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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 08:48
Audience de confirmation des charges-L’ordre de Divo va-t-il tuer Gbagbo ?

Dans notre édition N°131 datée du 22 février 2013, exploitant les informations d’une source proche de la Cpi, nous avions titré : « CPI : Voici l’arme fatale cachée par Bensouda ».

La stratégie du Bureau du Procureur de la Cpi, c’est d’arriver à convaincre les juges de la Chambre préliminaire en charge du dossier de Gbagbo, que celui-ci a mis en place, avec ses soutiens, un « plan commun » pour confisquer le pouvoir avant même le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2010.

Dans notre édition N°131, nous écrivions que la procureure Fatou Bensouda considérait le discours tenu par Laurent Gbagbo à Divo, le 27 août 2010, à la faveur de l’installation de la « CRS » dans cette ville après les violences y survenues en raison des radiations sur la liste électorale, comme l’un des éléments avant-coureurs de la mise en œuvre du « Plan Commun ».

Au point « 96 » de ce nouveau « Document », Fatou Bensouda cite les propos tenus par Gbagbo vis-à-vis des policiers au cours de cette cérémonie: «Avant la crise post-électorale, GBAGBO a dit à ses forces d’agir sans réfléchir, de ne pas remettre en question la légalité des ordres émanant de leurs supérieurs et leur a laissé entendre qu’elles ne seraient pas sanctionnées quelles que soient les mesures qu’elles prendraient… »

Selon notre source, « si les juges tiennent compte de cet élément, les choses pourraient très mal tourner pour Laurent Gbagbo… »

Lire en encadré, ces propos qui pourraient tuer l’intrépide Gbagbo. Ses avocats et lui ont sans doute déjà réfléchi à une explication imparable.

«93. Cinquièmement, lors des fréquentes réunions susmentionnées, les participants ont délibérément évité de débattre de la nécessité de mettre un terme au massacre généralisé des civils et ce, malgré les avertissements de la Haut- Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme adressés à des haut gradés des FDS et en dépit des critiques largement diffusées dans les médias visant les forces pro-Gbagbo. Les FDS ont nié à plusieurs reprises toute responsabilité pour les crimes commis lors de la crise post-électorale et aucune véritable enquête interne sur les personnes portant la responsabilité de ces crimes n’a été menée. Au contraire, les forces pro-Gbagbo ont à maintes reprises entravé les activités de l'ONUCI, y compris les tentatives d’enquêtes sur les allégations de violations aux droits de l'homme menées par sa Division des droits de l'homme.

94. Le 7 janvier 2011, soit une semaine après la notification des avis de la Haut-commissaire des Nations Unies, GBAGBO a créé une Commission Internationale d’Enquête dont le mandat était « de faire la lumière sur les infractions portant atteinte aux Droits de l’Homme » survenues depuis le 3 novembre 2010. La commission avait un mois pour exécuter son mandat. Le 16 février 2011, le Président de la Commission, Adolphe Kadjo DJIDJI, a soumis le rapport provisoire à l’attention, notamment, du Ministre de l’Intérieur afin d’obtenir ses observations et commentaires sur ledit rapport. Le rapport fait à peine plus d’une page. Un seul incident identifiait les FDS comme auteurs présumés. A titre d’exemple, la seule mention de violations alléguées pour l’attaque du 16 décembre 2010 (la marche sur la RTI) est une référence à la mort d’un civil et aux personnes blessées lors du saccage du siège du PDCI-RDA à Cocody et à l’extorsion de fonds de militants du RHDP arrêtés et détenus à des postes de police. Aucune mention n’est faite au sujet des nombreuses victimes civiles mortes et blessées dans les différentes communes et quartiers d’Abidjan ou encore, le rapport ne précise pas l’identité des auteurs présumés des crimes commis lors de la marche sur la RTI.

95. Le 23 février 2011, le Commandant Supérieur de la Gendarmerie fait parvenir ses observations et commentaires sur le rapport de la Commission à l’attention du Ministre de la Défense. Il est précisé que ces accusations graves rapportées par la Commission contre les FDS sont dénuées de tout fondement, et qu’il serait plutôt souhaitable que les victimes portent plainte « devant les services juridiques compétents » en apportant les preuves de leurs accusations contre les FDS. Les conclusions provisoires de la Commission ont ainsi été rejetées et elles n’ont pas fait l’objet de véritables enquêtes internes.

96. Avant la crise post-électorale, GBAGBO a dit à ses forces d’agir sans réfléchir, de ne pas remettre en question la légalité des ordres émanant de leurs supérieurs et leur a laissé entendre qu’elles ne seraient pas sanctionnées quelles que soient les mesures qu’elles prendraient : « […] votre rôle n’est pas un rôle d’analyse, de réflexion, votre rôle est un rôle pour mater tous ceux qui sont contre la République, tous ceux qui sèment le désordre. […] Si un soldat, un policier, veut se mettre à réfléchir comme son chef, il n’y a plus d’armée. […] S’il y a des erreurs qui sont commises, nous on règlera ça ». De plus, les autorités judiciaires militaires elles-mêmes ont rassuré les FDS dans des Réquisitions aux fins d’enquête que « toute riposte à une attaque dirigée contre eux constituerait une légitime défense ».

97. Cette volonté récurrente de ne pas intervenir malgré les meurtres de civils, largement dénoncés par les médias, démontre également que GBAGBO et son entourage immédiat cautionnaient ces attaques. Du reste, ces attaques n’étaient pas sans précédent : pendant le conflit de 2002 à 2004, les forces pro-Gbagbo auraient commis le meurtre de civils. En mars 2004, les forces de GBAGBO ont réprimé, avec l’usage des armes, des manifestants qui protestaient contre lui.

Personne n’a été puni suite à ces crimes. GBAGBO et son entourage immédiat ont ainsi créé et perpétué une culture d'impunité parmi les FDS, ce qui a contribué à la commission des crimes lors de la crise post-électorale.

98. Sixièmement, même après son arrestation en avril 2011, GBAGBO et son entourage immédiat n’ont jamais renoncé au pouvoir et ont continué d’ordonner des mesures destinées à la mise en œuvre de la Politique. Malgré l’arrestation de nombreux de ses membres, dont GBAGBO, l’organisation a poursuivi la Politique en prenant, au moins jusqu’au 8 mai 2011, des mesures en vue de reconquérir coûte que coûte le pouvoir.

7. FAITS EN CAUSE AU REGARD DES CRIMES REPROCHÉS

1. Premier événement : attaques liées aux manifestations devant le siège de la RTI (du 16 au 19 décembre 2010)

99. Le 16 décembre 2010 au matin, les partisans de OUATTARA, des civils non armés, se sont rassemblés en grand nombre dans différents quartiers d’Abidjan pour se diriger vers les locaux de la RTI à Cocody pour installer le nouveau directeur général de cette institution nommé par OUATTARA. Le contrôle de la RTI en tant que principal moyen de diffusion d’information était crucial sur le plan stratégique. La RTI soutenait le LMP depuis des années et diffusait des programmes au soutien de GBAGBO. Les alliés de GBAGBO s’en servaient aussi pour diffuser des messages de haine entre autres contre des groupes ethniques, politiques, religieux et nationaux perçus comme favorables à OUATTARA, ce qui a alimenté et exacerbé les tensions. GBAGBO et son entourage immédiat s’étaient également engagés dans une «bataille médiatique » visant à nier, auprès de l’opinion publique, tout soutien populaire en faveur de OUATTARA. Les éléments des FDS, dont les forces armées, la police, la gendarmerie, le CECOS et la GR, appuyés par les jeunes pro-Gbagbo, des miliciens et des mercenaires, ont réprimé cette manifestation dans la violence ; violence que les forces pro-Gbagbo ont continué à infliger contre les personnes perçues comme pro-OUATTARA dans divers quartiers d’Abidjan entre le 16 et le 19 décembre 2010. Pendant ces quatre jours, les forces pro-Gbagbo ont tué 45 personnes au moins, en ont blessé grièvement 54 autres au moins et ont violé 16 femmes et jeunes filles au moins. Il s’agissait de victimes civiles.

100. Les éléments de preuve recueillis montrent que la répression de cette marche avait été planifiée et organisée par GBAGBO et son entourage immédiat. Le jour avant la marche, le chef d’état-major avait convoqué une réunion avec le haut commandement des FDS afin de discuter des instructions qu’il avait reçues de GBAGBO, notamment d’empêcher les manifestants d’atteindre la RTI et des mesures qui devaient être prises en vue de la manifestation annoncée. Les forces armées, la gendarmerie, le CECOS et la police devaient être positionnés dans le périmètre de la tour de la RTI et dans d’autres quartiers d’Abidjan pour empêcher la « libération » de celle-ci par les partisans de OUATTARA et disperser les cortèges de gens qui se rassemblaient, pour faire route jusqu’à la RTI. Les troupes ont reçu l’ordre d’« empêcher tout accès à la RTI ». Le chef d’état-major général des forces armées a confié la coordination des opérations relatives à la manifestation au Directeur Général de la Police Nationale, le général M’bia BREDOU. Le chef d’état-major a tenu GBAGBO informé de l’évolution de la situation sur le terrain. »

Le discours de Divo

«(…) En 1944, en France, c’était comme ici. Notre guerre est finie, mais elle n’est pas totalement finie. En France, l’intention de De Gaule en créant en 1944 la CRS, c’était de se battre contre les semeurs de troubles, contre l’insécurité.

La CRS a donc été créée pour se battre contre le désordre. Vous, vous êtes des policiers, vous n’êtes pas des juges. Votre rôle est de faire en sorte que la République vive, que l’autorité républicaine vive ! Vos ennemis, ce sont tous ceux qui sont contre la République.

Tous ceux qui veulent installer la chienlit, le désordre. Tous ceux qui veulent troubler les élections. Battez-vous contre le désordre, contre la chienlit. Ne réfléchissez pas, ce sont les juges qui réfléchissent. Vous êtes des combattants du respect de l’ordre public et on ne vous demande pas de réfléchir, ce n’est pas votre rôle. Votre rôle, c’est de mater, mater. S’il y a des dégâts, les juges rétabliront tout. La République se construit avec les Forces de l’ordre, avec les forces de combat.

Moi, j’ai les bras de la République. Quand le moment arrive pour que je lance mes bras, je les lance. Je vous ai envoyés ici parce que l’ordre est trop souvent troublé à Divo.

Matez tous ceux qui sèment le désordre et après on réfléchira. Matez, matez tous ceux qui sont contre la République.

Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers. Votre rôle n’est pas de réfléchir comme les juges. Ce sont les commissaires qui réfléchissent à votre place. Vous, votre rôle, c’est de mater, de mater. Mon père me disait, quand tu es dans l’armée, tu ne dois pas réfléchir trop, tu dois taper, taper. Le policier ne doit pas réfléchir. Il doit taper et s’il y a des erreurs, s’il y a des problèmes, nous allons arranger. Je vous ai envoyés ici à Divo pour que ceux qui sont contre la République soient tapés, soient matés. Pourquoi il y a toujours des troubles ici? Je vous ai envoyés ici pour mettre fin à ces troubles...»

Source : « L’Eléphant Déchaîné » N°253

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 09:57
Tribalisme et népotisme en Côte d’Ivoire- Soro Guillaume va-t-il renverser Alassane Ouattara?

Décidément, sa majesté Soro Guillaume V (Ministre de la Communication (1er boulot), ministre de la Reconstruction, Premier ministre, Premier ministre de la Défense, président de l’Assemblée nationale) étonne de plus en plus le monde des vivants.

Après sa mésaventure dans une sombre opération de réconciliation au Burkina Faso où il s’est attiré la colère de la jeunesse de ce pays qui lui en a balancé des pas belles, le voilà qui sillonne en ce moment, en « apôtre de la paix », une zone réputée pro-Gbagbo. La région de l’Agnéby-Tiassa. Pourquoi ne sillonne-t-il que les zones réputées pro-Gbagbo ?

En août 2013, dans la région du Gôh, il avait, malgré l’hostilité des populations, délivré un message qui avait énervé plus d’un pro-Gbagbo de Gagnoa : « (…) la paix, ça permet à nos enfants d’aller à l’école. La paix, ça permet à des enfants de pauvres demain de devenir des ministres, des premiers ministres, des présidents d’Assemblée, puisque moi-même qui vous parle, je suis un enfant de pauvre. Je ne suis pas né avec une cuillère en or. C’est parce qu’il y a eu la paix que j’ai pu avoir ma chance..»

Dano Djédjé et autres, qui s’opposaient à cette tournée dans la région du Gôh, ont dû apprécier…la provocation.

Dans l’Agnéby-Tiassa, Soro Guillaume s’est insurgé, on se demande bien pourquoi, contre le rattrapage ethnique qui sévit dans son pays. «Dans ce pays là, on sait comment les gens font maintenant, ils nomment leurs frères et leurs cousins». Des gens nomment leurs frères et leurs cousins dans ce pays ? En dehors du palais présidentiel où on trouve quelques célèbres exemples, on ne voit vraiment pas de quoi parle Soro Guillaume. Il devrait faire vraiment attention à ce qu’il dit !

Et puis, on se souvient des mots "xénophobie, exclusion, injustice, etc." qui étaient des mots à combattre et qui ont fait prendre les armes à Soro Guillame et ses camarades du MPCI. Ils attaquèrent la Côte d’Ivoire le 19 septembre 2002. Finalement, ils réussirent à diviser la Côte d’Ivoire en deux. Une au Nord exclu et l’autre au Sud favorisé par les pouvoirs d’Abidjan, selon eux.

Critiquer ainsi notre président, c’est pas juste ! Il avait bien épousé les causes et les méthodes de lutte de la rébellion contre les maux "xénophobie, exclusion, injustice, etc." Alors, s’il ne comprend pas le message que lui lance l’homme de la rébellion contre Gbagbo et avant lui contre Bédié, le tribalisme et le népotisme que critique, aujourd’hui sous son régime, Guillaume Soro, risquent de l’emporter, lui aussi !

Guy TRESSIA avec L’Eléphant déchaîné N°252

Tribalisme et népotisme en Côte d’Ivoire- Soro Guillaume va-t-il renverser Alassane Ouattara?
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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 10:26
Pénurie d’imprimés pour permis de Conduire- Gaoussou Touré accusé par des acteurs du secteur

«On ne va pas à l’émergence avec la force»

La réforme du transport qui tarde à voir le jour et qui est aujourd’hui à la base de nombreux problèmes dont celui de la lenteur dans la délivrance du permis de conduire et les prix pratiqués sur le pont à péage de l’autoroute du Nord, ont constitué les points saillants du point de presse animé hier, 15/05 dans la commune de Yopougon, par le responsable du Syndicat national des moniteurs des autos-écoles de Côte d’Ivoire(Synamaeci), Cissé Lamine. Faisant l’état des lieux de cette situation de blocage dans le transport, il a expliqué qu’ «il n’y a plus de support pour produire le permis de conduire au point où les Ivoiriens sont en train de perdre leur emploi. On se rend compte aujourd’hui que le super ministre des Transports, monsieur Gaoussou Touré, a pris une note qui date d’octobre 2013 dans laquelle, il portait à la connaissance du directeur général de l’Imprimerie nationale de France que la commande des supports de production du permis de conduire national, format carte de crédit, sera désormais assurée par la Société nationale des transports terrestres(Sonatt) en lieu et place d’Interflex. Dans cette note, le ministre qui était en parfaite harmonie avec la Sonatt, lui a donné le pouvoir de commander les supports de production du permis de conduire pour les mettre à la disposition d’Interflex. Ce qui a fait qu’Interflex ne pouvait plus passer de commande et le stock qu’il avait est épuisé. Et comme le ministre veut dissoudre la Sonatt, il ne veut plus aussi lui donner des ordres pour commander ce support et le mettre à la disposition d’Interflex pour satisfaire les Ivoiriens. Voilà ce qui se passe aujourd’hui au ministère des Transports». Pour Cissé Lamine, «ce sont 25 mille permis de conduire qui sont en souffrance aujourd’hui. On a voulu entamer une grève le lundi 12 mai mais nous avons été approchés par des autorités de ce pays pour qu’on sursoie à notre mot d’ordre de grève. On est passé à la télévision, au journal télévisé de 20 heures pour faire une déclaration de suspension de ce mot d’ordre de grève. On est dans quel pays? Il faut que le président de la République prenne ses responsabilités. L’Administration, c’est une continuité. Le ministre des Transports ne peut pas prendre le pays en otage avec sa réforme. Il doit laisser les concessionnaires travailler librement». Konaté Laciné dit Matchè, le président du Bien-être des employés et auxiliaires de transport en Côte d’Ivoire(Beatci), présent à ce point de presse a, pour sa part, révélé que ce problème de blocage dans la délivrance des permis de conduire est aussi dû à un problème de personnes entre le ministre Gaoussou Touré et certains responsables des structures placées sous sa tutelle et qu’il a nommés. «Nous, a-t-il déclaré, on n’a rien à voir dans leur problème de personnes, la population n’a rien à voir là dedans». Abordant l’actualité du moment, c’est-à-dire l’effectivité du péage sur l’autoroute du Nord, ils se sont montrés un peu réservés sur cette question. «Nous devons être au parfum des décisions de nos autorités. Nous devons être associés à ces décisions. Il faut alléger la souffrance des populations et nous tenons à exprimer notre mécontentement à l’Etat. Ce qui a été décidé n’est pas fait pour arranger les populations. Nous demandons à l’Etat de se fier à l’exemple des autres pays voisins. On ne va pas à l’émergence avec la force».

Message transmis à notre président !

Noël Konan (in L’Eléphant déchaîné N°252)

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 10:10
Côte d'Ivoire- Pourquoi les prix des médicaments augmentent ? Les 3 raisons selon L’E.D N°252

Ces dernières semaines, plusieurs journaux ivoiriens ont relayé l'information selon laquelle les prix des médicaments dans les officines pharmaceutiques seraient en hausse. Dans une enquête du journal «Soir Info», on apprend que l'ampoule de l'amikacine est passée de 2960 francs à 3500 francs Cfa dans plusieurs pharmacies visitées dans la capitale économique, à San Pedro et Bondoukou. Le métronidazole injection n'est plus vendue à 1080 francs Cfa, l'unité. Elle est désormais offerte dans plusieurs pharmacies entre 1100 francs et 2000 francs. Depuis, les spéculations sont nombreuses et tentent d'expliquer cette hausse. Pour éclairer la lanterne de chacun, nous vous proposons au moins trois raisons qui peuvent expliquer la cherté des médicaments en général.

Raison 1 : Webb Fontaine

C'est le 6 mars 2013 que l'Etat ivoirien a, comme on peut le lire sur le site de la compagnie suisse, "désigné" pour gérer le guichet unique du commerce extérieur de la Côte d'Ivoire. Par "désigné" il faut comprendre que ce marché de plusieurs milliards de FCfa a été octroyé au gré à gré, sans appel d'offres donc, à Webb Fontaine, accessoirement dirigé par un certain Benedict Senger, lui-même accessoirement gendre du Chef de l'Etat, Alassane Ouattara. Mais bon, c'est peut-être juste une coïncidence. Voilà le décor. Une fois installé, Webb Fontaine, au bout de six mois, décide de faire passer le prix de traitement des conteneurs de médicaments dans les Ports, de 120.000 FCFA par conteneur à 1.500.000 FCFA désormais. Ainsi, les principaux grossistes ivoiriens que sont ‘’Laborex’’, ‘’Copharmed’’ et ‘’Dpci’’ sont obligés de répercuter cette hausse fulgurante sur leurs prix. Résultats : les prix flambent!

Raison 2 : Eurimex Pharma

Les trois principaux grossistes que sont ‘’Laborex’’, ‘’Copharmed’’ et Dpci’’, qui bénéficient eux-mêmes d'un monopole sur l'exportation des médicaments en Côte d'Ivoire (ils ne sont donc pas totalement innocents), s’approvisionnent, eux, auprès d'Eurimex Pharma. Eurimex Pharma n'est pas un laboratoire médical. Non. Eurimex Pharma, c'est juste une entreprise de stockage de médicaments. Comment ça marche? Eh bien, Eurimex Pharma signe des contrats d'achat de médicaments avec 600 laboratoires dans le monde, essentiellement en Asie et en Europe. Eurimex Pharma stocke ensuite ces médicaments dans ses entrepôts, en attendant que ‘’Laborex’’, ‘’Copharmed’’ et ‘’Dpci’’ viennent les acheter avec elle. La question qu'on se pose tout de suite est : pourquoi ‘’Laborex’’, ‘’Copharmed’’ et Dpci n’achètent pas directement les médicaments auprès des laboratoires asiatiques et européens? Ou alors, pourquoi la pharmacie de la Santé publique ivoirienne n'en fait pas autant ? Pourquoi dans toute la chaîne, tout le monde préfère s'en remettre au grand frère Eurimex Pharma ?

Sur l'illustration (voir document), on peut voir les flux import et export du groupe Eurimex Pharma. Le constat est sans appel : une seule flèche indique les importations, essentiellement d'Asie plus particulièrement d'Inde. Par contre, pour ce qui est des exportations, il apparaît qu' Eurimex Pharma est le distributeur exclusif de plusieurs pays africains dont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Gabon, le Mali, le Sénégal, le Niger... et la Côte d'Ivoire.

La principale conséquence est que tout au long de cette chaîne, Eurimex Pharma ajoute ses marges sur les prix des médicaments qu'elle entrepose. De fait, ces médicaments reviennent un peu plus chers aux grossistes ivoiriens, qui, à leur tour, y ajouteront leurs marges. Quand elles revendent ces médicaments aux officines pharmaceutiques, elles aussi rajoutent leurs marges. Au final, c'est le consommateur qui paie la facture pendant que l'Etat continue d'accorder un monopole aux trois grossistes Laborex, Copharmed et Dpci et qu'eux, à leur tour continuent de traiter avec Eurimex Pharma, contribuant ainsi à consolider le monopole de cette dernière. Bref, de monopole en monopole, les prix grimpent !

Raison 3 : l’administration des prix des médicaments par l'Etat

En matière de commerce des produits pharmaceutiques, il n’y a pas la libre concurrence comme nous l'avons démontré dans les deux points précédents. Pour boucler la boucle dans cette chaîne de monopole et d'étatisme, c'est l’Etat de Côte d’Ivoire qui fixe les prix de vente des médicaments, comme il le fait d'ailleurs pour le café et le cacao.

C'est la Direction de la Pharmacie et du Médicament qui se charge de l'affaire. Elle réceptionne les dossiers des grossistes (Laborex, Copharmed et Dpci), dossiers dans lequel ceux-ci indiquent le prix hors taxe auquel ils achètent à leur fournisseur (Eurimex Pharma). Or, à ce niveau, le fournisseur Eurimex a déjà ajouté sa marge. L’Etat apprécie ensuite ce prix, et après y avoir ajouté sa marge (impôts et autres taxes), fixe un prix homologué qu'il impose aux grossistes puis aux pharmacies. Sauf que le prix homologué par l'Etat ne tient pas compte de la marge des grossistes et des pharmacies. Ainsi, ces derniers, en sus du prix homologué par l'Etat, ajoutent quand même leur marge pour tenir compte de l'augmentation des tarifs de Webb Fontaine qui sont passés de 120.000 Fcfa à 1.500.000 Fcfa par conteneur. Au final, le prix homologué fixé par l'Etat n'est respecté par personne. Ce qui explique que les prix des produits pharmaceutiques varient d'une pharmacie à l'autre.

Que faire?

Mettre fin aux monopoles! Les monopoles de Laborex, Copharmed et Dpci doivent cesser. L'Etat devrait ouvrir le marché de l'importation à d'autres entreprises pour permettre la libre concurrence dans le domaine. Plus il y aura d'importateurs, plus les fournisseurs se diversifieront. La fin de ce premier monopole permettra de mettre fin au second, celui d'Eurimex Pharma. Ouvrir le marché des médicaments permettra aux nouveaux acteurs de s'approvisionner directement auprès des laboratoires européens ou indiens sans passer par la case Eurimex. Le coût de revient s'en trouvera diminué, et les prix dans les officines iront également à la baisse.

Ensuite, L'Etat doit clarifier la situation de Webb Fontaine. Le gré à gré dont bénéficie cette entreprise a conduit à une augmentation drastique des prix de traitement des conteneurs à médicaments dans les ports. Là encore, il faudra mettre fin à ce gré à gré, rouvrir le marché de la gestion des terminaux portuaires pour pouvoir confronter l'offre de Webb Fontaine à celle d'autres opérateurs.

Enfin, l’Etat doit mettre fin à l’administration des prix des médicaments. Un Etat n’a pas à fixer les prix des médicaments ni ceux du café et du cacao. Ce que l’Etat doit faire, c’est libéraliser le secteur et garantir la libre concurrence entre les acteurs. Cette libéralisation entraînera obligatoirement une baisse des prix.

M. Sylla

mohamedlsylla@gmail.com

(in L’Eléphant déchaîné N°252)

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 09:44
Péage Autoroutier : Une décision socialement injuste ! Selon L'Eléphant Déchainé

Il paraît que de part le monde, ce sont les prix les plus bas jamais pratiqués. Depuis le mardi 13 mai, le péage, pour la première fois, a fait son entrée en Côte d’Ivoire. Et, depuis ce jeudi 15 mai, il est en vigueur sur l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro. Les véhicules particuliers appelés dans l’opération « classe 1», paieront en aller-retour, la somme de 5000FCFA. Les véhicules de transport public, communément appelés « Massa » de 32 places paieront 10000FCFA. Une autre catégorie paiera 15000FCFA et les poids lourds, céderont la somme de 20.000FCFA.

Pour le porte-parole du Gouvernement, Koné Bruno, lequel s’exprimait après le Conseil des ministres, les tarifs annoncés « sont raisonnables ». Pour qui? Les ministres ou les Ivoiriens ?

Un avis non partagé par Almamy Touré, Pca du Groupement d’intérêt économique des propriétaires de véhicules de transports routiers de Côte d’Ivoire, cité par « koaci.com » : Ce péage « est une charge supplémentaire que nous ne pourrions supporter pendant longtemps ». S’est-il lamenté, au cours d’un point de presse.

Pour comprendre ce qui a emmené le Gouvernement à adopter ces tarifs, « L’Eléphant » est retourné à l’origine de ce projet et, a découvert des choses quelque peu curieuses.

A l’origine du péage sur l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro

C’est depuis les années 1990 que l’idée de concéder la construction de l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro et l’instauration d’un péage sur cette voie a germé dans l’esprit des dirigeants ivoiriens.

Dans ce cadre, des opérations de comptage des véhicules utilisant l’autoroute ont été réalisées pour avoir une idée du trafic. Mais les résultats resteront dans les tiroirs.

En fin 2000, lorsque Laurent Gbagbo et ses camarades arrivent au pouvoir, ils décident de poursuivre le projet. En 2001, le Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (Bnetd), lance une autre opération de comptage des véhicules dans l’optique d’actualiser les données de 1995, 1996 et 1997 afin de réaliser selon le terme technique approprié « une analyse tendancielle » de l’évolution du trafic.

Résultat de cette nouvelle opération ? Le trafic moyen annuel sur cet axe routier «était de 4003 véhicules par jour en 2001, alors que selon les données de 1997, il était de 4697 véhicules par jour. Soit une baisse du trafic d’environ 3,9 %.»

Et les experts du Bnetd, pour avoir une idée du niveau des tarifs qui pourraient être appliqués en cas de péage, avaient divisé les véhicules en plusieurs catégories.

Ainsi, il y avait 40% de voitures particulières ; 1% de taxis brousse ; 7% de minicars ; 17% d’autocars ; 8% de camionnettes ; 11% de camions et 16% d’ensemble articulés.

Des tarifs en fonction de la distance parcourue !

Le principe, selon un spécialiste interrogé par « L’Eléphant » est que, plus il y a du trafic, moins le tarif est élevé. Et moins l’investissement réalisé est lourd, moins le tarif est élevé, aussi.

Ainsi, pour ce qui concerne la portion Abidjan-N’Zianouan, il ne s’agissait que de remplacer le bitume, donc un investissement moins lourd par rapport à la portion, Singrobo-Yamoussoukro qui était une nouvelle voie à construire et qui nécessitait un financement plus lourd. Financement obtenu auprès, notamment de la Banque Islamique de Développement dont le vice-président a vu sa fille Aissatou Seck atterrir au palais présidentiel, en qualité de Conseillère spéciale de Laurent Gbagbo. La fin justifie les moyens !

Pour trouver une tarification qui tienne compte d’une certaine justice, il a été décidé de faire un péage fermé avec plusieurs postes. Un poste à la Gesco, un poste à Elibou, un poste à Singrobo, un poste à Assounvoué et un dernier poste à Yamoussoukro (voir notre document).

Ainsi, l’usager qui partait à Elibou ne devrait pas payer le même tarif que celui qui part à Singrobo. De même, celui qui partait d’Abidjan pour Attingué ne devrait pas payer le même tarif qu’un usager qui se rendait à Elibou ou Sikensi.

Ce choix du péage fermé avait pour conséquence directe de réduire le coût du passage qui ne devrait pas être au-delà de 1000FCFA pour les véhicules particuliers et de 5000FCFA pour les autres. Chacun devant payer pour la distance effectivement parcourue.

Péage ouvert et tarifs pas si bas que cela !

Au lieu de plusieurs postes de péage pour instaurer la justice sociale, c’est finalement deux postes qui ont été retenus sur l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro. Celui d’Attingué, mis en service par le premier ministre ce jeudi 15 mai et celui de Singrobo qui n’est pas encore véritablement fonctionnel, on ne sait trop pourquoi. De même que les deux autres construits en même temps que celui d’Attingué, Thomaset et Moapé, sur la voie Abidjan-Adzopé.

Ce poste d’Attingué qui a englouti environ 2,8 milliards de FCFA a été construit par la société Socebat.

La conséquence de ce choix de deux postes à péage est que les usagers sont traités sur le même pied d’égalité alors qu’ils ne parcourent pas forcément la même distance.

Selon le gouvernement, le ratio coût-kilomètre est l’un des plus bas au monde, c’est-à-dire 10FCFA par Kilomètre parcouru.

Justement, c’est à ce niveau que se trouve l’injustice. Si le kilomètre parcouru est de 10FCFA, l’usager circulant à bord d’un véhicule particulier et qui se rend à Attingué, c’est-à-dire juste quatre ou cinq kilomètres après le poste de péage (35 Km au total) ne devrait payer que 350 FCFA et donc 700FCFA en aller-retour. Or, avec le choix du gouvernement, il est obligé de payer 1250FCFA pour parcourir 35 kilomètres, au même titre que celui qui va à N’Zianouan qui est situé à 140 Km. Voilà l’injustice sociale !

Résultat, le ratio coût-kilomètre qui est de 10 FCFA pour l’usager qui se rend à Yamoussoukro, culmine à 35,71FCFA/KM, pour celui qui va à Attingué. Soit un tarif plus élevé que celui de l’autoroute Paris-Limoges.

Quand on applique le même raisonnement à un véhicule de transport en commun de 32 places qui se rend à Attingué (5000FCFA à l’aller), le ratio devient 142,85FCFA/Km. Si ce même véhicule se rend non pas à Attingué mais à Elibou, (environ 64 km), le ratio est de 78FCFA/KM parcouru et non 10FCFA/KM. Pourquoi devrait-il payer plus cher que celui qui se rend à N’Zianouan ?

Alors, la Côte d’Ivoire a les tarifs les plus bas au monde ?

Règle d’or piétinée et tarifs insupportables !

Pour le gouvernement, la structure des tarifs prend en compte « le remboursement des 35 milliards de FCFA pris sur le marché local pour financer les 140 premiers kilomètres auxquels s’ajoutent l’entretien et un certain nombre de service… », ou encore « Les éléments pris en compte sont les coûts de construction, l'entretien et les moyens de construire de nouvelles routes. Les tarifs fixés permettront d'atteindre l'équilibre financier pour un amortissement dans dix ans. Il faudra s'habituer à payer pour ce genre de routes pour permettre de disposer de nouvelles routes et infrastructures de qualité».

Sauf qu’au regard du trafic, 6500 véhicules par jour, c’est une rentabilité moyenne annuelle de 11 milliards de FCFA en prenant un minimum de 5000FCFA.

Avec une telle rentabilité, les tarifs annoncés sont véritablement exorbitants. D’autant plus que l’usager, dans cette affaire, n’a pas vraiment le choix. Ce qui constitue une triste violation de la règle d’or du péage qui est la possibilité laissée à l’usager de refuser le péage en empruntant des voies alternatives. Quel est le choix laissé au citoyen ivoirien pour se rendre à Yamoussoukro sans passer par l’autoroute ? L’ancienne voie est-elle seulement praticable ? Et pourquoi le gouvernement n’a fait aucune communication sur la possibilité laissée aux Ivoiriens de prendre l’ancienne voie qui doit être maintenue en bon état?

N’est-ce pas pour cela que l’usager paie la vignette, la patente, les frais de visite technique dont une partie est reversée à l’Etat, la redevance sur chaque litre d’essence et de gasoil acheté et autres douloureuses parafiscalités ? Et pourquoi les élus de la nation n’ont pas été associés à la fixation de ces tarifs ? Par quel mécanisme ont-ils été mis en vigueur ?

Mais le Premier ministre, devant la grogne qui monte, a tenté de couper court, hier : « Payer pour passer sur l’autoroute, il le faut si on veut avoir des infrastructures de qualité (…) Pour obtenir des infrastructures de qualité, il faut une contrepartie. Les populations sentent qu’il faut aller de l’avant sur ce dossier .» A-t-il tonné.

On espère que les lamentations d’Almamy Touré ne le laisseront pas indifférent : « Les derniers chiffres que nous avons suggérés sont les suivants : les véhicules particuliers devaient payer 1000, les véhicules de moins de 34 places 3000FCFA, les véhicules de plus de 35 places 4000 FCFA, les véhicules de 3,5 tonnes à 10 tonnes 3500 FCFA, les véhicules de 10 tonnes 5000FCFA et enfin les véhicules de plus de 10 tonnes 10000FCFA (…) Pour une PME avec un parc de 10 véhicules, c’est au moins 4,5 millions par mois (450 mille par véhicule) que le transporteur devra s’attendre à payer à raison de 7500 par passage soit 15000 le voyage en aller et retour. Cela représente 54 millions de dépenses imprévues au budget 2014. Cela n’est pas supportable, si l’on ne répercute pas tout ou une partie d’une telle charge supplémentaire sur le prix du ticket. »

Les Ivoiriens, encore, devront s’apprêter à trinquer !

ASSALE TIEMOKO (in L’Eléphant déchaîné N°252)

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 20:43
L’humeur d’Alex Kassy (L’Eléphant déchaîné N°251): Impunité trans-régime

Comme « L’Eléphant » l’a conté dans l’une de ses éditions en fin d’année dernière, Kima Emile, l’une des vedettes proches de la galaxie patriotique sous l’ancien régime, séjourne depuis quelques mois à la Maca, à moins qu’il ait été élargi depuis. Il a été pris la main dans le sac en pleine préparation d’une opération d’extorsions de fonds à un ressortissant français que lui et son équipe de jeunes «brouteurs » avaient fait débarquer à Abidjan pour récupérer sa part d’une prétendue fortune. Mais l’opération n’est pas allée à son terme. La bande ayant été arrêtée avant l’exécution totale du plan. Bravo !

On se rappelle que sous Laurent Gbagbo, le même Kima Emile, impliqué dans une affaire similaire qui avait conduit ses complices en prison, avait réussi, sur intervention venue du « ciel », à échapper de justesse à la prison.

Pour continuer de bénéficier de la protection d’autorités haut placées du régime Gbagbo, il avait monté une lugubre association ayant prétendument pour objet de soutenir l’accord de Ouagadougou. Ce n’était qu’une couverture…qui lui a permis de crever l’écran de la Rti et d’avoir accès à tous les banquets de la République de la refondue.

La brutale chute du régime Gbagbo avait stoppé un peu les « affaires » de Kima Emile. La suite, on la connaît ! Cette fois-ci, il n’a trouvé personne pour le sauver de la prison. Fin de l’impunité ?

Pas vraiment ! Puisque l’un de ses compères de l’ex-galaxie patriotique, qui a su se reconvertir rapidement et au bon moment en soutien du nouveau régime, continue de bénéficier, on ne sait trop pour quels services rendus, d’incroyables protections au sein dudit régime.

La preuve, après avoir récemment tenté de manipuler les plus hautes autorités judiciaires de ce pays pour obtenir une décision de justice, et malgré un ordre d’arrestation émanant de la Cour Suprême, il continue de circuler et de jouir d’une liberté resplendissante. Au grand dam des enquêteurs et des victimes.

L’affaire, dans les couloirs du régime et de la justice ivoirienne, fait grand bruit et l’amertume de la première victime est grande. Mais « L’Eléphant » n’ayant pas encore obtenu toutes les autorisations des concernés, se gardera pour aujourd’hui, de livrer les noms des protagonistes. Même si les lecteurs, on l’imagine, ont déjà mis un nom sur l’acteur principal de ce mauvais sketch qui n’honore pas le régime Ouattara.

Mais, diriez-vous, pourquoi parler d’une affaire si c’est pour garder sous le coude les noms des protagonistes ?

Eh bien, c’est juste pour montrer-en attendant l’éclatement total du scandale, puisque des officiers de police judiciaires conscients, malgré les pressions diverses, y travaillent- que sous notre nouveau président, de petits voyous à col blanc qui ont sévi sous le régime Gbagbo, continuent de bénéficier de protections venant d’autorités insoupçonnées. Au point même d’humilier les plus hautes autorités judiciaires de ce pays qui continuent d’éprouver un mal fou à avaler la couleuvre !

C’est à croire qu’il y a des voyous qui font l’affaire de tous les régimes…

Source : L’Eléphant déchaîné N°251

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 20:36
André Silver Konan à propos de la guerre de clans à la JPI : « Navigué est un jeune-vieux du passé, ma préférence va à Koua »

Dans un style ironique mais incisif, le journaliste-écrivain André Silver Konan a commenté le retour aux affaires de Konaté Navigué, à la tête de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (JFPI), au terme d’une guerre de clans qui n’est pas à son épilogue. Voici ce qu’il a posté sur sa page officielle Facebook.

« C’est une affaire qui ne me regarde pas (je préfère prendre les devants, puisque de toutes les façons, on va me le jeter à la figure, Lol) mais dans la guerre de clans entre jeunes ( pas tout à fait jeunes, il faut en convenir) du FPI, ma préférence va à Koua Justin.

Mon opinion sur ce dernier est connu : c’est un homme peu méthodique, aux déclarations plus spectaculaires que pragmatiques, mais il a eu le mérite de sonner la mobilisation au FPI (je ne dis pas à la JFPI, mais au FPI) au moment où les courageux de la 25è heure se tassaient ou la fermaient.

Quant au jeune-vieux (l’expression n’est pas de moi, Lol) Konaté Navigué qui n’a jamais été brillant (sans doute éclipsé par l’aura indiscutable de Charles Blé Goudé) encore moins charismatique, allez lui dire une seule chose : les bébés qui sont nés au moment où il a été porté à la tête de la jeunesse du FPI, sont aujourd’hui au collège.

Il est tout simplement un jeune-vieux (encore une fois l’expression n’est pas de moi) du passé. Il faut espérer, pour le FPI lui-même et pour la démocratie ivoirienne qu’il ne soit pas un jeune-vieux…dépassé !

ASK, Journaliste-écrivain

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 20:29
Ressources liées au pétrole : La transparence continue de souffrir !

Quelques passages concernant des vedettes comme Wattao ont fini par détourner tous les regards du reste du dernier rapport des Experts de l’Onu. Pourtant, « L’Eléphant » qui continue, en raison de ses mauvais penchants, à lire ce rapport, y découvre, à longueur de pages, des passages particulièrement instructifs, sur quelques exploits qui sont réalisés par les vedettes politiques et administratives dont les actes impactent quotidiennement nos vies sans notre avis.

Ainsi, sur le chapitre du pétrole, « L’Eléphant » a lu que les Experts affirment que la gestion des ressources du pétrole est encore entourée d’une opacité émergente. Ce qui, de leur point de vue, est la voie ouverte à d’éventuels détournements de fonds publics issus de la vente de notre pétrole.

Ailleurs, sur le chapitre de la douane, les Experts ont soupçonné de « possibles fraudes douanières » à travers une tactique dont « L’Eléphant » a déjà parlée : l’émission de chèques au compte du Trésor Public et des impôts mais qui sont systématiquement rejetés sans que personne ne sache ce qui advient plus tard des montants ainsi repoussés des caisses de l’Etat. Une pratique qui, de régime en régime, a toujours fait le bonheur de nombreuses vedettes au sommet de l’Etat. On ne change pas une stratégie qui a fait ses preuves.

Les Experts disent avoir interrogé les directions et le ministère concernés pour savoir la suite qui a été donnée aux informations qui leur sont parvenues. Mais que, pour le moment, les uns et les autres continuent de réfléchir à la réponse.

Peut-être que la Police économique devrait jeter un coup d’œil sur le sujet.

Allez, trêve de commentaires…

76. La production de pétrole diminue depuis 2010, année où elle a baissé de 21 % par rapport à 2009. En 2010, le pays a produit 39 816 barils par jour selon les données officielles du Ministère du Pétrole et de l’énergie. La production a continué à baisser en 2013, s’établissant à 32 000 barils par jour. Selon le FMI, les exportations de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés de la Côte d’Ivoire aux prix f.a.b. étaient estimées pour 2013 à 1 545,7 milliards de F CFA (3 milliards de dollars).

77. Le Groupe est conscient des efforts consentis par le Gouvernement ivoirien pour faire en sorte que le pays continue de se conformer à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui ont conduit à un amendement à la loi portant code pétrolier et à l’adoption d’un nouveau code des hydrocarbures.

78. Quoi qu’il en soit, le Groupe tient à souligner que la gestion des revenus de la filière demeure opaque et donc que des problèmes perdurent. Ainsi, la conclusion du rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives de 2008 a révélé d’importantes incohérences qui montrent comment les paiements effectués par la Société nationale d’opérations pétrolières de la Côte d’Ivoire (PETROCI) à l’État n’avaient pas été déclarés par la Direction générale du Trésor public et du comptable (un organisme du Ministère de l’Economie et des finances). Le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives de 2010 a fait état du même défaut de concordance.

79. Concernant les incohérences repérées par l’ITIE, le Groupe tient à rappeler plusieurs de ses constatations énoncées dans son précédent rapport.

80. Plus récemment, le Groupe a confirmé, en s’appuyant sur de multiples sources fiables, que le processus de passation de marchés à la PETROCI demeure opaque, ce qui entraîne un risque élevé de détournement.

Enquêtes sur de possibles cas de fraude douanière

110. Le Groupe a mené une enquête en vue d’analyser les rapports sur une possible affaire de fraude dans l’administration des douanes ivoiriennes. Le Groupe considère qu’il est important d’enquêter et de faire rapport sur de possibles cas de fraude où des fonds peuvent être détournés pour l’achat d’armes et de matériel connexe en violation du régime des sanctions.

111. L’affaire consistait dans le rejet de plusieurs chèques émis par des entreprises se livrant à des opérations de transit douanier, ce qui représenterait une perte de recettes fiscales de l’État s’élevant à environ 4 milliards de F CFA (8 millions de dollars).

112. Le 6 janvier 2014, le Groupe a écrit au Ministère de l’Economie et des finances et à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, demandant des informations sur cette affaire, notamment le nom des entreprises et des particuliers susceptibles d’être impliqués dans la fraude, ainsi qu’un rapport indiquant le montant estimatif de la perte de recettes pour l’État. Le Groupe a également demandé si des enquêtes pénales avaient été diligentées sur la base de cette affaire.

113. Le 30 janvier 2014, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest a répondu, indiquant qu’elle n’avait pas connaissance d’une telle affaire d’infraction financière, mais qu’elle avait toutefois immédiatement engagé des actions pour vérifier le rejet de chèques émis à l’ordre de l’État et payés par l’intermédiaire de la Banque (chèques à l’ordre de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique, de la Direction générale des impôts et de la Direction générale des douanes). La Banque a indiqué qu’elle garderait le Groupe informé des résultats de l’enquête. Le Ministère de l’Economie et des finances n’a pas encore répondu. Comme d’habitude?

Source : L’Eléphant déchaîné N°251

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 00:12
Echec du RGPH : Les origines du mal

L’opération de Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), actuellement en cours sur le territoire national, est au centre d’une vive controverse dans les milieux politiques, et au sein des populations. En l’état actuel de la situation, il est difficile de prévoir de quelle manière se termineront ces empoignades verbales, où se mêlent menaces, intimidations, et incitation à la détermination ou à la sérénité. A moins d’un sursaut patriotique de tous, mais surtout des tenants du pouvoir, la fébrilité qui s’est emparée des protagonistes sociaux et politiques, risque d’aboutir à l’échec de cette opération, présentée comme devant servir de tremplin au développement économique et social de la Côte d’Ivoire.

Quelle est l’origine de la controverse, quels sont les objets de la controverse, à qui incomberait la responsabilité de l’échec (éventuel) du recensement, l’échec du RGPH est-il l’échec de toute la classe politique ivoirienne en qui les Ivoiriens n’ont plus confiance ?

Telles sont les questions dont la clarification, offrirait une meilleure visibilité sur la délicate question du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2O13.

L’origine de la controverse

L’impréparation et la précipitation dans le lancement du recensement, expliquent la situation délétère qui prévaut actuellement dans le pays.

Les conséquences de la crise socio-politique n’ayant pas encore disparu, une concertation de tous les acteurs de la scène politique et sociale, devait précéder les phases de préparation et de lancement de l’opération de recensement. Cette manière de procéder, s’explique par le fait que la Côte d’Ivoire est la propriété commune de tous les Ivoiriens, et non de quelques-uns seulement; et c’est ensemble, que ceux-ci devraient rechercher les solutions à ses problèmes. Surtout s’il s’agit de problèmes touchant à ses intérêts vitaux, comme c’est le cas en l’espèce. D’ailleurs, le préambule de la Constitution souligne l’intérêt d’une telle démarche, quand il affirme que l’union dans le respect de la diversité, assure le progrès économique et le bien-être social.

Dans l’immédiat, la démarche unitaire aurait permis de dégager des décisions consensuelles, couvrant tous les aspects de cette opération de recensement. En possession de ces conclusions, le gouvernement aurait été à l’aise, pour exécuter son programme, et préserver du même coup, le pays d’une autre tension inutile. Mais enfermé dans une logique politicienne, et sans doute soucieux de respecter son agenda secret, il a négligé cette étape cruciale, et a ainsi, ouvert la porte à une inquiétante gradation des réactions du FPI.

En effet, de sa simple et à peine audible protestation, ce parti est passé à l’appel au boycott de l’opération de recensement ; résultat final : réceptives à cet appel, les populations de toutes les régions du pays, sans distinction d’opinion politique, adoptent diverses stratégies, pour son application effective sur le terrain. S’ensuivent : Refus ferme de laisser les agents recenseurs entrer dans les domiciles ; séjours inopportuns des paysans dans les champs, pour éviter ces agents ; refus de répondre à l’appel au rassemblement de l’administration ; etc. Pour avoir le contrôle de la situation, et poursuivre l’opération, le gouvernement se raidit, et passe à l’étape des sanctions. Mais cela suffira-t-il pour calmer la situation?

Les objets de la controverse

Une pluralité d’objets a déterminé la naissance de la controverse entre le pouvoir et son opposition.

Au premier rang de ces objets, se trouve la modification par le pouvoir, du projet de recensement prévu pour l’année 2008. Ce projet apprêté par le gouvernement de l’époque, et validé par l’agence spécialisée des Nations-Unies, l’UNFPA, a été amendé sur plusieurs points ; ce qui a été perçu par l’opposition, comme une tentative dont le but est d’effacer toute « trace » du régime précédent. Et par la suite, plusieurs points de friction entre le gouvernement et l’opposition, au sujet de ce projet, ont été constatés.

Les problèmes créés par la modification du projet de 2008 au plan technique :

-Introduction par le gouvernement, de la cartographie censitaire (cartographie réalisée au moyen de la télédétection). Des réserves et des inquiétudes, furent manifestées au sujet des amendements apportés à la méthodologie antérieure. Mais le gouvernement n’en a pas tenu compte et est passé outre. La conséquence, c’est que le délai qui était imparti à cette tâche, au départ, a été largement dépassé, sans pour autant que la cartographie ait été entièrement achevée ; plusieurs districts et régions n’ayant pu être couverts.

Débours, par le trésor public, de la faramineuse somme de trois (03) milliards de FCFA, pour le financement du Projet d’Urgence de Production de Statistiques de Base (PU-PSB). Les résultats de ce projet se font encore attendre.

-Introduction dans le RGPH, du support électronique (Smartphone), pour collecter les informations, en remplacement du support papier, que l’opposition juge plus fiable et mieux adapté aux réalités de la Côte d’Ivoire. Pour l’opposition, si ces appareils permettent d’éviter l’étape de la saisie des données collectées, ils présentent l’inconvénient d’avoir une faible capacité de stockage, etc.

-Non maîtrise des ressources humaines : Les agents recenseurs, recrutés selon des critères pour le moins obscurs, ne sont pas suffisamment formés, n’ont pas de moyens de mobilité, ne sont pas payés, etc.

A tout ce tableau, il faut ajouter les problèmes de nature socio-politique. Les conséquences de la crise socio-politique perdurent, et engendrent plusieurs problèmes :

Instabilité des populations, qui sont obligées de se lancer dans de grands mouvements de déplacement, pour des raisons de sécurité. Des milliers d’Ivoiriens, victimes de cette crise, sont exilés et de ce fait, ne seront pas pris en compte par le RGPH. L’opposition s’en indigne, et ne comprend pas qu’une opération de comptage des Ivoiriens, ignore volontairement une partie de la population cible.

Les arguments avancés par le gouvernement, pour minimiser la gravité de la situation des réfugiés, sont rejetés par l’opposition qui estime que si le recensement est destiné à préparer les bases du développement, celui-ci doit concerner toute la population ; et ne saurait soustraire aucune composante de la société, contrairement à ce que laisse croire le ministre du Plan. Par ailleurs, toujours selon l’opposition, le gouvernement ne donne pas les raisons de l’urgence de cette opération ; ce d’autant plus qu’elle n’avait jamais été considérée auparavant, comme une condition pour faire entrer la Côte d’Ivoire dans l’ère de l’émergence, à l’horizon 2020.

Il y a également l’occupation des habitations, des villages, des terres et des plantations, notamment dans l’Ouest du pays : Pour l’opposition, cette situation peut faire penser que le recensement actuel a pour but de légitimer l’expropriation des citoyens, de leurs biens (maisons, plantations, terres, etc.).

La responsabilité d’un (éventuel) échec du RGPH

Dans le régime politique ivoirien, les rôles sont clairement définis pour la gouvernance nationale : A moins de la survenue de circonstances exceptionnelles dans la vie de la nation, et nécessitant des arrangements particuliers entre les forces politiques, pour une conduite avantageuse des affaires nationales, l’ordre normal des choses est que le gouvernement émanant du parti ou du groupement de partis majoritaire à l’Assemblée Nationale, a la responsabilité de gouverner, tandis que l’opposition constituée du parti, ou du groupement des partis minoritaires, se contente de s’opposer.

C’est dans ce schéma qu’il faut situer la monopolisation, par le gouvernement, des différentes phases du recensement. Ainsi, c’est lui qui en a déterminé le mode opératoire, fixé les dates, recruté le personnel technique, etc. De la même façon, il a jugé, en toute souveraineté, qu’il n’était pas opportun de prendre en considération les critiques que son opposition lui a adressées, sur certains aspects du processus ; et a poursuivi l’opération, comme si de rien n’était.

Eu égard à ce qui précède, et si la sagesse ne pousse pas les uns et les autres à se ressaisir pour trouver des solutions apaisantes à la situation, dans l’intérêt du pays, l’échec du RGPH serait consommé. Et la responsabilité en incomberait principalement au gouvernement qui assure le leadership de cette opération.

L’échec du RGPH serait aussi celui de toute la classe politique ivoirienne en qui les Ivoiriens n’ont plus confiance ?

L’organisation et le fonctionnement du RGPH a été exclusivement l’affaire du gouvernement ; alors qu’en raison de la particularité de la situation prévalant dans le pays, et de l’impératif de réussite qui pèse sur tout projet ou politique à vocation nationale, il était loisible de penser que le pouvoir chercherait à coaliser toutes les forces et compétences internes autour du RGPH, pour lui assurer un succès bénéfique à la CôTE D’IVOIRE. Malheureusement, il n’en fut rien, et c’est solitairement qu’il a géré cette opération qui concerne tous les Ivoiriens.

Le recensement n’étant donc pas mené dans un cadre institutionnel impliquant la participation de toute la classe politique ivoirienne, celle-ci ne saurait, a priori, être comptable de sa conduite, et encore moins de son échec. Par conséquent, l’échec du RGPH ne saurait être perçu comme celui de toute la classe politique nationale. En effet, seuls ceux qui ont la mainmise sur le recensement sont concernés par cet échec.

Par ailleurs, il serait quelque peu abusif de s’appuyer sur l’échec éventuel du RGPH pour soutenir sans nuance que les Ivoiriens n’ont plus confiance en leur classe politique. Certes, depuis quelques années, ceux-ci sont désabusés par l’expérience douloureuse des conséquences de la crise post-électorale ; quand s’y ajoutent les effets négatifs des irréductibles antagonismes politiques, ils ont de sérieuses raisons de se montrer méfiants.

Cependant, il est à noter que malgré toutes les difficultés qui plombent leur existence, les Ivoiriens ne se désintéressent pas des questions d’intérêt national.

Source : L’Eléphant déchaîné N°251

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 00:02
Ce que la justice ivoirienne reproche à Gbagbo

L'Eléphant déchaîné N°251-Dans notre édition N°83 du vendredi 24 août 2012, nous avons énuméré les charges qui sont retenues contre Laurent Gbagbo par la justice ivoirienne.

« (…) La justice ivoirienne a retenu contre lui (Laurent Gbagbo), une ribambelle d’infractions les unes aussi graves que les autres. Et la liste est plutôt longue comme un bras. Laurent Gbagbo est donc poursuivi pour vol en réunion à main armée commis avec violences et effraction, détournement de deniers publics, concussion, atteinte à l’économie publique, pillage et complicités desdites infractions. Ces infractions sont prévues et réprimées par les articles 392 ; 395 ; 396 ; 397 ; 225 ; 226 ; 227 ; 229; 313 ; 325 ; 327 ; 27 ; 29 ; 30 ; 110 et 111 du Code pénal ivoirien. Mais ce n’est pas fini.

Laurent Gbagbo est également poursuivi et inculpé pour atteinte à la défense nationale, attentat ou complot contre l’autorité de l’Etat, constitution de bandes armées, direction ou participation à une bande armée, participation à un mouvement insurrectionnel, atteinte à l’ordre public, coalition de fonctionnaires, rébellion, usurpation de fonction, tribalisme ou xénophobie.

Toutes ces infractions sont prévues et punies par les articles 151 ; 154 ; 155 ; 158 ; 159 ; 191 ; 164 ; 166 ; 167 ; 169 ; 224 ; 258 ; 305 ; 199 nouveau et 200 nouveau du Code pénal ».

Il s’agit là, quasiment, des mêmes infractions qui sont également reprochées à Simone Gbagbo et qui justifient sa détention à Odienné depuis…

Si on s’en tient aux déclarations de Gnénéma Coulibaly, Laurent Gbagbo risque aussi la « prison à vie », non ?

Source : L’Eléphant déchaîné N°251

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