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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 14:05

Taxis-abidjan.jpgDepuis la dissolution conjointe de la CEI et du gouvernement, le front social est entré en ébullition. Les Ivoiriens sont mécontents de leurs dirigeants actuels. Et ils le manifestent clairement par des descentes dans les rues ou par des grèves corporatistes.

Les indicateurs économiques sont au rouge. L’horizon où pointait un certain espoir a été assombri par des débats politiques des plus insensés, voire des plus mesquins de l’histoire de la Côte d’Ivoire, juste pour retarder les échéances électorales. Le camp présidentiel et ses affidés laissent l’essentiel pour s’attaquer aux fioritures. Ils se moquent de la souffrance des Ivoiriens qui dure depuis septembre 2002. Pendant ce temps, les refondateurs roulent carrosse. Moquerie ! Foutaise !

Mais le comble et le plus déprimant sont la prise en otage de l’économie ivoirienne à travers le café-cacao et les produits pétroliers par les refondateurs du Front populaire ivoirien (FPI). Du coup, le cacao qu’on avait promis acheter à 3000FCfa bord champ n’a été qu’une utopie. Les refondateurs prétextant une libéralisation de la filière, ont créé des systèmes de pillages appelés FRC, FGCC, BCC, ARCC… et bien d’autres "C" pour en faire leurs caisses noires et ne pas rendre le pouvoir, comme promis aux planteurs. Et ces derniers le constatent à leurs dépens. Ils ont manifesté, mais rien n’a changé.

Les fonctionnaires et tous les salariés n’arrivent plus à se nourrir. D’un repas par jour, on est passé à un repas par hasard. La cherté de la vie étrangle les populations actives. Les commerçants ne peuvent rien faire pour sauver l’Ivoirien qui meurt de faim. Le coût du transport des denrées alimentaires montent, montent et montent. Cause principale ? Le prix du carburant grimpe presque chaque jour.

Faut-il achever les Ivoiriens dont le pouvoir d’achat agonise ? Les transporteurs disent NON ! C’est pourquoi, ils sont entrés en grève illimitée depuis le lundi dernier pour crier leur ras-le-bol. "Cette fois-ci, nous irons jusqu’au bout. Il faut que l’Etat comprenne que nous ne pouvons pas porter le coup mortel aux Ivoiriens déjà agonisants de faim, assaillis par les difficultés sociales et économiques. Sinon, il nous suffit à chaque augmentation du prix du carburant, d’augmenter les titres de transports sur tous les axes urbains et interurbains. Mais, les souffrances des populations nous reviennent comme des boulets", explique Sangaré Dramane, président du Syndicat national pour le rassemblement des transporteurs de Côte d’Ivoire (SNRTCI). Et, force est de reconnaître que c’est la première fois qu’une grève des transporteurs a été suivie à, presque, 100% sur toute l’étendue du territoire ivoirien. "Nous avons marre de voir les Ivoiriens souffrir. Nous aussi, nous allons sur les mêmes marchés où tout est devenu cher. Nous payons le carburant cher. Nous sommes donc obligés de transporter les marchandises en fonction du coût du carburant. Mais ces prix nous reviennent multipliés sur les marchés. C’est pourquoi, les transporteurs ont mis sur pieds, cette fois, le CCSAAT qui regroupe tous les syndicats des transporteurs. C’est ce comité qui a lancé le mot d’ordre de grève. Et nous sommes heureux que cela ait été suivi", ajoute-t-il. D’autres syndicats annoncent le blocage total des activités dans les villes et villages. "Tous les véhicules seront arrêtés, dès demain (Ndlr : aujourd’hui). Les stations services doivent fermer sinon, nous ne serons pas responsables de ce qui leur arrivera", menacent-ils.

Cette grève risque de faire des vagues. Elle risque de pousser les Ivoiriens à bout. Si elle n’a pas de solutions au plus tôt, tout le pays risque de s’embraser. "Celui qui a faim n’est pas un homme libre. Celui qui écrasé par des préoccupations matérielles, n’a ni le temps, ni la force de se lever au-dessus des contingences et de se conduire en être pensant", a dit le philosophe. Le gouvernement devrait méditer sérieusement cette pensée. Sinon le front social risque de prendre un tournant très dangereux.

Guy Tressia

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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 16:52

Arsène Usher Assouan, le nom de ce diplomate émérite, auteur de la résolution des Nations-Unies de 1961 qui institue les casques bleus se confond avec l'histoire de Grand-Lahou, une ville située sur le littoral. Amoureux des projets de développement, il a su donner en quelques années, à Grand-Lahou l'allure d'une ville moderne.

Malheureusement, le 13 octobre 2007, il a été fauché par la mort alors que certains de ses projets étaient en cours de réalisation et d'autres en attente (le projet d'extension du réseau électrique et d'adduction d'eau est en cours, et celui de la réalisation d'un quartier ultra-moderne est en attente). Et tout le département porte encore le deuil de la mort de Me Usher. Contre toute attente, le 17 décembre 2007, exactement deux mois et 4 jours après la mort de ce grand bâtisseur, Grand-Lahou a connu sa première révolte. "C'est un mouvement spontané pour faire respecter la mémoire de notre "papa" Usher", justifie Paul Gnaba, acteur de cette révolte.

A l'origine de ce soulèvement des populations de "Usherville", l'arrêté n°49/P.GL/CAB du 8 août 2007 portant attribution d'une portion de terrain rural de 144ha 38 à 55Ca à M. Tanoé Robert, exploitant forestier. Pris par le préfet du département de Grand-Lahou, René Edmond Agaud. Selon plusieurs personnes interrogées à Grand-Lahou, cet arrêté préfectoral a été pris non seulement au mépris de la loi, mais aussi et surtout, "il vise à salir la mémoire du défunt". En effet, selon Paul Gnaba, le préfet René Edmond Agaud a pris fonction à Grand-Lahou le 15 juillet 2007. En provenance de Jacqueville où il avait été vomi par les populations. Le 08 août, soit 24 jours après, il a signé l'arrêté qui l'éloigne depuis le 17 décembre de ses administrés. Aucun avis de Commodo et d'incommodo n'a été lancé dans la procédure d'attribution de la parcelle de 144ha. Cet arrêté est notifié entre autres au Maire de Grand-Lahou par ampliation. Mais dans le registre courrier départ de la préfecture et celui de courrier arrivée de la mairie, l'on ne retrouve aucune trace. Une démarche qui a irrité "Usherville" qui estime qu'il s'agit d'une tentative d'expropriation de son bâtisseur. "C'est ce qui a fâché la population. On ne peut pas accepter qu'on vienne humilier la mémoire de Me. Usher. C'est un guide, c'est notre père", explique Paul Gnaba. La famille du disparu est prête à donner sa version des faits. "Nous allons nous expliquer une bonne fois pour toutes après l'inhumation de papa" laisse entendre Usher Sylvain, fils aîné du défunt.

 

L'exfiltration du préfet

Lorsqu'a éclaté ce litige foncier, au moment où le site de la construction du caveau de Me Usher a été désigné, Grand-Lahou dans son ensemble s'est senti choquée. "Ils ont attendu que Usher meurt pour le salir. Nous ne pouvons accepter cela. Usher a trop fait, si cette ville à un visage, c'est lui. Croyez-vous que nous puissions accepter que des gens en mal de publicité le salissent ? " La réponse à la question du député Issonay Gnaba a été donnée en chœur par les jeunes, les femmes, et les hommes de la commune. " Nous devons protester pour mettre de l'ordre et discipliner nos autorités" soutient Grand-Lahou. Et comme un seul homme, les populations ont décrété la journée du vendredi 14 décembre, "Journée ville morte". Un sit-in pacifique fut organisé ce jour-là dans les locaux de la préfecture. Deux exigences essentielles étaient contenues dans la motion adressée à cet effet à l'administrateur René Edmond Agaud. "Grand-Lahou exige l'annulation pure et simple de cet arrêté et surtout exige le départ dans les 48 heures du préfet de la tête du département. Nous entendons continuer d'occuper les locaux de la préfecture jusqu'à satisfaction de ces conditions". Extrait de la motion de protestation signée de Guédé Philippe, porte-parole des populations et adressée au préfet le 14 décembre. Le lundi 17 décembre, les populations sont venues de plusieurs villages pour avoir la réponse du préfet: Brafédon, Kpanda, Tamambo, Nandibo, Dougbo, Gôh, Tiébissou, aucun de ces villages n'a voulu se faire conter la réponse du préfet. Très tôt le matin, ils ont effectué le déplacement de Grand-Lahou. Où attendaient déjà plusieurs manifestations. Ensemble, ils ont investi les locaux de la préfecture qui serait selon une source, une propriété du maire Usher Assouan. Une fois à la préfecture, Guédé Philippe et ses camarades qui pilotaient le mouvement se rendent compte que l'arrêté n'a pas été annulé. Pis, le préfet René Edmond Agaud est bel et bien en place. "Il a demandé à discuter avec nous. Uns fois dans son bureau, il nous a donné rendez-vous pour le jeudi suivant (ndlr : jeudi 20 décembre). Il nous a invités à embarquer dans son véhicule avec lui pour aller à la rencontre de son ministre de tutelle à Abidjan. Il tenait à notre égard un discours insolent vidé de toute courtoisie. C'est ainsi que nous sommes sortis de son bureau" explique Paul Gnaba. Le compte rendu de la rencontre avec le préfet a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Le commandant de brigade de Grand-Lahou, l'adjudant Aka et ses éléments ne pouvant contenir la foule de manifestations ont été très imaginatifs. L'un des gendarmes a prêté son uniforme au préfet qui s'est déguisé pour s'extraire de la furia des populations. "C'est difficile de ma part de donner des explications. J'ai déjà fait le rapport à mes supérieurs hiérarchiques", a répondu l'adjudant Aka, joint au téléphone. Mais une source proche de la brigade soutient avec force: "Le préfet a été habillé en veste treillis et on l'a sorti de son bureau pour le mettre dans le véhicule de la gendarmerie pour qu'il échappe aux populations". D'ailleurs, les manifestations reconnaissent que c'est grâce à la gendarmerie que le préfet a eu la vie sauve. "Le FDS ont joué un rôle de facilitateur. Sans eux, le préfet serait parti", reconnaît Paul Gnaba. Grand-Lahou s'est donc révolté et son préfet a été exfiltré.

 

Par Jules Claver Aka

Envoyé spécial à Grand-Lahou

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