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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 09:29
Point de presse de Paul Koffi Koffi : «Le statut de militaire ne se négocie pas»

L’affaire : «matricules des exilés militaires vendus», relayée dans la presse, a poussé le ministre en charge de la , Paul Koffi Koffi, à tenir un point de presse le 17/04 à son cabinet sis au Plateau, pour faire la lumière sur cette affaire. C’est pour clarifier, a-t-il dit d’entrée de jeu, ce qui est en train de se dessiner sur la situation des exilés militaires. Conformément à ce qui a été lu récemment dans la presse, et qui fait état de ce que certains exilés militaires seraient déçus parce qu’ils ne reçoivent pas de meilleurs traitements possibles au niveau du ministère de la Défense. La précision faite, le ministre s’est ensuite attelé à faire un point détaillé sur la situation réelle de ces exilés militaires rentrés au pays. «(…) Nous avons assisté à un retour massif des exilés militaires et à ce jour, nous sommes à 4008 personnes. Naturellement avant de pouvoir les réintégrer dans le dispositif administratif de l’armée, nous avons estimé qu’il fallait faire un tri, qu’il fallait faire une identification, qu’il fallait faire un profilage pour nous assurer qu’ils figurent bien sur nos fichiers», affirme-t-il, avant de poursuivre : «Nous avons fait un premier traitement, c’est-à-dire, nous assurer que sur ces listes, il n’y avait pas de doublon. Et ce traitement des 4008 personnes enregistrées a donné 174 doublons. Il reste 3834. Notre base de travail était donc sur ces 3834 exilés militaires enregistrés, parmi lesquels nous avons 210 qui avaient les matricules, qu’on peut considérer comme étant des militaires. Sur ces 210 militaires, nous avons décidé, avec l’état major et la gendarmerie, de regarder s’ils figuraient bien sur les listes des militaires absents ou en exil ou déserteurs. Après ce tri, nous n’avons retenu que 27 personnes sur les 210. Et ces 27 militaires touchent leur solde depuis janvier 2014». Après cette brillante explication, le ministre a indiqué ceci : «Chez nous, le statut de militaire ne se négocie pas. On est militaire ou on ne l’est pas, c’est-à-dire personne ne peut se prévaloir du statut de militaire, s’il ne l’est pas ». Abordant la situation des 183 autres militaires restants sur les 210, il a révélé : «Les 183 autres qui ne sont pas pris en charge par la solde, c’est parce qu’ils avaient été radiés avant la crise postélectorale pour des raisons diverses. (…) Tous ceux-là qui se présentent aujourd’hui, nous ne pouvons pas les réintégrer, je le précise bien. Pour la simple et unique raison que le président de la République a demandé de réintégrer les déserteurs liés à la crise postélectorale. Celui qui a commis une faute qui nécessite une radiation en 2008, en 2009, en 2010 avant la crise et qui revient et qui veut par une fenêtre ouverte, réintégrer l’armée, c’est non !». Voilà qui est clair! Faisant toujours l’état des lieux sur la situation des exilés militaires, Paul Koffi Koffi a par ailleurs déclaré, en ce qui concerne les 3624 autres personnes restantes, qu’il y a 529 parmi elles qui se disent des forces paramilitaires. Nous avons, a-t-il ajouté, transmis le dossier des 529 éléments paramilitaires (policiers, douaniers et agents des eaux et forêts) à leurs ministères de tutelle. S’agissant du dernier chiffre, les 3095 autres personnes enregistrées, «aucun n’est militaire», a confié le ministre. «Ce sont des jeunes gens, qui ont été formés au maniement des armes sur des sites militaires, dans des casernes et certains par des officiers. Vous savez que pendant la crise postélectorale, puisque nous sommes tous témoins, à un moment donné, l’ancienne hiérarchie militaire a lancé des appels sur les ondes pour demander à ce que les jeunes viennent se faire enrôler en leur distribuant des armes et en les formant. Evidemment ces jeunes ne sachant pas le sort qui leur était réservé, se présentent aujourd’hui, en indiquant qu’ils sont militaires et qu’on aurait pris leur place. Je tiens à les rassurer, je leur ai déjà dit pendant même qu’ils se faisaient enrôler, ils n’ont peut-être pas compris, mais ils ne sont pas des militaires. Et s’ils ne sont pas des militaires, nous ne pouvons pas les engager comme des militaires, ni les payer, ni leur verser une solde de militaire». Evoquant enfin le sort qui sera réservé à ces derniers qui ont le statut d’anciens combattants, Paul Koffi Koffi a souligné : «Le président de la République a demandé à ce que l’ADDR les prennent en charge». Ce n’est pas une bonne nouvelle pour Hyacinthe Sarassoro. Déjà que l’Addr peine à prendre en charge les milliers de combattants qu’il a à réinsérer!

Noël Konan in L’Eléphant déchaîné N°245

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 09:50
Ministère de l’Economie/ DGTCP-Une centaine d’agents oubliés à la maison -La fille de Gbagbo concernée

Cela fait deux ans et demi pour certains, huit mois pour d’autres, que près de 80 agents en service sous l’ancien régime, à la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP), sont à la maison, sans nomination et donc sans poste d’affectation.

Une bien étrange façon de gérer les Ressources Humaines.

Occuper deux postes,

c’est mieux?

Le Trésor Public de Côte d’Ivoire, administration qui était citée comme model comparativement aux autres administrations en générale et les régies financières en particulier, est aujourd’hui, selon le constat de «L’Eléphant Déchaîné», en proie à d’énormes difficultés de management des ressources humaines. Avec des dizaines d’agents payés à ne rien faire et se tournant les pouces à la maison.

Certains sont des Administrateurs des services financiers, d’autres sont des Inspecteurs du Trésor, d’autres encore sont des Contrôleurs du Trésor, etc.

Beaucoup parmi eux avaient été déjà nommés à des postes d’agents comptables et avaient pris fonction dans de nombreuses structures telles que les ex-conseils généraux, supprimés dès l’avènement du nouveau régime.

D’autres avaient été nommés dans des structures qui n’ont pu fonctionner normalement en raison de problèmes internes à l’administration.

Du coup, ces cadres se sont retrouvés sur le carreau, depuis plus de huit mois pour certains, plus de deux ans pour d’autres. Sans que le Ministère auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des finances, ne les nomme ailleurs. Officiellement pour manque de postes. Sauf que, dans le même temps, quand un poste de nomination se dégage quelque part, au lieu de nommer l’un des cadres qui se tournent les pouces à la maison, l’autorité compétente préfère nommer des intérimaires, c’est-à-dire ceux qui sont déjà titularisés à des postes, pour assurer l’intérim.

Ainsi, (il s’agit d’un exemple parmi d’autres), selon les sources de «L’Eléphant», l’Agent Comptable du Chu de Cocody assumerait également l’intérim, depuis plusieurs mois, de l’Agent Comptable du Chu de Bouaké. Tiens, les drames dans les Chu ont des origines apparemment diverses…

Les payeurs des ex-Conseils

généraux !

Les Conseils généraux ont été remplacés par les Conseils Régionaux. Avant leur suppression, dans chaque conseil général, se trouvait un payeur.

En lieu et place des payeurs des ex-conseils généraux, les Trésoriers généraux des départements ont été nommés payeurs intérimaires des Conseils Régionaux. Et les anciens payeurs des ex-conseils généraux sont consignés à domicile, à ne rien faire. Pourquoi ne pas nommer les ex-payeurs des ex-conseils généraux en qualité de payeurs des Conseils Régionaux ? Ces postes seraient-ils réservés à d’autres agents jouissant de qualités insoupçonnées ?

Conséquence de cette étrange façon de gérer les Ressources Humaines, 74 agents (voir liste), dorment depuis des mois à la maison, payés à ne rien faire.

En parcourant cette liste, «L’Eléphant » a découvert quelques noms plutôt célèbres : Marie Laurence Gbagbo épouse Kipré, l’une des filles de l’ex-couple présidentielle, qui prospérait à la Direction Générale du Trésor, avant la chute traumatisante du régime de la refondation.

Il y a aussi le nom de l’ancienne directrice du Trésor, Djédjé Mama Ohoua Simone, Administrateur général des services financiers. Il y a aussi un certain Gbagbo Nanga Jean, Inspecteur du Trésor.

Pas sûr que ces trois-là retrouvent un poste dans cette Direction Générale du Trésor Public et de la Comptabilité.

Une rétrogradation

qui ne dit pas son nom

En se pointant dans leur différente banque pour percevoir leurs indemnités du premier trimestre 2014, des Administrateurs des services financiers et autres agents dont le grade est compris entre A4 et A7 (plus de 15 ans de service), se sont rendus compte que les indemnités qui avaient été virées sur leur compte par la Direction Générale du Trésor correspondaient à celles d’élèves fonctionnaires de l’ENA en instance d’affectation. Une sorte de rétrogradation qui ne dit pas son nom.

Aucune mesure formelle n’a été prise encore pour matérialiser cette décision, mais pour les agents concernés, non seulement on les humilie en les maintenant à la maison sans nomination, mais en plus, on tente insidieusement de les amener à recommencer leur carrière à zéro.

Selon une source proche du syndicat des agents du Trésor Public, cette affaire est très préoccupante et tout serait mis en œuvre en ce moment pour amener l’autorité compétente à reverser aux agents concernés, la totalité de leurs indemnités trimestrielles.

Déjà qu’ils ne perçoivent plus les avantages liés aux postes de responsabilité qu’ils occupaient…

On se demande bien à quoi jouent le Ministère auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des finances et la Direction Générale du Trésor.

Alex Kassy (in L’Eléphant déchaîné N°245)

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 18:58

JUSTICE 0012Le verdict rendu par le tribunal correctionnel de Yopougon, en son audience des flagrants délits tenue le 19/03, en ce qui concerne le prévenu Ahouré Gnandjui Pierre Romaric, suscite tout de même des interrogations.  La raison, le mis en cause est poursuivi pour deux  faits : « dégâts volontaires à la propriété mobilière d’autrui et de menace de mort sous condition ». Ses victimes, une dame et une jeune fille âgée de 16 ans. Mis aux arrêts suite à une plainte déposée contre lui à la police par dame Kouamé Ahou Patricia, la dame victime, il a comparu le 19/03 devant le juge répressif pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Vêtu d’un tee-shirt blanc malpropre et d’une culotte, les pieds déchaussés et laissant apparaître une grosse tâche noire sous la plante du pied gauche, les yeux rougis et le regard complètement effaré, tel est l’état dans lequel se trouve le prévenu et dans lequelil s’est présenté à la barre, en présence de son conseil, pour s’expliquer devant le juge. Accoudé sur la barre, position plutôt inhabituelle pour un prévenu, il a du mal à répondre à la question d’introduction du juge :

-Oui, que dites-vous face à ce qu’on vous reproche ?

Ce silence du mis en cause pousse le magistrat à inviter les deux victimes à la barre.

-Qu’est-ce que vous reprochez à ce monsieur ? Demande le juge à dame Kouamé Ahou, la première à être convoquée à la barre.

-Le vendredi 7 mars, raconte-t-elle, j’étais à la maison, quand il a fait irruption chez moi et il a commencé à me menacer avec un couteau qu’il détenait dans la main. Et pendant ce temps, j’avais un bébé dans les bras. Et le samedi encore, à 19 heures, il a réitéré les mêmes faits. C’est suite à cela que je suis allée à la police pour porter plainte contre lui.

Son témoignage achevé, le président sollicite, à son tour, la seconde victime, accompagnée par sa tante pour éclairer le tribunal.

-C’était le samedi 08 mars, explique la jeune fille de 16 ans, il est rentré dans la maison vers 16 heures au moment où ma tante était sortie. Il avait un couteau en main et il m’a demandé de lui remettre de l’argent sinon il allait me tuer.

-Elle n’a rien à voir la dedans, elle n’a rien fait, il faut partir maman, elle n’a qu’à partir à la maison, réagit brusquement le prévenu assis dans le box des accusés.

-Maître, dit le président, vous avez des questions à poser à la victime ?

-Oui, répond-il. Avant de poursuivre. Qui lui a remis le couteau?

-Quand il est rentré dans la maison, il avait déjà un couteau dans la main.

-Ce n’est pas toi, insiste l’avocat, qui lui a remis ?

-Non.

-Combien tu lui as donné comme argent ?

-Je ne connais pas le montant exact.

-C’est tout l’argent retrouvé que tu lui as remis ?

-Oui, c’est tout que je lui ai donné.

-Monsieur le procureur, demande le président, y-a-t-il un scellé (il fait allusion au couteau) ?

-Non.

Après cette réponse du procureur, le président demande aux plaignantes de regagner leurs places. Ces dernières, une fois  assises, sont de nouveau rappelées par le magistrat.

-Revenez, dit-il. Pour gagner du temps, leur explique-t-il, nous allons prendre vos prétentions concernant la constitution de partie civile.

Dame Kouamé Ahou, la première à être entendue par le juge déclare :

-Il a cassé dans mon « maquis » les matériels que j’utilise pour faire le commerce.

-Est-ce que vous vous constituez partie civile ?

-Jamais, réplique-t-elle.

S’adressant, à la seconde victime, représentée par sa tante, le président explique :

-Le Parquet ne poursuit pas le prévenu pour des faits de vol mais plutôt pour les faits de menace de mort. Pour la petite qui a été menacée de mort, est-ce que vous vous constituez partie civile ?

-Moi, fait-elle savoir au juge, c’est mon argent je veux.

-Pour l’argent volé, réplique le président, vous pouvez porter une nouvelle plainte contre lui pour vol.

Situé sur les prétentions des victimes, le magistrat convoque à nouveau le mis en cause à la barre.

-Ahouré, à la barre. Qu’est-ce que tu dis par rapport à tout ce qui a été raconté ?

Accoudé de nouveau sur la barre, puis pointant le doigt en direction de son avocat, il répond au juge :

- Mon papa(l’avocat) est là. Puis il continue : Moi, je dis c’est leur version des faits. Je n’ai rien fait par rapport à ce qui a été dit.

-Ahouré, avertit le président, il ne faut jouer avec nous hein !

Prenant la relève, le procureur interroge, à son tour le prévenu.

-Tu ne les as pas menacées, tu n’as rien cassé dans le « maquis » ?

-Je ne me reconnais pas là-dedans, rétorque-t-il.

-Maître, vous avez des questions pour votre client ?

-Non.

-Monsieur le procureur, vous pouvez alors prendre votre réquisition.

-Le prévenu, entame-t-il, nie les faits. Mais pour le Parquet, poursuit-il, en ce qui concerne les menaces de mort, nous constatons qu’il les nie sans pouvoir apporter des explications là-dessus. La dame confirme pourtant ces faits. Nous pensons que le prévenu est un individu dangereux, assène le procureur. C’est pourquoi, nous requérons à ce qu’il soit condamné à 3 mois de prison et au paiement d’une amende de 50000 FCFA.

Après le procureur, la parole est accordée par le président à l’avocat pour sa plaidoirie.

-Vous-même, vous constatez l’état de santé de mon client. Pendant l’enquête préliminaire, tantôt il reconnaît les faits, tantôt il les nie. J’ai approché ses parents pour voir ce qui ne va pas chez leur enfant. Ils m’ont dit qu’il délirait et qu’il fallait l’envoyer à l’hôpital.Le 13/01, il a été conduit une première fois à l’hôpital pour un examen psychiatrique(il remet une copie du document médical aux juges). C’est donc par défaut de moyens financiers de ses parents, qu’il n’a plus été envoyé à l’hôpital pour des soins. Placé sous mandat de dépôt à la Maca, j’ai demandé à ce qu’un examen psychiatrique soit réalisé au sein de l’infirmerie de la prison, mais cet examen n’a pas pu être fait. Moi, je n’étais pas présent au moment des faits pour savoir sa culpabilité. Je constate tout simplement que mon client n’est pas en possession de toutes ses facultés mentales. Il a besoin d’être soigné, monsieur le président. En matière pénale, argumente l’avocat, pour qu’une      infraction soit constituée, en plus de l’élément légal, il faut l’élément matériel et l’élément psychologique.

La défaillance mentale du prévenu soulevée par le conseil, oblige le président à suspendre momentanément l’audience.

De retour, après leur concertation, le juge s’adresse au procureur :

-Monsieur le procureur, dit-il, le conseil dans sa plaidoirie soulève l’état de santé défaillant de son client. Quelles sont vos observations?

-Nous avons, explique-t-il, vu le document médical présenté par le conseil mais aussi dans le cas d’espèce, la loi pénale a prévu des mesures spéciales, en l’occurrence les mesures de sûreté pour les prévenus se trouvant dans cet état de santé mentale.

Il est coupable, ainsi en a jugé le tribunal avant d’infliger une sanction de 1 mois de prison et le paiement d’une amende de 20000 FCFA au prévenu.

-Maître, explique le juge, nous n’avons pas la preuve de ce que votre client soit un malade mental. Madame, s’adresse-t-il à la tante de la jeune fille, pour les faits de vol, vous devez porter plainte contre lui. Il sera extrait de la prison pour être jugé de ces faits. Si d’ici là, bien sûr, son état de santé mentale ne se détériore pas encore en prison pour défaut de traitement.

Noël Konan (In L’Eléphant déchaîné N°239)

 

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 07:34

Vincent LohouesSelon un document publié sur le site Internet officiel du chef de l’Etat, l’ancien Ministre de la Construction, Vincent Essoh Lohoues, fait partie des « sages » qui conseillent notre président  (lire encadré).

Apparemment les producteurs d’hévéa regroupés au sein de l’Aprocanci (Association des Producteurs de Caoutchouc de Côte d’Ivoire) ne partagent pas cet avis.

Depuis le 19 octobre 2009, ils poursuivent sans pitié ce « sage » pour « abus de confiance portant sur la somme de 3,8 milliards FCFA ».

Après plusieurs mois d’enquête, les conclusions de la Police économique et financière, accablantes contre l’ancien ministre, ont été transférées le 12 mai 2010 au parquet d’Abidjan.

Mais depuis, on ne sait trop pourquoi et au grand désarroi des plaignants, la justice se presse très lentement pour se prononcer sur le dossier.

Petit retour sur une affaire qui ressemble comme deux gouttes d’hévéa, au scandale de la filière café-cacao.

 

« Pour protéger nos gains »

Ça commence presque toujours de la même manière. Pour redynamiser leur filière et sauvegarder leurs gains en cas de chute des prix, des producteurs s’organisent et mettent en place une structure. Laquelle est autorisée à opérer des prélèvements sur chaque kilogramme de produit vendu à l’extérieur du pays.

L’argent collecté est gardé sur un compte dans une banque, sous la surveillance des dirigeants de la structure créée. Mais le jour où les prix dégringolent et que les producteurs appellent au secours, les dirigeants de la structure lèvent les bras au ciel en signe d’impuissance. L’argent n’est plus disponible.

C’est une mésaventure similaire que les membres de l’Aprocanci ont vécue et qui les a conduits à saisir la justice.

C’est que courant 2004, dans le but de « soutenir le prix payé aux producteurs d’hévéa en cas de besoin, améliorer les conditions de travail des planteurs d’hévéa, susciter et accompagner des actions de développement de l’hévéaculture et améliorer les revenus des planteurs », les producteurs d’hévéa ont récupéré la gestion d’un fonds créé quelques années plus tôt et qu’ils ont rebaptisé « Fonds Interprofessionnel de Solidarité Hévéa » (FISH).

Pour permettre à cette structure de mener à bien ses missions, ils décident en Assemblée Générale Ordinaire tenue le 24 juin 2004 à la salle de conférence du 1er étage de l’immeuble Caistab, de la « doter de ressources financières par la constitution d’un fonds de soutien des prix aux producteurs».

Ainsi, pour son fonctionnement, les membres décident de mettre à disposition du FISH, 1 franc par kilogramme d’hévéa vendu et, pour le soutien des prix, 10 francs par kilogramme. La date de mise en application de ces décisions (prélèvement de 11 francs CFA au total) est fixée au 1er juillet 2004.

Au cours de cette même Assemblée Générale Ordinaire, l’ancien ministre Vincent Essoh Lohoues, producteur d’hévéa, considéré  par les uns et les autres comme le « doyen », est proposé et élu à la fois président du Conseil d’Administration et président du Comité de gestion des fonds à collecter. Ce qui est plutôt étrange. Car, dans les faits, il occupe à la fois les fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général. Il gèrera donc l’argent et se rendra compte à lui-même. La porte ouverte à toutes sortes de dérives ?

 

Trois milliards vous manquent et c’est l’enfer !

Pendant près de trois ans (1er juillet 2004-31 mai 2007), sous la gestion de Vincent Essoh Lohoues, les producteurs vont cotiser  la somme totale de trois milliards trois cent trente neuf millions cent soixante deux mille six cent soixante dix-neuf (3.339.162.679) FCFA. Suivant le compte rendu de la réunion du Comité de gestion tenue le 25 juin 2007.

Mais à la fin de l’année 2007, les cotisations pour l’alimentation du fonds de soutien des prix seront arrêtées. Au 31 décembre 2007, elles  s’élevaient à 3,8 milliards FCFA.

C’est que, en mai 2007, les producteurs avaient décidé de créer une usine dont les ressources générées par les prestations qu’elle accomplirait pour leur bénéfice, devraient remplacer les cotisations qu’ils faisaient.

Ainsi, le 4 mai 2007, ils créeront « l’Ivoirienne de Traitement du Caoutchouc » en abrégé (ITCA) avec un capital de 200 millions de FCFA. Argent pris dans les comptes du FISH.  

Vincent Essoh Lohoues sera de nouveau désigné président du Conseil d’Administration de cette nouvelle société. Il ne refuse rien. Quel don de soi !

D’autres administrateurs tels que BENZEME Atchiri Antoine ; ESSUEKY Niamien ; OULOTO Eric Jean d'Acquin  et WADJAS Assouan Honest, actuel président du Conseil d’Administration de l’Aprocanci…seront nommés pour l’aider dans sa lourde tâche. 

Quelles sont les missions assignées à cette société ? « Achat du caoutchouc-Collecte et transport du caoutchouc-Création et exploitation de plantation d'hévéa-Acquisition et gestion d'usine de traitement de caoutchouc-Commercialisation du caoutchouc en Côte d'Ivoire et à l'étranger -Exploitation de licences dans le domaine de la transformation du caoutchouc-Intermédiation financière-construction ou acquisition d'immeuble-Toutes opérations de transit, aussi bien à l'importation qu'à l'exportation, le groupage, le transport routier, ferroviaire, fluvial et aérien de toutes marchandises… »

Selon les Statuts du FISH, « en cas de chute du prix d’achat de l’hévéa en dessous de 200 FCFA le kilogramme, le Fish doit utiliser les ressources du fonds de soutien » pour permettre aux planteurs de maintenir les 200 FCFA/KG.

Dans la deuxième moitié de l’année 2008, le secteur du caoutchouc est frappé par une grave crise et les prix dégringolent rapidement.

Le 2 janvier 2009, devant la chute continue du prix d’achat au producteur, WADJAS Assouan Honest, membre du Conseil d’Administration du FISH, adresse un courrier (en sa qualité de président du Conseil d’administration de l’Aprocanci), à Vincent Essoh Lohoues. Dans ce courrier, il appelle le « gardien » des ressources des producteurs à la tempérance dans l’utilisation du fonds de soutien aux prix, logé dans deux banques. 

Trois  jours plus tard, le prix d’achat aux producteurs chute pour s’établir à 198F/Kg.

De nouveau, WADJAS Assouan Honest, le 7 janvier 2009, écrit au « Pca » et « directeur général » du FISH. Mais les deux courriers resteront sans suite et le Fish ne réagira pas face à la détresse des producteurs.

Les 3,8 milliards placés en DAT (dépôt à terme) dans deux banques plus les intérêts générés n’étaient pas suffisants pour donner un coup de mains aux producteurs comme convenu depuis 2004 ?

 

« Venez voir, c’est notre usine ! » 

Le 1er avril 2009, alors que le non soutien du prix par le FISH provoque une sourde grogne dans le monde des planteurs et que certains réclament leurs cotisations, Vincent Essoh Lohoues invite ces derniers à l’inauguration de l’usine ITCA à Grand-Bouboury, un village situé à trois kilomètres de Dabou.

La cérémonie, est placée sous le parrainage de son « grand ami » Laurent Gbagbo. Lequel, émerveillé à la vue de cette usine, dira : « Le temps où nous étions seulement un pays agricole est passé. Nous sommes dans un autre temps où il faudra transformer la production agricole avant de l’exporter. La vocation de la Côte d’Ivoire n’est plus une vocation de producteur de matières premières. Elle devient une vocation d’exportateur de matières premières transformées. Il y a plus d’avantages en cela.»

Prenant la parole à son tour, le Pca, président du Comité de gestion du Fish et Pca de l’usine ITCA, Vincent Essoh Lohoues, au nom de tous les planteurs, exprimera sa reconnaissance à Laurent Gbagbo, avant de déclarer à l’attention de ces derniers : « Cette usine est notre affaire, notre business à nous tous. Prenons-en soin en l’approvisionnant de nos matières premières ».

Selon les explications du Pca, la construction de l’usine aurait coûté aux producteurs la somme de près de 2,3 milliards FCFA, pris dans le fonds de soutien aux prix. Ce qui fait ainsi du Fish, organisation à but non lucratif, l’actionnaire principal d’ITCA.

Mais les producteurs regroupés au sein de l’Aprocanci et à qui aucun détail sur le financement de la construction de cette usine n’avait jamais été donné, vont trouver excessif le montant annoncé.

Tout de suite après la cérémonie d’inauguration et le départ du président Gbagbo et sa délégation, ils vont réclamer des comptes à Vincent Lohoues Essoh. Lequel restera de marbre pendant plusieurs mois.

 

« On nous a encore volés ! »

Devant la tournure que prenaient les choses, des producteurs décident de mener leur propre enquête sur les activités de celui en qui ils avaient placé leur confiance. Certains vont découvrir que depuis 2004, une entreprise du nom de Lepaci (Lohoues Essoh Production Agricole de Côte d’Ivoire), a été créée par Vincent Lohoues Essoh et est dirigée par Lohoues Essoh Lath Stéphane, qui n’est autre que le fils de son père. Et que, dès la mise en activité de l’usine ITCA, Lepaci est devenu le fournisseur principal d’hévéa non traité à ladite usine. Que l’hévéa fourni à ITCA est acheté avec l’argent des producteurs via le FISH. Et tout ça, dans le dos des producteurs ?

Devant cette découverte, le sang de ces producteurs ne fait qu’un tour. Echaudés par le cas des ex-dirigeants de la filière café-cacao dont la quasi-totalité (en dehors de quelques-uns et des conseillers de Gbagbo dans la filière qui ont préféré fuir le pays pour prouver leur innocence) était en prison depuis juin-juillet 2008, ils décident de porter plainte contre Vincent Lohoues Essoh.

Le 19 octobre 2009, soit neuf mois après l’inauguration de l’usine ITCA, le président du Conseil d’Administration de l’Aprocanci, WADJAS Assouan Honest, agissant pour le compte de l’ensemble des membres, dépose une plainte auprès du parquet d’Abidjan. Pour « abus de confiance » portant sur la somme de 3,8 milliards de FCFA (voir notre document), et pour la rétention des retenues opérées sur les produits livrés à ITCA par les producteurs.   

24 heures plus tard, la plainte est acheminée à la Police économique et financière pour enquête complète.

 

D’atroces conclusions contre le « sage »

Après sept mois d’enquête et à la suite de l’audition d’une dizaine de personnes dont WADJAS Assouan Honest (le plaignant pour le compte de l’Aprocanci, auditionné à deux reprises), Vincent Lohoues Essoh (le suspect, auditionné à deux reprises), Lohoues Essoh Lath Stéphane, directeur général de Lepaci…les fins limiers de la Police Economique et Fiancière, le 12 mai 2010, transmettent au parquet, leurs conclusions (voir document). Elles sont accablantes pour l’ancien ministre.

En effet, les enquêteurs écrivent :

« (…) De l’analyse des faits et déclarations, deux situations se dégagent :

Premièrement, le dépôt à terme (DAT) de 3,3 milliards FCFA constitué par le prélèvement de 10 francs par kilogramme, et positionné sur les comptes bancaires du FISH, a été fait à la seule initiative du nommé Lohoues Essoh Vincent. Cette somme n’a pu être disponible au moment où les planteurs en avaient besoin pour soutenir la chute du prix du caoutchouc. Ce montant peut être considéré comme détourné par le nommé Lohoues Essoh Vincent.

Deuxièmement, la société ITCA a été créée grâce aux cotisations faites par les planteurs d’hévéa  dans le cadre du FISH. Le nommé Lohoues Essoh Vincent ne peut donc affirmer valablement que la société ITCA n’est pas membre de l’Aprocanci, et partant de la filière. En conséquence, toutes les retenues opérées à ce titre, doivent revenir aux structures de la filière. Il peut donc être retenu contre le nommé Lohoues Essoh Vincent, le délit d’abus de confiance portant sur 101,9 millions (…) compte tenu de sa qualité d’ancien membre du Gouvernement, lui avons signifié de répondre à toute réquisition du parquet. »

Traduction : Le suspect devrait être arrêté mais en raison de sa qualité d’ancien ministre, nous pensons qu’il ne fuira pas et pourra répondre aux convocations du parquet.

On dit merci qui ?

Au parquet, le dossier est immédiatement refilé à un juge d’instruction. Mais, de 2009 à 2013, il ne se passera rien du tout. Malgré les va et vient des avocats des plaignants, rien ne bougera.  Des mains fermes venant de l’extérieur auraient-elles neutralisé le dossier dans l’espoir d’obtenir la prescription des faits ? Tout porte à le croire.

Mais c’était sans compter avec la détermination des producteurs regroupés au sein de l’Aprocanci. Lesquels viennent de réussir à faire dépoussiérer de justesse le dossier et à le remettre dans la voie judiciaire, alors qu’accourait dangereusement la prescription.

Entre-temps, imperturbable, non inquiété  et prospérant depuis plusieurs années à la tête du Fish et de ITCA, l’ancien ministre, en février 2012, a procédé à la cession de plusieurs actions de l’usine à des partenaires étrangers et, a fait passer le capital, de 200 millions à 500 millions FCFA. 

C’est ce qui transparaît dans une annonce légale diffusée dans la presse (lire encadré).

Il n’a peur de rien ?

En novembre 2012, l’ancien ministre, a conduit des investisseurs Chinois chez le président Alassane Ouattara à qui il a dit que ces Chinois entendent investir 200 milliards en Côte d’Ivoire et créer 10 mille emplois (lire encadré).

Ce qui a dû énormément plaire à notre président. Mais notre président Ouattara dit que la justice est indépendante et qu’elle doit « donner raison à celui qui a raison et tort à celui qui a tort », on ose espérer que la justice, enfin, va demander des comptes au « sage » Vincent Lohoues Essoh au sujet des accusations qui sont portées contre lui par les producteurs et confirmées par une enquête judiciaire.

Parce que, dans ce pays, paraît-il, avec notre nouveau président Alassane Ouattara, nul n’est au dessus de la loi.

Daniel Sovy.

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 07:25

Gaoussou Touré 216

 

Lorsqu’on atterrit (juin 2011) comme un cheveu sur la soupe dans le premier gouvernement  du président Alassane Ouattara sans connaître les implications profondes du projet de société du R.D.R. en sa particule : transports ;

Lorsqu’au lendemain de sa nomination, on fait feu de tout bois parce qu’on va conduire une réforme révolutionnaire et salutaire pour l’activité et les acteurs du transport terrestre sans omettre les bénéfices que le maître d’ouvrage va engranger en terme de plus-value électorale ;

Lorsqu’au détour d’une explication sensée éclairer l’opinion nationale sur la nature des réformes qui seront engagées en vue d’assainir ce milieu si féru de promiscuité et de désordre ;

Lorsqu’un groupuscule de farouches  opposants à cette réforme, comme un seul homme, décide publiquement de ne pas reconnaître la légitimité dont se gargarise le réformateur en chef pour orchestrer la fin des syndicats dans le milieu du transport terrestre au profit d’entreprises de transports ;

Lorsque cette unique sortie à elle toute seule parvient à nous détourner de l’axe des réformes telles qu’annoncées à grand renfort de communication, et qui a le toupet de consacrer la signature tacite d’un pacte fort avec ceux qui ont proféré ces menaces à notre encontre ;

Lorsqu’à la suite de ces évènements qui sont à la base de l’échec constaté de toute la politique que le ministre entendait mettre en route ;

Lorsqu’à la soudaine et contrenature complicité qui a vu le jour entre le ministre et les acteurs de cette confrérie passés maîtres dans l’art des intrigues et des compromissions, 

Ni la promesse de moraliser l’activité du transport routier ;

Ni la promesse d’éradiquer ou de dompter le racket ;

Ni la promesse de l’allègement des procédures administratives ;

Ni la promesse de créer des emplois (sous-emplois) ;

Ni la promesse de susciter la création d’entreprises de transports ;

Ni la promesse de mettre en capacité le fonds de développement du transport routier ;

Ni la promesse de renouveler le parc automobile !

Comme on peut le voir, la liste des ‘‘ni’’ est longue et pleine de culs de sacs !

Lorsque pendant plus de deux ans on a été incapable de tenir ses collaborateurs, de tenir les acteurs du milieu du transport, d’exécuter la moindre promesse fusse-t-elle réalisable ;

Lorsqu’on a été incapable de mettre un terme à l’action néfaste des taxis intercommunaux ;

Lorsqu’on a été incapable de doter les acteurs et les usagers d’une gare moderne ;

Lorsqu’on a été un facteur de division au lieu d’être un rassembleur ;

Lorsqu’on a manqué de charisme et de vision soutenue pour la corporation des transporteurs et par extension des transportés ;

Lorsqu’on a manqué d’autorité durant tout son séjour gouvernemental,  la modestie voudrait que l’acte d’introspection se limite seulement au premier responsable du cabinet.

Lorsqu’on a été incapable de créer un seul emploi pendant plus de deux ans, on n’en dissolve pas en fermant des directions entières !

La force d’un ministre n’est pas de bouffer ses directeurs généraux ni de pousser au chômage certains de ses présidents de conseils d’administration !

Monsieur le ministre, l’histoire des miracles à travers les âges et les croyances, a montré qu’un seul miracle (quipux)  ne confère pas la qualité de Jésus !

Monsieur le ministre, la meilleure façon de promettre à nouveau, c’est de reconnaître humblement ses fautes pour espérer une rallonge. Une hypothétique rallonge !

Pour nous désormais, peu importe qui pousse QUIPUX car l’ombre du terminus est à deux bus du quai !

Par Silué Kopala

Agent de l’émergence

 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 09:58

kandia camaraPendant que le ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement Technique (MENET), dirigé par la très présente Kandia Kamissoko-Camara, lutte contre les grossesses en milieu scolaire, certains de ses collaborateurs rament à contre-courant. L’affaire B.L. bat son plein au Collège moderne du Plateau avec un éducateur récidiviste.

C’est un secret de polichinelle au Collège moderne du Plateau. Tous les élèves et employés sont écœurés par le comportement d’un éducateur du collège. Il s’agit de KEITA Abdoulaye alias « Serges Beynaud » qui a enceinté une élève de la 6ème14 du nom de B. L. « Il a tenté un avortement qui n’a pas marché. Mais actuellement, le ventre de la petite est visible au point où ils ne veulent pas courir le risque de réessayer », nous confie une source proche du dossier.

Elle (notre source) ajoute même que « la tutrice de B.L. a reçu 150 mil avant-hier (ndlr : mercredi 19 mars) et 50mil aujourd’hui (ndlr : vendredi 21 mars), en signe de pardon et pour couvrir les soins de la petite ». Nous avons joint une tante de la fille qui nous a confirmé les faits, « mais nous ne voulions pas ébruiter l’affaire », a-t-elle dit.

Cependant, notre source accuse :  » L’affaire doit être sue de la ministre pour qu’elle prenne ses responsabilités. Que la loi s’applique à ce monstre!!! Mais il semble bénéficier du soutien de Mme La Principale du Collège, Mme OKOU Okahi, qui ne veut pas informer sa hiérarchie ».

« Et pourtant, KEITA Abdoulaye n’est pas à son premier forfait. Il y a 2 ans, KEITA Abdoulaye avait été surpris par des élèves en train de faire l’amour à une élève dans son bureau. A cause de lui plusieurs de nos élèves ont arrêté leur scolarité, dans le silence, sans le dénoncer. Il abuse principalement des petites filles sans défense », s’indigne notre interlocuteur.

Finalement, « ils ont mis à exécution leur plan de camouflage. Faire taire la famille et faire disparaitre le dossier de la petite comme si elle n’avait jamais existé dans les effectifs. C’est leur dernière cartouche », prévient notre source.

Selon Dr Ouattara Josephine Yéné, qui s’est exprimé sur RTI1 le 16/3, les « enceinteurs » de ces élèves sont repartis comme suit : Les élèves (40%), les enseignants (4%) et les autres (56%). Pis, l’âge de ces porteuses de grossesse se situe aujourd’hui entre 8 et 21 ans.

Notons que, « seulement pour le premier trimestre de l’année scolaire 2013-2014 en cours, on enregistre déjà 51 cas de grossesse à Gagnoa, 94 cas de grossesse à Abengourou, 2 cas de grossesse au Collège municipal de Tiémé (région du Kabadougou), 152 cas de grossesse à Bondoukou… C’est donc à une véritable «épidémie» de grossesse en milieu scolaire qu’on assiste en ce moment et contre laquelle les solutions proposées par les responsables de l’Education  nationale sont sans effet, si ce n’est qu’elles incitent plutôt les « enceinteurs » à redoubler d’efforts », selon le bihebdomadaire satirique ivoirien « L’Eléphant déchaîné ».

GUY TRESSIA

Source: http://www.5minutesinfos.net/cote-divoire-lutte-contre-les-grossesses-en-milieu-scolaire-educateur-defie-kandia-camara-enceinte-eleve-6eme/

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 09:33

Gaoussou Touré 216

________________________________________________________________________________________

 

Le vendredi 14 mars 2014, les Ivoiriens ont lu avec une attention des plus soutenues, une grande interview du Ministre Gaoussou Touré, dans les colonnes du quotidien « Le Patriote ».

Mais l’interview-alors qu’elle est censée avoir été réalisée par « Le Patriote » qui, une semaine plutôt, avait publié un article robuste contre la réforme de Gaoussou Touré-la même interview s’est retrouvée dans les colonnes de deux autres confrères le même jour et sous des plumes différentes, notamment à Fraternité Matin. Où les propos du ministre, publiés sur deux pleines pages sont censés avoir été recueillis par le journaliste Elvis Kodjo. Lequel a sans doute participé à l’interview aux côtés du confrère de « Le Patriote » ?

« L’Eléphant » qui n’a pas reçu dans ses boîtes électroniques copie de cette interview (comme ce fut le cas pour d’autres confrères) dont le contenu est exclusivement consacré à ses articles publiés sur cette réforme, y a cependant découvert, à la lecture, d’étranges curiosités. D’abord au niveau des questions dans « Le Patriote » et des questions dans « Fraternité Matin ».

Dans les deux journaux, à des questions posées différemment, le ministre donne mot pour mot, la même réponse.

Question N°1 dans  « Le Patriote » :

« Monsieur le Ministre, la reforme que vous avez décidé d’engager dans le transport routier fait jaser. Au point où vous êtes accusé de vouloir mettre fin aux conventions de certaines sociétés exerçant dans ce secteur ? »

Question N°1 dans « Fraternité Matin»:

« Vous êtes accusé de vouloir mettre fin aux conventions de concession exerçant dans le transport routier. Qu’en est-il ?»

La réponse du ministre, à ces deux questions identiques dans le fond mais différentes dans la forme dans les deux journaux est, à l’exception de quelques deux ou trois mots retouchés dans « Fraternité Matin », la même.

Question N°2 dans « Le Patriote »:

« Mais ces structures, dans leurs interventions dans les médias, mettent en avant leur « expertise » qui devrait, selon elles, vous amener à reconduire leur convention. Qu’en dites-vous ? »

Question N°2 dans « Fraternité Matin» :

« Ces structures revendiquent une expertise qui devrait, selon elles, vous amener à reconsidérer leur convention. Qu’en dites-vous ? »

La question de « Le Patriote » a-t-elle été améliorée par « Fraternité Matin»? « Reconduire leur convention dans «Le Patriote », « Reconsidérer leur convention dans « Fraternité Matin ». Qui, du journaliste de « Le Patriote » ou de « Fraternité Matin» a posé la question au juste ?

Peu importe, mot pour mot, la réponse du ministre est la même pour les deux formes de question dans les deux journaux. 

Question N°3 dans « Le Patriote »

« Monsieur le Ministre, concrètement, en quoi va consister votre réforme ?»

Question N°3 dans « Fraternité Matin» :

« Concrètement, en quoi va consister la réforme que vous engagez ? »

Qui a dit « Monsieur le Ministre » alors ?

Question N°4 dans « Le Patriote »:

« Monsieur le Ministre, cette réforme, selon certaines sources ferait disparaître des structures que sont la SONATT, l’AGETU, l’OSER, l’OFT, la SICTA, l’OIC, le Guichet Unique Automobile. Qu’en est-il exactement ? »

Question N°4 dans «Fraternité Matin»

« Cette réforme ne fera-t-elle pas disparaître des structures comme la Sonatt, l’Agetu, l’Oser, l’Oft, la Sicta, l’Oic, le Guichet unique automobile?» 

Les deux journalistes étaient face au Ministre ? Bon !

Question N°5 dans « Le Patriote »:

« L’on évoque aussi la question de la corruption des agents de la Direction Générale des Transports Terrestres et de la Circulation (DGTTC), une entité désormais au centre de la reforme. Quel commentaire en faites-vous ? »

Une allusion claire à l’article publié par « L’Eléphant » dans son édition N°232 du 7 mars 2014 : « PC : examen de code, examen de conduite : des « pistolets » chargés distribués aux candidats ».

Question N°5 dans «Fraternité Matin» :

« Cette réforme pourra-t-elle mettre fin au préoccupant phénomène de la corruption qui a gangréné tout le secteur des transports ? Les agents de la direction générale des transports terrestres et de la circulation (Dgttc), une entité désormais au centre de la réforme, sont l’objet de virulentes critiques à cet égard. »

Allez, parcourons quand-même la réponse du ministre à ses deux questions semblables dans le fond mais différentes dans la forme.

Gaoussou Touré : «  C’est le lieu de rappeler là aussi qu’en tant que Ministre, je ne suis pas satisfait des performances de la DGTTC. J’affirme en toute franchise que le racket, la corruption et tous les vilains maux reprochés aux structures STARTEN, INTERFLEX, SONATT, et autres, existent bel et bien à la DGTTC. Cette direction subira une profonde réforme et toutes les opérations seront suivies et contrôlées. Aucun agent, quel que soit le poste qu’il occupe, ne pourra faire ce qu’il veut. Il sera tenu de respecter les procédures, au risque de subir les sanctions qui s’imposent. »

Gaoussou Touré reconnaît donc que la DGTTC à qui il veut tout confier avant de la réformer en profondeur, est l’épicentre de la corruption dans la délivrance des permis de conduire en Côte d’Ivoire. En attendant donc que cette DGTTC soit réformée en profondeur, chaque agent peut continuer à célébrer le racket et la corruption.

Question N°6 dans « Le Patriote »:

« Certains opérateurs vous accusent également de vouloir tout centraliser, au moment où le monde entier décentralise ? »

Ça, c’est pour les transporteurs dont la déclaration a été publiée par « L’Eléphant » et qui ont accusé le Ministre de vouloir tout centraliser alors que la donne aujourd’hui est à la décentralisation.

Question N°6 dans « Fraternité Matin» :

« On pourrait vous reprocher de tout centraliser, alors que l’air est à la décentralisation ».

Question N°7 dans « Le Patriote »:

« Monsieur le Ministre, abordons le sujet de l’appel d’offres ayant abouti à la signature de convention avec la société QUIPUX, opérateur technique de cette réforme. Comment s’est-il déroulé et quel rôle jouera véritablement cette structure ? »

Question N°7 dans « Fraternité Matin» :

« Comment s’est fait l’appel d’offres qui a abouti à la signature de convention avec la société Quipux, opérateur technique de cette réforme ? Les conditions de transparence ont-elles été respectées ? »

Question N°8 dans « Le Patriote »:

« Dans cette réforme, on parle de nouveau type de permis de conduire. Comment cela va se faire ? »

Question N°8 dans «Fraternité Matin» : « La réforme va introduire un nouveau type de permis de conduire. Comment cela va-t-il se faire » ?

Retrouvez l’erreur !

Question N°9 dans « Le Patriote »:

« Mais les auto-écoles ne sont pas aussi en reste avec des formations au rabais ?»

Question N°9 dans « Le Patriote »:

« Que pensez-vous des auto-écoles ivoiriennes ? » 

Question N°10 dans « Le Patriote »:

« Quelles seront les répercussions de cette réforme sur les coûts des prestations ? »

Question N°10 dans « Fraternité Matin » :

«Quelles seront les répercutions de cette réforme sur les coûts des prestations ?»

Tiens, une question identique dans la forme et dans le fond.

Signature de l’interview

Dans « Le Patriote » : Interview « réalisée par Le Patriote ».

Dans « Fraternité Matin » : « Propos recueillis par Elvis Kodjo ».

ALEX KASSY

In L'Eléphant déchaîné N°235)

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 16:36

kandia_camara.jpgLe plan accéléré de réduction des grossesses en milieu scolaire élaboré et matérialisé par la campagne dénommée  « Zéro grossesse à l’école», lancé le 01/03 à Bondoukou par Kandia Camara, la ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement technique, a-t-il encore un sens ?

Parce que les nouveaux cas de grossesses dans les différentes directions régionales de l’Education nationale, qui ne font pas honneur à l’école ivoirienne, donnent à réfléchir et montrent également que l’atteinte de l’objectif «Zéro grossesse à l’école», est un projet voué à l’échec. Pour preuve, seulement pour le premier trimestre de l’année scolaire 2013-2014 en cours, on enregistre déjà 51 cas de grossesse à Gagnoa, 94 cas de grossesse à Abengourou, 2 cas de grossesse au Collège municipal de Tiémé (région du Kabadougou), 152 cas de grossesse à Bondoukou… C’est donc à une véritable «épidémie» de grossesse en milieu scolaire qu’on assiste en ce moment et contre laquelle les solutions proposées par les responsables de l’Education  nationale sont sans effet si ce n’est qu’elles incitent plutôt les « enceinteurs » à redoubler d’efforts.

Et face à cette situation, Kandia Camara, la première responsable du ministère de l’Education nationale, a sollicité à Bondoukou, le jour du lancement de cette campagne, l’implication de tous. «Je lance, a-t-elle dit, un appel solennel à tous et à chacun pour engager, de façon énergique, le combat contre ce fléau qui est désormais un fait de société ». Un fait de société? Bonne trouvaille de madame la ministre ! Et pourtant, «L’Eléphant» se souvient encore des menaces proférées par les champions de l’éducation nationale à l’encontre des auteurs (de l’enseignant en passant par l’élève et le gérant de cabine cellulaire) de ces actes irresponsables. «Tous ceux qui seront pris désormais seront sanctionnés sévèrement. S’il s’avère que c’est un professeur, il sera traduit en conseil de discipline et renvoyé de la fonction  publique. Il  en  va  de même pour tout autre fonctionnaire. Si l’auteur est un jeune élève, il sera  radié des effectifs de l’Education nationale. Quant aux autres auteurs, travailleurs du privé et sans emploi, ils seront traduits en justice, conformément aux dispositions adoptées» («Fraternité matin», 10/9), avait tonné Gondo Vincent, inspecteur général d’Etat au sein dudit ministère, le 09 septembre 2013 à Yamoussoukro.

Eh bien après ces menaces, les élèves filles, issus tant du primaire que du secondaire, ne cessent de contracter des grossesses. Pis, l’âge de ces porteuses de grossesse se situe aujourd’hui entre 8 et 21 ans. Selon Dr Ouattara Josephine Yéné, qui s’est exprimé sur RTI1 le 16/3, les « enceinteurs » de ces élèves sont repartis comme suit : Les élèves (40%),les enseignants (4%) et les autres (56%).

On peut dire qu’avec ce bon taux de grossesses pour cette moitié d’année scolaire, la ministre Kandia Camara a des accouchements  sur la planche!

N.K.

 

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 15:22

JUSTICE-0012.jpg

 

Détention de cannabis en vue de la consommation, tels sont les faits reprochés à Atta Charles Béranger. Agé de 19 ans seulement, il a été interpellé par la police des stupéfiants et drogues le 30/01 dans la commune de Yopougon et placé ensuite sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), le 03/02 en attendant de répondre de son acte devant le tribunal correctionnel. Il a donc comparu le 12/02 devant le juge répressif de ladite juridiction de Yopougon.

-Interrogé au Parquet, vous avez déclaré, rappelle le juge, «je reconnais les faits qui me sont reprochés ». Reconnais-tu les faits devant le tribunal ?

-Non, répond le prévenu.

-Mais pourquoi  as-tu reconnu cela au Parquet ?

-Je n’ai pas dit cela, rétorque-t-il.

-Donc, le procureur est un menteur ?

Le prévenu reste figé et garde le silence.

-Comment ça s’est passé ? Réplique la présidente.

-On m’a envoyé acheter du papier rame  et c’est comme cela que j’ai été interpellé devant le commissariat du 17ème Arrondissement.

-Monsieur le procureur, avez-vous des questions ?

-Oui, réagit-il. Comment, poursuit-il, de la Cité verte, vous vous êtes retrouvé aux environs du commissariat du 17ème Arrondissement ?

-La personne qui m’a envoyé se trouvait là-bas.

-Mais le papier rame, on peut le trouver ailleurs ? Et lui (la personne en question), il dit quoi ? Il n’est pas venu pour témoigner ?

-Non, il a informé mes parents de ma mise aux arrêts.

-Ce qui veut dire, fait remarquer la présidente, que ce n’est pas vrai. Tu fumes la drogue ? Redemande-t-elle.

- Non, persiste le prévenu.

-Allez-y, monsieur le procureur, avec votre réquisition.

-Il ressort des faits que les agents de la Direction de la police des stupéfiants et des drogues l’ont interpellé en possession de 12 grammes de cannabis. Devant les agents, il a reconnu les faits et devant vous, il déclare une histoire de papier rame. La personne qui l’a envoyé, selon ses dires, n’est pas venue pour témoigner en sa faveur. Nous disons que les faits qui lui sont reprochés sont établis. Vous voudriez bien le déclarer coupable et en répression, vous le condamnerez à 24 mois de prison et au paiement d’une amende de 100000 FCFA.

Après ce réquisitoire, le mis en cause est prié par la présidente de regagner  le box des accusés, juste le temps pour le tribunal de juger d’autres prévenus avant de le situer sur son sort.  Après quelques minutes d’attente insupportable, il est de nouveau convoqué à la barre.

-Vous êtes coupable, déclare le juge, mais on va vous laisser partir pour changer.

Emu par cette générosité inespérée du tribunal, l’adolescent a quitté la salle d’audience en exécutant un signe de croix. Certainement en guise de reconnaissance à Dieu.

 

Les prévenus connaissent des fortunes diverses devant le juge.

L’un s’appelle Ehouan Bilé Lazare  et l’autre se nomme Karamoko Sinaï. Le premier est accusé de vol de 26 cartons de beurre et le second, de complicité dudit vol. L’infraction reprochée aux prévenus a été commise dans l’enceinte d’une usine sise dans la commune de Yopougon, le 03/02. Pour répondre des faits mis à leur charge, ils ont également comparu devant le même juge.

Devant la présidente, le présumé auteur du vol, interrogé par celle-ci, n’a pas eu du mal à confesser son forfait.

-Je reconnais les faits, a-t-il avoué, en réaction à la question suivante du magistrat : «Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés devant le tribunal ?».

Quant à son acolyte, Karamoko Sinaï, questionné à son tour par le juge, il a déclaré :

-Je ne reconnais pas les faits de vol et de complicité de vol. Je ne savais pas, justifie-t-il, que c’était un colis volé. C’est après que je l’ai su.

-Quel service Ehouan Bilé Lazare  t’a-t-il demandé ?

-Il m’a dit ceci : « Comme tu sors vite de l’entreprise, tu vas prendre un colis pour moi et le soir à la descente, je vais récupérer ça avec toi.»

-Mais tu sais ce que la société fabrique?

-Je travaille (il est chauffeur) là-bas, mais je ne sais pas.

-Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ?

-Il (Ehouan Bilé Lazare) était en train de charger les cartons de beurre dans la voiture. Il faisait des va et vient et après, je l’ai vu revenir à la voiture avec un vigile.

-Mais est-ce que ces choses sortent habituellement de l’usine ?

-Habituellement ce sont les barriques. Je n’ai jamais pris de carton. Et au portail, les personnes propriétaires d’objets qui sortent de l’usine, présentent un papier aux vigiles postés là.

-Mais il dit que tu lui as dit de s’arranger pour ne pas qu’on te prenne.

-Non, je n’ai pas dit cela.

Après cette franche coopération du mis en cause, la présidente décide de convoquer la victime à la barre. Représentée par deux personnes, c’est le responsable de la sécurité au sein de l’entreprise qui se lève et se dirige à la barre.

-Et le monsieur assis là-bas, vous êtes ensemble ? Demande le juge, curieux.

-Oui, répond ce dernier.

-Venez à la barre. On veut vous entendre sur les circonstances du vol mais aussi en ce qui concerne la constitution de partie civile.

-Monsieur Diakité(le responsable de sécurité), qu’est-ce qui s’est passé ?

-On m’a appelé pour m’informer de ce qu’Ehouan Bilé vient d’être pris en flagrant délit de vol. Le chauffeur du car arrêté également, ils ont été gardés à l’usine et conduits le lendemain à la police.

Monsieur Soro, le second représentant de l’entreprise, répondant à la même question du juge, dit :

-Je confirme ses propos.

-Les deux prévenus, revenez à la barre! Monsieur Ehouan, vous dites que vous reconnaissez les faits ?

-Oui.

-Mais, c’est le seul chauffeur dans l’entreprise ?

-Non.

-Mais vous avez quelle relation particulière avec lui ?

-Je n’ai pas de relation particulière avec lui.

-Vous lui avez dit quoi alors ? Ou bien vous lui avez promis quoi ?

-Le prévenu reste de marbre.

-Les cartons étaient destinés à quoi ? Réplique le magistrat.

- A la vente.

-Tu sais ce qu’on fait avec ça (le beurre)?

-Je ne sais pas.

-Cela fait la quelle énième fois ?

-c’est la première fois.

-Quels sont ceux qui s’adonnent alors à ce vol au sein de l’usine ?

-Ce n’est pas moi, se défend-il.

-Monsieur le procureur, vous avez des questions pour les prévenus ?

-Non.

-Vous avez alors la parole pour votre réquisition.

-Pour sortir 26 cartons de beurre (illégalement) d’une usine, il faut de l’aide. C’est ainsi que monsieur Ehouan est allé vers Karamoko Sinaï pour qu’il lui facilite la sortie de ces cartons. S’il n’y a pas de doutes sur la responsabilité du principal auteur dans le vol, des doutes persistent quant à celle de Karamoko Sinaï, en tant que complice. Il dit qu’il ne savait pas que les cartons de beurre provenaient d’un vol. Nous requérons que vous déclariez Ehouan Bilé coupable du vol qui lui est reproché. En répression, vous le condamnerez à 12 mois de prison. Quant à Karamoko Sinaï, vous voudriez bien le déclarer non coupable pour complicité de vol.

 D’avis avec le réquisitoire du procureur, le tribunal, néanmoins plus clément, a infligé une sanction de 6mois de prison à Ehouman Bilé et le paiement d’une amende de 50000 FCFA.. Déclaré non coupable par le juge,  Karamoko Sinaï a été relaxé.

Noël Konan (L’Eléphant déchaîné N°234)

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 15:04

POLICE.jpgComme le dit l’adage, à malin, malin et demi. Quelles que soient les mesures qui seraient prises par le gouvernement pour endiguer le racket sous toutes ses formes,  des personnes à l’esprit ingénieux  trouveront toujours le moyen de les contourner.

 

On peut toujours s’arranger!

Courant octobre 2013, le gouvernement ivoirien, sous la signature de notre président, a pris un vigoureux décret interdisant à tout automobiliste de communiquer au volant, sous peine d’une amende de 10.000 Fcfa. «Le non-respect de cette disposition sera puni par le paiement d’une amende de 10mille FCFA. Cette interdiction concerne bien évidemment le téléphone et également le kit mains libres». Avait dit le porte-parole du gouvernement, l’immense Bruno Koné.  Cette loi a suscité beaucoup de grognes de la part des automobilistes, mais a revigoré certains de nos vaillants policiers. C’est que pour ces derniers, cette loi a été une bouffée d’oxygène pour arrondir sans coup férir, leurs fins de mois. 

« L’Eléphant» qui, on ne sait trop pourquoi, tombe toujours sur des hauts faits de racket quand il circule, a été encore témoin de ce genre d’événements.

C’était le 20 février dernier, dans la commune de Marcory, du côté d’un hôtel qui, après la chute de l’intrépide Gbagbo, a accueilli de célèbres futurs prisonniers. 

M. Adama D., confortablement assis dans son véhicule, reçoit un coup de fil. Sans se préoccuper outre-mesure des policiers qui écumaient l’endroit,il prend la communication. Mais il n’ira pas bien loin dans l’échange. Repéré rapidement par l’un des agents, il est prié d’immobiliser son bolide sur le côté. Il obtempère.

L’agent le rejoint et tout de suite un dialogue direct commence. « L’Eléphant », qui est justement au même endroit, ne rate pas un mot de la conversation.   

Le policier : «Bonsoir M.».

M. Adama D : «Oui, Bonsoir Chef».

Le policier : «Vous aviez le téléphone tout à l’heure au volant. Vous devez payer une contravention  de 10.000 FCFA.»

 M. Adama D, reconnaissant son erreur, va tenter de négocier.

-Comment on fait ? vous me donner une contravention pour que j’aille payer là où il faut, où bien on s’arrange; c’est entre nous.»

Le policier : «Bon donnez moi 5000 FCFA, et je vous laisse partir.»

M. Adama D : «Vraiment je n’ai rien sur moi présentement, je viens de régler un problème urgent. Il ne me reste que 1500 F en poche.»

Le policier, bon négociateur: «Ce n’est pas grave, il faut me donner ça. Parce que je ne suis pas seul. Vous voyez mon collègue qui est de l’autre côté de la voie, c’est lui qui vous a vu. Il m’a appelé de son téléphone portable   pour me dire que vous étiez en communication et que je me devais de vous arrêter. Il faille  bien que vous remboursiez  ses unités.»

M. Adama D : «Mais si je vous donne tout, je fais comment si j’ai un malheur en cours de route? Je vais vous donner 1000 F et garder les 500 FCFA.»

Le policier : «Pas de problèmes, c’est toujours bon à prendre.»

M. Adama D sort le billet de 1000 F et le remet au policier. Ce dernier s’empresse de l’empocher,  au vu et au su du pachyderme dont il ignorait les intentions.

Quelques temps plus tôt, la même scène s’est produite à Cocody, au feu du carrefour dit Saint Jean.

M. Agui P. attendant patiemment dans l’embouteillage, s’est mis à communiquer au volant de sa voiture. Manque de pot, il est pris par un policier sur les faits. Monsieur, il s’agit d’un flagrant délit. M. Agui est prié de remettre son permis. Mais il tente d’obtenir la clémence de l’agent. En vain !

Après avoir remis le permis de conduire, le malheureux descend de sa voiture et suit l’agent qui s’éloignait rapidement, direction, une allée sombre du petit marché de Cocody. Là, l’agent fait semblant de remplir un document et s’arrête dès qu’il entend M. Agui parler d’arrangement :

-je vais vous donner 5000 FCFA, la moitié de l’amande.

L’agent: «Non c’est peu, il faut augmenter un peu. Il faut mettre 1000 FCFA dessus.»

Marché conclu. Trois billets de 2000 FCFA changent rapidement de poche.  Aussitôt son permis lui est remis.

 

Jamais deux sans trois ! 

Très tôt le lendemain matin, 21 février, comme d’habitude depuis le démarrage des travaux de construction de l’échangeur de la Riviera II, l’embouteillage s’étend sur des kilomètres depuis  le feu de la Riviera Palmeraie jusqu’à celui de la Riviera Sainte famille.

Des policiers sont postés le long de la voie mais ils surveillent plus les automobilistes qu’ils n’essaient de faciliter la circulation. Racket oblige ! Soudain, on voit un policier sauter sur sa moto et se faufiler parmi les voitures arrêtées. C’est que de loin, l’agent avait aperçu un automobiliste en pleine communication téléphonique. Arrivé au niveau du coupable, il lui fait signe de la main de baisser la vitre. Bloquer dans la circulation, le coupable ne peut s’enfuir et n’a d’autre choix que d’obéir.  Aussitôt l’agent récupère le permis et s’éloigne. Un billet bien ajusté réglera le malentendu.    

 

Le Ministre avait été pourtant très clair !

Dressant le bilan des activités de son ministère pour l’année 2014, le Ministre de l’Intérieur, l’immense Hamed Bakayoko avait été pourtant très clair: «Dans les barrages, on embête les Ivoiriens, on leur prend de l’argent et on les fatigue. Je demande que la notion de barrage soit oubliée. Que les gens arrêtent de penser qu’on vient à la police pour aller dans un barrage pour se faire de l’argent. Cette approche est à proscrire définitivement. Les Ivoiriens seront fiers de nous si nous pouvons assurer leur sécurité et garantir leur liberté. Il ne faut pas dormir sur nos lauriers. Et ça et là, sous le prétexte qu’on doit contrôler l’interdiction du téléphone portable au volant, qu’on laisse les rues envahies par les barrages qui perturbent nos compatriotes. Ma vision, c’est qu’on peut assurer une bonne sécurité de nos concitoyens en garantissant leur liberté de mouvements ». («Le Patriote»,18/01).

On peut surtout assurer leur insécurité en privant l’Etat des ressources liées à l’interdiction du téléphone portable au volant…

José N’Goran (L’Eléphant déchaîné N°234)

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Published by tressia - dans Société
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