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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 23:46

Guy Tressia shared a group: LES DEBATS POLITIQUES DE GUY TRESSIA.

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 23:42
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 17:47
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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 10:01
JUSTICE-A la barre : Un autre prévenu échappe à la prison grâce au verdict du tribunal

Il y a eu plus de peur que de mal pour la prévenue

Une fois n’est pas coutume. A l’audience correctionnelle des flagrants délits tenue le 02/04 au palais de justice de la commune de Yopougon, où, habituellement la totalité des prévenus est composée d’hommes, il figurait ce jour-là, dans le boxe des accusés, Guéï Dorcas, une prévenue. A cette dernière, il est reproché le fait suivant: «Appropriation illégale des biens du débiteur». Pour répondre de cet acte illicite commis dans le courant de 2014, toujours dans la même commune, elle a comparu devant le juge correctionnel.

Le président, après avoir rappelé à la prévenue l’infraction qui lui est reprochée, lui demande:

-Qu’as-tu à déclarer pour ta défense?

-Merci monsieur le président, entame-t-elle. Avant tout propos, je voudrais, poursuit-elle, demander pardon au plaignant et au tribunal.

-Ce qui veut dire que tu reconnais les faits?

-Oui, répond-elle timidement.

Situé sur ce point, le juge fait appel à Doua Tokpa, la victime des agissements de la mise en cause.

-Qu’est-ce que vous lui reprochez ?

-Elle est venue dans mon magasin de couture, en mon absence, pour prendre les pagnes de mes clients.

-Si elle est condamnée, voulez-vous qu’elle vous paie de l’argent?

-Oui.

-Combien voulez-vous?

-120 mille francs CFA, tranche la victime.

Curieux, le juge lui demande:

-Combien de pagnes est-ce qu’elle a pris?

-Six complets de pagnes cousus et deux morceaux différents de pagnes.

-Quelle est la qualité de ces pagnes?

-Ce sont des pagnes Hollandais, Wooding.

Instruit par le témoignage du plaignant, le président invite de nouveau la prévenue à la barre.

-Vous avez, demande le juge, restitué ses biens à la gendarmerie?

-Oui, monsieur le président, réplique-t-elle. Avant de préciser: Je les ai déposés sur la table du gendarme (celui qui a reçu la plainte de la victime) et il m’a demandé de sortir de son bureau. Mais après cela, je lui ai demandé où sont passés les pagnes, il ne m’a pas répondu.

De nouveau, le magistrat convoque la victime à la barre pour l’entendre sur la destination des pagnes.

-Est-ce que le gendarme t’a restitué les pagnes?

-Oui, répond-il.

-C’était combien de pagnes alors qu’elle a pris?

-23 complets de pagnes.

Cette réponse de la victime suscite plusieurs réactions dans le public venu assister au procès.

-Silence dans la salle! Ordonne le président. Avant de poursuivre son interrogatoire: Au moment où le gendarme te donnait les pagnes, est-ce qu’elle était présente?

-Oui! Elle était avec sa petite sœur dans le bureau.

-Quand toi tu as compté les complets de pagnes, as-tu remarqué qu’il manquait des pagnes?

-Oui.

-Est-ce que tu as relevé cela?

-Oui, j’ai relevé cela en présence de sa petite sœur.

-Monsieur le procureur, questionne le président, est-ce qu’on voit sur le Pv (procès-verbal) d’audition la mention de restitution des pagnes par la prévenue?

-Le Pv d’audition ne mentionne rien là-dessus malheureusement, réagit-il.

S’adressant de nouveau au plaignant, le juge lui demande:

-Comment a-t-elle pu prendre tous ces pagnes?

-Elle les a emportés dans des sachets en plastique, où ces pagnes se trouvaient.

-Les a-t-elle comptés?

-Moi, je ne peux pas inventer quelque chose, rétorque la victime agacée par la méfiance du juge.

-Toi, tu dis quelque chose et elle, elle soutient le contraire. Est-ce que tu peux apporter la preuve qu’elle a pris 23 complets de pagnes dans ton magasin de couture? Le Pv d’audition est muet, il ne dit rien sur les pagnes. On va apprécier.

-Monsieur le procureur, vous avez la parole pour votre réquisition.

Après avoir présenté les éléments constitutifs de l’infraction reprochée à la mise en cause et établi le lien entre ses agissements et ce délit, le procureur, aboutit à la conclusion selon laquelle cette dernière est coupable des faits qui lui sont reprochés. En répression, le procureur très sensible, a demandé sa condamnation à la prison mais avec sursis.

-Que dis-tu pour ta défense, après le réquisitoire du procureur?

-Je ne reconnais pas avoir pris ces pagnes manquants. Je lui ai restitué tous ses pagnes à la gendarmerie.

La décision du tribunal finit par tomber au terme de 22 minutes de procès: 1 mois de prison avec sursis et le paiement de la somme de 60 mille francs CFA à titre de dédommagement de la victime.

-Si tu vas prendre encore des biens des gens dans leur atelier parce qu’ils te doivent de l’argent, tu seras condamnée, conseille sagement le président. Cette prévenue s’en tire à bon compte.

Un autre prévenu échappe à la prison grâce au verdict du tribunal

A la suite de cette dame fortunée, c’était au tour de Tiéhi Roland de comparaître devant le juge répressif pour tenter lui aussi, sans l’assistance d’un conseil, de se justifier sur les faits mis à sa charge. En effet, à ce prévenu, vigile de son état et âgé de 35 ans, il est reproché les faits suivants: «Coups et blessures volontaires et Dégât volontaire à la propriété d’autrui».

-Toi, dans le marché, il y avait un camion qui déchargeait de la marchandise et qui avait mal garé. Cela ne t’a pas plu et tu es allé demander au conducteur de bien garer le camion avant de faire le déchargement. Et en lui demandant cela, tu as commencé à te disputer avec les femmes qui attendaient le déchargement du camion. Cette dame ici présente te reproche de lui avoir occasionné des coups et blessures volontaires. Tu lui as porté main ou tu ne lui as pas porté main?

-Je ne lui ai pas porté main. Rétorque le prévenu. Avant de donner sa version des faits. Je reconnais, raconte-t-il, qu’elle a pris une boîte de tomate pour me taper et elle a déchiré mon habit.

Pendant que le mis en cause donne sa version des faits, le scellé (une daba) est envoyé et rangé sur la table du procureur. Remis au juge, ce dernier demande alors au prévenu:

-C’est pour qui ça?

-Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est qu’elle avait une boîte de tomate en main.

Face à la négation des faits par le prévenu, la victime, Sylla Massanaba, est convoquée par le juge, à la barre.

-Madame, êtes-vous sûre que c’est la daba qui vous a blessée?

-C’est la daba, réplique-t-elle. Il voulait, explique-t-elle, me taper avec ça et c’est en me protégeant avec le bras (elle imite le geste) qu’elle m’a blessée à la main.

-Où sont les autres femmes?

-Elles sont là dans la salle (elle les indique de la main, au juge).

-Qui a tapé en première position?

-C’est lui. Il fonçait sur nous et nous avons répliqué.

-Monsieur le procureur, des questions à la victime?

-Oui.

-Vous lui reprochez, dit le procureur à ma victime d’avoir cassé les lunettes d’une des dames. Est-ce que pendant la dispute, vous l’avez vu enlever les lunettes de la dame pour les casser?

-Je ne l’ai pas vu les enlever.

-Vous avez pris une boîte de tomate pour le taper?

-Jamais! Répond-elle énergiquement.

-Pendant la bagarre, tu n’as pas tapé le prévenu?

-C’est lui qui m’a tapée.

-Mais tu ne l’as pas tapé avec ta main?

-Si, je l’ai tapé.

Abondamment instruit par les questions du procureur et les réponses de la victime, le président invite de nouveau le mis en cause à la barre.

-Elles étaient combien à se battre avec vous?

-Elles étaient cinq. Et à cause de la femme qui était enceinte parmi elles et qui se trouvait devant moi, je ne l’ai pas tapée.

-Sa blessure-là sort d’où?

-Elle-même elle sait très bien que c’est la boîte de tomate qu’elle a utilisée pour me taper qui l’a blessée.

Pour recueillir les prétentions de la victime, le juge l’invite une nouvelle fois à la barre.

-S’il est reconnu coupable, voulez-vous qu’il soit condamné à vous payer de l’argent pour ce qu’il vous aurait fait?

-Oui, répond-elle.

-Combien voulez-vous?

-200 mille francs CFA.

-Cette somme représente quoi?

-Les frais de soins médicaux réalisés.

-Monsieur le procureur, vous avez la parole pour votre réquisition.

-Le prévenu, souligne le procureur, est poursuivi pour deux faits. Concernant les faits de dégât volontaire à la propriété d’autrui, il nous paraît difficile d’admettre que c’est le prévenu qui l’a commis. C’est au cours d’une bagarre qui impliquait plusieurs personnes que les lunettes se sont cassées. Concernant les faits de coups et blessures volontaires, la blessure que porte la dame à la main a été occasionnée par un objet bien aiguisé. La daba qui est là, ne peut pas être à l’origine de cette blessure. Dans l’élan de la bagarre, chacun a dû se saisir de l’objet qu’il avait. Mais nous, nous avons la conviction que ce n’est pas la daba qui a occasionné cette blessure. Cette infraction qui lui est reprochée peut être retenue. En répression, vous le condamneriez à 1 mois de prison avec sursis et le paiement d’une amende de 40 mille francs CFA.

-Tu dis quoi pour ta défense?

-Je n’ai pas frappé cette dame à cause de la femme enceinte qui se trouvait devant moi.

-C’est bon, on t’a compris! Intervient le président.

Le verdict du tribunal après 28 minutes de jugement : le prévenu a été reconnu non coupable pour les faits de dégât volontaire à la propriété d’autrui et coupable pour les faits de coups et blessures volontaires. En répression, il a écopé 1mois de prison avec sursis, le paiement d’une amende de 30 mille francs CFA, et la somme de 50 mille francs CFA à titre de dommages et intérêts à la victime.

Noël Konan

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 09:55
Réhabilitation de l’Axe Agnibilékro- Fleuve Comoé-Les travaux n’en peuvent plus d’avancer…

Pour parcourir 56 km, il faut 3 heures d’horloge. Le tronçon Agnibilékro-Abengourou présente tout, sauf le visage d’une route. Les travaux de réhabilitation de cette route internationale avaient été lancés le 15 décembre 2013 dans la ville d’Agnibilékro. Et devraient prendre fin dans 26 mois (?).

Quatre mois plus tard, le résultat ne crève pas les yeux !

Parole d’expert

« Ces actions visent, in fine, à soulager les souffrances de nos braves populations et à garantir l’épanouissement du citoyen ivoirien. Le projet qui nous rassemble ce jour, porte sur un effort financier de l’ordre de 38,9 milliards FCFA financés presqu’en totalité par l’Union Européenne au titre du dixième (10ème) FED. Il permettra de réhabiliter en 26 mois, le tronçon routier Agnibilékro-fleuve Comoé, long de 87,5 km (…) Je note que les populations sont impatientes que ce délai soit raccourci et le Gouvernement va travailler avec les entreprises, afin que ce délai soit raccourci ». Avait indiqué le premier ministre Daniel Kablan Duncan, le 15 décembre 2013, devant les autorités administratives, politiques et coutumières regroupées sur l’esplanade de la sous-préfecture d’Agnibilékro.

Une cérémonie qui marquait la concrétisation de l’une des nombreuses promesses de campagne du candidat Alassane Ouattara en 2010. Plus de deux ans plus tard.

Mais si l’annonce en sixième vitesse du démarrage des travaux a plongé les populations de l’Indénié- Djuablin dans une grande joie, plus le temps passe et plus cette joie fait place à l’inquiétude. Parce que les travaux dont le délai de réalisation de 26 mois devait être contracté n’ont toujours pas démarré et l’état du tronçon s’est dégradé encore plus. C’est le ministre des Infrastructures économiques qui disait avoir honte de rencontrer le roi du Djuablin, Nanan Agnini Bilé II, parce que beaucoup de promesses émergentes avaient été faites quant à la réhabilitation de ce tronçon, qui aura quelques soucis.

Pourtant, le premier ministre disait que ces «travaux qui démarreront dans quelques jours s’intègrent dans un projet global intitulé : Préservation du réseau routier de Côte d’Ivoire du portefeuille de l’Union Européenne d’un montant de 45,9 milliards F CFA».

Plus de 120 jours plus tard, pas un coup de machette après le premier coup de pioche. Les bulldozers et autres machines sont toujours à la phase de reconnaissance des travaux qui leur ont été confiés.

La promesse

de Patrick Achi

Après l’annonce des travaux de ce tronçon, le ministre des Infrastructures économiques avait indiqué que les travaux seraient lancés dans la ville d’Abengourou pour le reste du tronçon, c'est-à-dire Abengourou-Fleuve Comoé, au mois d’avril 2014. Après consultation de la liste des événements prévus dans la ville d’Abengourou, ville dont le premier magistrat est Patrice Amoikon Banga, la fameuse cérémonie de lancement des travaux de réhabilitation, sauf changement, aura finalement lieu le samedi 26 avril alors que les travaux lancés le 15 décembre 2013 n’ont pas encore débuté.

Abinan, Adjoumani, Kaba Nialé changent de route…

Kaba Nialé, Etienne Kobenan Kouassi Adjoumani étaient à la cérémonie de lancement des travaux de réhabilitation de l’axe Abengourou-Agnibilékro. Ce jour-là, le directeur général des impôts et président du conseil régional de l’Indenié- Djuablin, fils de la région et porte-voix de la candidature unique de Ouattara à travers le Mouvement national de soutien à la candidature unique au Rhdp (Monascau), a dansé au son de l’ ‘’Assaman’’ de Tanguelan (danse de réjouissance lors des grands événements). Ivre de joie.

Le calvaire des populations, selon lui, ne serait plus bientôt, qu’un triste souvenir. Mais quatre mois après la promesse de démarrage, le pachyderme a constaté avec étonnement qu’ Abinan Pascal préfère rallonger son trajet de plus de 100 Km en passant par Kotobi, et Daoukro. Et ce, afin d’éviter 56 Km de ‘’calvaire‘’. Son action est imitée par les ministres Kaba Nialé et Etienne Kobenan Kouassi Adjoumani (tous des élus locaux) et bien d’autres cadres de la région. Qui, pour se rendre respectivement dans le Boukani et le Gontougo, évitent ce joyeux raccourci, à bord de leurs puissants et rutilants véhicules de type 4X4.

TOURE ALI

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 23:16
Je ne comprends pas les hommes. J'ai toujours...

Je ne comprends pas les hommes. J'ai toujours ouvert mon cœur aux autres. Mais, ils m'ont toujours trahi, me considérant comme un idiot, juste un moyen de parvenir à leur fin. Je n'ai jamais fait de mal de mauvaise foi. Et j'ai appris à vivre sans attendre que les autres m'assistent. Je fraie toujours mon chemin dans la forêt vierge et dans le désert farouche. Je reconnais que des personnes m'ont été d'un grand secours quand je me suis perdu dans la forêt dense et dans le désert impitoyables. Je leur serai toujours reconnaissant. Dieu les bénisse. Mais après la lecture de cette pensée, je peux dire que l'homme est un loup pour l'homme et dans ce combat contre ces loups, je me sens seul sans toutefois avoir besoin d'un homme qui me trahira au premier coup de difficulté. Merci grand penseur de m'ouvrir les yeux!!! Je ne forcerai plus jamais dans une façade d'amitié comme j'en ai connu. Une amitié sincère de ma part se méritera!!! Je hais les hypocrites!!!

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 11:58
La Force du Silence!!!
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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 08:43

Le collectif des handicapes diplômés sans-emplois COHDISE gazés cette nuit par la police
« Nous avons été gazés, bastonnés, trainés à terre et jette dans trois cargos de la Police Nationale cette nuit à 22 heure au sien de la cathédrale Saint Paule d’Abidjan et détenus dans des endroits inconnus» David Konan Président du collectif des handicapes diplômés sans-emplois COHDISE en grève de la faim illimitée

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 08:12
Sécurité-Les hommes en armes, une menace pour les populations?

La colère, dit-on, est mauvaise conseillère. Et l’événement tragique qui s’est déroulé pendant le week-end pascal, plus exactement le 19/04, dans la commune de Yopougon, vient encore une fois de plus, donner un crédit à ce bel adage. L’événement en question, c’est le crapuleux crime commis par le Sergent-chef Abé Alain, un agent de police en service aux Renseignements généraux, sur la personne du sergent Adon Marie-Laure, également agent de police dans le même service, et par ailleurs, sa concubine.

Un fait divers qui amène à réfléchir sur la moralité des hommes en uniforme qui portent fièrement des armes.

Contingents de crimes gratuits

Sans savoir le mobile réel qui a conduit à ce crime (en attendant les résultats de l’enquête ouverte), c’est le lieu pour «L’Eléphant» de s’interroger sur la moralité de nos agents de police qui portent une arme automatique à la ceinture et/ou une Kalachnikov en bandoulière, et qui de surcroît, sont autorisés, en dehors du service, à emporter, chez eux, leur arme de dotation. Car, hormis ce drame récent, plusieurs autres crimes gratuits ont déjà été perpétrés par des hommes en armes sur d’innocentes populations. «L’Eléphant» a encore en mémoire les nombreuses bavures policières accomplies par des policiers excités sur des conducteurs de mini cars de transport en commun communément appelés «gbaka» ou de taxi-compteurs, le meurtre du journaliste français Jean Hélène, et les crimes passionnels qui ont endeuillé des familles. La mission confiée à un agent de police par l’Etat, en le dotant d’une arme à feu de pointe, acquise grâce à l’argent du contribuable, c’est de traquer les bandits de grand chemin qui troublent le sommeil des honnêtes citoyens et non d’ôter la vie, pour la moindre contrariété, à d’innocentes personnes.

Une formation policière qui suscite beaucoup d’interrogations

A quoi servent les mois de formation à l’Ecole nationale de la police(Enp)? Les élèves policiers sont-ils suffisamment instruits et encadrés sur les règles de leur métier en l’occurrence, sur le sens de la mesure de les doter d’armes pour le service ?

C’est qu’une chose évidente: la réglementation sur l’autorisation du port et l’usage de cet «outil» de travail, semble très flexible. Car, à plusieurs reprises, il a été donné de voir des policiers en service ou non, assis dans un «maquis» en train de boire de l’alcool, en possession de leur arme. Par exemple pendant ce même week-end pascal, toujours à Yopougon, selon une information de source policière glanée par l’infernal quadrupède, un policier en tenue civile et complètement ivre a été retrouvé lors d’une patrouille policière par ses collègues dans un «maquis», en possession de son arme à feu. Abandonné sur les lieux, toujours selon la source policière de «L’Eléphant», ce policier a été soulagé de son arme par ses collègues. Et dire qu’une personne mal intentionnée aurait pu découvrir cette arme avant les policiers et s’en servir pour d’autres besoins…

Et cet agent continue de faire partie des effectifs de la police. Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, a rappelé de temps en temps à ses hommes, l’existence d’une charte d’éthique et de bonne conduite. Mais apparemment, le message ne passe pas bien !

Le Ministre de la Défense aussi essaie de sensibiliser ses soldats. Mais beaucoup n’entendent rien. La preuve, le lundi dernier, l’un d’entre eux, commis à la surveillance d’un site dédié aux logements sociaux, a ôté la vie, sans raison, à un jeune homme du côté d’Attécoubé, avant de prendre courageusement la fuite.

N.K. in L’Eléphant déchaîné N°246

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 08:08
Marine marchande : Ouattara donne le pouvoir aux militaires-Vers une chute des flux de marchandises

Notre Président a pris un décret le 10 avril pour attribuer les compétences de sécurité en matière de marine marchande au ministère de la Défense. Une décision qui fait hurler de colère la communauté portuaire. Laquelle se demande bien qui a poussé le grand chef à prendre une telle décision.

Un décret au contenu surprenant

Par le «Décret n° 2014-181 du 10 avril 2014 portant dévolution au Ministre de la Défense, de compétences en matière de sécurité maritime et fluvio-lagunaire», notre Président a bouleversé toutes les habitudes et les usages vieux de plusieurs décennies dans le secteur de la marine marchande dans notre pays.

Allez, parcourons quelques articles phares de ce décret :

Article 1: Les compétences en matière de sécurité maritime et fluvio-lagunaire ci-après énumérées, précédemment exercées par le Ministre des Transports, sont dévolues au Ministre de la Défense: la sécurité de la navigation et des transports maritimes, lacustres, fluviolagunaires et de plaisance ; la sécurité à bord des navires et des plates-formes offshore en liaison avec les services concernés; la sécurité portuaire ; la surveillance des eaux maritimes, f1uvio-lagunaires et des installations portuaires ; la police de la navigation dans les eaux maritimes; lacustres et fluvio-lagunaires sous juridiction nationale et la police balnéaire; la protection et la sûreté des approches maritimes; la coordination des opérations de recherche, d’assistance et de sauvetage dans les eaux sous juridiction nationale; la participation à la coordination régionale des activités de garde côtière; la conception et la mise en œuvre du plan de réquisition des moyens de transport maritime, lacustre et fluvio-lagunaire en cas de crise.

Article 2: Les compétences en matière de sécurité maritime et fluvio- lagunaire énumérées à l'article précédent et dévolues au Ministre de la Défense, sont exercées en liaison avec le Ministre chargé de la Sécurité.

Voilà donc notre ami Gaoussou Touré déchargé de quelques prérogatives. Il va avoir plus de temps pour se consacrer à sa réforme ?

Petits oublis entre marins !

Pour un décret censé rendre plus complètes les dispositions juridiques en la matière, il ignore ou oublie plutôt des normes internationales et nationales en vigueur. Notamment la convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), la Convention sur la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS) dont est issu le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (ISPS), la Convention sur la prévention des actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime (SUA), toutes ratifiées par la Côte d’Ivoire. Voilà pour les textes internationaux. Pour ce qui concerne les textes pris au plan national, la référence en la matière est la loi n° 61- 349 du 9 novembre 1961 portant Code de la Marine marchande relative à la sécurité et de la sûreté marine.

Seraient-ce là des oublis volontaires ?

Aux armes camarades !

Avec ce nouveau décret, la sécurité maritime, un domaine réservé jusqu’ici aux Civils, est désormais l’affaire de nos vaillantes Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), donc des militaires.

Rappelons que la sécurité maritime est l’ensemble des mesures visant à prévenir les accidents dans la navigation maritime (abordage, incendies, chavirement, échouement…), conformément à l’article 10 du Code de la marine marchande. Ce qui montre clairement que ce domaine n’est point militaire, mais purement et simplement civil.

En Côte d’Ivoire, depuis toujours et comme cela se fait partout ailleurs, la sécurité maritime est l’affaire de l’administration des Affaires Maritimes. Une donne qui est désormais remise en cause dans notre immense pays. Ce qui n’ira pas sans créer des désagréments d’une ampleur insoupçonnée.

Sécurité à bord des navires

La sécurité à bord des navires et des plates-formes offshore est une tâche qui consiste à contrôler les certificats maritimes internationaux. Cette tâche a toujours été assurée par les inspecteurs techniques des navires ou tout autre fonctionnaire habilité à cet effet, conformément à l’article 13 du Code de la Marine marchande, les Conventions de l’Organisation maritime internationale (Omi) et le Mémorandum d’entente d’Abuja sur le contrôle des navires du port par l’Etat.

Mais avec le nouveau décret, ce sont les militaires qui seront désormais à la manœuvre. Même s’ils n’ont pas la formation requise…pour accomplir valablement cette mission.

L’autre aspect non moins important, est la sécurité des engins de navigation lagunaire et de plaisance. Ici, l’explication est toute simple : l’attribution de la sécurité des engins de navigation lagunaire et de plaisance au ministère de la Défense signifie que désormais, les militaires armés sont autorisés à monter à bord des tines et pinasses, des bateaux bus, des pirogues et des engins de plaisance pour effectuer des contrôles. Ce qui est une véritable révolution en la matière!

Et ce n’est pas tout ! Avec le nouveau décret, même la police balnéaire est transférée au ministère de la Défense. Conséquences ? Les militaires armés effectueront désormais des patrouilles sur les plages ivoiriennes pour surveiller les baigneurs et les touristes.

Tous à l’abri !

Mais ce n’est pas fini. En plus des attributions de la sécurité maritime qui atterrissent dans l’escarcelle des militaires, il y a, depuis la signature de ce décret, la surveillance des eaux maritimes, la protection et la sûreté des approches maritimes, la coordination des opérations de recherche, d’assistance et de sauvetage dans les eaux sous juridiction nationale, la participation à la coordination régionale des activités de garde côtière.

En principe, toutes ces missions sont prises en compte dans l’action de mer.

Et en vertu du décret n° 2014-30 du 3/2, portant organisation et coordination de l’action de l’Etat en mer, en son article 3, les administrations majeures intervenant dans les actions de l’Etat en mer, sont les Forces armées, la Police nationale, les Douanes ivoiriennes, les Affaires maritimes et portuaires, l’Office national de la protection civile, le Centre ivoirien anti pollution, la Direction de l’aquaculture et des pêches, et les Directions des Ports d’Abidjan et de San-Pedro.

Problème. Selon le décret du 10 avril, seul le ministère de la Défense et dans une certaine mesure le ministère de la Sécurité, sont désormais responsables de l’action de mer. Les autres acteurs clés du secteur peuvent donc aller prendre un bain de soleil.

Avec ce décret, toute la sécurité maritime est désormais dévolue au ministère de la Défense. Et même la conception et la mise en œuvre du plan de réquisition des moyens de transport maritime, lacustre et fluvio-lagunaire, en cas de crise. Activités qui, conformément aux résolutions du séminaire sur l’action de l’Etat en mer qui a eu lieu à Grand-Bassam du 1er au 3 avril 2014, étaient cependant placées sous la responsabilité du préfet maritime. Lequel relevait quant à lui, de la double tutelle du Comité interministériel de l’action de l’Etat en mer et du Commandant de la marine nationale. On n’arrête pas le progrès !

Danger à l’horizon sur l’économie nationale

L’économie nationale assez fébrile et qui compte sur l’émergence en 2020 pour se refaire une santé, souffrira de la prise du décret du 10/4. La raison ? La Côte d’Ivoire va, avec cette mesure, vers la remise en cause de la certification des ports ivoiriens au code ISPS, la remise en question des acquis de la coopération maritime, et le risque de ternir l’image des ports ivoiriens.

Allez, passons en revue ces différents aspects ! Concernant le Code de la sécurité maritime ISPS, notons que l’Organisation maritime internationale (OMI), et les gardes-côtes américains ne supportent pas d’avoir à coopérer avec des Forces armées sur les questions de sûreté maritime dans le cadre de l’application du Code ISPS. Les ports ivoiriens qui sont, selon nos sources, en passe de bénéficier de faveurs de la part des gardes-côtes américains, pourraient perdre ces largesses avec l’application du nouveau décret. La conséquence sera une baisse drastique du trafic maritime.

Plus loin, des partenaires maritimes bilatéraux et multilatéraux, notamment avec l’OMI, l’OIT, l’Autorité internationale des fonds marins, le Tribunal International du Droit de la mer, et certains grands pays à tradition maritime comme la France, les Etats-Unis d’Amérique, le Japon, le Canada, l’Allemagne…vont désormais réfléchir par deux fois avant d’engager une coopération maritime plus accrue avec la Côte d’Ivoire. Et l’aide extérieure maritime s’affaissera une fois le ministère de la Défense aux commandes de la sécurité dans le secteur de la marine marchande. La raison est que sur les questions de développement maritime, ces institutions et ces pays préfèrent coopérer avec des autorités civiles et non des autorités militaires.

Mais sans doute la chose la plus grave avec la naissance de ce décret, c’est l’atteinte à l’image de marque des ports ivoiriens. Il suffirait que des militaires montent à bord des navires pour effectuer des formalités administratives, contrairement à la pratique internationale, pour faire fuir la clientèle des ports.

Parce la présence des militaires dans un port n’a jamais attiré les navires !

W.A in L’Eléphant déchaîné n°246

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