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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 11:14
Article publié le: 26 Juillet 2011 - Auteur: Propos recueillis par GUY TRESSIA - Source: Lebanco.net
Le Président de la Commission Dialogue-Vérité-Réconciliation (CDVR) a reçu en audience une délégation du Front populaire ivoirien conduite par son nouveau président intérimaire, Miaka Ourétto qu'accompagnaient Michel Amani N'guessan, Dano Djédjé, Mme Odette Lorougnon et bien d'autres membres du parti de Laurent Gbagbo. Le Premier ministre Charles Konan Banny a mis en confiance la délégation du FPI. A sa sortie, le président intérimaire du FPI s'est prêté aux questions de la presse. Ci-dessous ses propos.

Monsieur le Président intérimaire, vous êtes à la tête d'une forte délégation du Front populaire ivoirien (FPI), vous êtes venus échanger avec le Président de la Commission Dialogue-Vérité-Réconciliation, le Premier ministre Charles Konan Banny. Peut-on savoir de quoi vous avez parlé ?
Le Premier ministre Charles Konan Banny a été d'abord premier ministre de ce pays et en tant que tel, c'est un grand homme que nous sommes venus voir. Nous sommes venus lui rendre une visite de courtoisie. Aujourd'hui, il est investi d'une mission absolument importa nte et lourde pour notre pays. Il est le Président de la Commission nationale Dialogue-vérité-réconciliation. Et nous avons tenu à venir le voir pour que nous nous accordions sur la lourde mission qui est la sienne et que nous voyions à quel niveau nous pouvons nous impliquer. Comme vous le savez, le Front populaire ivoirien a dit, dès les premiers moments, quand nous sommes sortis de cette crise postélectorale, que nous nous engagions entièrement dans le processus de réconciliation. Aujourd'hui, où les choses commencent à avancer, comment traduire cela en des termes concrets ? Nous sommes donc venus rencontrer le Premier ministre pour voir, eu égard à ses approches, comment nous pouvons nous impliquer dans le processus. Et je crois pouvoir dire que nous nous sommes mis d'accord. Nous avons la même approche de vue, pour dire que notre pays traverse actuellement des moments très difficiles et c'est avec la volonté de tous les Ivoiriens, tout le peuple ivoirien que nous pouvons sortir de cette crise et aller à l'essentiel. L'essentiel, comment ensemble en tant que pays pauvre, nous pouvons relever les défis de la lutte contre la pauvreté, le défi de l'amélioration des conditions de vie de nos populations. Et pour cela, quelles qu'aient été les difficultés de la situation, nous devons transcender nos différences. A chacun de faire l'effort de panser la plaie de ces blessures pour que nous parlions un même langage et que nous regardions résolument l'avenir de notre pays pour que nous allions à la paix et à la réconciliation.

Est-ce que le FPI fait toujours de la libération de ses cadres un préalable à la réconciliation ?
Ça, ce sont des détails. Nous ne parlons pas de préalable. Nous n'avons jamais dit qu'il y avait un préalable. La réconciliation veut dire qu'il y a un ensemble d'entités qui sont en face. Et nous sommes heureux que le Président de la Commission Réconciliation ait dit qu'au-delà de l'aspect collectif de cette réconciliation, la responsabilité est d'abord individuelle. Parce qu'aujourd'hui il s'agit d'aller vers une sorte de catharsis, même si nous, partis nous endossons une certaine responsabilité, nous sommes des individus qui animons ces partis. La crise, ce sont les individus qui en portent les responsabilités. Il est bon que devant tout le peuple de Côte d'Ivoire, on prenne la parole pour dire que "moi en tant qu'individu, voilà ce que j'ai eu à poser comme acte, pourquoi j'ai posé cet acte, je le regrette ou bien je ne le regrette pas". Et comme, il s'agit de réconciliation, il faut regretter son acte pour qu'on le pardonne quand on sait que cet acte-là est mauvais pour la communauté à laquelle on appartient. Donc, poser comme préalable, la réconciliation, nous ne le posons pas. Nous disons que de fait, le processus de réconciliation engage tous les fils et les filles de ce pays. Et c'est ensemble que nous devons aller à la réconciliation.

Président, est-ce que le FPI va demander pardon ?
Le FPI se prononcera le moment venu. Cela n'est pas un sacrifice que le FPI ne saurait faire.

Propos recueillis par
GUY TRESSIA
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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 11:11
Article publié le: 28 Juillet 2011 - Auteur: Guy Tressia - Source: lebanco.info
Maillon très important dans le programme de société du Président Alassane Ouattara, la jeunesse aura ce que lui avait promis le Président de la République pendant la campagne électorale. Le financement des projets conçus par les jeunes ivoiriens va reprendre bientôt. Selon le communiqué de la Direction générale du FNS, publié hier, "le Fonds National de Solidarité pour la promotion d'emplois jeunes (FNS) invite les jeunes porteurs de projets âgés de 21 à 40 ans, vivant sur le territoire national, à s'organiser dans leurs localités respectives en vue du redémarrage très prochain des opérations de financement de projets". Qui s'appuiera sur des priorités, selon le même communiqué. "La priorité des financements portera sur les projets collectifs et précisément dans les domaines de l'agro-pastoral et de l'agro-industrie : fermes piscicoles, fermes avicoles, apiculture, embouche, unités de transformation des vivriers, unités de transformations de fruits etc.", précise le Directeur général, Konaté Siratigui. Seront concernés par cette opération, les projets en provenance de toutes les régions de la Côte d'Ivoire, à l'exception de la région des Lagunes qui fera l'objet d'un traitement spécial. Dans les jours à venir, "un autre communiqué indiquera les lieux de dépôts de dossiers", indique le communiqué. Du coup, l'on se souvient des promesses faites par le candidat du RHDP, aujourd'hui président. Face aux difficultés des populations et surtout à la misère du peuple, Alassane Ouattara s'est présenté comme un espoir. « J'ai parcouru toute la Côte d'Ivoire et partout j'ai vu les mêmes souffrances, les mêmes difficultés, les mêmes problèmes. Mais, je suis venu vous dire de ne pas vous décourager car j'ai des solutions», avait-il promis. Et les prémisses sont là. La jeunesse était au centre de ses préoccupations, elle va passer à la caisse bientôt pour se prendre en charge, à travers ses propres projets qui seront financés par l'Etat de Côte d'Ivoire.
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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 11:07
Article publié le: 28 Juillet 2011 - Auteur: GUY TRESSIA - Source: lebanco.info
Alaigne ou Alain Toussaint, conseiller en communication du Président déchu continue de mentir aux Ivoiriens et au monde entier. Au moment où il estime, depuis la France, que Gbagbo est en danger de mort à Korhogo, il est, le même jour, désavoué par Koné Katinan, porte-parole de Laurent Gbagbo. "Il ne faut pas sous-estimer la complexité de la situation du président Laurent Gbagbo, de son épouse Simone et de son fils Michel ainsi que de la soixantaine de personnalités également détenues. Nous estimons que le président Gbagbo est déjà à son centième jour de détention (mercredi 20 juillet) sans qu'il ait la possibilité de communiquer avec l'extérieur, avec ses avocats ou ses proches", dixit Alain (Alaigne) Toussaint, l'ivoiro-français qui est, selon ses intérêts du moment, plus Ivoirien que Français et vis-versa. Entre temps, Koné Katinan qui est sans doute en contact permanent avec le détenu de Korhogo annonce à tout le monde que "le président Laurent Gbagbo, depuis Korhogo, son lieu de détention arbitraire, suit avec la plus grande attention la situation politique de la Côte d'Ivoire en général et particulièrement celle du Front populaire ivoirien (FPI), le parti qu'il a fondé. Il se réjouit que, malgré les difficultés et adversités du moment, le FPI soit resté une maison solide qui a su garder le cap de la claire vision de sa responsabilité historique dans le combat pour la démocratie et la souveraineté de notre pays et de notre continent ; valeurs pour lesquelles il a créé le FPI. Il se félicite de l'extraordinaire mobilisation de tous les militantes et militants pour sa libération ainsi que de celle de tous les camarades et sympathisants arbitrairement privés de leur liberté". Comme pendant la crise, Alain Toussaint continue de mentir aux Ivoiriens et au monde. Pendant qu'on annonçait l'arrestation de Gbagbo, il disait le contraire. "Ce sont des rumeurs, Gbagbo n'a pas été arrêté. Je l'ai eu au téléphone, il y a tout juste un moment", avait-il dit pour encourager les combattants pro-Gbagbo à ne pas déposer les armes.
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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 10:55

À côté d'Alpha Condé, le général Nouhou Thiam (à dr.), arrêté le 19 juillet.  

 

Dans la nuit du 18 au 19 juillet, la résidence privée du chef de l’État a été attaquée par des groupes armés. Qui sont ces assaillants, et qui a des raisons d’en vouloir au président ? Récit d’une journée où tout aurait pu basculer.

Conakry, mardi 19 juillet, 1 heure du matin. Dans le quartier de Kipé, commune de Ratoma, non loin de la mer, un coup de feu déchire la nuit. Depuis que les militaires ont quitté le pouvoir, à la fin de 2010, ce genre de tirs isolés ne fait plus partie du quotidien. Pourtant, il ne surprend guère les riverains et les occupants de la résidence du président, Alpha Condé. En effet, la police et la gendarmerie, qui assurent désormais le maintien de l’ordre, ont souvent recours à des méthodes expéditives contre des braqueurs. Le tir est parti d’un groupe de militaires. Réunis sur la plage, ils attendent l’ordre d’attaquer le domicile du président, situé à 800 m de là. La veille, des soldats ont été arrêtés en possession d’armes qu’ils avaient camouflées dans des sacs de charbon, ainsi que de tracts fustigeant l’action politique d’Alpha Condé.

3 h 10. Le commandant Alpha Oumar Barry, alias AOB, ex-aide de camp du général Lansana Conté, descend d’un 4x4 militaire en provenance du quartier populaire de Bambeto, voisin de Kipé. Il est en tenue de camouflage. Derrière lui, un soldat porte son fusil-mitrailleur. AOB s’approche des deux sentinelles du poste avancé, à 100 m du domicile présidentiel, au carrefour de l’artère principale de Kipé et de la rue Hô-Chi-Minh. « Bonsoir les gars, on est ensemble », leur lance-t-il. Aussitôt, un autre 4x4, civil celui-là, arrive en trombe depuis la plage et s’arrête à 10 m du poste avancé. Des hommes en treillis, armés jusqu’aux dents, en descendent. Les sentinelles flairent le danger. L’une d’elles tire en l’air pour alerter ses camarades. Le compagnon d’AOB tire à son tour, visant un transformateur électrique. Le secteur est plongé dans le noir. C’est le début des hostilités. Les assaillants affluent par groupes de six à huit, les uns à pied, les autres à bord d’une demi-douzaine de 4x4.

La résidence privée d’Alpha Condé est située sur une pente. À sa gauche, une école privée. Entre cette école et la résidence, une trentaine de soldats dorment sous une tente. En face, derrière une maison inhabitée, un premier immeuble en construction, dont les assaillants prennent possession. Sur la droite, à côté de la demeure d’un couple d’expatriés, au carrefour où se trouve le poste avancé, un second immeuble en travaux sert également d’abri aux rebelles. Un groupe monte au premier étage. En ligne de mire, la résidence présidentielle, bâtie sur 400 m2 et sur trois niveaux. De leur abri, les assaillants distinguent nettement la fenêtre de la chambre d’Alpha Condé. Ils semblent bien connaître les lieux et savoir où tirer.

Le président s’est installé dans cette résidence au lendemain de son investiture, le 21 décembre 2010. Pour des raisons mêlant superstition et caprice, aucun des successeurs de Sékou Touré n’a souhaité résider à Sékoutoureya, le palais présidentiel, situé dans la presqu’île de Kaloum et bien mieux protégé. Ignorant les conseils des experts en sécurité, Alpha Condé a choisi Kipé : « Je suis un homme du peuple. C’est le peuple et Dieu qui me protègent », a-t-il expliqué un jour à un officier des Nations unies. Ses deux aides de camp ont pris leurs quartiers dans une maison annexe, jouxtant le garage à ciel ouvert où stationnent six véhicules, dont le Hummer jaune de campagne de l’ex-candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, parti au pouvoir).

Les commandants Moriba Camara et Mory Kourouma sont réveillés par les tirs de sommation. Promptement, ils distribuent des armes et des munitions à leurs hommes. Bérets rouges du Bataillon (d’élite) autonome des troupes aéroportées (Bata) et éléments de la garde rapprochée civile du président, ils sont une centaine. Alpha Condé est présent. Mais, pour des raisons de sécurité, il dort depuis quelques jours dans une autre chambre, moins exposée. Réveillé, il allume son ordinateur et regarde les images que lui renvoient les caméras de surveillance. La cour de sa résidence grouille d’hommes en armes. Très calme, il s’empare de ses trois téléphones portables et passe une série de coups de fil.

3 h 40. Une salve tirée par un lance-roquettes antichar fuse de l’immeuble en travaux et endommage la clôture de la demeure des expatriés. L’utilisateur de cette arme lourde, l’adjudant-chef mutin Lama, a manœuvré trop vite. La puissance de son propre tir lui arrache le bras droit. À l’intérieur de la résidence, les moyens de défense sont limités. « Nous n’avions que des fusils mitrailleurs AK 47 et des pistolets automatiques », assure Moriba Camara. Les assaillants, eux, utilisent des armes lourdes. Les deux aides de camp et les responsables de la garde civile rapprochée du président forment un bouclier humain autour du chef de l’État. La première dame est absente. Elle réside habituellement à Mafanco (commune de Matam), dans la première résidence de l’ex-opposant historique, non loin du marché principal de Madina. Les soldats font descendre le président au rez-de-chaussée et le font passer dans la maison annexe. Pendant ce temps, les tirs se concentrent sur sa chambre vide. L’objectif est clair : tuer Alpha Condé.

Voir la carte "Conakry : objectif Alpha"

3 h 50. Un obus de 20 mm souffle la fenêtre de la chambre. L’armoire est pulvérisée, une partie du plafond arrachée. Il n’y a pas encore de renforts. Le camp Alpha-Yaya-Diallo, situé à Gbessia, à quelques encablures de l’aéroport, n’est pourtant pas loin : à moins de dix minutes en pick-up. Certains évoquent une défaillance de communication, d’autres des complicités internes. Une chose est sûre : depuis que Condé a décidé de renvoyer tous les militaires dans les casernes, les procédures ont changé. « Avant de partir en intervention, les soldats doivent en avoir reçu l’ordre. Cette nuit-là, manifestement, certains généraux dormaient ou avaient volontairement fermé leurs téléphones portables », commente un diplomate à Conakry.

À 4 heures, constatant que leur attaque se heurte à une résistance « héroïque » – dixit Condé –, les assaillants changent de tactique. Un groupe monte au deuxième étage de l’immeuble en travaux et tire une roquette. Nouvelle cible : le portail d’entrée de la résidence. Au passage, Bakary Oulen Camara, l’un des fidèles gardes du corps du président, est tué. Un gros trou se forme à côté du portail. Avec leurs fusils à lunette, les rebelles tentent des frappes chirurgicales. La résistance ne faiblit pas pour autant, en dépit des blessés de plus en plus nombreux.

4 h 5. Une dernière salve touche la poudrière située dans la cour. Batourou Doumbouya, l’une des quatre jeunes femmes membres de la garde civile rapprochée présente sur les lieux, est atteinte aux jambes (elle sera évacuée deux jours plus tard sur Rabat) et il n’y a pas de médecin pour prendre en charge les blessés. Des deux fronts – en face et à droite de la résidence –, les tirs se concentrent toujours sur le portail et la chambre.

Des renforts arrivent enfin. Une colonne de pick-up chargés de dizaines de soldats du Bata fonce vers la résidence. De Kindia (à 135 km de Conakry), la deuxième compagnie du bataillon commando Samoroya se met en route. Alertés, les assaillants commencent à lâcher prise. Touché aux pieds, le commandant AOB est immobilisé à quelques mètres de la résidence. Au terme d’une course-poursuite, son véhicule sera retrouvé à Kaloum. Dans le coffre, des munitions, des fusils-mitrailleurs, un lance-missiles, un sac de riz, des amulettes et de la drogue. Il est 6 heures du matin. Le ratissage a déjà permis de capturer une dizaine d’assaillants et de découvrir deux morts parmi eux.

9 heures. Le président s’adresse à la nation, depuis son domicile ravagé. À ses côtés, Mohamed Saïd Fofana, le Premier ministre, presque tous les membres du gouvernement, ainsi que Rabiatou Serah Diallo, la présidente du Conseil national de transition (organe législatif provisoire), et Facinet Touré, le médiateur de la République. Le discours d’apaisement d’Alpha Condé tempère bien des ardeurs. Dans un pays marqué par des clivages ethniques, certains membres des principales communautés commencent déjà à s’accuser mutuellement, prêts à en découdre. Le général Nouhou Thiam, ex-chef d’état-major sous Sékouba Konaté, est appréhendé dans la matinée à son domicile. Il était en délicatesse avec le président depuis plusieurs mois. « Il m’a dit un jour devant témoins : “Toi, si je veux, je peux te bombarder, et il n’y aura rien”, indique Moriba Camara, l’aide de camp du président. On a été effectivement bombardés. »

Sept mois de crispations

Quelques jours à peine après son investiture, fin décembre 2010, le président Alpha Condé a été confronté aux premières manifestations de populations privées d’eau et d’électricité, et frappées de plein fouet par la hausse des prix des denrées alimentaires.

Au cours des derniers mois, organisations de la société civile, syndicats et surtout partis de l’opposition ont souvent critiqué des entraves à la liberté d’expression, l’absence de cadre de concertation et la volonté du pouvoir de reprendre le recensement des électeurs avant les législatives prévues pour la fin de 2011.

L’action du gouvernement de Mohamed Saïd Fofana peine à répondre aux exigences des Guinéens, et les attaques récentes du président Condé contre Papa Koly Kourouma, le ministre de l’Énergie et de l’Environnement, accusé d’incompétence, et contre Jean Marc Telliano, son homologue de l’Agriculture, soupçonné de malversations financières, ont ajouté au climat de crispation. Surtout parmi les Forestiers, communauté d’où ces ministres sont issus, tout comme Moussa Dadis Camara, l’ex-chef de la junte.

Cécile Sow, à Dakar

Midi. Au moment où la sécurité présidentielle croit avoir la situation en main et où le président reçoit des hôtes à sa résidence, dont Jean Graebling, l’ambassadeur de France, le commandant Sidiki Camara, ancien aide de camp de Sékouba Konaté, débarque, flanqué de cinq soldats. « De Gaulle », comme on le surnomme, offre ses services à la garde présidentielle. Celle-ci trouve la démarche suspecte et lui réclame son ordre de mission. Il n’en a pas. Le ton monte. S’ensuit une explication à l’arme automatique. Le garde du corps de François Lonseny Fall, le secrétaire général de la présidence, prend une balle à bout portant. Il décédera quelques heures plus tard. De Gaulle est mis aux arrêts. Ainsi que, plus tard, le lieutenant-colonel Mamadouba Bondabon Camara, le capitaine Mamadou Diallo et cinquante-deux autres militaires et civils. Parmi ces derniers, plusieurs figures de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti du principal opposant, Cellou Dalein Diallo – à Dakar au moment des faits –, dont son numéro deux, Oury Bah.

Pour Alpha Condé, pas de doute : c’était une tentative d’assassinat. Motif ? « Le président a asséché la plupart des circuits de corruption. Or, des chefs militaires favorisaient des contrats fictifs ou réels et pouvaient toucher jusqu’à 10 milliards de francs guinéens (environ 1 million d’euros) de commissions. D’autres trafiquaient sur les stocks de carburant et les importations de riz. D’autres encore contrôlaient des opérations d’achat d’armes, avec leurs cortèges de rétrocommissions », explique François Lonseny Fall, qui ajoute : « Il y a aussi des civils. Voyez en ville, beaucoup de chantiers sont arrêtés. Il y a eu des marchés surréalistes passés avec des entrepreneurs ou de pseudo-entrepreneurs. Et puis l’unicité des caisses de l’État et la sécurisation de la fabrication des billets de banque n’ont pas fait que des heureux. »

Il semble qu’Alpha Condé ait entrepris de s’attaquer à des « ennemis » – selon ses propres termes – qu’il a peut-être sous-estimés. Les cent quarante-sept impacts de balles, les trois cratères de roquettes, bien visibles sur sa résidence, sont là pour lui rappeler qu’avant lui, Sékou Touré qu’il a combattu, Lansana Conté dont il a été le farouche opposant, et Moussa Dadis Camara qu’il a vivement critiqué, ont échappé à des tentatives d’assassinat. Tous trois en sont sortis indemnes et ont été des dictateurs. Alpha Condé assure qu’il n’en sera pas ainsi de lui. Le déroulement de l’information judiciaire ouverte par le parquet de Conakry, que le collectif des partis politiques de l’opposition veut « indépendante », sera à cet égard suivi de près.

André Silver Konan, envoyé spécial à Conakry


 

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 13:13

Charles-ble-goude-a-gauche-avec-le-president

Ces deux-là (Goudé et Gbagbo) se sont enrichis dans les souffrances des entreprises

qui contribuaient à l'effort de guerre.

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On a connu la guerre et les efforts de guerre. Et, l'effort de guerre,  c’est la mobilisation sociale et industrielle visant à subvenir aux besoins militaires d'un État. Il affecte toute l'économie, surtout par une réorientation du système industriel vers la production, les achats d'armes ou de matériel nécessaire à la poursuite du conflit. Et des entreprises ivoiriennes ou étrangères exerçant sur le territoire de la Côte d’Ivoire ont fourni des efforts de guerre depuis 2002. 800 milliards d’armes achetées par Laurent Gbagbo et son pouvoir déchu. Elles en ont souffert énormément. Aujourd’hui, la guerre est finie. La Côte d’Ivoire est à l’heure de la réconciliation et de la reconstruction post-crise. Là aussi, il faut des efforts. Tout le monde devrait l’accompagner dans la reconquête de cette paix chère au père de la Nation ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny. Dès lors, «si nous sommes convaincus, alors nous sommes acteurs de cette réconciliation. Les entreprises ont été sollicitées pour participer à l’effort de guerre. Aujourd’hui, je voudrais que cet effort se transforme en effort de paix comme condition de retour de leur activité. La réconciliation, c’est de ramener la confiance au plan économique et social de sorte que la nation se reconstruise», a dit récemment Charles Konan Banny, Président la Commission "Dialogue-Vérité-Réconciliation". Et, à Albert Einstein de dire : "La paix n'est pas simplement l'absence de guerre, mais la présence de la justice, du droit, de l'ordre. Bref, du gouvernement". Un pays de droit a été promis par les nouvelles autorités ivoiriennes. Alors, aidons donc ce gouvernement du Président Ouattara à réussir la consolidation de la paix en Côte d’Ivoire.

GUY TRESSIA

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 12:56
Article publié le: 20 Juillet 2011 - Auteur: GUY TRESSIA - Source: Lebanco.net
Ouattara, attention à la révolution triomphante !

En décembre 1999, des militaires ont estimé que la situation en Côte d'Ivoire était intenable. Ils ont fait un coup d'Etat (justifié ou pas). Gbagbo est venu en 2000 par une révolution ; un soulèvement populaire pour dire non au général Guéi. Le coup était peut-être prémédité. Mais toujours est-il que le peuple est sorti pour revendiquer sa "victoire" ; la victoire de l'espoir, d'un lendemain meilleur. Et puis, Gbagbo a déçu les espoirs, allant jusqu'à refuser le verdict des urnes source de la récente crisepostélectorale. La "Révolution Orange" s'est mise en marche lentement, et surement. Malgré la puissance de feu des mercenaires et miliciens de Gbagbo, elle a triomphé. Le fils du Sergent-chef Koudou Zèpè a été capturé et assigné à résidence. Mais, au fait à quelle condition elle une révolution peut-elle triompher ? A cette question, Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, réfléchissant à l'expérience des révolutions de février et d'octobre 1917, a répondu: «C'est seulement lorsque ceux d'en bas ne veulent plus et que ceux d'en haut ne peuvent plus continuer à vivre à l'ancienne manière, c'est alors seulement que la révolution peut triompher». Le Président Ouattara ne devrait pas oublier cela. Il a été au pouvoir grâce à une révolution qui a triomphé de la dictature, il devrait partir.laissant un pays émergent "d'ici à l'orée 2020".

GUY TRESSIA
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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 12:54

ADO Arrivee President Paris 24052011 41

Yamoussoukro a commencé à jouer son rôle de capitale politique. Le premier Conseil de gouvernement (avant-hier) et le Conseil des ministres (hier) sous l’ère du Président Ouattara se sont déroulé à la Fondation internationale Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix dans la Cité des Lacs aux caïmans. Depuis l’ère Houphouët-Boigny, Yamoussoukro a été érigée en capitale politique et Abidjan est restée la capitale économique. Aujourd’hui, la ville natale du père de la Nation joue son rôle. Un bâtiment destiné aux députés est en finition. Le gouvernement s’est réuni à Yamoussoukro. Mais, la question est de savoir où vont résider les membres du gouvernement ? Ou bien vont-ils faire la navette chaque semaine pour les Conseils de gouvernement et des ministres ? Et jusqu’à quand ? Convoquer un Conseil des ministres ou de gouvernement sur le lieu de résidence des ministères et des ministres eux-mêmes n’est-il pas mieux financièrement pour l’Etat ? En tout cas, les déplacements hebdomadaires risquent de coûter. Parce qu’il faut compter avec le carburant pour les déplacements et l’hébergement…les frais de mission aux comptes de l’Etat, sans oublier les "divers" qui sont souvent plus importants que des chapitres officiels des dépenses. Yamoussoukro, capitale politique, cela suppose que les Cabinets ministériels, le Palais présidentiel, la Résidence présidentielle, le siège de l’Assemblée nationale et tout ce qui relève de la politique devraient se trouver sur place dans la ville aux caïmans. Espérons que tout soit mis en œuvre très rapidement pour que la capitale économique soit désengorgée.

GUY TRESSIA

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 12:26

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Ils ne sont battus pendant des décennies contre les pouvoirs en place. Ils avaient juré de faire de leurs pays des modèles de démocraties apaisées et de bonne gouvernance. Malheureusement, ils ont géré leurs pays avec tout le contraire de ce qu’ils  avaient dit étant dans l’opposition.

 

Si, dans certains pays, les opposants devenus présidents ont apporté une certaine démocratisation et une alternance au pouvoir, dans d’autres, les conséquences de leurs accessions au pouvoir sont la mal-gouvernance avec des pillages des biens communs, des conflits déclarés ou latents de confiscation des libertés et de non respect des Droits de l’Homme etc. Un des héritages des luttes pour le multipartisme et la démocratisation, c’est la génération d’«opposants historiques» devenus des présidents conspués. Parce qu’ils ont vite fait d’oublier, dès leur accession au pouvoir, les belles promesses d’opposants. Chaque pays africain a son combattant de la liberté, qui au prix de marches de protestation et d’exil forcé, s’est fait une place sur l’échiquier politique national voire international.  

 

LA COTE D’IVOIRE ET LAURENT GBAGBO

La majorité des Ivoiriens s’interroge encore  au sujet de Laurent Gbagbo. Qu’est-ce qui a pu détourner Laurent Gbagbo de ses belles idées de l’opposition ? L’ancien président de la République qui a été l'icône de l'opposition ivoirienne dès les années 1990 est parti du pouvoir par la force des armes, le 11 avril dernier. Contrairement à Abdoulaye Wade, Gbagbo n'a jamais voulu faire partie d'un quelconque gouvernement de Félix Houphouët-Boigny, le premier Président de la Côte d'Ivoire, ou d’Henri Konan Bédié, le successeur du "Bélier de Yamoussoukro". Le Front populaire ivoirien (FPI), le parti d'obédience marxiste-léniniste qu'il a fondé en 1982, a été le fer de lance de la contestation du pouvoir du «Père de la Nation». Pendant quasiment deux décennies, Laurent Gbagbo, qui n'aura pas de mots assez durs pour dénoncer le régime du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), s’est battu pour le pluralisme politique et la démocratie dans son pays. Il avait accusé Houphouët-Boigny -non sans raison- d'être un autocrate avant de s’identifier à lui. "Je suis un Houphouëtiste", a-t-il dit avant l’ouverture de la campagne présidentielle dernière. Il a même traité le PDCI-RDA, alors parti unique fondé par Houphouët-Boigny, de «vaste quiproquo où chacun croit trouver son compte». Mais dès qu'il accède à la magistrature suprême en 2000, dans des «conditions calamiteuses», comme il l'avoue lui-même, Docteur Laurent se mue en Mister Gbagbo. Sa sortie par la petite porte le 11 avril 2011, dans les conditions que l'on sait, est à l'image de la situation dans laquelle il laisse son pays après dix années passées à sa tête: désastreuse. La Côte d'Ivoire n'a jamais été aussi divisée. Les haines ethniques se sont exacerbées. Son économie, la première de l'Union économique et monétaire des états de l'Afrique de l'Ouest (Uémoa) est au bord de l'apoplexie. Les Ivoiriens se sont terriblement appauvris. Les droits de l'homme dont il devait être le champion n'ont jamais été autant malmenés. Quant à la corruption, elle n'a pas reculé. Bien au contraire. En mars 2009, les pages de la presse ivoirienne, dans sa grande majorité, fourmillaient de révélations sur de graves malversations, détournements et fraudes à grande échelle dans les télécommunications. Un secteur pourtant censé être régulé par l'Etat. En 2008, des poursuites avaient été lancées contre des «barons» de la filière café-cacao. Leur procès n'a jamais eu lieu. Pire, interrogé à la télévision nationale sur l'enrichissement soudain des dignitaires de son régime, Laurent Gbagbo a répondu tout de go: «La roue tourne. Il y avait des gens qui n'avaient rien et qui sont devenus brusquement riches. C'est pareil aujourd'hui. Mais il n'y a pas que mes proches qui volent». Le démocrate de 1990 n’a pas voulu respecter la volonté du peuple souverain de Côte d’Ivoire en novembre 2011. S’en suit la crise postélectorale qui a fait plus de 3050 morts et autant de portés disparus. Il est actuellement assigné en résidence à Korhogo, dans la Nord de la Côte d’Ivoire. De l’opposant prisonnier, il devient l’ex-président prisonnier.  

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LE SENEGAL ET ABDOULAYE WADE

La rue a fait reculer Abdoulaye Wade. Devant l'ampleur des manifestations du 23 juin dernier à Dakar et dans toutes les grandes agglomérations du pays, le chef de l'Etat sénégalais a décidé de retirer son projet de loi controversé. Ironie du sort. Abdoulaye Wade avait été surnommé par la presse sénégalaise, le «président de la rue», toujours «sublimé» dès qu'il se trouvait au milieu d'une foule, maître dans l'art de captiver un auditoire à coups d'«incantations oratoires». Concrètement, le projet de loi adopté le 16 juin 2011 en Conseil des ministres, et qui aurait du être voté par le Parlement, devait instituer un ticket présidentiel. Un président et un vice-président devaient être élus au suffrage universel. De plus, indiquait le porte-parole de la présidence, «si un ticket obtient 25% des suffrages exprimés, il remporte le scrutin dès le premier tour». En juin 2009, Abdoulaye Wade avait déjà modifié la Loi fondamentale sénégalaise en créant la fonction de vice-président -un poste resté vacant. Il comptait lui donner un visage sans consulter le peuple sénégalais, qui le soupçonne de vouloir se faire réélire avec peu de voix pour ensuite céder le fauteuil à son fils Karim. Le Sénégal était naguère souvent cité en exemple pour sa stabilité politique et sa démocratie. C'est l'un des rares pays africains où s'est opérée, ces dernières années, une transition démocratique sans heurt. Elle a eu lieu en 2000. Et son principal bénéficiaire est justement un certain Abdoulaye Wade. Après 26 ans passés dans l'opposition, il a battu dans les urnes l'ancien président Abdou Diouf. Vingt-six années qui ont permis à «Ndiobor», («lièvre», un animal réputé rusé dans le bestiaire sénégalais) comme l'avait surnommé Léopold Sédar Senghor, le premier Président sénégalais, de se forger un solide statut d'opposant historique. Abdoulaye Wade a été un opposant dur, agressif, parfois violent. Et qui a fait beaucoup de promesses. Il voulait changer le Sénégal, le démocratiser encore plus et mieux le gouverner. Son slogan de campagne, le «Sopi» («changement» en Ouolof, la principale langue du pays), est encore dans toutes les mémoires. En 2000, il a été élu dans l'euphorie et dans une liesse populaire sans précédent. Aujourd'hui, les Sénégalais se sentent floués. Ils reconnaissent de moins en moins l'homme qui leur avait promis la lune et les avait fait tant rêver. «Abdoulaye Wade était-il sincère quand il prônait dans l'opposition la démocratie, les droits de l'homme et la bonne gouvernance?», s'interroge Comi Toulabor, chercheur franco-togolais à l'Institut d'études politiques de Bordeaux et ancien rédacteur en chef de la revue Politique africaine. Doudou Diène, ancien ambassadeur du Sénégal à l'Unesco et fin connaisseur de la vie politique de son pays, semble en douter: «Abdoulaye Wade a été pendant des années membre de plusieurs gouvernements d'Abdou Diouf avant de démissionner et de se présenter comme candidat de l'opposition. Ce qui le décrédibilise quelque peu comme opposant historique.» Aujourd’hui, Abdoulaye a aussi dévié de sa ligne d’opposant historique du Sénégal.  

 

LA ZAMBIE ET CHILUBA

La lutte contre la corruption était aussi le cheval de bataille de Frédérick Chiluba, président de la Zambie de 1991 à 2001 et décédé le 18 juin dernier à l'âge de 66 ans. Jeune conducteur de bus et employé agricole devenu dirigeant syndical et opposant historique, il a remporté l'élection présidentielle en 1991 en faisant campagne pour le multipartisme et contre la gestion économique de Kenneth Kaunda, le père de l'indépendance, qui dirigeait le pays depuis 27 ans. En mai 2007, la Haute Cour de Londres a gelé les avoirs de Chiluba à Londres après l'avoir déclaré coupable de conspiration avec des conseillers pour le détournement de 46 millions de dollars (31,8 millions d'euros) de fonds publics. La Zambie avait intenté une action à Londres. Les fonds détournés y étaient blanchis dans deux sociétés passant par des comptes bancaires de la capitale britannique.

 

LA GUINEE-CONAKRY ET ALPHA CONDE

Autant de retournements de veste qui écornent l’image le blason de ces «héros». A moins qu'Alpha Condé qui, il y a sept mois, a été «démocratiquement» élu président de la Guinée-Conakry après avoir passé près de 40 ans dans l'opposition, ne le redore le blason de ces ‘’messies’’. Mais certaines nouvelles du pays de Sékou Touré, son premier président, laissent perplexes. Tout en reconnaissant que son gouvernement a créé «une nouvelle dynamique de progrès dans le pays», une coalition d'ONG locales guinéennes dénonce ses «dérives autoritaires».

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LA FRANCE ET FRANÇOIS MITTERRAND

Trahir les idéaux pour lesquels on s'est battu quand on était opposant n'est pas une spécificité africaine, tempère Comi Toulabor. Et de citer l'exemple de François Mitterrand en France: «Il avait promis de rompre avec la politique africaine de ses prédécesseurs, mais il n'en a rien été. Il voulait également en finir avec le capitalisme. Non seulement il y a renoncé très vite, mais il a fait de Bernard Tapie, l'incarnation la plus vulgaire du fric facile et mal gagné, par un ministre de la République.» Mieux, à la dernière campagne présidentielle française de 2007, Nicolas Sarkozy a dit à Sogolène Royal la candidate socialiste : "La dette de la France date d’il y a 25 ans". Et il y a 25 ans, c’était les socialistes conduits par François Mitterrand qui étaient au pouvoir. L’écrivain Jean Montaldo n’a pas manqué d’écrire ses livres intitulés "Mitterrand et les 40 voleurs" et "rendez l’argent de l’Etat". Deux livres qui ont un boom en 1995. Et pourtant, dans les années 1970 avant d’accéder au pouvoir Mitterrand avait désavoué la Constitution française en écrivant son fameux livre "L’abeille et l’architecte" qui promettait le quinquennat à la place du septennat. Il a lui-même gouverné pendant deux septennats.  

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Guy Tressia

 

ABSENCE DE CONTRE-POUVOIRS ?

Pour Comi Toulabor, le phénomène est plus accentué dans les pays africains parce qu'il n'y existe pas de véritable contre-pouvoir. «Les institutions censées jouer ce rôle -le Parlement, la Cour constitutionnelle, la Cour des Comptes.- sont soit inexistantes, soit trop faibles, soit totalement inféodées au pouvoir. De sorte que, l'ivresse du pouvoir aidant, les opposants, dès qu'ils goûtent à ses délices, ont tôt fait d'oublier leurs belles promesses». «Il est très important dans une démocratie que les institutions soient fortes. Comme il est tout aussi important qu'il y ait un équilibre dans la force des institutions. Pour cela, nous devons nous inspirer de l'exemple des Etats-Unis, avec une justice et un parlement totalement indépendants et forts», renchérit Doudou Diène.

GT

 

LE «SYNDROME DE L’OPPOSANT HISTORIQUE»

Le problème est qu’une fois installé dans le fauteuil tant convoité, nos « leaders de l’opposition » rejouent le scénario de ceux qu’ils auront longtemps combattu. Népotisme, gabegie, et surtout soif de pouvoir font alors verser des larmes amères à leurs partisans qui voient les promesses et grands serments d’hier jetés aux oubliettes. Ces chantres de la démocratie deviennent les pires ennemis de la liberté d’expression. Ils sont prêts à faire autant de mandats voire à mourir au pouvoir et surtout, ils font vivre à ceux qui sont à leur place d’hier, c’est-à-dire les opposants, pire que ce qu’ils auront eux-mêmes traversé. Alors, devons-nous prier pour que Dieu nous protège des « opposants historiques » ? Oui, en tout cas, au vu de ce que nous montrent Gbagbo et Wade (qui malgré la maladie et ses 85 printemps, s’accroche), on se demande si on n’a pas plutôt intérêt à garder nos bons vieux despotes. Avec eux au moins on sait à quoi s’en tenir !

« Le statut d'opposant historique ne garantit pas une équité et une gestion démocratique du pouvoir. En politique, la notion d'éthique me paraît essentielle. Une éthique qui doit être analysée au travers de paramètres bien précis. Comme par exemple la manière dont un opposant gère son propre mouvement politique»,  selon Doudou Diène. Mais, comme l’homme vit d’espoir, nous allons quand même laisser le bénéfice du doute aux nouveaux-présidents-anciens-opposants-historiques. En effet, il y a quelques mois, la Guinée a récompensé le combat du Pr Alpha Condé, les nigériens ont élu Mahamadou Issoufou, qui s’est présenté à toutes les élections du temps de Tandja. Ces deux peuples, riches de ressources naturelles et pauvres parmi les plus pauvres de la planète, ont donc choisis de confier leur destinée à deux hommes qu’ils connaissent et dont le combat pour la justice et la liberté a duré des années. Il ne nous reste plus qu’à prier qu’ils nous fassent oublier les expériences malheureuses et que sur la page blanche qui vient de leur être remise, ils écrivent une histoire nouvelle, un demain plus beau pour ceux qui ont mis en eux leur dernier espoir.

GUY TRESSIA

Sources : slateafrique.com, lebanco.net et wikipedia.org

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 13:23
Côte d'Ivoire : le Synappci dénonce la "scandaleuse" inculpation de journalistes pro-Gbagbo
Article publié le: 28 Juin 2011 - Auteur: Par André Silver Konan(jeune afrique) - Source: Jeuneafrique.com
Après l'inculpation de quinze personnalités - dont des journalistes proches de Laurent Gbagbo - par la justice ivoirienne, la réaction du syndicat de la presse privée ne s'est pas fait attendre. Par la voix de Guillaume Gbato, son secrétaire général, le Synappci a jugé la décision "scandaleuse".

« L'inculpation de certains journalistes est scandaleuse », selon Guillaume Gbato, le secrétaire général du Syndicat national de la presse privée de Côte d'Ivoire (Synappci), réagissant après mise en accusation, ce week-end, par la justice ivoirienne de quinze personnalités proches de Laurent Gbagbo.

Vendredi dernier, le parquet du Plateau (Abidjan) a inculpé quinze personnalités du camp Gbagbo et placé celles-ci « sous mandat de dépôt », selon le procureur de la République Simplice Kouadio Koffi. Parmi eux, deux journalistes et un cameraman, ainsi que Simone Hué Lou, directrice générale adjointe de la Refondation (société éditrice de Notre Voie, journal du parti de Gbagbo) et Franck Anderson Kouassi, ex-président du Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA).

"Bandes armées"

Ces journalistes, ainsi que les autres personnalités proches de Laurent Gbagbo visées, sont mis en cause pour des « infractions contre l'autorité de l'État, atteinte à sa souveraineté, constitution de bandes armées, infractions contre les biens commises au préjudice de l'État et des institutions financières publiques ou privées », précise le procureur de la République.


« Les chefs d'accusations sont fantaisistes et font croire qu'il n'y a pas eu d'enquêtes préliminaires sérieuses », s'emporte Guillaume Gbato.

« Peut-on me prouver qu'un simple journaliste comme Armand Bohui, qui représentait notre syndicat au sein du Conseil national de la presse [CNP, organe de régulation de la presse] a pu constituer une bande armée, ou qu'un cameraman de la RTI [Radiodiffusion télévision ivoirienne, média d'État] comme Germain Guézé, qui n'a fait que faire des films remis à la disposition de sa hiérarchie, est impliqué dans des détournements de fonds publics ou privés ? » s'interroge le secrétaire général du Synappci.

Mascarade

Guillaume Gbato précise, à propos de Norbert Gnahoua Zibrabi, ancien directeur de publication du journal pro-Gbagbo L'Oil du Peuple et ex-conseiller technique du président déchu, « [qu'] il ne gérait aucun fonds qui pouvait lui permettre d'être considéré comme un acteur majeur de la crise postélectorale ».

Gbato dénonce ainsi une « mascarade » et déclare que « ces journalistes ont été inculpés pour la simple raison qu'ils se sont retrouvés à l'hôtel La Pergola [où sont en résidence surveillée, plusieurs personnalités du camp Gbagbo, depuis la chute de l'ex-chef d'État en avril dernier] pour se mettre en sécurité ou suivant les conseils de l'Onuci [Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire, NDLR] ». « On cherche tout simplement des boucs-émissaires à emprisonner », conclut-il.

Par André Silver Konan(jeune afrique)
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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 20:15

FRCI

 

Ça grogne dans les partis politiques. Chez les FRCI aussi. Mais là, ça risque d’être une bombe. Car en 2002, les "Zinzin" et "Bayéfouè" (des soldats ivoiriens) ont pris les armes pour une mutinerie. Parce que mécontents de leurs situations. Puis c’est devenu une rébellion qui a coupé la Côte d’Ivoire en deux (2). Grâce à la Force militaire française, Laurent Gbagbo a pu conserver une partie du territoire. Les "Zinzin" et "Bayéfouè" sont devenus Forces armées des forces nouvelles (FAFN), après le dialogue inter-ivoirien de Linas-Marcoussis en France. Aujourd’hui, l’équation : "Zinzin", plus "Bayéfouè", plus FAFN, plus volontaires, plus prisonniers libérés, plus FDS ralliées… a produit les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Ils ont combattu et dégagé le dictateur Laurent Gbagbo… sans salaires. Alors, place au racket et aux dérapages sécuritaires. Il y a trop d’éléments incontrôlés. Ils attendent leur part du gâteau. Les populations se plaignent. Certains éléments des FRCI qui détiennent des armes de guerre ne connaissent pas leur sort après la formation de l’Armée définitive. "Actuellement, ça grogne en notre sein. Nous les volontaires, on en a marre. Nous allons nous révolter", disent-ils. En face, ils reçoivent en contrepartie des menaces du Commandant Wattao. Les conditions de vie misérable, ça pète toujours aux visages des dirigeants. Attention à cette bombe à retardement appelée FRCI!

GUY TRESSIA

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