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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 08:54
Ex-Air Ivoire /Agents liquidés : Le cri des morts… Le silence du Gouvernement-Bédié n’y peut rien!

Après neuf ans d’activités sanctionnés par un crash financier dû à une navigation à vue, l’actuel Gouvernement a décidé, en septembre 2011, de liquider la Société Nouvelle Air Ivoire, en jetant dans la poussière, environ 430 agents.

En lieu et place de cette structure, a été créée, avec promesse présidentielle de récupérer les agents de l’ex-Air Ivoire, une nouvelle société appelée Air Côte d’Ivoire.

Sauf qu’au décollage de cette nouvelle compagnie aérienne dont chacun des Ivoiriens, paraît-il, devrait être fier, 90% des agents de l’ex-Air Ivoire se sont retrouvés au sol. Sans activité.

31 mois plus tard, malgré le calcul de tous leurs droits par le liquidateur désigné par le Gouvernement, ces malheureux n’ont toujours perçu aucun rond.

Et la mort, comme c’est toujours le cas en pareille situation, a commencé à emporter les moins résistants à la misère.

Une compagnie aérienne vous manque et c’est la galère

Créée en 2002, la compagnie nationale de transport aérien (SN Air Ivoire), avait pour actionnaires principaux, « CFI aérien » avec 50,5%, la « Petroci », 38,5% et l’Etat de Côte d’Ivoire (tiens !) prospérait sur seulement 11%.

Quand le nouveau Gouvernement s’installe à la suite de la chute brutale des refondateurs, le nouveau chef de l’Etat réalise que cette compagnie qui vole à très basse altitude ne cadre pas avec les exigences de l’émergence, vu ses états financiers.

Tout de suite, il prend une décision : la dissolution pure et simple.

Aux 430 travailleurs qui crient leur désarroi devant cette décision, le chef de l’Etat promet la création d’une nouvelle compagnie et une place pour tous sur le premier vol de cette nouvelle compagnie. Personne ne serait laissé au chômage.

Mais au décollage du premier vol, moins d’une cinquantaine d’agents sur les 430, trouveront une place pour la nouvelle aventure aérienne dénommée « Air Côte d’Ivoire ».

Aux ex-employés d’Air Ivoire abandonnés au sol, il sera fermement tendu, le 15 décembre 2011, une lettre de licenciement, via un liquidateur nommé par le Gouvernement. « Suite à la décision de liquidation anticipée de la Société Nouvelle Air Ivoire prise par les actionnaires lors de l’Assemblée Générale tenue le 05 septembre 2011, nous vous notifions par la présente, la rupture de votre contrat de travail pour cause de liquidation, avec pour date d’effet le 16 septembre 2011. Vous voudrez bien trouver ci-joint, votre certificat de travail et votre état de solde de tout compte. Vos droits vous seront réglés dès que la trésorerie qui sera dégagée par la réalisation des actifs le permettra… »

Et c’était signé Balogoun Océni, le Liquidateur. Bonjour la misère ! Comment retrouver un emploi dans un secteur aérien où les emplois sont spécifiques et donc la reconversion jamais aisée ? Certains vont tout de suite tenter de mutualiser leurs expertises pour monter quelques petits business pour se prendre en charge, quand d’autres, individuellement, vont se lancer dans d’autres aventures après avoir conçu des projets précédés d’études solides de faisabilité.

Et sur quoi comptaient-ils pour financer tous les projets identifiés ?

Solde de tout compte non soldé

Pour financer leurs activités, ils comptaient tous sur le paiement de leurs droits légaux. D’autant plus que le liquidateur nommé par l’Etat, avait remis à chacun des nouveaux chômeurs, son support de « Solde de Tout Compte ».

Les montants à payer à chacun, selon le poste occupé et selon l’ancienneté, atteignent parfois 20 millions, voire 30 millions de Fcfa. (Voir document ) De quoi financer de véritables activités !

Mais voilà ! Depuis la remise du « Solde de Tout Compte », deux ans se sont écoulés. Sans qu’il ne se passe rien du tout et qu’aucune information crédible ne leur soit donnée quant à la date de paiement de ces droits.

De nombreuses promesses leur ont été faites et le paiement, chaque fois annoncé comme imminent, s’est transformé en un leurre.

En décembre 2013, sans doute à cause des pleurs des enfants, promesse a été faite que les droits seraient payés car pris en compte dans la dette intérieure. Mais le père noël n’existant pas, il ne s’est rien passé quand l’heure est venue de payer la dette intérieure. Les fournisseurs de l’Etat ont bien reçu une première tranche de ce qui leur était dû, mais les ex-agents de l’ex-Air Ivoire, n’ont vu aucun billet de banque voler dans leur direction.

« Ne désespérez pas, vous serez pris en compte dans la deuxième tranche en janvier 2014 ». Mais il ne s’est rien passé !

Si Bédié n’y peut rien !

Pour essayer de rentrer dans leurs droits, les ex-agents ont tout essayé. Du liquidateur au sommet de l’Etat en faisant escale chez le ministre de tutelle, l’immense Gaoussou Touré, il n’y a pas un couloir de l’administration qu’ils n’ont pas arpenté à la recherche d’une oreille attentive.

Leurs larmes ont été versées au Ministère de l’Economie et des finances, chez le Médiateur de la République, au Secrétariat général de la présidence, dans des chancelleries, etc. mais rien n’y fit.

Ils ont organisé un sit-in pour crier leur misère. Devant le Ministère des Transports. Mal leur en a pris. Leur dos a été lacéré par les matraques des Frci et certains parmi eux, y compris des mères de famille poussées dans la rue par la faim et les cris de leurs enfants, se sont retrouvés au trou dans les locaux de la préfecture de police. Là, après plusieurs heures de garde à vue, ils ont dû échanger leur liberté contre la promesse de ne plus troubler la tranquillité d’une République au travail qui piétine et méprise les droits de ses enfants.

Sortis de la préfecture de police, ils sont allés, via les responsables du collectif qu’ils ont mis en place, se lamenter auprès du sage de Daoukro, le vieux jeune, Henri Konan Bédié, qui vient de fêter on quatre-vingtième anniversaire (longue vie à lui).

Bédié leur a donné quelque espoir, éteint depuis. Puisqu’ils n’ont eu aucune suite, plus de deux mois plus tard. Mais il n’a pas encore dit son dernier mot !

Le cri des morts…le silence du Gouvernement

« L’Eléphant », pour comprendre la situation dans laquelle vivent les ex-agents, a échangé avec l’un des responsables (Koné Aboudramane) du collectif qu’ils ont mis en place et qui leur vient en aide de temps en temps en sollicitant des aides auprès de personnes de bonne volonté.

« La mort frappe dans nos rangs, nos camarades meurent, faute de pouvoir acheter le moindre médicament. C’est le cas de Poté Bon Fils, de Patrick Tanoh… Beaucoup parmi nous ont été expulsés de leur maison et vivent dans l’humiliation qui, chez un ami, qui chez un parent, qui, au village…Nos enfants ne vont plus à l’école depuis deux ans, nous sommes dans une dépression continue. Et pourtant, nous avons droit, nous aussi, à l’assistance de la République. Nos frères Ivoiriens en difficulté en Centrafrique ont été secourus, le décès de la sœur Awa Fadiga en raison, dit-on, de négligence au Chu de Cocody, a entraîné le limogeage de hauts responsables de cette structure sanitaire. Pourquoi une telle réaction de la part du Gouvernement ? Parce qu’une vie humaine est une valeur suprême avec laquelle on ne joue pas. Pourtant, nos camarades meurent parce que leurs droits légaux ne sont pas payés mais cela n’émeut personne. La vie de près de 400 personnes et celle de leurs enfants sont en danger, mais cela ne préoccupe personne. Pourquoi le Gouvernement nous fait ça ? Pendant ce temps, on augmente les salaires de quelques fonctionnaires, on revalorise les retraites, on annonce de recapitaliser Air Côte d’Ivoire, mais personne ne fait cas de nos droits à nous.

C’est l’Etat de Côte d’Ivoire qui a concédé à l’époque les droits de trafic à la SN Air Ivoire, laquelle les a cédés à Air Côte d’Ivoire. C’est l’Etat qui était propriétaire de la défunte Air Ivoire et c’est l’Etat qui l’a mise en liquidation. Combien d’argent le paiement de ces droits peut coûter à l’Etat de Côte d’Ivoire ?

Notre situation est désespérée. Certains avaient contracté des prêts auprès des banques. Et aujourd’hui, malgré le fait que ces prêts ont été obtenus sous la tutelle de notre ex-employeur, ces banques nous contraignent à rembourser sans attendre le paiement de nos droits. La situation est si rude que d’autres ont été obligés d’escompter leur allocation de retraite en acceptant de renoncer à 10 voire 25% du montant à percevoir au terme d’une retraite normale…nous et nos enfants, sommes en train de mourir de faim, d’humiliation et de privations… »

Dans le silence du Gouvernement qui, comme chacun le sait, est toujours très préoccupé par les injustices sociales dont sont victimes les Ivoiriens.

Assalé Tiémoko (in L’Eléphant déchaîné N°250)

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Published by tressia - dans Société Politique
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