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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 07:38
Comité national des jeux de la francophonie (CNJF) : Beaucoup de bruits… En route pour l’humiliation?

La Côte d’Ivoire accueillera du 21 au 30 juillet 2017, la 8ème édition des jeux de la francophonie. Dix mois après la mise en place du bateau Comité national des jeux de la francophonie (CNJF), panne sèche.

Enjeux des jeux de 2017

Recommandée par le Conseil d’orientation du Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF), la Côte d’Ivoire a été désignée par les représentants des 77 Etats et gouvernements de la Francophonie devant le Tchad lors de la 87e session du Conseil Permanent de la Francophonie (CPF), qui s’est tenue le 15 mars 2013, en présence du Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf. C’est ainsi qu’a été mis en place le Comité national des jeux de la francophonie (CNJF) dirigé par l’ex ‘‘petit juge de Dimbokro‘’, Epiphane Zoro Ballo, selon le bon mot d’une ex-vedette du Gouvernement Bédié. Il a reçu pour mission de faire en sorte que la Côte d’Ivoire accueille effectivement les jeux de la francophonie, du 21 au 30 juillet 2017. Mais bien plus qu’une mission technique, il s’agit également pour le Cnjf, de redonner à la Côte d’Ivoire sa place en tant que pays phare et pays leader dans l’espace francophone.

Dans la foulée, il dévoile ses ambitions et promet que les jeux de la francophonie seront dans la vie de la Côte d’Ivoire ce qu’ont été les jeux olympiques en 1964 dans la vie du Japon, «le pays du Soleil levant». Lorsque le Japon a obtenu l’organisation des jeux olympiques, les Japonais se sont dit : «Tournons le dos à la guerre, tournons le dos à la division. On doit montrer à la face du monde que nous sommes une nation forte. Donc c’est à partir des jeux olympiques que le Japon moderne a été construit. Les Ivoiriens doivent se servir des jeux de la francophonie comme le moteur de l’émergence de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2020». Parole de Zoro Epiphane. Ne sachant pas que 10 mois après sa nomination, il n’aura ni bureaux, ni moyens de mobilité, encore moins un seul Kopeck pour son fonctionnement. Il continue actuellement, de squatter les bureaux de la Commission Nationale de la Francophonie. Pis, ses quatre voyages effectués déjà avec toujours deux de ses collaborateurs, se sont faits à crédit. Et ce, par le biais de bonnes volontés. Les travaux du terrain olympique d’Ebimpé (Anyama) n’ont pas encore débuté. Et la Côte d’Ivoire s’attelle à postuler pour l’organisation de la Can 2019 ?

En route pour l’humiliation ?

Depuis l’organisation des derniers jeux de la francophonie en France à aujourd’hui, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Un atelier a été organisé fin 2013 pour l’élaboration du cahier des charges du Cnjf et de son programme d’activités. Lequel cahier, depuis, traîne encore dans les couloirs de la Primature. En début du mois de décembre 2013, une délégation composée d’experts de la Francophonie, issus du Comité international des jeux, a séjourné pendant 5 jours à Abidjan afin de s’assurer que la Côte d’Ivoire est vraiment apte à abriter les jeux de 2017. Elle a été reçue à la Primature, le 03 décembre 2013, à la salle A de cette Institution, aux environs de 19h. Satisfecit des experts. Mais chose curieuse, depuis la mise en place du Comité national des jeux de la francophonie et la désignation de son directeur général, l’on constate que rien n’a véritablement évolué. Alors que, les jeux de la francophonie, c’est près de 4000 jeunes attendus dans plusieurs domaines, notamment du football, de l’athlétisme, de la culture, de la danse, de la photographie, du conte, de l’environnement et du numérique. Et au nombre des invités attendus, des chefs d’Etat, des premiers ministres, des ministres, et autres autorités des 77 Etats de l’espace francophone. Ce qui suppose une préparation véritable pour éviter à la Côte d’Ivoire l’humiliation et le déshonneur lors du déroulement de ces jeux. Les ratés du Marché des arts du spectacle africain (Masa) dont la 8ème édition a eu lieu, du 1er au 8 mars 2014, sont encore frais dans la mémoire des Ivoiriens.

Duncan président du Comité de pilotage. Et pourtant !

Qu’est-ce qui bloque la mise en place effective du Cnjf, sa dotation en siège social, son équipement en matériels roulants et mobiliers, et sa budgétisation? Daniel Kablan Duncan, par ailleurs ministre de l’Economie et des Finances, est le président du comité de pilotage des jeux de la Francophonie. Il est appuyé par 12 autres ministres du gouvernement. Pourquoi et comment une structure d’une telle envergure, de surcroit présidée par le Premier ministre lui-même, ministre de l’Economie et des Finances, peut-elle être jusqu’à ce jour sans siège et sans budget de fonctionnement? Grande contradiction, quand on sait que c’est le ministre de l’Economie et des Finances qui autorise l’approvisionnement en fonds des structures de l’Etat….

Les promesses de Mambé tardent …

Le comité de pilotage doit se réunir tous les 3 mois. Cependant, depuis la dernière rencontre en décembre 2013 pour la signature du cahier des charges, et même après la signature depuis le 7 avril dernier, le comité peine encore à se réunir pour faire le bilan de la situation et donner les nouvelles orientations au comité national des jeux. Le district d’Abidjan qui accueille les jeux et également membre du comité de pilotage, avait promis à Zoro Epiphane, des locaux et 4 voitures de services. Mais depuis, plus rien. Et pourtant, lorsqu’il y a des rencontres en France, le gouverneur Mambé offre des billets d’avion à au moins 4 de ses collaborateurs pour représenter une délégation du district d’Abidjan. Cela a été le cas le 7 avril 2014 pour la signature du cahier des charges. Le dossier qui normalement devrait avancer, puisque la signature du cahier des charges marque le démarrage officiel des activités du Comité national des jeux de la francophonie, reste soigneusement rangé dans les tiroirs de la Primature. Les jeux de la francophonie, c’est une affaire de gros sous. On parle de plus de 4 milliards de FCFA pour l’organisation. Comme d’habitude, on attendra les derniers jours, puis on dira que le chef de l’Etat a sauvé la situation…

Il n’est pas beau, ce pays ?

TOURE ALI (in L’Eléphant déchaîné N°250)

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Published by tressia - dans Société
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