces cours ? J'en doute fort.

Dans le cas contraire, le Chef de l'Etat devrait regarder par deux fois avant de nommer ce genre de personne. On ne doit pas confier la diplomatie d'un pays à une "pie". La pie  fait partie d'une espèce d'oiseau  que l'on qualifie de rapporteuse, de voleuse et de bavarde. Elle ne sait ni se taire, ni garder un secret. Je crois pour ma part que M. Gnamien  Yao devra prendre attache avec nos éminents diplomates de carrière pour avoir quelques conseils sur l'éthique et la déontologie du diplomate. C'est ce comportement fait de dignité, de réserve et de pondération qui leur donne cet air grave et respectable qu'on leur envie tant.

Enfin, que me reproche-t-on au juste? Je n'ai pas appris à casser les poux sur la tête des  autres. Je n'aime pas les coups bas, les peaux de banane et les intrigues, non, ce n'est pas moi et je ne changerai pas pour un sou, car la politique, pour moi, ce n'est pas cela.

Je parle quand il faut parler. Je ne parle donc pas au hasard. Je ne cherche pas non plus à être au-devant de la scène quand cela n'est pas nécessaire. Peut-être, est-ce pour cela que j'observe, depuis quelque temps, que beaucoup d'intervenants dans les meetings omettent de me citer parmi ceux qui ont apporté leur concours et participé au combat qu'il fallait mener à cette époque ?

J'indiquerai également que tous ces jeunes, hommes et femmes, qui se battaient, n'avaient souvent pour seul lieu de réunion que ma modeste villa où j'avais dû faire ériger, dans la précipitation, un appatam pour servir de lieu de rencontre car, les locaux de la maison du PDCI leur étaient interdits.

Enfin, j'indiquerai que lorsqu'il s'est agi, parce que le Président BEDIE l'avait demandé, de fédérer ces groupes, seul le mouvement de Gnamien YAO s'est montré réfractaire !


L'occasion est belle, n'est-ce pas Dr, de nous parler de ce " Comité de crise ", dirigé par le ministre Jean KONAN BANNY.

Depuis le retour triomphal du Président d'exil, j'observe les mouvements des uns et des autres et c'est une leçon de choses sur le comportement des hommes. Bien des gens, connus et reconnus, ont posé des actes indignes pendant la période du coup d'Etat et de la transition, et, toute honte bue, se présentent comme ceux-là mêmes qui ont tout mis en œuvre pour le retour de notre président.

Comme il semble y avoir confusion, je vais vous dire ce que je sais de cette période.

Rappelons que le 22 décembre 1999, le Président a prononcé à l'Assemblée nationale, un discours très nationaliste qui a reçu l'approbation de tous. Toute la salle s'est levée comme un seul homme pour l'acclamer, une " standing ovation ", diraient les anglo-saxons.

Et le Président s'est rendu par la suite à Daoukro pour les fêtes de fin d'année.

Dès le 24 décembre, on assistait, par-ci, par-là, à l'intrusion des " jeunes gens ", qui ont érigé des barrages aux différents carrefours, jusqu'à la déclaration du général Robert GUEI disant qu'il avait mis fin au pouvoir du Président BEDIE.

Les partis de l'opposition d'alors ont commencé à envoyer à la radio, des déclarations de soutien  et c'est dans la soirée du 25 décembre 1999 que mon aîné IPAUD LAGO m'a demandé d'intervenir au nom du PDCI. Je lui ai dit que je ne pouvais le faire étant donné que dans la hiérarchie du parti, je ne venais qu'en troisième ou quatrième position. Il m'a dit qu'il fallait le faire puisqu'en apparence on ne me reprochait rien, étant donné que je ne vivais que sur mon salaire de fonctionnaire. Par ailleurs, en ma qualité de Secrétaire national chargé des sections et des délégations départementales et communales, j'étais responsable des délégués et des secrétaires de sections. On sait que Fologo était à AKOUEDO et que lui  IPAUD LAGO était indisponible. C'est donc ainsi que j'ai décidé d'intervenir au nom du parti.

Le 26 décembre 1999, j'ai donc demandé à ma fille ANNICK  qui était à Africa n°1 de prendre contact avec  ses amis de la radio et  de la télévision pour une déclaration que j'allais faire. J'avais préparé le texte que j'ai pu lire à M. Edjampan TIEMELE qui m'a conseillé de mettre "Chef de l'Etat" au lieu de  Président de la République, puisque Guéi n'avait pas été élu de façon démocratique…

La presse est donc arrivée mais dans une camionnette et à ma grande surprise, avec des soldats très excités à bord, munis de mitraillettes. Ils ont commencé par fouiller ma maison de fond en comble et se sont ensuite mis en position de combat. Lorsque je me suis assis pour lire la déclaration, un des militaires s'est arrêté derrière moi, et un autre devant, tous deux avec leurs armes pointées sur moi au cas où ma déclaration ne serait pas de leur goût. Je serais abattu systématiquement ! Vous comprenez que ce n'était point facile, avec mon épouse et mes enfants qui étaient sommés par les militaires de s'asseoir et de me regarder !

C'est dans ces conditions que j'ai fait la déclaration au nom du parti en présence de mon condisciple Guillaume ZABI SOKO qui peut en témoigner. Cette déclaration a fait le tour du monde.

Dès que la déclaration a été faite, le ministre Jean Konan BANNY  qui m'a toujours honoré de son affection, a été le premier à m'appeler, pour me féliciter, tout en regrettant que nous n'ayons pas pu nous concerter auparavant.

C'est cette déclaration qui a permis, je dois le dire, de redonner courage et espoir aux militants et c'est ainsi que dès le lendemain, par petits groupes, les responsables et les militants ont commencé à fréquenter la maison du Parti. Il faut indiquer que des militants, et non des moindres, avaient commencé à débarrasser les salles de réunions de la maison du parti de toutes les photos du président BEDIE !

Les militants ont donc recommencé à fréquenter la maison du Parti, la peur au ventre. Ils venaient parce qu'ils savaient qu'il y avait désormais un semblant d'autorité, de tête, et, il faut le dire ils venaient surtout aux nouvelles. Le " Comité de Crise " se présentait comme l'interlocuteur du Général GUEI et du CNSP  et il faut reconnaître l'autorité du ministre Jean KONAN BANNY, ancien ministre de la Défense, qui a eu souvent à intervenir auprès des militaires qui régulièrement encerclaient  la maison du Parti sous n'importe quel prétexte.

C'est au cours de l'une des réunions de ce " Comité de crise " que, suite à une déclaration que le Président BEDIE avait faite et qui  n'avait pas été du goût du Général GUEI, que la question a été posée de savoir  quelle attitude adopter vis-à-vis du Président en exil, afin de protéger les militants restés sur place au pays. Il y avait deux positions.

Un premier groupe voulait que l'on suspende  le Président BEDIE et dès lors, de considérer qu'il n'intervenait plus au nom du Parti. La conséquence de cette position est que le Président n'était plus considéré comme un membre actif du Parti.

Le deuxième groupe, dont je faisais partie, estimait qu'il fallait utiliser le procédé " du congé  administratif ". On sait que dans l'Administration, on peut mettre un fonctionnaire en congé, pour une période plus ou moins longue, avec la possibilité pour celui-ci de reprendre son poste à son  retour.

 

 

C'est cette dernière position qui a prévalu et j'ai moi-même participé à la rédaction du document qui été  lu par le ministre Jean KONAN BANNY, au nom de tous. Il s'agit donc d'une décision collective, en tout cas des participants à cette rencontre  qui s'est tenue dans le bureau qu'occupe aujourd'hui le Secrétaire général du PDCI-RDA.

Du reste, le ministre Jean KONAN BANNY s'est déjà largement expliqué sur ce point.

Il est facile aujourd'hui de jeter la pierre, mais l'honnêteté veut que l'on reconnaisse que pendant la transition du CNSP  et, surtout au tout début, quand il n'y avait ni Président, ni Secrétaire général du Parti, il fallait trouver une formule qui permettait de redonner vie au PDCI et courage à ses militants. C'est ce qu'a fait le " Comité de crise. "

 

Les positions des uns et des autres ont fait grand bruit. Quelle est l'ambiance aujourd'hui, pour ne pas dire, comment le Président BEDIE a réussi  à fédérer tous ces bouillonnements ?

Vous devez savoir que le Président BEDIE est un homme d'Etat, un homme de grande réflexion qui prend son temps avant de décider. Cela donne l'impression d'un manque de vivacité que certains peuvent traduire par un manque d'intérêt. Or, tout cela est loin de la vérité. On peut, dans un premier temps ne pas approuver ou être d'accord avec les positions qu'il prend, mais avec le temps, on se rend compte que c'est bien lui qui avait raison. C'est le fruit d'une longue expérience.

Dès qu'il y a eu le coup d'Etat, beaucoup ont pensé que leur heure avait sonné. On les connaît. On  a également lu leurs déclarations, leurs prises de position. Mais, vous savez que dès que vous vous soumettez  à la sanction des urnes, les choses deviennent différentes. Au 11ème Congrès du parti, les militants ont, par un véritable plébiscite, donné les coudées franches au Président BEDIE en l'installant confortablement dans le fauteuil de Président du Parti, avec un mandat bien précis. Ce mandat a été  renouvelé lors de la Convention d'investiture.

Certes, on ne peut pas supprimer d'un trait de plume les velléités, mais devant la position de la majorité des militants ou de leurs représentants, il est certain que ces velléités ne pouvaient qu'être rangées, ne serait-ce que temporairement, au placard.

 

A cela, je crois qu'il faut ajouter la connaissance des hommes. Les contacts permanents avec les uns et les autres, souvent chez lui  à DAOUKRO, ont permis de dénouer maints problèmes qui ont pu se poser ici et là.

Ainsi, aussi bien  à travers des méthodes , disons réglementaires, qu'à travers des contacts directs, les " bouillonnements" comme vous dites, ont pu se résorber et aujourd'hui, le Président BEDIE apparaît comme l'homme de la situation, l'homme qu'il faut, à la place qu'il faut :un homme qui a traversé toutes les échelles de l'administration publique de son pays, qui a une vaste expérience de la gestion centrale et décentralisée, qui a eu les contacts les plus divers  dans le monde entier, tout cela reposant sur une solide culture  de  droit  et de finance. Il y a aujourd'hui, dans nos rangs, peu de militants qui disposent d'autant d'atouts.

 

Dans le secret des Dieux, vous confirmez donc , malgré les écrits de certains journaux, que pour le moment, Henri KONAN BEDIE est celui dont l'aura, non seulement a réussi à ressouder le parti, mais peut mener le PDCI à la victoire ?

Je crois avoir déjà répondu à la question. Prenez nous tous, nous les enfants de Félix HOUPHOUET-BOIGNY, militant dans le Parti qu'il a créé et dites-moi qui vous voyez pour le moment. Il n'y en pas d'autre. C'est la raison pour laquelle, je crois et milite pour qu'il nous mène à la victoire lorsque des élections ouvertes, justes et transparentes seront organisées !

 

Vous êtes dans une dynamique du PDCI et la reconquête du pouvoir. Quels sont vos atouts ?

Nous avons plusieurs atouts. Le plus important de nos atouts est le candidat que nous allons présenter. Malgré les écrits fumeux et souvent ne relevant que de la méchanceté gratuite, le Président BEDIE reste l'homme  capable de remettre la Côte d'Ivoire sur les rails .BEDIE  n'a pas de sang sur les mains. BEDIE  a de la compassion, ce n'est pas le cas de tout le monde. BEDIE a de l'expérience, l'expérience du travail, l'expérience de la vie. Enfin, BEDIE peut se suffire à lui-même. Ce n'est pas le cas de beaucoup qui ne vivent, comme moi, que de leur salaire de fonctionnaire ou de leur retraite et quand il y a un retard quelconque, ils se retrouvent dans des difficultés.

 

 Alors, comment vivez-vous la crise qui frappe le pays ?

Je la vis  mal, très mal même. A la vérité, mon mal a commencé avec le coup d'Etat du 24 décembre 1999.  Je me suis toujours demandé, alors que nous étions à dix mois des élections générales de 2000, pourquoi les soi-disant "  jeunes gens "  du Général GUEI et leurs commanditaires n'ont pas pu, puisqu'ils se déclarent démocrates, attendre ces consultations pour chasser BEDIE et le PDCI du pouvoir. C'est donc qu'il y a un double langage, car on professe quelque chose et on fait le contraire ! Du reste, c'est bien ce que nous vivons depuis la crise.

Mon mal a empiré depuis le 19 septembre 2002. Depuis cette date, je n'ai pas pu mettre pied dans mon village qui est situé  en plein cœur de la zone sous contrôle  MPCI ou Forces nouvelles.

Alors, j'ai mal, oui, j'ai mal !

 

Vous êtes politologue de formation, à quel niveau situez-vous la survenance de la crise ?

Au forum de réconciliation présidé par l'ancien Premier ministre Seydou DIARRA, le Chef de l'Etat, Laurent GBAGBO  a expliqué que le coup d'Etat était le résultat du mauvais partage de l'héritage du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY. Je crois qu'on peut indiquer que la crise est survenue par suite du mauvais partage des retombées du coup d'Etat de 1999, par ceux qui l'ont commandité et l'ont réalisé. Il suffit pour cela de relire  les documents élaborés sur le site Internet du MPCI, installé en Californie et dans le Missouri aux USA.

Je pense honnêtement que depuis le 10ème Congrès  du PDCI,  qui s'est tenu en octobre  1996, le PDCI s'est organisé de telle sorte qu'il ne pouvait être battu dans aucune élection propre en Côte d'Ivoire. Cela a fait peur, car les adversaires du PDCI ne savaient plus de quelle manière ils pourraient accéder au pouvoir. Ils ont donc choisi le raccourci du coup d'Etat pour se retrouver au pouvoir. Examinez un peu tous les moyens mis en œuvre pour écarter, en 2000, tous les candidats du PDCI à la présidentielle !

 

Votre regard sur la façon dont la crise est gérée.

On ne peut pas dire que la crise soit bien gérée ! Cela fait cinq longues années que ça dure et rappelle le petit ouvrage de Lénine, " Un pas en avant, deux pas en arrière "

A tout le moins, on fait du sur-place si on ne recule pas !

Tenez, dès le 22 septembre 2002, c'est-à-dire trois jours exactement après les évènements, le Président BEDIE organisait dans sa résidence une réunion de crise au cours de laquelle il proposait à M. Laurent GBAGBO et au FPI de discuter avec ceux qu'on appelait alors les rebelles.

La proposition a été rejetée du revers de la main, avec l'air de dire, si vous êtes si malin, si expérimenté, pourquoi avez-vous été chassé du pouvoir ? Aujourd'hui, on nous parle de dialogue inter ivoirien, mais dans un territoire étranger, même s'il est très proche de nous !

 

L'opposition de par son " indolence ", de par sa " panne de stratégies ", comme l'affirment certains sachants, dont ANAKY KOBENA, président du MFA, n'a-t-elle pas contribué à faire perdurer la crise ?

On peut tout dire de l'opposition. C'est même normal qu'il en soit ainsi. Je voudrais toutefois faire remarquer que c'est une bien lourde responsabilité de mener des troupes. Il faut, me semble-t-il, tenir compte de l'engagement, du moral de ces troupes tout autant que de l'adversaire en face.

Il y a d'un côté, une opposition démunie, désargentée et de l'autre un pouvoir qu'il ne faut pas craindre de qualifier de dictatorial qui monopolise  les  instruments de violence d'Etat et qui, pire,  a muselé les média d'Etat. Dans ces conditions, comment voulez-vous avoir accès à vos militants ?

L'exemple le plus frappant était la marche pacifique qui devait être organisée en mars 2004. Avant même qu'elle n'ait commencé, toutes les rues étaient barrées par des militaires et des miliciens. Les militants qui ont voulu braver ces agents se sont retrouvés dans des tombes sans que l'heure du rappel à Dieu ait sonné !

C'est quand même une responsabilité d'envoyer mourir des gens face à des assoiffés de pouvoir.

La responsabilité de cette crise  repose essentiellement sur ceux qui nous dirigent et nulle part ailleurs.

Je peux dire toutefois, et c'est ma conviction profonde, que cela changera, car il n'y a pas de situation qui n'ait pas de fin ! Regardons l'histoire. Il y a eu la guerre de Cent ans, la guerre d'indépendance des Etats-Unis et bien des dictatures sont tombées, souvent par le fait de ceux-là mêmes dont on se servait comme des  bourreaux !

Mais, que l'on me comprenne bien. Je ne suggère nullement de rester les bras croisés. Au contraire,  l'opposition doit savoir qu'elle seule a la solution à sa libération, par l'élaboration de stratégies qu'elle peut mettre en œuvre. Et je sais que beaucoup a été fait dans ce sens et cela doit se poursuivre !

 

Ne craignez-vous pas un nouveau blocage après OUAGADOUGOU III ?

Voyez-vous, il y a un mal profond qui ronge les protagonistes de cette crise. Ils souffrent de ce que les politologues américains qualifient de "  credibility gap ", pour dire qu'ils ne sont pas crédibles et cela de leur propre fait. Comptez un tout petit peu le nombre de documents signés ! Et combien sont-ils qui ont connu une exécution telle que voulue par eux-mêmes ?

On ne peut donc jurer de rien, dans une situation comme celle-là. Tout est possible. J'ai une conviction. Je crois  que le chef de l'Etat n'acceptera d'organiser des élections que lorsqu'il sera  certain de les gagner.

 

Et si, on ne le souhaite pas, blocage il y avait ?

Il faut  s'y attendre de toutes les manières pour ne pas être surpris. Nous, je veux dire l'opposition et ceux qui souhaitent un changement dans le pays, devons continuer de rechercher les moyens, les stratégies et mener des actions, même si leur portée  paraît insignifiante  au départ.

 

Pour vous, qui côtoyez le Président BEDIE au quotidien, pour le PDCI, quel est  le minimum pour aller aux élections ?

Je ne comprends pas bien la question.

 

A votre convenance, docteur...

D’accord! S'agit-il d'un minimum de moyens financiers ? Si tel est le cas, je n'en ai aucune idée, mais je sais qu'une élection ne peut s'envisager sans argent.

Je sais par contre que la foi  dans ce qu'il entreprend est une donnée essentielle et que le Président BEDIE  est animé de cette foi.

Par ailleurs, je sais qu'il dispose d'un parti, le PDCI-RDA qui est une véritable machine qui lui est entièrement dévouée.

Enfin, le Président sait qu'il peut compter sur les jeunes, les femmes et  les  cadres qui savent que BEDIE constitue la planche de salut.

Je crois et je sais que ce minimum lui est garanti et qu'il peut aller aux élections qui vont arriver tôt ou tard, assuré de tout ce que je viens d'indiquer.

 

Est-il  vrai qu'au PDCI, votre gouvernement est prêt, tellement vous êtes sûr de la victoire de BEDIE ?

Dans le système politique anglais, chaque parti, notamment les plus importants, créent ce que l'on appelle des gouvernements de l'ombre, traduction littérale de " shadow governement ".Il s'agit essentiellement de  personnalités qui se préparent à entrer au gouvernement dès que leur formation politique obtient le pouvoir .

Il faut savoir toutefois que le Président BEDIE  dans le cadre de la mise sur pied du Secrétariat général, a nommé des responsables dans des Secrétariats nationaux, qui sont des équipes chargées de  préparer des dossiers sur toutes les grandes questions auxquelles fait face le gouvernement.

On peut imaginer que si ces équipes font le travail qui leur est demandé, un futur membre du gouvernement puisse en sortir.

Pour revenir à la question, je dois vous dire que tout parti politique qui se respecte,  a un gouvernement de l'ombre.

Le PDCI-RDA est  le deuxième  plus  grand parti politique en Afrique après l'ANC de Nelson MANDELA. C'est un parti organisé et le Président BEDIE  qui le préside  a des noms de militants sur qui il peut compter à tout moment. Il ne peut pas en être autrement.

Son souci aujourd'hui, ce sont les élections, elles doivent être justes et transparentes, car nous sommes prêts.

Si vous demandez tout de suite  au Président BEDIE de constituer un gouvernement, il vous le sortira, car le PDI-RDA  dispose d'un vivier de cadres, nombreux et compétents, prêts à se mettre au travail pour remettre la Côte d'Ivoire sur les rails.

 

Des vœux, en cette fin d'année ?

J'ai formulé mes vœux de bonne et heureuse année au début de cette rencontre. Je les renouvelle.

Au moment où nous mettons fin à cet entretien, je me mets à rêver à ce passé pas si lointain où, parce que nous étions en paix, nous étions libres, qu'il n'y avait pas de barrages routiers, que nos maisons et nos biens étaient en sécurité, il m'était possible de prendre l'autoroute du Nord, de parcourir pendant la nuit, les six cent à sept cent kilomètres qui séparent Abidjan de Fodio, mon village et de Boundiali, la ville dont j'ai été le maire pendant quinze ans et , après avoir accompli ce pourquoi j'avais effectué le voyage, de revenir aussi simplement à Abidjan, pour y reprendre mes activités ! Cette période est-elle partie pour de bon !?

Le grand homme a dit : " Le bonheur, on ne l'apprécie que lorsque l'on l'a perdu " ! Il avait tellement raison.

Que Dieu fasse que ce bonheur revienne. Que la paix revienne, que la sécurité revienne et que la fierté, oui, la fierté toute simple d'être Ivoirien revienne.

C'est mon vœu le plus intime pour chaque Ivoirien et chaque Ivoirienne et pour tous ceux qui ont accepté de vivre  avec nous.

Bonne et heureuse année 2008 !
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 22:36

Gestion des Etats et bonne gouvernance : De la France à la Côte d’Ivoire, les socialistes sont des pilleurs

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Guy TRESSIA, Journaliste-Infographiste, Conseil en Communication des groupes et institutions
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"La dette de la France date de 25 ans",
avait révélé Nicolas Sarkozy lors du face-à-face télévisé avec Sogolène Royal. Et la France, il y a 25 ans était gouvernée par les socialistes dirigés par François Mitterrand (paix à son âme).

Sous le régime socialiste, le pays du Général De Gaulle a été pillé. Et pourtant, Mitterrand, quand il était à l’opposition avait décrié la gestion de Giscard et celles de tous ses prédécesseurs. Il a désavoué la Constitution française avec son livre "L’abeille et l’architecte" (édition Flammarion). Il avait proposé le quinquennat à la place du septennat. Il est resté au pouvoir 2 septennats sans rien changer à la Constitution française.

Après avoir exercé son pouvoir, le peuple français découvre avec stupéfaction la lourde dette de la grande France. Oui la grande France est endettée à cause des socialistes français. Et c’est à un journaliste-écrivain, Jean Montaldo, de publier 1 gros bouquin de 500 pages en 1994 sur la gestion scandaleuse et scabreuse des socialistes. Ce bouquins est intitulé : "Mitterrand et les 40 voleurs" (Il dévoile comment les socialistes français, alors dirigés par François Mitterrand, ont pillé la France. Toute la mal gouvernance et le pillage de la France ont été traités en détails par le journaliste-écrivain, Jean Montaldo, avec des preuves irréfutables. Il vient même de sortir : "Chirac et les 40 menteurs".

En somme c’est un journaliste à la Venance Konan qui critique à la fois la gauche et la droite indifféremment. Il dit ses vérités qui éclairent le peuple.

En Côte d’Ivoire, après un long et paisible règne du PDCI, le Front populaire ivoirien (FPI), parti dit socialiste, avec à sa tête Laurent Gbagbo, est arrivé au pouvoir.

"Donnez-moi le pouvoir et je vous le rendrai", a-t-il dit pendant sa campagne présidentielle. Il a promis monts et merveilles aux Ivoiriens dans une démocratie vraie, selon lui. L’école gratuite, assurance maladie universelle (AMU), la construction de logements à la portée de tous et bien d’autres mirages comme la libéralisation de la filière café-cacao.

Arrivé au pouvoir, c’est la désillusion totale. Il a confisqué le pouvoir qu’il avait promis rendre au peuple. Il a même oublié tout ce qu’il disait quand il était opposant. "Quand un collaborateur n’est pas compétent, il doit être révoqué de ses fonctions. Quand il collaborateur vole l’argent de l’Etat, il doit être arrêté, jugé et jeté en prison", disait-il. Mais lui, arrivé au pouvoir, il a préféré instaurer une dictature sans pareille pour protéger ses amis incompétents et les voleurs de la République (puisqu’il semble l’être lui-même, selon Venance Konan). Répressions meurtrières des marches revendicatrices de l’opposition, détournements de deniers publics, affairisme au sommet, enrichissements illicites, blanchiment d’argent, étranglement de la population par la cherté du coût de la vie, réduction des salaires à travers des impôts insupportable, corruption et pots de vin, concours administratifs inaccessibles aux meilleurs postulants mais vendus au plus offrant, confiscation des la filières café-cacao avec à la clé le vol de 100 milliards des paysans, pétrole, gaz, encouragement de la médiocrité estudiantine, milices terroristes, escadrons de la mort… le chapelet est très long (voir "Les 100 "crimes" de Gbagbo", publié par le quotidien ivoirien "Le Nouveau Réveil", en 2007).

Aujourd’hui, conscients des crimes économiques commis, les refondateurs du FPI font disparaître les preuves des détournements en incendiant les documents administratifs, en organisant des auto-cambriolages de leurs bureaux et bien d’autres méthodes de camouflage de preuves.

Et avec son dernier discours, Gbagbo vient de cautionner le pillage des ressources de la Côte d’Ivoire. "Que la filière café cacao soit mal gérée, cela ne regarde pas l’Etat", s’est moqué le chef de l’Etat des Ivoiriens. Car, les hauts dirigeants de cette filière (BCC, FRC, FDPCC, ARCC…) ont été nommés par décrets présidentiels. Malheureusement les Ivoiriens restent de marbre face aux injures publiques que profère Gbagbo à leur endroit.

Tout le monde comprend aujourd’hui que le socialisme est un loup à la peau d’agneau qui pille et appauvrit les peuples.

Guy TRESSIA

07220337

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 22:27

Tiburce-Koffi.jpg

Tiburce-Koffi-1688.jpgCher Denis,

Juste cet email pour te dire que je suis absent du pays, depuis le 21 novembre. Je suis en Californie, pour la cérémonie de " Graduation " de mon fils qui vient d'obtenir le Master en Sciences de l'Informatique. Ce fut une grande et belle cérémonie, qui m'a révélé tout le respect que les Américains accordent au Savoir et à l'Education. C'était très émouvant, Denis ! C'était quelque chose d'assimilable aux cérémonies de sortie du " Bois sacré ", que nos vieilles sociétés avaient su concevoir, pour célébrer l'Education des enfants et, par-delà, celle du  citoyen qui allait, bientôt, se mettre au service de sa société.

Inutile, Denis, de te dire que j'étais fier de mon fils. De le voir (un des rares Noirs de cette Université et, bien sûr, le seul Ivoirien), être congratulé par le président de l'Université, d'être félicité par ses camarades étudiants, et de poser, fièrement, devant le drapeau américain !...

Et je me suis alors demandé : "Quand créerons-nous ce type d'institutions, où les plus brillants de nos écoles et universités, iront poser, fièrement, devant le drapeau national ? " En tout cas, pas sous le régime ''intelligentivore'' des refondateurs, dont le seul souci est de s'enrichir en pillant, de manière éhontée, les richesses de notre pays, pour s'acheter des cylindrées et se construire des châteaux nègres. Comme c'est nul et triste !!!

Combien d'enfants brillants de notre pays, se retrouvent-ils, aujourd'hui, au bord des trottoirs, ne sachant quoi faire de leurs diplômes, ni à quelle porte frapper, pour avoir du travail ? A peine son diplôme obtenu, mon fils a, aujourd'hui, l'embarras du choix, face aux multiples propositions d'embauche qu'on lui fait. Et, tout comme lui, j'ai pensé aux milliers de gosses brillants de notre pays, qui n'ont pas eu ces opportunités qu'il a, lui. Et j'ai mesuré tout le poids des insuffisances de nos dirigeants - les actuels surtout. Laurent Gbagbo et son régime sont coupables du plus grand crime qu'un régime puisse perpétrer contre un peuple : tuer l'intelligence. Assassiner la jeunesse. Tuer la Culture du Travail. Ce noble concept de Travail qui est, pourtant, un des mots clé de la devise de notre beau pays d'hier !...

Quand j'ai évoqué la question de son retour au pays, mon fils m'a dit : " Désolé, papa, mais je ne peux plus retourner en Afrique. La Côte d'Ivoire n'a rien à me proposer ". Cela faisait un bon bout de temps qu'il me tenait de tels propos, dans ses emails. Mais je m'étais dit que c'est une question que j'allais régler, dès que je le retrouverai, là-bas, en Californie. Et je l'ai vu. Nous avons échangé sur la question, et j'ai compris qu'il était déterminé dans son choix. Mais j'ai surtout compris que ce n'est pas à lui, personnellement, que ce pays et ce régime n'ont rien à proposer. C'est à toute cette jeunesse ivoirienne sacrifiée sur l'autel des rêves débiles d'un petit monarque attardé qui s'appelle Gbagbo Laurent.

Ah, ce Gbagbo et son amour des clubs et motions de soutien, ses rires et larges sourires ''bananias'', ses déclarations tonitruantes et renversantes, ses milices, ses patriotes, ses éditions télé sur sa personne, ce culte ridicule, nègre et anachronique de la personnalité, ce... je ne sais même plus quoi. Comment un homme qui a fait des études jusqu'à un niveau universitaire, écrit des livres, proposé des idées qui nous ont fait rêver, et incarné tant d'espoirs, peut-il être si rétrograde, si ''villageois'', en matière de gestion d'un peuple, dès que parvenu au pouvoir ? Comme de nombreux étudiants ivoiriens de ma génération, j'étais convaincu que cet homme nous ferait avancer, et qu'il ferait mieux qu'Houphouët et le PDCI, ce régime de " ministres tocards " - c'est lui, Gbagbo, qui l'a dit, au cours des années 1990, sur les antennes de la télévision ivoirienne. Et j'étais d'accord avec lui, tant le PDCI nous paraissait incompétent, nul, en comparaison avec ce que Gbagbo nous promettait de faire, quand il serait parvenu au pouvoir. Il a eu, enfin, ce pouvoir tant convoité ! Et j'ai vu, nous avons, tous, vu, ce qu'il nous a servi et continue de nous servir : un règne médiocre, décevant, comique… 

 

Houphouët : une voie

Denis, j'ai vu et visité la Cal state - l'Université où mon fils a fait ses études. Et j'ai pu évaluer et mesurer tout l'intérêt que le président Houphouët avait accordé à la chose éducationnelle, dans notre pays : oui, je te le dis, les Grandes Ecoles de Yamoussoukro n'ont rien à envier, du point de vue de l'infrastructure (conception architecturale, étendue de l'établissement, viabilité de l'espace - parkings, salles de jeux, terrains de sports, salles d'études, amphithéâtres, etc.), à ce que j'ai vu dans cette prestigieuse université de la Californie, ainsi que d'autres de cet Etat prospère des USA. Et mon respect pour l'œuvre accomplie par Houphouët et le PDCI, s'est décuplé.

Au cours d'une causerie, j'ai dis à des professeurs de cette université (dans un anglais obscur - je ne suis pas un disciple de Shakespeare), qui me vantaient la qualité infrastructurelle de leur établissement, qu'en Côte d'Ivoire, on en avait de pareilles ; et qu'elles avaient été construites par Félix Houphouët-Boigny, notre premier président. J'ai vu qu'ils étaient sceptiques ; et puis, apparemment, ils ne savaient pas qui était ce Houphouët-Boigny - ce qui avait donc renforcé leur scepticisme ; et je les comprends. Mais mon fils (qui a fait l'Institut Polytechnique de Yamoussoukro) est venu à mon secours, en confirmant (dans un anglais honnête) mes propos. Et là, ils m'ont paru moins sceptiques...

Plus que jamais donc, je reste convaincu qu'Houphouët, par son refus du misérabilisme et de l'ignorance, fut une réponse aux problèmes du Tiers-monde, précisément de l'Afrique. Oui, refuser la tourmente des discours et slogans ravageurs, former patiemment et sérieusement ses cadres, transformer qualitativement nos cerveaux pour nous amener à rivaliser avec ceux qui nous avaient vaincus, hier, par leur savoir, et parvenir à leur ''voler'' le secret de leur réussite afin de relever le défi du développement : voilà, en gros, l'exposé de la politique d'Houphouët et de son parti. C'était une grande vision, et une politique saine de construction d'un pays et d'une nation qui aspirent à l'élévation ! Et c'est ce que Félix Houphouët-Boigny, à l'instar de la majestueuse Grande Royale de Cheick Hamidou Kane (in L'aventure ambigüe), avait compris et entrepris de faire, pour nous. Pour l'Afrique.

Oui, aujourd'hui, plus qu'hier, il faut aller à leur école, cette Ecole de l'efficacité et du rendement, pour " apprendre à lier le bois au bois " afin de pouvoir " construire des édifices de bois ", et " vaincre sans avoir raison - C. H. Kane ". Là se trouve notre salut. Les Asiatiques l'ont compris. Aujourd'hui, sur le terrain de l'inventivité technologique qui était leur fief, les Allemands, les Français et les Américains, courtisent l'Inde, la Chine et le Japon. Pendant ce temps, l'Afrique et ses Kagamé, ses Gbagbo, ses Biya, ses Wade…, prospèrent dans la culture du crime, du délire mystique, des louanges moyenâgeuses, du tam-tam, du népotisme infect, de la transe face à l'argent facilement acquis.

Quand je pense au sabotage de l'Ecole auquel se livrent les refondateurs (des enseignants), dans mon pays, je ne peux qu'être de plus en plus convaincu de la justesse de mon positionnement politique et idéologique actuel : le Néo-houphouétisme ; et, surtout, être révolté contre ce régime, qu'il nous faut continuer de combattre. Avec acharnement. Le combattre, Denis. Le combattre, avec tous les risques que cela suppose, car ils ont détruit le temple de l'Intelligence. Ce que le paysan Houphouët avait compris, il y a de cela plus d'un demi-siècle, les universitaires de la refondation n'ont pas réussi à comprendre, malgré l'épaisseur de leurs parchemins. Ils sont mauvais. Et pour cela, rien que pour cela, je ne cesserai de les combattre, afin de permettre à la Côte d'Ivoire de rêver à sa renaissance et de la réaliser, sous la gouvernance de cerveaux sains, d'âmes salubres et de mains expertes...

Cela fait plus d'une décennie que le célèbre Lycée scientifique de Yamoussoukro d'où sont sortis des cerveaux scientifiques comme Fofana Mouramane, est tombé en désuétude. J'avais espéré que notre régime d'enseignants avec, à sa tête, M. Gbagbo, réhabiliterait cet établissement, afin de donner un signal fort et lisible quant à notre intention de promouvoir l'esprit scientifique. Que neni ! En lieu et place d'une réhabilitation du Lycée scientifique, M. Gbagbo est allé construire un… vilain palais chinois de députés, à Yamoussoukro. Et il s'attelle à la construction d'un Sénat. C'est tout dire de l'intérêt que ce régime porte à l'avenir de la jeunesse et au progrès de la Côte d'Ivoire ! Comment peut-on croire et vouloir enseigner aux jeunes gens que, la seule chose qui importe dans une vie, (surtout si on est un fils de pauvre) c'est de faire de la politique, afin de devenir, un jour président ?

 

 

Cela fait plus d'une décennie que le diplôme du Bac est réduit à un misérable bout de papier (une attestation) que l'on tend à nos lycéens. On en connait la raison : il n'y a pas d'argent pour imprimer ces diplômes ! Il n'y a pas d'argent ; mais les parcs autos de nos ministres de l'Education, sont fournis plus que de raison, et ces ministres sont des gens prospères ! Les enseignants se cachent, et opèrent nuitamment, comme des larrons, pour afficher, sur des tableaux sales et suspects, les résultats des examens et concours ! Tout, dans nos pays, est régi par la symbolique de la nuit, et soumis à la sémantique de l'obscur et du bizarre. Pourquoi ne pas récompenser, au vu et au su de tout le monde, les meilleurs d'entre nous ? Pourquoi ne pas célébrer, officiellement, sans calcul politicien, les plus brillants d'entre nos élèves et étudiants ? Pourquoi ne pas dresser des stèles aux intelligences révélées et affirmées ? Le président de la République n'a pas à offrir un déjeuner télévisé aux élèves méritants. C'est le rôle des institutions scolaires et universitaires…

Fofana Mouramane, dans son livre " Rêver le progrès " avait affirmé, après avoir visité la Silicone Valley, que nous étions capables d'en réaliser, en Côte d'Ivoire. Il était jeune, et il croyait encore au rêve d'une Afrique et d'une Côte d’Ivoire ambitieuses. Il a déchanté depuis ! 

Dans la Côte d'Ivoire de Gbagbo, seule la politique paye. Les dribles, feintes machiavéliques et autres tacles stupéfiants du nouveau monarque à ses adversaires politiques, sont considérés comme une marque de génie ! Un talent inouï de politicien ! Et même le respectable Laurent-Dona Fologo, ne se gène pas pour proclamer, superbe de ridicule : " Gbagbo est un don de Dieu ! ". Ce n'est plus de la mystification politique ; c'est un délit conceptuel. Un affreux rapt éthique !...

" Désolé, papa, mais je ne peux plus retourner en Afrique. La Côte d'Ivoire n'a rien à me proposer ". Je n'ai rien pu répondre à mon fils. Quelle réponse, d'ailleurs, lui donner, Denis ? Tragédie d'un père ! Désolation d'un enseignant vexé…

" La Côte d'Ivoire n'a rien à me proposer ! " Cette phrase continue de me tourmenter, Denis. Hier, sous Houphouët, tous ceux de ma génération, qui faisaient des études à l'étranger, étaient pressés de rentrer au pays en quittant, qui, la France, qui, l'Allemagne, les USA, le Japon, la Belgique, etc., pour venir travailler en Côte d'Ivoire, et se mettre au service du pays. Aujourd'hui, nos enfants nous disent : " (...) je ne veux plus retourner en Côte d'Ivoire. Mon pays n'a rien à me proposer "...

Et ils sont, ainsi, des milliers de jeunes, qui rêvent de se retrouver de l'autre côté de la mer. Les plus désespérés d'entre eux s'embarquent sur les pirogues de la mort, pour tenter de séduire la chance ou... la mort. En Europe. Parce que l'Afrique et ses roitelets du genre Gbagbo, Wade, Paul Biya..., parce que la Côte d'Ivoire de Gbagbo et ses chefs guerriers, ses Com zones, ses Com théâtres, ses dozos, ses rebelles repentis, ses malfrats politiques avides de sang juvénile pour asseoir des pouvoirs démoniaques et incompétents, n'ont rien à offrir à leurs jeunesses. Rien d'autre que l'amertume pour les idéalistes déçus, la menace d'un infarctus, des conteneurs d'alcool pour ''idiotiser'' les jeunes, la bible pour les paradis artificiels, et l'art de la reptation indigne, pour les caméléons politiques, uniquement soucieux de… faire bouillir leurs marmites grosses comme des chaudrons du diable !

En Côte d'Ivoire, précisément, rien d'autres que de l'argent facile, en récompense au militantisme politique : villas, gardes de corps, comptes en banques, véhicules, chauffeurs, etc., sont immédiatement assurés à de petits vauriens, incultes, tricheurs et assassins de bas étages ; tous, camouflés sous les manteaux de ''Patriotes'', de ''Rebelles'', ou de ''défenseurs de la légalité républicaine'' ! Des mots, rien que des mots vilains, vides et suspects, pour maquiller la médiocrité et la soif de grandeurs malsaines qui ruinent leurs âmes...

J'ai rencontré, à San Francisco, une communauté d'Ivoiriens. Elle m'y avait invité pour un débat sur " La crise, la société ivoirienne, et le Néo-houphouétisme ". Elle a profité de cette occasion pour vous transmettre, à toi et tes collaborateurs de Le Nouveau Réveil, ses encouragements, pour le noble combat que vous menez. Ce débat s'est tenu sur l'initiative d'Adoubou Traoré, un condisciple du Lycée moderne de Korhogo. C'est un garçon brillant. Il fut le major de notre promotion...

Tous ceux qui étaient de cette rencontre, étaient des gens bien placés à San Francisco. Ils travaillent, tous, dans de grosses structures. Et ils se suffisent. Ce sont, tous, des cadres ivoiriens, brillants et sollicités aux USA, par de respectables boîtes américaines. Adoubou Traoré (alias Tom - pour les amis), est Directeur exécutif d'un Centre qui s'occupe des Immigrés et des Réfugiés politiques de tous pays. Il rencontre des personnalités importantes de la ville de San Francisco. Il m'a fait la proposition (une plaisanterie sans doute, entre amis de longue date) de m'inscrire sur la liste de ''ses réfugiés'' ! Je lui ai dit : " Merci, pour ta gentillesse. Mais je ne peux pas quitter la Côte d'Ivoire et abandonner, comme cela, le combat que nous y menons contre l'incurie du régime de Gbagbo "...

L'épineuse question

de la diaspora

Des cadres brillants, comme je te le dis, Denis. Mais, aucune intention de retourner au pays ne les habite. Et je t'avoue que j'ai partagé et même, encouragé leurs positions sur cette question : qu'est-ce que la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui, la Côte d'Ivoire de Gbagbo et des prédateurs de nos richesses, cette Côte d'Ivoire des crimes, du culte du sang, de la médiocrité, de la saleté, de l'insécurité, de l'indiscipline, cette Côte d'Ivoire des charlatans déguisées en pasteurs, cette Côte d'Ivoire du vacarme et de la fainéantise, ce pays du vagabondage politique et de la déchéance éthique, a à offrir à des cadres compétents, aux formations achevées, instruits et éduqués à une haute culture du travail, de l'effort, du rendement, de la performance et de la compétitivité ? Encore rien. Rien d'autres que d'ennuyeux reportages ''présidentiels'' télévisés, des articles insipides de journaux animés par des griots au langage vacillant et malhabile. Rien d'autres que des grognements tympanisants appelés ''zouglou'', ''coupé décalé'', ''danse de la grippe aviaire'', ''danse du cochon'', ''danse du cafard'', ''danse de...'' N'importe quoi !  Inouï ! Bref : rien qu'une " Société absurde ", comme en dit l'essayiste et ami, Ernest Kakou Tigori...

Au contraire de la diaspora asiatique, cette diaspora ivoirienne ne constitue pas, cependant, une force, à San Francisco. Elle ne pèse d'aucun poids sur les décisions des gouvernants, parce qu'elle est faible, économiquement. Ses membres sont, individuellement, des gens hors des besoins primaires, certes ; mais, il manque à toute l'organisation, ce qui fait la force de la diaspora asiatique : la solidarité agissante, autour d'un idéal : être forts, pour vaincre. J'ai visité Chinatown. Impressionnant ! A San Francisco, comme à Los Angeles, et à Paris, le constat reste le même. Triste, désolant : en moins de temps de présence en Occident que les Africains, les Asiatiques se sont bâtis de véritables puissances financières, un lobbying, une représentativité politique et symbolique. Aujourd'hui, à Paris, ce sont les Chinois qui détiennent le monopole de la vente des produits africains aux consommateurs ; ce sont eux qui maîtrisent le circuit d'écoulement de ces produits. Des produits africains. Où sont les Africains ? Où sont les Ivoiriens ? Quand aurons-nous nos '' African town'' ou nos ''Ivoire town'', en Europe ?...      

Denis, ces cadres ne retourneront pas au pays ; du moins, pas dans les conditions actuelles. Du coup, se trouve posée, la tragique question de l'utilisation du matériel humain - le capital le plus fondamental dans le développement d'un peuple. Hier, sous le règne du patriarche que ma génération (elle est, aujourd'hui, au pouvoir) avait contesté, nous avions, tout de même, réussi, sinon à construire un grand pays, du moins, poser les bases de notre développement, grâce à une programmation intelligente et visionnaire du capital humain. Oui, le " Miracle ivoirien " n'a été possible que, parce que, de tous les pays de la sous région, la Côte d'Ivoire était le seul qui avait gardé sur place, ses cadres, ses technocrates. Le matériel humain était bon, compétent et performant. Ceux que les gouvernants avaient envoyés au-delà les mers pour chercher le savoir, sont rentrés au pays, pour y investir leurs savoirs.

Cela fut ainsi, parce que l'homme qui nous dirigeait, avait compris que le premier investissement à faire, pour développer un pays, c'est l'investissement cérébral, pour constituer un bon CAPITAL INTELLIGENCE. Le café et le cacao n'étaient, en fait, que des moyens ponctuels, pour régler des problèmes immédiats. On comprend donc pourquoi Félix Houphouët-Boigny avait tant investi dans la création de Centres de recherches scientifiques, dans le domaine de l'Agriculture. Les succès de notre pays dans la recherche sur le palmier à huile, sont là, pour confirmer notre thèse. Et, même si " Le succès de ce pays repose (ait) sur l'agriculture " - c'était un spot publicitaire célèbre de l'époque -, Houphouët avait compris que cette agriculture ne pouvait être performante que soutenue par la recherche scientifique. L'importation (malheureusement massive) de la main d'œuvre étrangère, a hypothéqué ou retardé les chances de mécanisation de notre agriculture. Mais l'intention et les bases de cette mécanisation étaient, au moins, là…

Aujourd'hui, il ne reste rien de tout cela que le bradage de notre richesse cacaoyère et caféière à des prédateurs du milieu agricole, et à des razzieurs appelés abusivement " rebelles ", qui vendent ces richesses à des pays receleurs, qui n'en produisent pas. Et, ce sont ceux-là, aujourd'hui, qui dirigent la Côte d'Ivoire, se baladent, tranquillement, à Abidjan, dans des cortèges de cylindrées et de blindés, acquis au prix de la sueur d'honnêtes travailleurs ! Sirènes d'enfer, cortèges noirs, vestes et cravates ! Je vous salue, roitelets nègres ! Je salue vos crimes nocturnes, vos médiocrités, vos ignorances bien rémunérées !…

 Quelle solution ?

Que proposer à notre diaspora ? Notre culture de l'improductivité ? Notre amour anormal du désordre, du vacarme, de l'insalubrité ? Notre passion des transes mystiques ? Elle (cette diaspora) nous dit, ferme : " Non, je refuse ! " Qu'a-t-elle, en retour, à nous proposer ? Une culture du travail et du rendement. Un refus ferme de la facilité et des nègreries humiliantes qui caractérisent tant nos pays. Parce que la vision du monde qu'ils ont acquise et conservée dans les pays développés, les automatismes et bons réflexes sociaux qu'ils ont intériorisés, ne les autorisent plus à s'accommoder de nos absurdités, et à les accepter.

Aucun pays ne peut se permettre d'ignorer sa diaspora. Ce ne sont pas les Juifs de Tel Avive, qui construisent Israël ; ce sont les juifs de la diaspora. Parce qu'Israël et ses dirigeants leur donnent des raisons de procéder ainsi. Les élites africaines qui retournent aux sources, finissent, presque toutes, par se perdre dans de viles compromissions ou par sombrer dans le désespoir, face aux indigences de roitelets loufoques (nos pseudos chefs d'Etat aux budgets de souveraineté faramineux - pendant ce temps, leurs peuples sont pauvres) aux discours médiocres, stupéfiants d'insuffisance, et sans aucune intention futuriste…

L'Afrique est pauvre, nous chante-on. Et la Côte d'Ivoire, comme de nombreux pays africains, ne se prive pas de continuer sa politique rachitique de mendicité auprès de l'Europe, sans même songer, un seul instant, à chercher à poser, lucidement et intelligemment, la problématique de la Production et du Rendement. Et des fonctionnaires de ce pays sont riches ! Ils ont acquis, subitement, fortune et respectabilité, au bout de la pratique du dol impuni…

 

 

Récemment, à l'occasion de l'arrivée du corps de mon ami Bernard Ahua (décédé en France), j'ai, à l'instar de tous ceux qui attendaient, comme moi, à l'aéroport, observé une scène révoltante : le directeur du Port autonome d'Abidjan venait d'arriver d'un voyage à l'étranger. Ses subalternes sont allés le chercher. Le cortège qui l'accompagnait comprenait douze cylindrées (j'ai bien compté) et d'autres véhicules remplis de gardes de corps en armes. Cet homme n'est pas un industriel, ni une personnalité de l'Etat. Il ne produit ni richesse matérielle, ni richesse cérébrale. En tout cas, il n'est pas une référence en matière d'intelligence théorique, en Côte d'Ivoire. De fortes présomptions ont pesé sur lui dans l'affaire des déchets toxiques. Et, comble de l'indécence, il continue de vivre comme un pacha, au détriment de la masse productive ! Et c'est cela, l'Afrique. C'est cela, la Côte d'Ivoire de Gbagbo...

L'Europe, qui a pourtant suffisamment produit, est toujours à la recherche de cerveaux, pour enrichir, davantage, son " capital intelligence ". Nicolas Sarkozy peut ainsi décréter " L'Immigration choisie ". Et les Africains hurlent à l'injustice. D'aucuns parlent même de racisme. Que non ! L'immigration choisie consiste, en réalité, à appâter les Intelligences productives des autres peuples, au bénéfice de la France. Et M. Sarkozy a raison. Et tant pis, si Wade n'a pu rien comprendre à cette décision sensée ! L'Afrique et la Côte d'Ivoire de Gbagbo, ne tirent aucune leçon de cette attitude de l'Europe.

Plus que jamais, nos pays ont besoin de leurs cerveaux. Mais ceux-ci se trouvent en Europe. Et cela, quels que soient leurs domaines de compétences : si la Côte d'Ivoire et l'Afrique ont révélé Laurent Pokou, c'est la France qui a permis à ce génie rare du football, de vivre un tant soit peu de son talent. On peut payer Henri Michel à plus de 30 millions de F par mois, quand, pour le même travail, on ne donnera jamais le dixième de ce salaire à Yéo Martial, ni à Pokou ou à Kallet. Didier Drogba n'est pas un produit de l'Afrique, moins encore de la Côte d'Ivoire ; c'est l'Europe qui l'a fait. Il serait resté en Côte d'Ivoire, qu'il croupirait aujourd'hui, quelque part, dans une ''deux pièces'' désolées, à Yopougon, avec de vilains cors aux pieds, et des boutons indignes et insolents sur les fesses !...

Hier, les Blancs, avec la complicité de monarques nègres en déficit d'humanisme, avaient contraint nos bras valides à traverser les mers, pour produire les richesses de l'Occident. Le sang et la force musculaire des Noirs ont constitué, indiscutablement, les fondations énergétiques de la richesse capitaliste. Aujourd'hui, c'est avec la même complicité de nos élites dirigeantes en déficit de vision et de projection historique, que notre capital humain traverse les mers, pour se rendre (contre le gré des Blancs, cette fois-ci) en Europe, afin de trouver des moyens d'épanouissement, et la possibilité de vivre le rêve élémentaire d'exister. Par-delà le temps, la tragique problématique reste la même : l'Afrique cède son capital humain à l'Occident. Qui construira donc ce continent ? Adolescents, trentenaires, quadragénaires et mêmes cinquantenaires compétents et brillants, tous, décident d'aller et de rester en Occident. Parce que l'Afrique des présidents rigolos et improductifs, l'Afrique des dirigeants affameurs et assassins de leurs peuples, n'a rien à leur offrir, malgré leurs expertises, leurs génies.

Oui, rentrer au pays, serait, pour nos élites de la diaspora actuelle, un suicide. Et la peur du chômage, la peur de vivre sans idéal, sans perspective, les habite. Et ils ont raison…

Je viens d'apprendre le cas tragique d'un des nôtres de la diaspora (je tais volontairement son nom) qui a ''pété les plombs'', récemment, après un séjour de... trois semaines, en Côte d'Ivoire : le vacarme, la saleté, la télé de Gbagbo, la politique, la fainéantise, l'anarchie, les rues barrées par les flics, l'inertie du peuple et des intellectuels, l'improductivité, etc., tout cela a fini par le rendre fou. Et nous finirons, sans doute, pour la plupart d'entre nous, fous, dans ce pays insolite, si nous n'y prenons garde, Denis. Ce pays est, désormais, un immense asile d'aliénés qui s'ignorent. Un pays de " gens anormalement normaux " - pour employer ces mots du célèbre psychanalyste C.G. Jung. Une société réellement absurde. Et je me demande bien, comment nous faisons pour y sur-vivre !!!

Non, il ne s'agit même plus d'une fuite des cerveaux, Denis. Il s'agit d'une échappatoire, d'une tentative tragique de fuir l'enfer que constituent nos pays que nous avons livrés aux mains de dirigeants nocifs et désespérants. Et, pour ce qui est de la Côte d'Ivoire, la Refondation me paraît l'expression achevée de cette faillite des gouvernances nègres…

Comment tout cela finira-t-il, un jour ? J'ai peur de le dire. Un seul mot est sorti de ma plume : ce sera EFFROYABLE, le jour où nos populations, nos jeunesses surtout, fatiguées de ces règnes brouillons et décevants, las des mensonges et de tous ces actes de prévarication impunis, envahiront les rues, occuperont les pavés de nos villes et, la colère sous la langue, incendieront nos cités de clameurs rouges, sauvages et désespérées !

Il nous faut éviter cette solution désespérée, Denis. Il nous la faut conjurer. Et c'est pourquoi, nous devons continuer le combat de Venance Konan, le combat de Sylvestre Konin (qui s'est, enfin, réveillé) ; le combat de Jeannot Ahoussou Kouadio, le combat de notre cadette Christiane Djahuié, le combat du jeune Assalé, du député Alomo, le combat de Mme Faust Didi et de Guy-Charles Wayoro ; enfin, le combat de ces milliers d'Ivoiriens anonymes (ménagères, enseignants honnêtes, médecins, etc.), que ton journal incarne.

Surtout, ne baissez pas les bras, malgré les menaces des criminels. Ne cédez pas à l'intimidation. Nous gagnerons ce combat. Parce qu'il est juste et bon. 

Porte-toi bien, cher ami. Et recevez tous mes encouragements pour le travail que vous faites, chaque jour, pour instruire les Ivoiriens, en démasquant les tares de ce régime qu'il nous faut, absolument, chasser du pouvoir. Pour notre survie !

Bientôt parmi vous, pour continuer la lutte...

 

Tiburce Koffi

(00336) 1602-3953.

Email : tiburce_koffi@yahoo.fr

 

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Published by tressia - dans Politique
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 22:19
Venance-Konan.JPGVenance Konan, journaliste écrivain

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Vous avez fait récemment l'objet d'une convocation à la police criminelle, a-t-on appris. Malgré cette convocation, vous êtes rentré au pays, puisque vous étiez en mission hors du pays. Depuis lors, qu'est-ce que vous devenez et que devient cette convocation ?

D'abord, c'est à travers votre journal que j'ai appris l'existence de cette convocation. On en a parlé à l'époque, j'étais en Guinée Bissau. Je suis revenu et je n'ai pas vu cette convocation. On m'a dit qu'elle avait été déposée à "Fraternité-Matin", mais je ne l'ai pas vue. Je ne vis pas caché. Je vis ma vie normalement. Je n'ai pas reçu de convocation. Le jour où je la recevrai, j'y répondrai. Mais n'habitant pas et ne travaillant pas à "Fraternité-Matin", je ne me sens pas concerné par ce qui est là-bas.

 

Depuis lors, comment vit Venance Konan ? Apparaît-il au grand jour ?

Je ne me cache pas du tout. Je vis ma vie de tous les jours. J'ai voyagé après cette histoire, je suis allé au Bénin. Mais je ne me suis pas caché. Du Bénin, j'ai fait un papier dans lequel j'ai précisé que j'étais au Bénin. Je suis revenu par l'aéroport. Il n'y a pas longtemps, j'étais à la cérémonie de lancement de "Frat-Mat" Editions, qui édite mon dernier livre. C'était une cérémonie publique. Je fréquente les mêmes endroits qu'avant, les mêmes personnes.

 

D'aucuns disent que cette convocation vous a refroidi puisque depuis lors vous avez temporisé dans les écrits.

Je ne sais pas comment les gens apprécient cela. Mais, quand j'étais en Guinée Bissau, je vous ai envoyé un papier que vous avez publié. Au Sénégal, je vous en ai envoyé un. Il se trouve qu'en ce moment, je suis très handicapé parce qu'on m'a volé mon ordinateur. Maintenant, on est devenu tellement esclave des machines que quand on ne les a pas, on est désemparé. En attendant que je m'en trouve un autre, je suis assez handicapé. Si les gens pensent que j'ai baissé les bras, je suis désolé, mais ce n'est pas ça. Mais ce n'est pas tout le temps aussi qu'il faut écrire. Je n'ai pas une obsession pour dire que chaque jour, il faut que je dise quelque chose à M. Gbagbo ou à M. Affi N'guessan. Non. C'est en fonction de l'actualité, en fonction des actes qu'ils posent que je réagis ou non. Donc, même si mon ordinateur était là, peut-être que je n'aurais rien à écrire parce que je n'avais rien à dire. Mais, dire qu'à cause de cette convocation, j'ai baissé les bras, si c'est ce que certains croient, ils se trompent.

 

 

Ne pensez-vous pas que cette affaire de convocation a été un gros bluff ?

C'est possible. Mais ce qui est sûr, c'est que la convocation existe. Je ne l'ai pas vue, mais il y a des gens qui l'ont vue. "Fraternité-Matin" a publié des extraits de cette convocation donc, elle existe effectivement. Il se trouve que la convocation a été lancée sans qu'ils sachent que je partais à l'extérieur. C'est à l'extérieur que j'ai su. Donc, si j'avais été là, j'aurais sans doute répondu. En tout cas, si elle m'avait été adressée en bonne et due forme. Je pense que le bruit qui a été fait par la presse et beaucoup de personnes anonymes, a contribué à refréner les ardeurs de ceux qui tenaient absolument à me faire du mal.

 

Ainsi que cet accueil chaleureux à l'aéroport ?

Il y a eu tout cela. Je profite encore de l'occasion pour remercier tous ceux qui se sont mobilisés, à commencer par votre journal. D'autres journaux, les écrivains, beaucoup d'amis… toutes ces personnes. Je veux profiter de l'occasion pour les remercier.

 

 

Une convocation déposée à "Fraternité-Matin" contre Venance Konan, et après il y a un silence. Ne craignez-vous pas pour votre vie ?

Tout est possible. Comme je ne sais pas ce qui était derrière cette convocation, je ne peux rien dire. Mais, je ne vais pas me terrer non plus. Que je perde la vie, c'est possible. On a vu des gens la perdre ici. On a vu Jean Hélène qui a été abattu. Kieffer a disparu et les escadrons de la mort ont tué beaucoup de personnes. C'est quelque chose qu'on ne peut pas exclure. Cela dit, je ne vais pas vivre reclus tout le reste de ma vie à cause de cela. C'est vrai que je fais attention. Il y a un certain nombre d'endroits que je fréquente de moins en moins. Mais, je tente de mener une vie normale.

 

Au cours de cette crise, les Ivoiriens ont découvert en vous quelqu'un de révolté, un homme déterminé à en découdre avec tout un régime, tout un système mis en place par M. Laurent Gbagbo. Pourquoi cet acharnement ?

D'abord, il n'y a pas d'acharnement. Le pourquoi, c'est que je suis témoin et victime d'un régime dictatorial. Quand on est victime d'un régime dictatorial, soit on subit, soit on combat. Moi, je ne veux pas subir. Mon fils a seize ans et ma fille en a huit. En tant que père, mon souci, c'est leur avenir. Quel avenir M. Gbagbo leur réserve ? Aucun ! Regardez l'école. Elle est sinistrée. Les enfants s'entassent par centaine. Je sais qu'au lycée de Daoukro, ils sont plus de 100 en classe de seconde. On m'a dit qu'à Yopougon, c'est pareil. Vous voyez l'état dans lequel se trouve l'université ? J'ai mon petit frère qui est avec moi, il a une maîtrise et deux DSS, mais il n'a pas de travail. Alors, comment voulez-vous qu'on accepte une telle situation ? Même M. Gbagbo Laurent, lorsqu'il était dans l'opposition, il n'acceptait pas beaucoup de choses. Pourquoi voulez-vous qu'il fasse cela et que nous l'acceptions ? On l'a vu marcher dans ce pays contre Houphouët-Boigny, contre M. Bédié. Parce qu'il n'acceptait pas ceci ou cela. Moi, je parlerai. Quand les hôpitaux sont vides, qu'ils sont devenus des mouroirs, lorsque depuis 7 ans, on n'a pas construit un seul kilomètre de route, on n'a pas construit une seule école, on n'a pas construit un seul centre de santé, et qu'on veut se proclamer démocrate, lorsqu'on a, pour le moins " sponsorisé " les escadrons de la mort et les escadrons de la FESCI qui n'hésitent pas à tuer leurs camarades, je suis désolé, notre devoir en tant que citoyen, c'est de nous battre.

 

Vous avez dit "sponsoriser" les escadrons de la mort " ?

Je mets cela entre griffes. En tout cas, il a été accusé d'être derrière les escadrons de la mort. Donc, je retire le mot "sponsoriser". Je ne peux pas le prouver, mais il a été accusé de cela. Ce qui est sûr, c'est que sous son régime, on a vu les escadrons de la mort qui ont tué des gens et n'on a pas vu de sanction. Ça, c'est une réalité.

 

Tout ce que vous évoquez peut être mis sur le compte de la guerre

C'est l'argument qu'ils utilisent. Mais, je ne vois pas en quoi la guerre autorise la FESCI à aller tuer des étudiants. Je ne vois pas en quoi la guerre autorise le pouvoir à semer les policiers tous les kilomètres pour racketter les gens. Je ne voix pas en quoi cette guerre autorise quelqu'un à détourner 100 milliards des planteurs de cacao. C'est un argument facile qu'on veut utiliser. Je suis désolé. Mais moi, je refuse cet argument. Je me dis que quand il y a une situation pareille, là où la légalité doit s'exercer, c'est là où se trouve le gouvernement légal. Que les rebelles pillent, à la limite, on dirait, c'est normal, c'est des rebelles. Mais, qu'on fasse la même chose ici, on ne peut pas l'accepter. Le pouvoir légal ne peut pas se transformer en bandit. Or, on a vu ici beaucoup d'argent qui a disparu des caisses de l'Etat. On peut citer. Il y a eu les 100 milliards de café-cacao de Fulton. Il y a eu l'argent de la Coopération Belge. Il y a eu cette histoire de faux billets dans laquelle un proche du chef de l'Etat était impliqué. Une histoire de voitures volées en France et qui se retrouvent à la Présidence. Il y a un certain nombre de scandales, comme cela, que rien ne peut justifier. On ne peut pas nous dire non plus que c'est à cause de la guerre qu'il n'y a pas d'argent. Je suis désolé. Quand on va construire des palais dans son village, des palais à Yamoussoukro de la plus totale inutilité, on ne peut pas nous dire après qu'il n'y a pas d'argent.


A vous entendre parler, la Côte d'Ivoire est aux mains de deux rébellions…

On pourrait le dire. Puisque le pouvoir légal se comporte pire que les rebelles. Il y a eu des moments où on était plus en sécurité à Bouaké qu'à Abidjan. Parce qu'on a vu les escadrons de la mort ici et ce n'est pas une vue de l'esprit. On a vu les 25, 26 et 27 mars 2004, des bandes parallèles tuer plusieurs centaines de personnes ici. En tout cas, l'ONU a compté plus de 120 morts, mais beaucoup d'autres personnes disent qu'il y en a eu plus de 300 ou même 500 morts. On n'a jamais accusé Mugabé d'avoir tué autant. On a vu des marches interdites. On a vu des étudiants de la FESCI s'entretuer. On a vu Jean Hélène tué. Et puis, on voit les pillages. Quand on parle de la rébellion, c'est vrai il y a des atteintes aux droits de l'homme, mais il y a aussi l'économie qui est pillée. Au nord là-bas, les gens pillent l'économie. Mais, quand on détourne 100 milliards de la filière cacao, c'est aussi un pillage qui est effectué par des gens proches du pouvoir.

 

Pensez-vous que Laurent Gbagbo est un dictateur dans l'âme ? N'est-ce pas un dictateur malgré lui ?

Malgré lui ou dans son âme, je n'en sais rien. Mais le fait est que c'est un dictateur. Un homme qui fait tirer sur son propre peuple ! Qui saccage l'école et qui préfère construire des agoras à la place d'amphithéâtres à l'université ou des salles de classe ! Un homme qui bafoue les droits les plus élémentaires de l'homme ! Un homme qui couvre les crimes, les plus odieux tels que ceux de la FESCI, les détournements massifs d'argent, qui couvre des gens qui viennent déverser des déchets toxiques sur son pays, pour moi c'est un dictateur. Est-il un dictateur dans l'âme, l'est-il devenu ? Peu importe ! Le résultat, pour moi, est qu'il est aujourd'hui un dictateur.

 

 

 

A vous entendre parler, on a l'impression que c'est maintenant que la Côte d'Ivoire découvre tout cela. Est-ce que par le passé, les régimes, que vous avez soutenus, n'étaient pas aussi comme celui-ci ?

L'histoire d'Houphouët-Boigny a été écrite par plusieurs personnes. On a parlé du problème des Guébié. J'ai un livre qui a été écrit par M. Joseph Gadji qui est lui-même un Guébié. Il a dénombré 74 morts dans l'affaire du Guébié. Y compris les gens tués par Kragbé Gnangbé et ses sbires. Je crois que 74 personnes, c'est trop. Mais, c'est tout ce qu'on peut mettre sous le compte d'Houphouët. Parce qu'il y a eu une rébellion. Gbagbo Laurent lui-même l'a dit lors du forum de la réconciliation. Il a dit. "A la place que j'occupe aujourd'hui, je sais aujourd'hui qu'Houphouët n'a pas envoyé les gens pour tuer dans le Guébié. Mais, lorsque vous envoyez les gens pour rétablir l'ordre, ne serait-ce que parce qu'ils ont peur, ils peuvent commettre des exactions. " Le Président Gbagbo l'a dit. Donc, on ne peut pas accuser Houphouët-Boigny d'avoir commis des crimes. On ne peut pas accuser M. Bédié d'avoir commis des crimes. Je ne sais pas quel crime on peut lui imputer. On a parlé de détournements, on a parlé de mauvaise gestion, on peut l'accuser de beaucoup de choses, mais je ne me souviens pas qu'on ait imputé un seul crime à M. Bédié. M. Gbagbo, on peut l'accuser non seulement de gabegie, de détournements de fonds, mais les crimes de sang, il y en a beaucoup depuis qu'il est au pouvoir. Donc pour moi, c'est lui le dictateur. Il y a eu Guéi. On peut dire qu'il était dictateur aussi, parce que sous son règne, il y a eu beaucoup de sang qui a coulé dans ce pays. On a cru qu'avec l'avènement d'un pouvoir civil, ces exactions allaient prendre fin, mais hélas. On ne savait pas que le pire était devant nous.

 

Selon vous, qu'est-ce qui explique cette mue très dangereuse de Laurent Gbagbo ?

Vous m'avez posé la question tout à l'heure de savoir s'il est un dictateur dans l'âme ou s'il l'est devenu. J'ai bien peur, en analysant ces choses-là, de devoir dire qu'il est un dictateur dans l'âme. Parce que même quand on est forcé par certaines situations, il y a des choses qu'on ne peut pas faire. Si tu n'es pas un dictateur, un tueur, il y a des choses que tu ne feras jamais. D'autant plus qu'on a le pouvoir légal, celui d'arrêter, et d'emprisonner les gens qui commettent des crimes et de les traduire devant la justice. C'est ça être président. Si quelqu'un se conduit mal, ton rôle, c'est de l'arrêter et de faire appliquer la loi. Mais, on a vu des crimes qui n'ont pas été poursuivis ici. On oublie trop souvent que le premier rôle du chef de l'Etat, c'est de faire appliquer la loi. Et je vous fais remarquer que la peine de mort est interdite par notre Constitution. Donc, rien ne peut justifier que l'on tue des gens dans ce pays et qu'il n'y ait pas poursuite.

 

Justement des crimes qui sont arrivés après le déclenchement du conflit

Peut-être que le déclenchement du conflit a montré la vraie nature de nos chefs. Mais avant septembre 2002, n'oubliez pas ce qu'on a appelé le complot de la cabine téléphonique où on a arrêté M. Béchio parce qu'il aurait dit une phrase dans la rue. C'est sous une dictature qu'on peut voir des choses pareilles. Il y a M. Ibrahim Kéïta qui était le président de Comstar. Si vous vous souvenez, il y a des gens qui ont sauté sa clôture, qui ont tué ses chiens pour l'arrêter. C'est sous une dictature qu'on voit des choses pareilles. N'oubliez pas non plus qu'au moment des élections législatives en 2000, il y a eu des morts. Il y a eu des femmes qui ont été violées à l'école de police. M. Gbagbo venait d'arriver fraîchement au pouvoir. Qu'est-ce que sa femme a dit ? Elle a dit : qu'est-ce que ces femmes faisaient-là ? Quand des femmes sont violées et qu'une autre femme répond comme ça, on perçoit la nature de la personne qui dit de tels mots. Et on n'a pas vu le pouvoir légal condamner ceux qui ont commis ces viols. C'est grave. Ce n'est pas la guerre qui a poussé M. Gbagbo à devenir ce qu'il est. Mais visiblement, il l'était et la guerre a accéléré les choses.

 

Il y a le professeur Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale, qui a dénoncé un certain nombre de travers dans une contribution parue dans "Fraternité-Matin". Dans une réaction à ce commentaire, vous avez été très dur à son endroit

D'abord, je dis que c'est tant mieux que M. Koulibaly reconnaisse ce que nous dénonçons depuis longtemps. Parce que nous avons dit depuis longtemps que ce pouvoir était prédateur et assassin. Si M. Koulibaly, qui est membre de ce pouvoir, le reconnaît, c'est tant mieux. Mais, je disais que M. Koulibaly est mal placé pour donner des leçons parce qu'il est numéro deux de ce pouvoir. Donc, il ne peut pas se dédouaner. Il est responsable à 100%. Il a joué un rôle très néfaste dans la solution de cette crise. Et je pense que s'il n'avait pas pris un certain nombre de positions, on serait sorti de cette crise depuis longtemps. Je dirais à sa décharge que beaucoup de gens disent qu'il est intègre, mais malheureusement, c'est un homme intègre au milieu des gens qui le sont moins. Il est numéro deux de ce pouvoir, il ne peut pas dire qu'il n'est pas concerné. A moins qu'il ne démissionne. En ce moment, on prendra acte.

 

Aujourd'hui, on entend de moins en moins Mamadou Koulibaly. Il y a un véritable débat qui se fait autour de sa personne. Pensez-vous qu'il est en train de prendre ses distances vis-à-vis du régime ?

Bon, je ne peux rien dire, parce que je n'ai pas d'information. J'ai lu dans la presse comme vous. Je ne suis pas un proche de M. Koulibaly, je ne peux pas vous dire où il est. J'ai lu dans un journal qu'il est en Côte d'Ivoire, après avoir lu quelques jours plutôt qu'il était aux Etats-Unis, tantôt au Ghana. Donc, je ne sais pas grande chose. Mais, j'estime quand même que les Ivoiriens ont le droit de savoir. C'est quand même le président de notre Assemblée nationale ! Il y a beaucoup de rumeurs sur son compte, il serait bien qu'on éclaire les Ivoiriens.

 

Avec Mamadou Kouliably, on dit que vous auriez de vieux comptes à régler parce qu'il vous aurait contraint à partir de l'Assemblée nationale où vous étiez employé quand le FPI arrivait au pouvoir

Vous parlez de comptes à régler, c'est trop dire. C'est vrai que quand M. Koulibaly est arrivé à l'Assemblée nationale où j'étais le chef du service communication, il a supprimé mon poste. Il m'a mis dans une situation très bizarre. Je crois qu'il voulait me vider, mais il s'y est mal pris. Quand il est arrivé, l'une de ses premières décisions, c'est qu'il a supprimé le service communication. J'ai encore la lettre en ma possession. J'ai demandé, " Vous avez supprimé le service communication, qu'est-ce que je deviens ? On m'affecte ailleurs ou on me vire ? " Il n'y a pas eu de réponse jusqu'à ce que moi-même je décide de partir. J'étais là, je ne faisais rien, mais j'étais payé. Je suis resté deux ans et au bout de deux ans, j'ai dit, ça va. J'ai transmis des messages à certains de ses proches. Je leur ai dit de lui dire que je comprends très bien, que je sais que ne suis pas de son bord et que les gens de son bord veulent cette place. Mais ce que je demandais était qu'on me paye mes droits pour que je m'en aille. Finalement, c'est lorsque Honorat De Yedagne m'a demandé de revenir à "Fraternité-Matin" qu'on m'a payé mes droits. Il n'y a pas de contentieux en tant que tel.

 

C'est vous-même qui avez parlé d'incompatibilité de bord. Finalement, votre bord politique, c'est lequel ?

Je ne suis pas membre d'un parti. J'ai été très proche du PDCI, je ne le cacherai pas. J'ai soutenu M. Bédié, mais je ne suis pas membre du PDCI.

 

Vous épousez toujours les idéologies du PDCI ?

J'ai des réserves sur beaucoup de positions de M. Bédié. Je ne vous le cache pas. Je l'ai critiqué dans beaucoup de papiers que j'ai écrits. Donc, je ne suis pas membre du PDCI, tout en reconnaissant que ma sensibilité est assez proche de celle du PDCI. Mais, je préfère garder mon indépendance. Je me réserve le droit de pouvoir dire à M. Bédié ce que je pense de lui. Et, je ne vous le cache pas, la façon dont il mène son combat politique actuel me laisse perplexe.

 

Allez-vous le voter aux prochaines élections présidentielles ?

Je n'en sais rien. Laissez-nous entendre ce que M. Bédié a à nous proposer. Laissez-nous entendre ce que les autres candidats ont à nous proposer. Et rien ne dit que je ne serai pas candidat moi-même.

 

On a déjà entendu que des gens seraient prêts à vous proposer comme candidat à l'élection présidentielle ?

(Rires. ) J'ai dit ça juste pour rigoler.

 

Il y a l'accord complémentaire de Ouaga qui a été signé et qui prévoit les élections en juin 2008. Qu'en pensez-vous ?

Je ne vois pas ce qui diffère du premier accord. Quand Ouaga a été signé, j'ai dit que j'étais sceptique, et je reste toujours sceptique. Et le fait qu'on ait signé un accord complémentaire montre très bien que j'avais raison d'être sceptique. Parce que si on s'en tient à cet accord dont on disait tout le bien, les élections auraient dû avoir lieu depuis octobre ou novembre. Le désarmement dont on annonce le début pour le 22 décembre aurait dû avoir lieu depuis huit mois. Donc, voilà autant de choses qui me rendent sceptique. Je ne crois pas du tout en la volonté de MM. Gbagbo et Soro Guillaume d'organiser des élections claires et transparentes actuellement en Côte d'Ivoire.

 

 

 

Procès d'intention

C'est mon sentiment. Mon sentiment est que M. Gbagbo n'organisera des élections que lorsqu'il sera sûr de les gagner à 100%. Tant qu'il n'a pas cette certitude, il ne le fera pas. C'est M. Stoudman qui avait dit que c'est vital pour M. Gbagbo de gagner les élections. Le problème de M. Gbagbo n'est pas d'organiser les élections, mais de les gagner. C'est vital pour lui. Il sait qu'il y a le tribunal pénal international qui le guette. Et puis, par rapport à la façon dont il est arrivé au pouvoir, il sait très bien que dans des élections très transparentes, ce n'est pas évident qu'il gagne.  Surtout avec ce qu'il a comme bilan. Si on veut faire le bilan des sept ans de M. Gbagbo, qu'est-ce qu'on peut montrer ? Il y a eu la guerre. Ils ont beau se défendre, je suis désolé. Quand on est président d'un pays, l'une des premières responsabilités qu'on a, c'est la sécurité de ce pays. Si tu n'as pas réussi à assurer la sécurité de ce pays, c'est que tu as échoué. Souvenez-vous, il y a eu une première attaque qui a eu lieu dans la nuit du 7 au 8 janvier 2001, le fameux complot de la Mercedes noire. A la limite, si cette attaque s'était transformée en rébellion, on aurait pu dire : il vient à peine d'arriver. Mais curieusement, il a pu repousser cette attaque qui est venue trois mois après son accession au pouvoir. Mais il n'a pas été capable de repousser celle qui est venue deux ans après. Où il avait pris l'exacte mesure de sa mission et les dispositions pour assurer la sécurité. Souvenez-vous, c'est le chef de l'Etat lui-même qui a dit que celui qui s'amusera avec la Côte d'Ivoire recevra une pluie de feu sur la tête. Souvenez-vous, il avait dit , toujours à la même télévision, qu'il avait créé deux bataillons pour sécuriser le nord. Lorsqu'on a eu à subir une attaque venant du nord, qu'on a eu deux ans de pouvoir, avec le budget de l'Etat, le fonds de souveraineté et tout le reste, s'il n'a pas pu assurer la sécurité de la Côte d'IVoire, c'est qu'il est incompétent. Donc, qu'il ne nous dise pas : j'aurai bien voulu faire ça, mais c'est à cause de la guerre. I'm sorry. La guerre est de sa responsabilité.

 

Pensez-vous qu'il a trahi les Ivoiriens qui ont mis leur confiance en lui ?

Il a trahi les Ivoiriens, mais aussi il a trahi la Constitution parce que la Constitution dit qu'il est le garant de l'intégrité territoriale. C'est qu'il a trahi la Côte d'Ivoire, tout naturellement. C'est ça son premier échec. Maintenant, sur le plan économique, quand on voit la situation 7 ans après, on n'a jamais atteint un tel niveau de chômage. C'est l'Etat seul qui embauche. Parce qu'on s'est attaqué à toutes les entreprises françaises qui étaient les plus nombreuses. On a détruit le tissu économique. On a détruit la confiance qui aurait pu faire venir des investisseurs étrangers. Puisque les refondateurs ne sont pas capables d'investir dans quoi que ce soit, si ce n'est construire de grandes maisons pas belles et acheter de grosses voitures. On sait très bien qu'aujourd'hui tous les concours administratifs sont pourris. Il faut avoir de l'argent et il faut payer pour y aller. Troisième échec. On a pourri la société ivoirienne. L'école est pourrie, l'administration est pourrie et, c'est dans cinq ans ou peut-être beaucoup plus tôt qu'on ne le croit, qu'on va connaître les conséquences. Quand l'administration est incompétente et corrompue, quand pour passer le CEPE, il faut payer, honnêtement, on est dans quel Etat ? Tout cela ne peut que nous envoyer des déchets toxiques. Donc, le bilan global de M. Gbagbo est négatif. Toutes les infrastructures laissées par ces prédécesseurs sont tombées en ruine. Regardez Yamoussoukro ! Au lieu de réparer ce que Houphouët-Boigny a laissé, les grandes écoles par exemple, il laisse tout ça pour aller construire des palais. Il se comporte comme tous les petits rois nègres. Qui pensent que c'est en construisant des palais qu'ils vont laisser leur nom dans l'Histoire. Je suis désolé pour ce monsieur, mais il a raté son entrée dans l'Histoire. Donc, quand il voit ce bilan, il sait lui-même qu'il ne peut pas être élu dans des élections transparentes. Je ne parle même pas des droits de l'homme, ce qui est encore plus grave. On n'a jamais assisté à autant de violations des droits les plus élémentaires que sous ce régime. Que vaut une vie humaine aujourd'hui sous la refondation ?

 

Vous avez dit que M. Gbagbo n'organisera d'élections que quand il sera convaincu de les gagner. Pensez-vous que le Premier ministre Soro Guillaume va se faire complice de cette volonté ?

Ce qu'on observe aujourd'hui, c'est que si ce n'est pas une complicité, ça y ressemble fort. Quand je vois M. Soro Guillaume organiser la visite du chef de l'Etat dans le nord, et comment il tergiverse pour faire avancer les choses, quand je vois tout cela, j'ai du mal à ne pas croire qu'il y a un accord secret, un deal, comme les gens le disent, entre ces deux. L'intérêt pour M. Soro Guillaume, c'est quoi ? Aujourd'hui, s'il y a des élections, quel que soit le résultat, c'est fini pour lui. Qui va le garder comme Premier ministre ? Entre nous, Bédié, Gbagbo, Ouattara ? Gbagbo l'a nommé Premier ministre pour qu'il l'aide à reconquérir son pouvoir et à le maintenir. Et puis, quand vous regardez quelqu'un comme Konaté Sidiki, vous pensez qu'il ressemble à quelqu'un qu'on peut garder dans un gouvernement ?

 

Et pourquoi pas ?

Il est totalement incompétent. Il ne faut pas déconner ! Un président sérieux ne peut pas mettre ces gens dans son gouvernement. Soro Guillaume est totalement incompétent comme Premier ministre. Vous n'avez qu'à discuter avec les partenaires étrangers pour comprendre qu'ils sont incompétents. Donc, M. Soro Guillaume a intérêt à faire durer la chose. On connaît son budget de souveraineté. C'est entre 14 et 15 milliards. C'est Mamadou Koulibaly qui l'a donné. Ça lui donne le temps d'engranger de l'argent et il espère faire oublier son passé de chef-rebelle qui a orchestré le pillage des banques dans la zone qu'il contrôle.. Parce qu'il croit qu'il a un avenir présidentiel plus tard. Donc, voilà son intérêt à lui de retarder au maximum les élections.

Vous pensez que Soro est dans un processus pour soigner son image ?

C'est ce que je crois

 

Quand on parle d'enrichissement du régime FPI et des proches de Laurent Gbagbo, on cite beaucoup de personnes dont son épouse, ses enfants, Blé Goudé. Que pouvez-vous dire de ce régime ?

Je ne peux pas citer des gens nommément parce que je n'ai pas de preuve. On voit des choses, on entend des choses, mais je ne peux pas dire que telle personne s'est enrichie. Je n'ai pas d'éléments. Par contre, je vois beaucoup de maisons qui se construisent. Quand il m'arrive d'aller en Europe, je vois beaucoup de gens dans les avions. Je vois des enfants des gens, je vois des maisons des gens là-bas. C'est vrai que tout le monde sait que ce régime s'est enrichi de façon indue et éhontée. Et c'est d'autant plus choquant que c'est ceux-là qui donnaient des leçons aux autres. Ils se faisaient passer pour une proche de moralité au temps d'Houphouët-Boigny et de Bédié. Mais aujourd'hui, on voit, l'histoire des déchets toxiques a rapporté 100 milliards à la Côte d'Ivoire. On a donné moins d'un milliard aux victimes. Si mes souvenirs sont exacts. Et puis, on a parlé de construction d'un centre de traitement des déchets et des ordures. Où est-il ? Mais où est passé cet argent ? On a parlé de 100 milliards qui ont disparu dans la filière café-cacao. Où est passé cet argent ? Voilà les enrichissements dont on peut parler. On voit les faux billets,  les voitures et les maisons que les uns et les autres ont. Ce régime, je suis désolé, est un régime de prédateurs, un régime de voleurs. Et ils ont montré que plutôt que de développer la Côte d'Ivoire, ils avaient juste envie d'être à la place des autres. Ils les enviaient. Ils estimaient qu'ils avaient l'argent et, pourquoi eux, n'en avaient pas. Ils sont arrivés au pouvoir. Leur premier souci a été l'enrichissement au détriment de la Côte d'Ivoire. Ils ont montré au cours de ces sept années que le développement de la Côte d'ivoire était le cadet de leurs soucis. Sinon, ils ne laisseraient pas le pays dans cet état. La Côte d'Ivoire a les moyens de se construire, ne serait-ce qu'une deuxième université à Abidjan, ou à Daloa ou à Abengourou. Même s'il l'avait construite à Mama, qui s'en serait plaint ? Mais, même un amphithéâtre, ce n'est  pas le cadet de leurs soucis. Allez visiter les hôpitaux. Aujourd'hui, si tu es malade que tu n'as pas d'assurance, tu risques d'aller chez les tradi-praticiens ou chez les pasteurs escrocs.

 

Avez-vous peur que les Ivoiriens accordent à nouveau leur suffrage à Laurent Gbagbo ?

Mais, il y a de quoi à avoir peur ! L'avenir d'un pays, ça dépend de la formation des jeunes. Quand on prend les pays asiatiques qu'on appelle aujourd'hui les "Dragons d'Asie", leur développement est parti de quoi ? De la formation des gens. Quand ils fabriquent des voitures, des avions, des bateaux, c'est parce qu'ils ont appris dans les écoles comment le faire. Mais, si on ne forme plus personne, comment voyez-vous l'avenir de la Côte d'Ivoire ? On ne peut qu'avoir peur. Et il ne faut pas se voiler la face, la Côte d'ivoire est en train d'être foutue. Et cinq ans encore pour M. Gbagbo, la Côte d'Ivoire est totalement foutue. Soyons réalistes. Il n'y a plus d'école. L'administration est totalement gangrenée. On ne crée plus d'emplois, la population augmente, on a enseigné aux enfants la tricherie, la violence, on a semé l'impunité, les armes circulent librement. Vous vous attendez à quoi ? La police, la justice, on les voit. Ce qui nous attend, c'est de devenir un  pays comme la Centrafrique, la RDC et rien d'autre. Il ne faut pas se faire d'illusion. Et si les Ivoiriens commettent l'erreur de donner le pouvoir à M. Gbagbo encore cinq ans, il ne reste restera plus que leurs yeux pour pleurer. M. Gbagbo a largement démontré son incompétence. Quand Koulibaly pousse son coup de gueule pour que M. Gbagbo réagisse et qu'il ne réagit pas. Lorsqu'il dit, votre entourage est en train de vous plomber et qu'il ne réagit pas. Que voulez-vous qu'il fasse s'il est réélu ? Ce sera la même chose. Il va d'abord se venger, éliminer tous ceux qui, comme nous, le critiquent et puis remettre en place son système. Qui, il l'a démontré, n'a rien à avoir avec le bien-être des Ivoiriens.

 

 

 

M. Venance Konan, l'accord de Ouagadougou, signé le 4 mars dernier, a remis le président Burkinabé Blaise Compaoré au cœur de la crise ivoirienne. On a vu, quelques mois après, le Président Laurent Gbagbo supprimer la carte de séjour pour les Burkinabés. Quel commentaire faites-vous ?

Aujourd'hui, il ne faut pas qu'on se leurre. Celui qui dirige la Côte d'Ivoire, c'est Blaise Compaoré. Vous parlez de la carte de séjour. Mais avant cela, quand ils ont signé cet accord, les gens, qui avaient été expulsés à Tabou en 1999, sont revenus. Je n'ai rien contre cela, j'ai protesté contre leur expulsion. Mais quand tu fais le lien, tu comprends que c'est l'un des non-dits de cet accord. Aujourd'hui, la carte de séjour est supprimée, tout le monde comprend très bien que c'est une décision de M. Compaoré. Et on le voit, pour prendre n'importe quelle décision, on va à Ouagadougou. Quand il y a eu un petit blocage, le chef de l'Etat et le Premier ministre se sont rendus à Ouagadougou pour prendre les ordres. Donc, notre gouvernement est aux ordres de M. Blaise Compaoré qui est devenu le véritable patron de la Côte d'Ivoire. Désormais plus rien ne se fera dans ce pays sans l'accord de M. Compaoré. C'est une belle revanche que le Burkina est en train de prendre sur la Côte d'ivoire quand on connaît le contentieux historique entre les deux peuples. Et c'est cela, la libération de la Côte d'Ivoire, la nouvelle indépendance de la Côte d'Ivoire selon le Woody de Mama.

 

Quel regard portez-vous sur l'attitude observée par l'opposition en Côte d'Ivoire ?

Je dirais qu'autant M. Gbagbo porte la très grande responsabilité dans la faillite de la Côte d'Ivoire, autant l'opposition, composée de M. Bédié et de M. Ouattara, est co-auteur de cette faillite. Voici deux hommes qui ont eu à diriger ce pays au plus haut niveau. Et, les voici qui ne sont même pas capables de se pencher sur le problème des Ivoiriens. Ce qui les intéresse, c'est leur destin personnel. M. Bédié veut revenir au pouvoir. Il en a été chassé, il veut prendre sa revanche. M. Ouattara a été à deux doigts du pouvoir, il veut l'avoir pour sa revanche personnelle. Et puis, c'est tout.

 

Qu'est-ce qui vous dit que c'est une question de revanche personnelle ?

Parce que je ne les ai jamais entendu parler des problèmes des Ivoiriens. On parle de l'école qui est sinistrée, avez-vous entendu M. Bédié ou M. Ouattara en parler ? Et pourtant, c'est une question qui hypothèque tout l'avenir de ce pays. On parle des hôpitaux qui sont des mouroirs, vous les avez entendu parler de cela ? On parle de détournements massifs d'argent, vous les entendez parler de cela ? On a parlé des déchets toxiques, vous les avez entendu parler de cela ? Vous les entendez parler des violations massives des droits de l'homme ?

 

Au cours de leur meeting, ils dénoncent cela. Comment voulez-vous qu'ils en parlent pour que ça ressemble à une opposition ?

D'abord, les déchets toxiques, ils en ont parlé seulement quand Gbagbo a remis en place les trois dirigeants de la douane, du port et du district que M. Banny avait enlevés. C'est lorsque M. Gbagbo les a maintenus en poste que l'opposition a appelé à manifester. Sans doute parce qu'elle guettait ces postes qu'on dit juteux. Sinon, quand il y a eu les déchets toxiques, j'étais en Côte d'Ivoire et je n'ai pas entendu une seule protestation. En mars 2004, lorsqu'on a tué les membres de l'opposition, est-ce que vous avez entendu les membres de cette opposition se saisir de cette affaire pour que le monde entier reconnaisse que M. Gbagbo est un assassin ? Vous allez voir le 25 mars, ce que l'opposition va faire pour ces morts. En mars dernier, qu'est-ce qui s'est passé ? Rien, on les a oubliés. Voilà une opposition, on tue ses militants, elle a la possibilité de démontrer à la face du monde que ce pouvoir est assassin et silence radio. On fait quelques meetings sporadiques et on dit qu'on se bat. Voici "Fraternité-Matin" et la Télévision qui sont dans l'illégalité totale depuis un an. Avez-vous entendu l'opposition en parler ? Si c'est en faisant des meetings sporadiques que M. Bédié et M. Ouattara pensent qu'ils vont revenir au pouvoir, j'ai bien peur pour eux qu'ils ne reviennent plus jamais au pouvoir. Parce que ce n'est pas ça qui va inquiéter M. Gbagbo. Voilà deux ans que M. Gbagbo est dans l'illégalité. Son mandat est fini depuis 2005 et puis il mène tout le monde par le bout du nez. Il s'est reconduit en 2006, 2007 et 2008. Que fait l'opposition ? Elle attend tranquillement que M. Gbagbo veuille organiser des élections. Et bien, qu'elle attende! M. Gbagbo sera là pour dix ans encore.

 

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Published by tressia - dans Politique
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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 18:22





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Guy TRESSIA
___________________________________________________


C’est pour moi une très grande joie et un honneur particulier de me trouver aujourd’hui parmi vous à cette première réunion de votre congrès au niveau ducontinent Africain, sous l’égide de l’Union  Internationale des journalistes et de la presse de langue française, et de vous dire à tous notre gratitude pour votre participation si nombreuse et si distinguée.

 

Je suis très heureux de vous souhaiter la bienvenue dans notre capitale, et d’espérer que, malgré la brièveté de votre séjour, vous trouverez le temps de visiter l’intérieur de la Côte d’Ivoire et, pour ceux d’entre vous qui ne les connaissent pas déjà, de prendre un contact plus direct avec les réalités et les populations de notre pays.

 
 

En accueillant ce congrès, la Côte d’Ivoire a de nouveau le sentiment d’être fidèle à ses engagements et je dirai même à sa passion comme chaque fois qu’il lui est donné de faciliter la tâche de ceux qui se vouent au rapprochement entre les hommes, et de favoriser le mouvement général vers la compréhension fraternelle et la paix entre les peuples, dans ce ‘‘village planétaire’’ qu’est devenue notre terre, dont les pulsations sont écoutées, analysées et transmises, en particulier, par la presse.

 


Mais, dans nos pays Africains, si la presse et l’information ont eu, au moment de la lutte pour l’indépendance politique, un rôle d’éveil de consciences des hommes au bénéfice de ces admirables devises que sont la Liberté, l’Egalité et la Fraternité, elles sont devenues les supports des réalités visibles, des problèmes concrets, des espérances raisonnables : c’est-à-dire que la presse et l’information sont maintenant des moyens indispensables et nécessaires de la bataille pacifique pour le développement, dont le but est le bonheur de l’homme ivoirien inséparable du bonheur de l’homme africain, je dirai de tous les hommes, car l’ivoirien se veut le frère de tous les hommes.

 


C’est précisément le thème de vos réflexions et je vous en félicite.

 

     Il s’agit, en effet, de faire participer à cette lutte toutes les couches sociales de la nation dans la stabilité, sans oublier que l’essentiel de notre force réside dans l’appui des masses rurales, et que la condition de réussite de toute politique de développement repose pour une part majeure sur leur capacité de production ; celle-ci à son tour étant conditionnée par une claire compréhension des options et de l’action du parti et du gouvernement.

 

 

 

La nature même des informations qui sont diffusées dans notre pays tiennent, de plus en plus, davantage compte des aspirations du monde rural et de sa lutte quotidienne contre le sous-développement, vu l’importance de ce monde dans la vie, les équilibres et les succès de la Côte d’Ivoire  car il en est l’artisan.

 

 

 

L’indépendance économique ne se définit pas à longueur de journée, mais se construit par des actes concrets, jour après jour.

 

 

 

Ce que veut l’Ivoirien, c’est le partage de la richesse et non de la misère, et pour se faire, il doit avant tout contribuer à créer ces richesses.

 

Ainsi, parviendrons-nous à donner à cette lutte, pour une meilleure justice sociale et pour des équilibres régionaux plus effectifs, la vigueur et l’efficacité souhaitée.

 

 

 

Ainsi, nous pourrons continuer de nous attacher à la promotion d’une société sachant garder ses traditions, mais résolument ouverte aux courants de pensée et aux influences de progrès du monde moderne.

 

 

 

Il faut que la presse et l’information nous aident résolument à l’établissement d’une telle société.

 

 

 

Une coopération amicale

 

 

 

N’oublions pas et il est facile de s’en rendre compte qu’en Côte d’Ivoire le dialogue, la tolérance et la fraternité qui sont devenus la seconde nature de chacun de nous sous-tendent l’effort de tout un peuple vers l’élévation du niveau de vie de tous par le développement économique.

 

 

 

 C’est bien dans la persévérance de l’effort personnel, dans le coût quotidien des réalisations souvent obscures mais concrète, dans cette ambition nourrie de patriotisme que réside notre véritable chance de rompre le cercle étouffant du sous-développement.

 

 

 

Trop d’hommes vivent dans la crainte du lendemain, la peur et la faim sont trop répandues, pour que nous ne continuons pas à nous attacher de toute nos forces de toute notre âme à la coopération amicale entre tous les peuples.

 

 

 

Cette coopération qui doit se situer sur le plan le plus large, facilitant l’échange sans restriction des connaissances scientifiques, des produits de la terre ou de l’industrie, en répandant la culture, elle seule permettra le vrai progrès de l’humanité.

 

 C’est donc par cette recherche, sans répit, de la paix et de la coopération internationale que nous désirons marquer notre foi indésirable dans le destin de l’homme.

 

 

 

Nous devons nous persuader que le développement d’un pays n’est pas une affaire d’années, mais de plusieurs générations d’hommes et de femmes responsables, marchant d’un même pas vers un seul et même but, à la recherche à chaque moment du meilleur par rapport au bon, du durable par rapport au passager, du moins coûteux en moyens humains, matériels et financier par rapport à ce qui l’est plus.

 

 

 

C’est donc avec la conviction  qu’une patience raisonnée est une garantie dans ce domaine, que je souhaite plein succès à vos assises et que je déclare ouvert le XIIe Congrès de l’Union Internationale des Journalistes et de la presse de Langue Française.

 

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