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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 09:57
Tribalisme et népotisme en Côte d’Ivoire- Soro Guillaume va-t-il renverser Alassane Ouattara?

Décidément, sa majesté Soro Guillaume V (Ministre de la Communication (1er boulot), ministre de la Reconstruction, Premier ministre, Premier ministre de la Défense, président de l’Assemblée nationale) étonne de plus en plus le monde des vivants.

Après sa mésaventure dans une sombre opération de réconciliation au Burkina Faso où il s’est attiré la colère de la jeunesse de ce pays qui lui en a balancé des pas belles, le voilà qui sillonne en ce moment, en « apôtre de la paix », une zone réputée pro-Gbagbo. La région de l’Agnéby-Tiassa. Pourquoi ne sillonne-t-il que les zones réputées pro-Gbagbo ?

En août 2013, dans la région du Gôh, il avait, malgré l’hostilité des populations, délivré un message qui avait énervé plus d’un pro-Gbagbo de Gagnoa : « (…) la paix, ça permet à nos enfants d’aller à l’école. La paix, ça permet à des enfants de pauvres demain de devenir des ministres, des premiers ministres, des présidents d’Assemblée, puisque moi-même qui vous parle, je suis un enfant de pauvre. Je ne suis pas né avec une cuillère en or. C’est parce qu’il y a eu la paix que j’ai pu avoir ma chance..»

Dano Djédjé et autres, qui s’opposaient à cette tournée dans la région du Gôh, ont dû apprécier…la provocation.

Dans l’Agnéby-Tiassa, Soro Guillaume s’est insurgé, on se demande bien pourquoi, contre le rattrapage ethnique qui sévit dans son pays. «Dans ce pays là, on sait comment les gens font maintenant, ils nomment leurs frères et leurs cousins». Des gens nomment leurs frères et leurs cousins dans ce pays ? En dehors du palais présidentiel où on trouve quelques célèbres exemples, on ne voit vraiment pas de quoi parle Soro Guillaume. Il devrait faire vraiment attention à ce qu’il dit !

Et puis, on se souvient des mots "xénophobie, exclusion, injustice, etc." qui étaient des mots à combattre et qui ont fait prendre les armes à Soro Guillame et ses camarades du MPCI. Ils attaquèrent la Côte d’Ivoire le 19 septembre 2002. Finalement, ils réussirent à diviser la Côte d’Ivoire en deux. Une au Nord exclu et l’autre au Sud favorisé par les pouvoirs d’Abidjan, selon eux.

Critiquer ainsi notre président, c’est pas juste ! Il avait bien épousé les causes et les méthodes de lutte de la rébellion contre les maux "xénophobie, exclusion, injustice, etc." Alors, s’il ne comprend pas le message que lui lance l’homme de la rébellion contre Gbagbo et avant lui contre Bédié, le tribalisme et le népotisme que critique, aujourd’hui sous son régime, Guillaume Soro, risquent de l’emporter, lui aussi !

Guy TRESSIA avec L’Eléphant déchaîné N°252

Tribalisme et népotisme en Côte d’Ivoire- Soro Guillaume va-t-il renverser Alassane Ouattara?
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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 10:37
Les drogués « intoxiquent » de mensonges pendant 35 minutes le tribunal

Le 12/05, s’est tenue, au palais de justice de Yopougon, l’audience correctionnelle des flagrants délits. Dans le box des accusés, se trouvaient 17 prévenus assis et attendant patiemment l’arrivée des juges pour leur jugement. Il est 13 heures 17 minutes, soit plus d’un quart d’heure de retard, quand les magistrats vêtus de leur toge noire et coiffés de leur chapeau de couleur noir et blanc, font leur entrée dans la salle d’audience. Le jugement peut enfin commencer.

Les drogués « intoxiquent » de mensonges pendant 35 minutes le tribunal

Détention illicite de drogue en vue de son usage. C’est la première affaire à être jugée par le juge lors de l’audience. Tohuiry Constant, Koné Vamoussa, Ehouman Jonathan, Ané Koré Guy Raymond et Zadi Loukou Bertrand sont les prévenus à qui le parquet reproche cette infraction. Les faits mis à leur charge ont eu lieu le 30/04 dans la commune de Yopougon. Déferrés au parquet devant le procureur, les prévenus ont tous nié en bloc les faits qui leur sont reprochés.

-Aujourd’hui, demande la présidente, qu’est-ce que vous avez à dire ? Reconnaissez- vous les faits qui vous sont reprochés ?

-Non, répondent-ils en chœur.

-Ce n’est pas une chorale, tempête le juge. Avant de poursuivre : « Expliquez-nous pourquoi vous êtes là alors. »

Koné Vamoussa est le premier à réagir à la sollicitation du magistrat. Sa voix à peine audible, agace la présidente.

-Je n’entends rien de ce que vous dites, avertit-elle. Quand vous me voyez parler (haut et fort), fait-elle remarquer, est-ce que je parle dans le micro ?

-Je suis un ramasseur d’ordures, déclare le prévenu.

-Vous étiez où quand on vous a interpellé ?

-J’étais chez le cordonnier.

-Le cordonnier a-t-il été interpellé lui aussi ?

-Non.

-Pourquoi le cordonnier n’a-t-il pas été interpellé ?

-Il n’était pas là au moment où les policiers sont arrivés.

-Ce n’est pas ce qui s’est passé. Vous avez été pris dans un fumoir en train de consommer de la drogue. Vous nous racontez donc des mensonges.

-J’ai fait un accident, c’est pourquoi, je suis dans cet état (il présente un visage tuméfié).

-Est-ce que moi, j’ai parlé de votre apparence physique ? Au contraire, c’est vous qui évoquez cela. Et vous Zadi Loukou Bertrand ?

-Je suis, explique-t-il, un vendeur ambulant de sandales.

-Ça coûte combien une paire de sandales ?

-Je vends une paire de sandales à 2500 ou 3000 francs CFA.

-Vos chaussures coûtent plus chères que les sandales habituelles?

-Elles sont fabriquées avec du cuir.

-Comment vous avez été interpellé?

-Je suis allé faire des encaissements ce jour-là, quand j’ai vu les gens courir. Comme moi, je ne me reprochais rien, je me suis mis sous un hangar et c’est comme cela que, lorsque les policiers sont arrivés à mon niveau, ils m’ont arrêté.

-Qui est « Bébéto » ?

- Bébéto ?

-Oui !

-C’est le client que je partais voir.

-Ce n’est pas un client. Son activité, c’est un vendeur de drogue.

-Je suis un orphelin. Je ne peux donc pas me mettre dans un environnement malsain.

-A la police, vous avez déclaré que vous connaissez « Bébéto ». Qui est le propriétaire du fumoir ?

-Je ne sais pas.

-Et « Laye », c’est qui ?

-Je ne le connais pas.

-Pourtant à la police, vous avez déclaré l’avoir vu une ou deux fois.

-Je n’ai pas dit cela.

-Monsieur Zadi, vous avez signé le procès-verbal (PV) de votre audition. Mais est-ce qu’on vous a pris avec de la drogue ?

-Je vous le jure, on n’a pas pris de la drogue sur moi.

-Et vous Ehouman Jonathan ?

-Je suis allé acheter des habits au marché de Kouté.

-Vous avez été pris où ?

-A Lem (un quartier de la commune de Yopougon).

-Lem est situé où ?

Planté à la barre, le mis en cause tente maladroitement d’indiquer au juge, la situation géographique de ce quartier. L’indication du lieu achevée, la présidente lui demande :-Comment vous avez été interpellé?

-Les gens courraient ce jour-là et moi, je me suis rendu à eux (aux policiers).

-Ils vous ont fouillé ?

-Oui, ils n’ont rien trouvé sur moi.

-Et pourtant, il est mentionné qu’un gramme de cannabis a été trouvé sur vous.

- Ané Koré et vous ?

-Je suis un couturier. En toute franchise, je sais que les gens vendent de la drogue dans le quartier, mais je n’ai jamais mis les pieds dans ce fumoir. Je suis allé manger ce jour-là dans un restaurant quand des jeunes sont entrés dans le restaurant en courant. Quatre messieurs sont également entrés après eux dans le même restaurant. Ils ont sorti leur carte professionnelle pour les présenter en disant qu’ils sont de la Direction de la police des stupéfiants et des drogues (Dpsd). Ensuite, ils nous ont demandé de nous mettre en rang. J’étais en compagnie d’une camarade à qui, ils ont aussi demandé de se mettre dans le rang. J’ai plaidé pour elle, en leur demandant de la laisser partir car elle n’avait rien fait de mal. Elle a été libérée et c’est comme cela, moi, j’ai été menotté et conduit avec ces jeunes à la Centrale.

-Ces jeunes-là qui sont entrés dans le restaurant sont parmi vous ici ?

-Non. Ils ont été libérés au niveau de Toit Rouge (un autre quartier de la même commune).

Le juge à qui un agent de la police a remis un scellé, se met à déchirer l’enveloppe Kaki contenant les 26 grammes de cannabis saisis en possession des cinq prévenus. Une fois l’enveloppe vidée de son contenu, c’est au tour du cinquième prévenu d’être questionné par le magistrat.

- Tohuiry Constant, et vous ?

-Je suis un footballeur.

-Donc, vous allez nous dire que vous n’avez pas été pris dans le fumoir ?

-C’est la vérité.

-Donc les policiers sont des menteurs ? Racontez-nous comment on vous a arrêté.

-Moi, je suis à Niangon à gauche.

-Donc, vous ne savez pas où se trouve le fumoir ?

-Non.

-Madame le procureur, si vous n’avez pas d’observations à faire, vous pouvez prendre vos réquisitions.

-Les prévenus comparaissent à la barre pour répondre des faits de détention illicite de cannabis en vue de son usage. Vous remarquez que le parquet n’a pas posé de question durant le procès. C’est parce que les faits sont tellement clairs. Après leur interpellation, la police a relâché toutes les personnes qui n’avaient rien à voir avec cette affaire de drogue. Si eux, ils ont été conduits ici, c’est bien parce qu’ils ne sont pas exempts de tout reproche. De la drogue a été découverte en leur possession suite à leur interpellation. Les faits qui leur sont reprochés sont établis. Nous requérons qu’il vous plaise de les déclarer coupables de ces faits-là. En répression, vous les condamnerez chacun à 12 mois de prison et au paiement d’une amende de 200 mille francs CFA.

Un réquisitoire qui semble bien compris par le juge. Car après quelques minutes de concertation entre lui et les juges assesseurs, le verdict du tribunal est tombé au terme de 35 minutes de jugement : 12 mois de prison ferme, le paiement d’une amende de 200 mille francs CFA et la confiscation de la drogue saisie en vue de sa destruction.

Dommage que la vérité des prévenus n’ait pu « droguer » les juges qui sont demeurés lucides.

Noël Konan (in L’Eléphant déchaîné N°252)

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 10:26
Pénurie d’imprimés pour permis de Conduire- Gaoussou Touré accusé par des acteurs du secteur

«On ne va pas à l’émergence avec la force»

La réforme du transport qui tarde à voir le jour et qui est aujourd’hui à la base de nombreux problèmes dont celui de la lenteur dans la délivrance du permis de conduire et les prix pratiqués sur le pont à péage de l’autoroute du Nord, ont constitué les points saillants du point de presse animé hier, 15/05 dans la commune de Yopougon, par le responsable du Syndicat national des moniteurs des autos-écoles de Côte d’Ivoire(Synamaeci), Cissé Lamine. Faisant l’état des lieux de cette situation de blocage dans le transport, il a expliqué qu’ «il n’y a plus de support pour produire le permis de conduire au point où les Ivoiriens sont en train de perdre leur emploi. On se rend compte aujourd’hui que le super ministre des Transports, monsieur Gaoussou Touré, a pris une note qui date d’octobre 2013 dans laquelle, il portait à la connaissance du directeur général de l’Imprimerie nationale de France que la commande des supports de production du permis de conduire national, format carte de crédit, sera désormais assurée par la Société nationale des transports terrestres(Sonatt) en lieu et place d’Interflex. Dans cette note, le ministre qui était en parfaite harmonie avec la Sonatt, lui a donné le pouvoir de commander les supports de production du permis de conduire pour les mettre à la disposition d’Interflex. Ce qui a fait qu’Interflex ne pouvait plus passer de commande et le stock qu’il avait est épuisé. Et comme le ministre veut dissoudre la Sonatt, il ne veut plus aussi lui donner des ordres pour commander ce support et le mettre à la disposition d’Interflex pour satisfaire les Ivoiriens. Voilà ce qui se passe aujourd’hui au ministère des Transports». Pour Cissé Lamine, «ce sont 25 mille permis de conduire qui sont en souffrance aujourd’hui. On a voulu entamer une grève le lundi 12 mai mais nous avons été approchés par des autorités de ce pays pour qu’on sursoie à notre mot d’ordre de grève. On est passé à la télévision, au journal télévisé de 20 heures pour faire une déclaration de suspension de ce mot d’ordre de grève. On est dans quel pays? Il faut que le président de la République prenne ses responsabilités. L’Administration, c’est une continuité. Le ministre des Transports ne peut pas prendre le pays en otage avec sa réforme. Il doit laisser les concessionnaires travailler librement». Konaté Laciné dit Matchè, le président du Bien-être des employés et auxiliaires de transport en Côte d’Ivoire(Beatci), présent à ce point de presse a, pour sa part, révélé que ce problème de blocage dans la délivrance des permis de conduire est aussi dû à un problème de personnes entre le ministre Gaoussou Touré et certains responsables des structures placées sous sa tutelle et qu’il a nommés. «Nous, a-t-il déclaré, on n’a rien à voir dans leur problème de personnes, la population n’a rien à voir là dedans». Abordant l’actualité du moment, c’est-à-dire l’effectivité du péage sur l’autoroute du Nord, ils se sont montrés un peu réservés sur cette question. «Nous devons être au parfum des décisions de nos autorités. Nous devons être associés à ces décisions. Il faut alléger la souffrance des populations et nous tenons à exprimer notre mécontentement à l’Etat. Ce qui a été décidé n’est pas fait pour arranger les populations. Nous demandons à l’Etat de se fier à l’exemple des autres pays voisins. On ne va pas à l’émergence avec la force».

Message transmis à notre président !

Noël Konan (in L’Eléphant déchaîné N°252)

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 10:10
Côte d'Ivoire- Pourquoi les prix des médicaments augmentent ? Les 3 raisons selon L’E.D N°252

Ces dernières semaines, plusieurs journaux ivoiriens ont relayé l'information selon laquelle les prix des médicaments dans les officines pharmaceutiques seraient en hausse. Dans une enquête du journal «Soir Info», on apprend que l'ampoule de l'amikacine est passée de 2960 francs à 3500 francs Cfa dans plusieurs pharmacies visitées dans la capitale économique, à San Pedro et Bondoukou. Le métronidazole injection n'est plus vendue à 1080 francs Cfa, l'unité. Elle est désormais offerte dans plusieurs pharmacies entre 1100 francs et 2000 francs. Depuis, les spéculations sont nombreuses et tentent d'expliquer cette hausse. Pour éclairer la lanterne de chacun, nous vous proposons au moins trois raisons qui peuvent expliquer la cherté des médicaments en général.

Raison 1 : Webb Fontaine

C'est le 6 mars 2013 que l'Etat ivoirien a, comme on peut le lire sur le site de la compagnie suisse, "désigné" pour gérer le guichet unique du commerce extérieur de la Côte d'Ivoire. Par "désigné" il faut comprendre que ce marché de plusieurs milliards de FCfa a été octroyé au gré à gré, sans appel d'offres donc, à Webb Fontaine, accessoirement dirigé par un certain Benedict Senger, lui-même accessoirement gendre du Chef de l'Etat, Alassane Ouattara. Mais bon, c'est peut-être juste une coïncidence. Voilà le décor. Une fois installé, Webb Fontaine, au bout de six mois, décide de faire passer le prix de traitement des conteneurs de médicaments dans les Ports, de 120.000 FCFA par conteneur à 1.500.000 FCFA désormais. Ainsi, les principaux grossistes ivoiriens que sont ‘’Laborex’’, ‘’Copharmed’’ et ‘’Dpci’’ sont obligés de répercuter cette hausse fulgurante sur leurs prix. Résultats : les prix flambent!

Raison 2 : Eurimex Pharma

Les trois principaux grossistes que sont ‘’Laborex’’, ‘’Copharmed’’ et Dpci’’, qui bénéficient eux-mêmes d'un monopole sur l'exportation des médicaments en Côte d'Ivoire (ils ne sont donc pas totalement innocents), s’approvisionnent, eux, auprès d'Eurimex Pharma. Eurimex Pharma n'est pas un laboratoire médical. Non. Eurimex Pharma, c'est juste une entreprise de stockage de médicaments. Comment ça marche? Eh bien, Eurimex Pharma signe des contrats d'achat de médicaments avec 600 laboratoires dans le monde, essentiellement en Asie et en Europe. Eurimex Pharma stocke ensuite ces médicaments dans ses entrepôts, en attendant que ‘’Laborex’’, ‘’Copharmed’’ et ‘’Dpci’’ viennent les acheter avec elle. La question qu'on se pose tout de suite est : pourquoi ‘’Laborex’’, ‘’Copharmed’’ et Dpci n’achètent pas directement les médicaments auprès des laboratoires asiatiques et européens? Ou alors, pourquoi la pharmacie de la Santé publique ivoirienne n'en fait pas autant ? Pourquoi dans toute la chaîne, tout le monde préfère s'en remettre au grand frère Eurimex Pharma ?

Sur l'illustration (voir document), on peut voir les flux import et export du groupe Eurimex Pharma. Le constat est sans appel : une seule flèche indique les importations, essentiellement d'Asie plus particulièrement d'Inde. Par contre, pour ce qui est des exportations, il apparaît qu' Eurimex Pharma est le distributeur exclusif de plusieurs pays africains dont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Gabon, le Mali, le Sénégal, le Niger... et la Côte d'Ivoire.

La principale conséquence est que tout au long de cette chaîne, Eurimex Pharma ajoute ses marges sur les prix des médicaments qu'elle entrepose. De fait, ces médicaments reviennent un peu plus chers aux grossistes ivoiriens, qui, à leur tour, y ajouteront leurs marges. Quand elles revendent ces médicaments aux officines pharmaceutiques, elles aussi rajoutent leurs marges. Au final, c'est le consommateur qui paie la facture pendant que l'Etat continue d'accorder un monopole aux trois grossistes Laborex, Copharmed et Dpci et qu'eux, à leur tour continuent de traiter avec Eurimex Pharma, contribuant ainsi à consolider le monopole de cette dernière. Bref, de monopole en monopole, les prix grimpent !

Raison 3 : l’administration des prix des médicaments par l'Etat

En matière de commerce des produits pharmaceutiques, il n’y a pas la libre concurrence comme nous l'avons démontré dans les deux points précédents. Pour boucler la boucle dans cette chaîne de monopole et d'étatisme, c'est l’Etat de Côte d’Ivoire qui fixe les prix de vente des médicaments, comme il le fait d'ailleurs pour le café et le cacao.

C'est la Direction de la Pharmacie et du Médicament qui se charge de l'affaire. Elle réceptionne les dossiers des grossistes (Laborex, Copharmed et Dpci), dossiers dans lequel ceux-ci indiquent le prix hors taxe auquel ils achètent à leur fournisseur (Eurimex Pharma). Or, à ce niveau, le fournisseur Eurimex a déjà ajouté sa marge. L’Etat apprécie ensuite ce prix, et après y avoir ajouté sa marge (impôts et autres taxes), fixe un prix homologué qu'il impose aux grossistes puis aux pharmacies. Sauf que le prix homologué par l'Etat ne tient pas compte de la marge des grossistes et des pharmacies. Ainsi, ces derniers, en sus du prix homologué par l'Etat, ajoutent quand même leur marge pour tenir compte de l'augmentation des tarifs de Webb Fontaine qui sont passés de 120.000 Fcfa à 1.500.000 Fcfa par conteneur. Au final, le prix homologué fixé par l'Etat n'est respecté par personne. Ce qui explique que les prix des produits pharmaceutiques varient d'une pharmacie à l'autre.

Que faire?

Mettre fin aux monopoles! Les monopoles de Laborex, Copharmed et Dpci doivent cesser. L'Etat devrait ouvrir le marché de l'importation à d'autres entreprises pour permettre la libre concurrence dans le domaine. Plus il y aura d'importateurs, plus les fournisseurs se diversifieront. La fin de ce premier monopole permettra de mettre fin au second, celui d'Eurimex Pharma. Ouvrir le marché des médicaments permettra aux nouveaux acteurs de s'approvisionner directement auprès des laboratoires européens ou indiens sans passer par la case Eurimex. Le coût de revient s'en trouvera diminué, et les prix dans les officines iront également à la baisse.

Ensuite, L'Etat doit clarifier la situation de Webb Fontaine. Le gré à gré dont bénéficie cette entreprise a conduit à une augmentation drastique des prix de traitement des conteneurs à médicaments dans les ports. Là encore, il faudra mettre fin à ce gré à gré, rouvrir le marché de la gestion des terminaux portuaires pour pouvoir confronter l'offre de Webb Fontaine à celle d'autres opérateurs.

Enfin, l’Etat doit mettre fin à l’administration des prix des médicaments. Un Etat n’a pas à fixer les prix des médicaments ni ceux du café et du cacao. Ce que l’Etat doit faire, c’est libéraliser le secteur et garantir la libre concurrence entre les acteurs. Cette libéralisation entraînera obligatoirement une baisse des prix.

M. Sylla

mohamedlsylla@gmail.com

(in L’Eléphant déchaîné N°252)

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 09:44
Péage Autoroutier : Une décision socialement injuste ! Selon L'Eléphant Déchainé

Il paraît que de part le monde, ce sont les prix les plus bas jamais pratiqués. Depuis le mardi 13 mai, le péage, pour la première fois, a fait son entrée en Côte d’Ivoire. Et, depuis ce jeudi 15 mai, il est en vigueur sur l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro. Les véhicules particuliers appelés dans l’opération « classe 1», paieront en aller-retour, la somme de 5000FCFA. Les véhicules de transport public, communément appelés « Massa » de 32 places paieront 10000FCFA. Une autre catégorie paiera 15000FCFA et les poids lourds, céderont la somme de 20.000FCFA.

Pour le porte-parole du Gouvernement, Koné Bruno, lequel s’exprimait après le Conseil des ministres, les tarifs annoncés « sont raisonnables ». Pour qui? Les ministres ou les Ivoiriens ?

Un avis non partagé par Almamy Touré, Pca du Groupement d’intérêt économique des propriétaires de véhicules de transports routiers de Côte d’Ivoire, cité par « koaci.com » : Ce péage « est une charge supplémentaire que nous ne pourrions supporter pendant longtemps ». S’est-il lamenté, au cours d’un point de presse.

Pour comprendre ce qui a emmené le Gouvernement à adopter ces tarifs, « L’Eléphant » est retourné à l’origine de ce projet et, a découvert des choses quelque peu curieuses.

A l’origine du péage sur l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro

C’est depuis les années 1990 que l’idée de concéder la construction de l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro et l’instauration d’un péage sur cette voie a germé dans l’esprit des dirigeants ivoiriens.

Dans ce cadre, des opérations de comptage des véhicules utilisant l’autoroute ont été réalisées pour avoir une idée du trafic. Mais les résultats resteront dans les tiroirs.

En fin 2000, lorsque Laurent Gbagbo et ses camarades arrivent au pouvoir, ils décident de poursuivre le projet. En 2001, le Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (Bnetd), lance une autre opération de comptage des véhicules dans l’optique d’actualiser les données de 1995, 1996 et 1997 afin de réaliser selon le terme technique approprié « une analyse tendancielle » de l’évolution du trafic.

Résultat de cette nouvelle opération ? Le trafic moyen annuel sur cet axe routier «était de 4003 véhicules par jour en 2001, alors que selon les données de 1997, il était de 4697 véhicules par jour. Soit une baisse du trafic d’environ 3,9 %.»

Et les experts du Bnetd, pour avoir une idée du niveau des tarifs qui pourraient être appliqués en cas de péage, avaient divisé les véhicules en plusieurs catégories.

Ainsi, il y avait 40% de voitures particulières ; 1% de taxis brousse ; 7% de minicars ; 17% d’autocars ; 8% de camionnettes ; 11% de camions et 16% d’ensemble articulés.

Des tarifs en fonction de la distance parcourue !

Le principe, selon un spécialiste interrogé par « L’Eléphant » est que, plus il y a du trafic, moins le tarif est élevé. Et moins l’investissement réalisé est lourd, moins le tarif est élevé, aussi.

Ainsi, pour ce qui concerne la portion Abidjan-N’Zianouan, il ne s’agissait que de remplacer le bitume, donc un investissement moins lourd par rapport à la portion, Singrobo-Yamoussoukro qui était une nouvelle voie à construire et qui nécessitait un financement plus lourd. Financement obtenu auprès, notamment de la Banque Islamique de Développement dont le vice-président a vu sa fille Aissatou Seck atterrir au palais présidentiel, en qualité de Conseillère spéciale de Laurent Gbagbo. La fin justifie les moyens !

Pour trouver une tarification qui tienne compte d’une certaine justice, il a été décidé de faire un péage fermé avec plusieurs postes. Un poste à la Gesco, un poste à Elibou, un poste à Singrobo, un poste à Assounvoué et un dernier poste à Yamoussoukro (voir notre document).

Ainsi, l’usager qui partait à Elibou ne devrait pas payer le même tarif que celui qui part à Singrobo. De même, celui qui partait d’Abidjan pour Attingué ne devrait pas payer le même tarif qu’un usager qui se rendait à Elibou ou Sikensi.

Ce choix du péage fermé avait pour conséquence directe de réduire le coût du passage qui ne devrait pas être au-delà de 1000FCFA pour les véhicules particuliers et de 5000FCFA pour les autres. Chacun devant payer pour la distance effectivement parcourue.

Péage ouvert et tarifs pas si bas que cela !

Au lieu de plusieurs postes de péage pour instaurer la justice sociale, c’est finalement deux postes qui ont été retenus sur l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro. Celui d’Attingué, mis en service par le premier ministre ce jeudi 15 mai et celui de Singrobo qui n’est pas encore véritablement fonctionnel, on ne sait trop pourquoi. De même que les deux autres construits en même temps que celui d’Attingué, Thomaset et Moapé, sur la voie Abidjan-Adzopé.

Ce poste d’Attingué qui a englouti environ 2,8 milliards de FCFA a été construit par la société Socebat.

La conséquence de ce choix de deux postes à péage est que les usagers sont traités sur le même pied d’égalité alors qu’ils ne parcourent pas forcément la même distance.

Selon le gouvernement, le ratio coût-kilomètre est l’un des plus bas au monde, c’est-à-dire 10FCFA par Kilomètre parcouru.

Justement, c’est à ce niveau que se trouve l’injustice. Si le kilomètre parcouru est de 10FCFA, l’usager circulant à bord d’un véhicule particulier et qui se rend à Attingué, c’est-à-dire juste quatre ou cinq kilomètres après le poste de péage (35 Km au total) ne devrait payer que 350 FCFA et donc 700FCFA en aller-retour. Or, avec le choix du gouvernement, il est obligé de payer 1250FCFA pour parcourir 35 kilomètres, au même titre que celui qui va à N’Zianouan qui est situé à 140 Km. Voilà l’injustice sociale !

Résultat, le ratio coût-kilomètre qui est de 10 FCFA pour l’usager qui se rend à Yamoussoukro, culmine à 35,71FCFA/KM, pour celui qui va à Attingué. Soit un tarif plus élevé que celui de l’autoroute Paris-Limoges.

Quand on applique le même raisonnement à un véhicule de transport en commun de 32 places qui se rend à Attingué (5000FCFA à l’aller), le ratio devient 142,85FCFA/Km. Si ce même véhicule se rend non pas à Attingué mais à Elibou, (environ 64 km), le ratio est de 78FCFA/KM parcouru et non 10FCFA/KM. Pourquoi devrait-il payer plus cher que celui qui se rend à N’Zianouan ?

Alors, la Côte d’Ivoire a les tarifs les plus bas au monde ?

Règle d’or piétinée et tarifs insupportables !

Pour le gouvernement, la structure des tarifs prend en compte « le remboursement des 35 milliards de FCFA pris sur le marché local pour financer les 140 premiers kilomètres auxquels s’ajoutent l’entretien et un certain nombre de service… », ou encore « Les éléments pris en compte sont les coûts de construction, l'entretien et les moyens de construire de nouvelles routes. Les tarifs fixés permettront d'atteindre l'équilibre financier pour un amortissement dans dix ans. Il faudra s'habituer à payer pour ce genre de routes pour permettre de disposer de nouvelles routes et infrastructures de qualité».

Sauf qu’au regard du trafic, 6500 véhicules par jour, c’est une rentabilité moyenne annuelle de 11 milliards de FCFA en prenant un minimum de 5000FCFA.

Avec une telle rentabilité, les tarifs annoncés sont véritablement exorbitants. D’autant plus que l’usager, dans cette affaire, n’a pas vraiment le choix. Ce qui constitue une triste violation de la règle d’or du péage qui est la possibilité laissée à l’usager de refuser le péage en empruntant des voies alternatives. Quel est le choix laissé au citoyen ivoirien pour se rendre à Yamoussoukro sans passer par l’autoroute ? L’ancienne voie est-elle seulement praticable ? Et pourquoi le gouvernement n’a fait aucune communication sur la possibilité laissée aux Ivoiriens de prendre l’ancienne voie qui doit être maintenue en bon état?

N’est-ce pas pour cela que l’usager paie la vignette, la patente, les frais de visite technique dont une partie est reversée à l’Etat, la redevance sur chaque litre d’essence et de gasoil acheté et autres douloureuses parafiscalités ? Et pourquoi les élus de la nation n’ont pas été associés à la fixation de ces tarifs ? Par quel mécanisme ont-ils été mis en vigueur ?

Mais le Premier ministre, devant la grogne qui monte, a tenté de couper court, hier : « Payer pour passer sur l’autoroute, il le faut si on veut avoir des infrastructures de qualité (…) Pour obtenir des infrastructures de qualité, il faut une contrepartie. Les populations sentent qu’il faut aller de l’avant sur ce dossier .» A-t-il tonné.

On espère que les lamentations d’Almamy Touré ne le laisseront pas indifférent : « Les derniers chiffres que nous avons suggérés sont les suivants : les véhicules particuliers devaient payer 1000, les véhicules de moins de 34 places 3000FCFA, les véhicules de plus de 35 places 4000 FCFA, les véhicules de 3,5 tonnes à 10 tonnes 3500 FCFA, les véhicules de 10 tonnes 5000FCFA et enfin les véhicules de plus de 10 tonnes 10000FCFA (…) Pour une PME avec un parc de 10 véhicules, c’est au moins 4,5 millions par mois (450 mille par véhicule) que le transporteur devra s’attendre à payer à raison de 7500 par passage soit 15000 le voyage en aller et retour. Cela représente 54 millions de dépenses imprévues au budget 2014. Cela n’est pas supportable, si l’on ne répercute pas tout ou une partie d’une telle charge supplémentaire sur le prix du ticket. »

Les Ivoiriens, encore, devront s’apprêter à trinquer !

ASSALE TIEMOKO (in L’Eléphant déchaîné N°252)

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 20:43
L’humeur d’Alex Kassy (L’Eléphant déchaîné N°251): Impunité trans-régime

Comme « L’Eléphant » l’a conté dans l’une de ses éditions en fin d’année dernière, Kima Emile, l’une des vedettes proches de la galaxie patriotique sous l’ancien régime, séjourne depuis quelques mois à la Maca, à moins qu’il ait été élargi depuis. Il a été pris la main dans le sac en pleine préparation d’une opération d’extorsions de fonds à un ressortissant français que lui et son équipe de jeunes «brouteurs » avaient fait débarquer à Abidjan pour récupérer sa part d’une prétendue fortune. Mais l’opération n’est pas allée à son terme. La bande ayant été arrêtée avant l’exécution totale du plan. Bravo !

On se rappelle que sous Laurent Gbagbo, le même Kima Emile, impliqué dans une affaire similaire qui avait conduit ses complices en prison, avait réussi, sur intervention venue du « ciel », à échapper de justesse à la prison.

Pour continuer de bénéficier de la protection d’autorités haut placées du régime Gbagbo, il avait monté une lugubre association ayant prétendument pour objet de soutenir l’accord de Ouagadougou. Ce n’était qu’une couverture…qui lui a permis de crever l’écran de la Rti et d’avoir accès à tous les banquets de la République de la refondue.

La brutale chute du régime Gbagbo avait stoppé un peu les « affaires » de Kima Emile. La suite, on la connaît ! Cette fois-ci, il n’a trouvé personne pour le sauver de la prison. Fin de l’impunité ?

Pas vraiment ! Puisque l’un de ses compères de l’ex-galaxie patriotique, qui a su se reconvertir rapidement et au bon moment en soutien du nouveau régime, continue de bénéficier, on ne sait trop pour quels services rendus, d’incroyables protections au sein dudit régime.

La preuve, après avoir récemment tenté de manipuler les plus hautes autorités judiciaires de ce pays pour obtenir une décision de justice, et malgré un ordre d’arrestation émanant de la Cour Suprême, il continue de circuler et de jouir d’une liberté resplendissante. Au grand dam des enquêteurs et des victimes.

L’affaire, dans les couloirs du régime et de la justice ivoirienne, fait grand bruit et l’amertume de la première victime est grande. Mais « L’Eléphant » n’ayant pas encore obtenu toutes les autorisations des concernés, se gardera pour aujourd’hui, de livrer les noms des protagonistes. Même si les lecteurs, on l’imagine, ont déjà mis un nom sur l’acteur principal de ce mauvais sketch qui n’honore pas le régime Ouattara.

Mais, diriez-vous, pourquoi parler d’une affaire si c’est pour garder sous le coude les noms des protagonistes ?

Eh bien, c’est juste pour montrer-en attendant l’éclatement total du scandale, puisque des officiers de police judiciaires conscients, malgré les pressions diverses, y travaillent- que sous notre nouveau président, de petits voyous à col blanc qui ont sévi sous le régime Gbagbo, continuent de bénéficier de protections venant d’autorités insoupçonnées. Au point même d’humilier les plus hautes autorités judiciaires de ce pays qui continuent d’éprouver un mal fou à avaler la couleuvre !

C’est à croire qu’il y a des voyous qui font l’affaire de tous les régimes…

Source : L’Eléphant déchaîné N°251

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 20:36
André Silver Konan à propos de la guerre de clans à la JPI : « Navigué est un jeune-vieux du passé, ma préférence va à Koua »

Dans un style ironique mais incisif, le journaliste-écrivain André Silver Konan a commenté le retour aux affaires de Konaté Navigué, à la tête de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (JFPI), au terme d’une guerre de clans qui n’est pas à son épilogue. Voici ce qu’il a posté sur sa page officielle Facebook.

« C’est une affaire qui ne me regarde pas (je préfère prendre les devants, puisque de toutes les façons, on va me le jeter à la figure, Lol) mais dans la guerre de clans entre jeunes ( pas tout à fait jeunes, il faut en convenir) du FPI, ma préférence va à Koua Justin.

Mon opinion sur ce dernier est connu : c’est un homme peu méthodique, aux déclarations plus spectaculaires que pragmatiques, mais il a eu le mérite de sonner la mobilisation au FPI (je ne dis pas à la JFPI, mais au FPI) au moment où les courageux de la 25è heure se tassaient ou la fermaient.

Quant au jeune-vieux (l’expression n’est pas de moi, Lol) Konaté Navigué qui n’a jamais été brillant (sans doute éclipsé par l’aura indiscutable de Charles Blé Goudé) encore moins charismatique, allez lui dire une seule chose : les bébés qui sont nés au moment où il a été porté à la tête de la jeunesse du FPI, sont aujourd’hui au collège.

Il est tout simplement un jeune-vieux (encore une fois l’expression n’est pas de moi) du passé. Il faut espérer, pour le FPI lui-même et pour la démocratie ivoirienne qu’il ne soit pas un jeune-vieux…dépassé !

ASK, Journaliste-écrivain

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 20:29
Ressources liées au pétrole : La transparence continue de souffrir !

Quelques passages concernant des vedettes comme Wattao ont fini par détourner tous les regards du reste du dernier rapport des Experts de l’Onu. Pourtant, « L’Eléphant » qui continue, en raison de ses mauvais penchants, à lire ce rapport, y découvre, à longueur de pages, des passages particulièrement instructifs, sur quelques exploits qui sont réalisés par les vedettes politiques et administratives dont les actes impactent quotidiennement nos vies sans notre avis.

Ainsi, sur le chapitre du pétrole, « L’Eléphant » a lu que les Experts affirment que la gestion des ressources du pétrole est encore entourée d’une opacité émergente. Ce qui, de leur point de vue, est la voie ouverte à d’éventuels détournements de fonds publics issus de la vente de notre pétrole.

Ailleurs, sur le chapitre de la douane, les Experts ont soupçonné de « possibles fraudes douanières » à travers une tactique dont « L’Eléphant » a déjà parlée : l’émission de chèques au compte du Trésor Public et des impôts mais qui sont systématiquement rejetés sans que personne ne sache ce qui advient plus tard des montants ainsi repoussés des caisses de l’Etat. Une pratique qui, de régime en régime, a toujours fait le bonheur de nombreuses vedettes au sommet de l’Etat. On ne change pas une stratégie qui a fait ses preuves.

Les Experts disent avoir interrogé les directions et le ministère concernés pour savoir la suite qui a été donnée aux informations qui leur sont parvenues. Mais que, pour le moment, les uns et les autres continuent de réfléchir à la réponse.

Peut-être que la Police économique devrait jeter un coup d’œil sur le sujet.

Allez, trêve de commentaires…

76. La production de pétrole diminue depuis 2010, année où elle a baissé de 21 % par rapport à 2009. En 2010, le pays a produit 39 816 barils par jour selon les données officielles du Ministère du Pétrole et de l’énergie. La production a continué à baisser en 2013, s’établissant à 32 000 barils par jour. Selon le FMI, les exportations de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés de la Côte d’Ivoire aux prix f.a.b. étaient estimées pour 2013 à 1 545,7 milliards de F CFA (3 milliards de dollars).

77. Le Groupe est conscient des efforts consentis par le Gouvernement ivoirien pour faire en sorte que le pays continue de se conformer à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui ont conduit à un amendement à la loi portant code pétrolier et à l’adoption d’un nouveau code des hydrocarbures.

78. Quoi qu’il en soit, le Groupe tient à souligner que la gestion des revenus de la filière demeure opaque et donc que des problèmes perdurent. Ainsi, la conclusion du rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives de 2008 a révélé d’importantes incohérences qui montrent comment les paiements effectués par la Société nationale d’opérations pétrolières de la Côte d’Ivoire (PETROCI) à l’État n’avaient pas été déclarés par la Direction générale du Trésor public et du comptable (un organisme du Ministère de l’Economie et des finances). Le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives de 2010 a fait état du même défaut de concordance.

79. Concernant les incohérences repérées par l’ITIE, le Groupe tient à rappeler plusieurs de ses constatations énoncées dans son précédent rapport.

80. Plus récemment, le Groupe a confirmé, en s’appuyant sur de multiples sources fiables, que le processus de passation de marchés à la PETROCI demeure opaque, ce qui entraîne un risque élevé de détournement.

Enquêtes sur de possibles cas de fraude douanière

110. Le Groupe a mené une enquête en vue d’analyser les rapports sur une possible affaire de fraude dans l’administration des douanes ivoiriennes. Le Groupe considère qu’il est important d’enquêter et de faire rapport sur de possibles cas de fraude où des fonds peuvent être détournés pour l’achat d’armes et de matériel connexe en violation du régime des sanctions.

111. L’affaire consistait dans le rejet de plusieurs chèques émis par des entreprises se livrant à des opérations de transit douanier, ce qui représenterait une perte de recettes fiscales de l’État s’élevant à environ 4 milliards de F CFA (8 millions de dollars).

112. Le 6 janvier 2014, le Groupe a écrit au Ministère de l’Economie et des finances et à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, demandant des informations sur cette affaire, notamment le nom des entreprises et des particuliers susceptibles d’être impliqués dans la fraude, ainsi qu’un rapport indiquant le montant estimatif de la perte de recettes pour l’État. Le Groupe a également demandé si des enquêtes pénales avaient été diligentées sur la base de cette affaire.

113. Le 30 janvier 2014, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest a répondu, indiquant qu’elle n’avait pas connaissance d’une telle affaire d’infraction financière, mais qu’elle avait toutefois immédiatement engagé des actions pour vérifier le rejet de chèques émis à l’ordre de l’État et payés par l’intermédiaire de la Banque (chèques à l’ordre de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique, de la Direction générale des impôts et de la Direction générale des douanes). La Banque a indiqué qu’elle garderait le Groupe informé des résultats de l’enquête. Le Ministère de l’Economie et des finances n’a pas encore répondu. Comme d’habitude?

Source : L’Eléphant déchaîné N°251

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 20:20
JUSTICE-A la barre : «Oui, je reconnais les faits qui me sont reprochés. Mais c’était en riposte à leur agression»

Le procès du prévenu prend une allure très pathétique

Violences et voies de fait, tels sont les faits reprochés par le parquet à Konan N’Guessan Levergor. Le prévenu, âgé seulement de 20 ans; a déjà goûté à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), en y séjournant pendant 12 mois pour avoir enfreint à la législation sur les stupéfiants. Pour répondre à nouveau de l’acte délictuel mis à sa charge, il a comparu le 30/04 devant le juge répressif du tribunal correctionnel de Yopougon.

-Tu t’es évadé de prison ou tu as fini de purger ta peine? Questionne le président.

-J’ai fini de purger ma peine, répond le mis en cause.

-Tu veux encore retourner en prison?

Le prévenu reste de marbre.

-Tu es devenu, poursuit le juge, une menace dans la maison, tu voles tout le monde et tu te drogues. Tu menaces ton père?

-Je n’ai jamais menacé mon père, réplique-t-il.

-Tu ne l’as jamais menacé avec un couteau?

-Je ne l’ai jamais menacé avec un couteau.

-Tu aimes bien ton papa?

-J’aime bien mon papa.

-Ta mère est ici?

-Non. Elle vit à l’intérieur du pays.

La victime des faits qui n’est autre que son père géniteur, est convoquée à la barre par le juge.

-Monsieur Konan Konan, dit le juge, vous avez retiré votre plainte. C’est votre fils?

-Oui, confesse-t-il.

-Les propos contenus sur le pv (procès-verbal) sont-ils ceux de votre fils? Ou bien, est-ce vous qui avez fait écrire ces propos à l’officier de la police judiciaire?

Le plaignant, à son tour, éprouve du mal à réagir à la question du magistrat.

-Pour vous, fait remarquer le président, vous avez cru que l’affaire allait s’arrêter à la gendarmerie?

-Oui, réagit enfin le père.

-Donc, conseille le juge, si vous avez des comptes à régler avec votre fils, n’allez pas à la gendarmerie.

Assis, le procureur sollicite l’autorisation du président pour interroger le plaignant.

-Allez-y monsieur le procureur.

-Est-ce qu’effectivement l’enfant vous a menacé? Est-ce qu’il refuse d’aller à l’école comme vous le dites?

-Il a arrêté d’aller à l’école, réplique-t-il, en évitant avec finesse de répondre à la première question du procureur.

-Est-ce qu’il vous a effectivement menacé? Insiste le procureur

Très réticent, il avoue:

-Il est allé taper violemment à ma porte.

Conscient que son témoignage peut conduire à nouveau son rejeton pour un séjour en taule, le père a du mal à l’accabler par son témoignage.

-Si vous voulez le protéger, tempête le procureur, c’est votre enfant.

-Oui, il me menace verbalement, lâche prudemment le plaignant.

L’aveu terminé, le président lui demande:

-Est-ce que vous vous constituez partie civile?

-Non monsieur le président.

-Monsieur le procureur, vous avez la parole pour votre réquisition.

-Le prévenu ici présent est poursuivi pour des faits de violences et voies de fait à l’encontre de son père. Il a abandonné l’école et aujourd’hui, c’est à la drogue qu’il s’adonne. Sous l’effet de cette drogue, il est devenu une menace à la maison. Il va jusqu’à menacer son père quand ce dernier refuse de lui donner de l’argent. Convoqué à la barre, le père a du mal à témoigner contre son fils. Mais le pv de la gendarmerie relate éloquemment les faits. En effet, le père, excédé par le comportement de son fils, a saisi la gendarmerie pour qu’elle le corrige. Mais l’éducation d’un enfant n’incombe pas à la justice encore moins à la gendarmerie. Pour nous, les faits qui lui sont reprochés sont établis. C’est pourquoi, nous requérons que vous le déclariez coupable de ces faits-là. En répression, vous le condamneriez à 1 mois de prison et au paiement d’une amende de 10 mille francs CFA.

-Le procureur demande à ce qu’on te condamne à 1 mois de prison et au paiement d’une amende de 10 mille francs CFA. Comme tu es mineur, si tu es condamné, c’est ton père qui va payer l’amende de 10 mille francs CFA. Qu’as-tu à dire pour ta défense?

-Je demande pardon pour tout le mal que j’ai fait à mon père. Je ne veux pas qu’il ait peur de moi, je veux que tout redevienne comme avant.

-Comme ta mère n’est pas présente à la maison, est-ce que ton père ne te traite pas différemment des autres enfants de sa nouvelle femme?

-Si, acquiesce le prévenu, en hochant la tête.

-C’est ce qui te pousse à te venger contre ton père?

-Ce n’est pas pour me venger mais, pour lui montrer que moi aussi, je suis là.

-Le tribunal(…) te condamne à un mois de prison avec sursis et au paiement d’une amende de 10 mille francs CFA. Monsieur Konan, conseille paternellement le magistrat, faites tout pour améliorer vos rapports avec votre enfant.

Ce père négligent s’en tire à bon compte car sous d’autres cieux où la justice ne tombe pas dans l’émotion, il aurait pu sérieusement être malmené par le juge pour mauvais traitement de son rejeton.

Le revanchard condamné à 3 mois de taule

Coups et blessures volontaires. Telles sont les prouesses accomplies avec beaucoup de cran par Doumbia Adama sur ses deux adversaires, à la suite d’une bagarre qui a tourné en leur faveur. Ces faits se sont déroulés le 21/04 dans un village situé dans la commune de Yopougon. Interpellé après l’accomplissement de sa terrible vengeance, le prévenu a également comparu devant le juge correctionnel de la même juridiction du palais de justice de Yopougon.

Les deux victimes de ses agissements (il leur a administré des coups de poignard), certainement encore invalides, ont brillé par leur absence au procès.

-Tu attends, demande le juge, d’être jugé oui ou non en présence des plaignants?

-Je ne sais pas s’ils vont venir.

-Reconnais-tu les faits qui te sont reprochés?

-Oui, je reconnais les faits qui me sont reprochés. Mais c’était en riposte à leur agression.

En désaccord avec la réponse donnée par le mis en cause, le président décide de lui rafraîchir la mémoire, en narrant les faits.

-Au cours d’un match de football des dames, tu as mal regardé un monsieur et lui, il n’était pas content de ton regard. Il t’a regardé de la même façon et vous vous êtes regardés réciproquement. Cela a entraîné une bagarre et vous vous êtes battus. Le monsieur, aidé par un de ses frères, ils se sont mis à deux pour te frapper. Après la bagarre, en colère, tu t’es saisi d’un couteau et tu t’es rendu dans leur village pour te battre de nouveau avec eux. En vous battant, tu as sorti ton couteau pour les poignarder et tu as pris la fuite. Tu dis quoi maintenant?

-Je demande pardon.

-Monsieur le procureur, vous avez la parole pour prendre votre réquisition.

-Le prévenu, comme vous l’avez dit tout à l’heure, a, au cours d’un match de football, échangé un regard avec un spectateur et cela a débouché sur une bagarre. Mais la bagarre terminée, il est allé après poignarder les deux victimes chez elles. Son agissement constitue un acte de vengeance. Pour nous, les faits qui lui sont reprochés sont établis. Nous requérons, tout en lui reconnaissant des circonstances atténuantes, de le déclarer coupable et le condamner à 3 mois de prison et au paiement d’une amende 50 mille francs CFA.

En phase avec le réquisitoire du procureur, le juge a confirmé la sentence souhaitée par celui-ci. Ce prévenu peut se réjouir car sa soif de se faire justice lui-même a été tolérée par le tribunal.

Source : L’Eléphant déchaîné N°251

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 00:12
Echec du RGPH : Les origines du mal

L’opération de Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), actuellement en cours sur le territoire national, est au centre d’une vive controverse dans les milieux politiques, et au sein des populations. En l’état actuel de la situation, il est difficile de prévoir de quelle manière se termineront ces empoignades verbales, où se mêlent menaces, intimidations, et incitation à la détermination ou à la sérénité. A moins d’un sursaut patriotique de tous, mais surtout des tenants du pouvoir, la fébrilité qui s’est emparée des protagonistes sociaux et politiques, risque d’aboutir à l’échec de cette opération, présentée comme devant servir de tremplin au développement économique et social de la Côte d’Ivoire.

Quelle est l’origine de la controverse, quels sont les objets de la controverse, à qui incomberait la responsabilité de l’échec (éventuel) du recensement, l’échec du RGPH est-il l’échec de toute la classe politique ivoirienne en qui les Ivoiriens n’ont plus confiance ?

Telles sont les questions dont la clarification, offrirait une meilleure visibilité sur la délicate question du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2O13.

L’origine de la controverse

L’impréparation et la précipitation dans le lancement du recensement, expliquent la situation délétère qui prévaut actuellement dans le pays.

Les conséquences de la crise socio-politique n’ayant pas encore disparu, une concertation de tous les acteurs de la scène politique et sociale, devait précéder les phases de préparation et de lancement de l’opération de recensement. Cette manière de procéder, s’explique par le fait que la Côte d’Ivoire est la propriété commune de tous les Ivoiriens, et non de quelques-uns seulement; et c’est ensemble, que ceux-ci devraient rechercher les solutions à ses problèmes. Surtout s’il s’agit de problèmes touchant à ses intérêts vitaux, comme c’est le cas en l’espèce. D’ailleurs, le préambule de la Constitution souligne l’intérêt d’une telle démarche, quand il affirme que l’union dans le respect de la diversité, assure le progrès économique et le bien-être social.

Dans l’immédiat, la démarche unitaire aurait permis de dégager des décisions consensuelles, couvrant tous les aspects de cette opération de recensement. En possession de ces conclusions, le gouvernement aurait été à l’aise, pour exécuter son programme, et préserver du même coup, le pays d’une autre tension inutile. Mais enfermé dans une logique politicienne, et sans doute soucieux de respecter son agenda secret, il a négligé cette étape cruciale, et a ainsi, ouvert la porte à une inquiétante gradation des réactions du FPI.

En effet, de sa simple et à peine audible protestation, ce parti est passé à l’appel au boycott de l’opération de recensement ; résultat final : réceptives à cet appel, les populations de toutes les régions du pays, sans distinction d’opinion politique, adoptent diverses stratégies, pour son application effective sur le terrain. S’ensuivent : Refus ferme de laisser les agents recenseurs entrer dans les domiciles ; séjours inopportuns des paysans dans les champs, pour éviter ces agents ; refus de répondre à l’appel au rassemblement de l’administration ; etc. Pour avoir le contrôle de la situation, et poursuivre l’opération, le gouvernement se raidit, et passe à l’étape des sanctions. Mais cela suffira-t-il pour calmer la situation?

Les objets de la controverse

Une pluralité d’objets a déterminé la naissance de la controverse entre le pouvoir et son opposition.

Au premier rang de ces objets, se trouve la modification par le pouvoir, du projet de recensement prévu pour l’année 2008. Ce projet apprêté par le gouvernement de l’époque, et validé par l’agence spécialisée des Nations-Unies, l’UNFPA, a été amendé sur plusieurs points ; ce qui a été perçu par l’opposition, comme une tentative dont le but est d’effacer toute « trace » du régime précédent. Et par la suite, plusieurs points de friction entre le gouvernement et l’opposition, au sujet de ce projet, ont été constatés.

Les problèmes créés par la modification du projet de 2008 au plan technique :

-Introduction par le gouvernement, de la cartographie censitaire (cartographie réalisée au moyen de la télédétection). Des réserves et des inquiétudes, furent manifestées au sujet des amendements apportés à la méthodologie antérieure. Mais le gouvernement n’en a pas tenu compte et est passé outre. La conséquence, c’est que le délai qui était imparti à cette tâche, au départ, a été largement dépassé, sans pour autant que la cartographie ait été entièrement achevée ; plusieurs districts et régions n’ayant pu être couverts.

Débours, par le trésor public, de la faramineuse somme de trois (03) milliards de FCFA, pour le financement du Projet d’Urgence de Production de Statistiques de Base (PU-PSB). Les résultats de ce projet se font encore attendre.

-Introduction dans le RGPH, du support électronique (Smartphone), pour collecter les informations, en remplacement du support papier, que l’opposition juge plus fiable et mieux adapté aux réalités de la Côte d’Ivoire. Pour l’opposition, si ces appareils permettent d’éviter l’étape de la saisie des données collectées, ils présentent l’inconvénient d’avoir une faible capacité de stockage, etc.

-Non maîtrise des ressources humaines : Les agents recenseurs, recrutés selon des critères pour le moins obscurs, ne sont pas suffisamment formés, n’ont pas de moyens de mobilité, ne sont pas payés, etc.

A tout ce tableau, il faut ajouter les problèmes de nature socio-politique. Les conséquences de la crise socio-politique perdurent, et engendrent plusieurs problèmes :

Instabilité des populations, qui sont obligées de se lancer dans de grands mouvements de déplacement, pour des raisons de sécurité. Des milliers d’Ivoiriens, victimes de cette crise, sont exilés et de ce fait, ne seront pas pris en compte par le RGPH. L’opposition s’en indigne, et ne comprend pas qu’une opération de comptage des Ivoiriens, ignore volontairement une partie de la population cible.

Les arguments avancés par le gouvernement, pour minimiser la gravité de la situation des réfugiés, sont rejetés par l’opposition qui estime que si le recensement est destiné à préparer les bases du développement, celui-ci doit concerner toute la population ; et ne saurait soustraire aucune composante de la société, contrairement à ce que laisse croire le ministre du Plan. Par ailleurs, toujours selon l’opposition, le gouvernement ne donne pas les raisons de l’urgence de cette opération ; ce d’autant plus qu’elle n’avait jamais été considérée auparavant, comme une condition pour faire entrer la Côte d’Ivoire dans l’ère de l’émergence, à l’horizon 2020.

Il y a également l’occupation des habitations, des villages, des terres et des plantations, notamment dans l’Ouest du pays : Pour l’opposition, cette situation peut faire penser que le recensement actuel a pour but de légitimer l’expropriation des citoyens, de leurs biens (maisons, plantations, terres, etc.).

La responsabilité d’un (éventuel) échec du RGPH

Dans le régime politique ivoirien, les rôles sont clairement définis pour la gouvernance nationale : A moins de la survenue de circonstances exceptionnelles dans la vie de la nation, et nécessitant des arrangements particuliers entre les forces politiques, pour une conduite avantageuse des affaires nationales, l’ordre normal des choses est que le gouvernement émanant du parti ou du groupement de partis majoritaire à l’Assemblée Nationale, a la responsabilité de gouverner, tandis que l’opposition constituée du parti, ou du groupement des partis minoritaires, se contente de s’opposer.

C’est dans ce schéma qu’il faut situer la monopolisation, par le gouvernement, des différentes phases du recensement. Ainsi, c’est lui qui en a déterminé le mode opératoire, fixé les dates, recruté le personnel technique, etc. De la même façon, il a jugé, en toute souveraineté, qu’il n’était pas opportun de prendre en considération les critiques que son opposition lui a adressées, sur certains aspects du processus ; et a poursuivi l’opération, comme si de rien n’était.

Eu égard à ce qui précède, et si la sagesse ne pousse pas les uns et les autres à se ressaisir pour trouver des solutions apaisantes à la situation, dans l’intérêt du pays, l’échec du RGPH serait consommé. Et la responsabilité en incomberait principalement au gouvernement qui assure le leadership de cette opération.

L’échec du RGPH serait aussi celui de toute la classe politique ivoirienne en qui les Ivoiriens n’ont plus confiance ?

L’organisation et le fonctionnement du RGPH a été exclusivement l’affaire du gouvernement ; alors qu’en raison de la particularité de la situation prévalant dans le pays, et de l’impératif de réussite qui pèse sur tout projet ou politique à vocation nationale, il était loisible de penser que le pouvoir chercherait à coaliser toutes les forces et compétences internes autour du RGPH, pour lui assurer un succès bénéfique à la CôTE D’IVOIRE. Malheureusement, il n’en fut rien, et c’est solitairement qu’il a géré cette opération qui concerne tous les Ivoiriens.

Le recensement n’étant donc pas mené dans un cadre institutionnel impliquant la participation de toute la classe politique ivoirienne, celle-ci ne saurait, a priori, être comptable de sa conduite, et encore moins de son échec. Par conséquent, l’échec du RGPH ne saurait être perçu comme celui de toute la classe politique nationale. En effet, seuls ceux qui ont la mainmise sur le recensement sont concernés par cet échec.

Par ailleurs, il serait quelque peu abusif de s’appuyer sur l’échec éventuel du RGPH pour soutenir sans nuance que les Ivoiriens n’ont plus confiance en leur classe politique. Certes, depuis quelques années, ceux-ci sont désabusés par l’expérience douloureuse des conséquences de la crise post-électorale ; quand s’y ajoutent les effets négatifs des irréductibles antagonismes politiques, ils ont de sérieuses raisons de se montrer méfiants.

Cependant, il est à noter que malgré toutes les difficultés qui plombent leur existence, les Ivoiriens ne se désintéressent pas des questions d’intérêt national.

Source : L’Eléphant déchaîné N°251

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