Politique

Dimanche 26 juillet 2009

 

Propos liminaires

Je vous remercie pour l’occasion que vous me donnez de m’entretenir de la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire. Le pays du président Houphouët Boigny. La  Côte d’Ivoire a subi son premier coup d’Etat en 1999 à la veille de noël et cette irruption des  militaires sur la scène politique a détruit la stabilité politique de ce pays qui était son capital le plus précieux. Et depuis lors, ceux qui se sont mis à notre place au pouvoir, qu’il s’agisse du général Robert Guéi entouré d’une junte militaire, ou de Laurent Gbagbo, ont entraîné ce pays sur une pente descendante. Et depuis bientôt dix ans, le pays est installé dans cette régression. La démocratie est bloquée, l’unité nationale a subi de rudes épreuves, à  la place de la paix s’est instaurée d’abord une guerre civile et à la place du développement économique et social, c’est la régression. Le pays est devenu méconnaissable. Et ce pays qui était un exemple pour tous les pays africains, est devenu si méconnaissable qu’aujourd’hui les Ivoiriens que vous rencontrerez ici hésiteront, en vous répondant à vos questions, de dire du premier coup qu’ils sont d’origine ivoirienne. C’est dans ce contexte qu’un autre coup d’Etat, une tentative a eu lieu en 2002 et que le pays a connu une partition. Les deux tiers du pays, le nord, ont été placés sous la coupe de soldats rebelles. Etant une grande partie du pays représentant plus de 60% du pays qu’on a appelé la zone occupée. C’est par la suite qu’avec l’entremise du président du Burkina Faso, des négociations ont été menées entre les deux belligérants, représentés par les forces nationales de sécurité qu’on appelle les loyalistes et les forces nouvelles anciennement rebelles. A la suite des pourparlers entre les deux belligérants, des accords ont été signés, qui sont les accords de Ouagadougou.  C’est sous l’emprise de ces accords que la Côte d’Ivoire existe aujourd’hui dans un Etat de ni paix ni guerre. Et c’est dans ce contexte que le pays s’efforce de sortir de la crise grâce à un processus électoral qui a du mal à se dérouler normalement. C’est donc dans ce contexte que nous espérons vivement, que la date du 29 novembre prochain qui a été retenue pour les élections, sera respectée, que de nouvelles élections auront lieu, qu’un nouveau président sera élu. Parce que l’élection d’un nouveau président est l’une des pièces maîtresses de la sortie de crise. Voila en peu de mots ce qui caractérise la situation sociopolitique de la Côte d’Ivoire actuelle, c’est aussi mon propos liminaire et je voudrais me prêter maintenant à vos questions.  


L’INTEGRALITE DE LA CONFERENCE DE PRESSE

 

Momo Louis (Fraternité Matin)

Monsieur le président, le journal français « Le Point » vient de publier un sondage qui fait état du fait que le président Laurent Gbagbo aurait 43% des suffrages aux élections. Quels commentaires faites-vous ?

Dans ce pays encore divisé, il n’y a pas de sondage crédible.  A moins que ce sondage soit effectué par des amis. Quand on parle de sondage en France, les instituts les plus crédibles sont la Sofres et autres.

 

Fabienne Pompey (Jeune Afrique)

Mais c’est la SOFRES qui a effectué le sondage.

Cela ne peut pas être fondé. Mais même si c’était fondé, avec 43% on n’a pas la majorité du pays. Le PDCI, le RDR et les autres partis de l’opposition formeraient donc la majorité du pays. Par conséquent, ce sondage n’est pas significatif.

 

Momo Louis (Fraternité Matin

Monsieur le président, après le premier livre, à quand le prochain ?

Le livre c’est une affaire personnelle. Je ne suis pas encore à l’âge d’écrire mes mémoires.  Mais s’il y a lieu ça viendra nécessairement. Mais quand j’aurais le temps.  

 

Palliakkara Nidhya (3A TELESUD)

Si dans l’hypothèse vous perdiez ces élections au premier tour, avec qui feriez-vous alliance ?

Aujourd’hui comme je vous l’ai dit, l’opposition représente plus de 43% comme prétend le FPI. A l’heure actuelle, ce qu’il faut retenir, c’est que l’opposition forme un rassemblement : le RHDP. Et ce rassemblement emporte donc la majorité sociologique et politique. Depuis près de trois ans, nous avons une alliance. Le PDCI, le RDR, le MFA et l’UDPCI sont rentrés dans une alliance. Une alliance non seulement pour aller aux élections, c’est-à-dire qu’au deuxième tour, le mieux placé sera soutenu par les autres partis.  Si cette alliance gagne les élections, elle s’entend déjà pour gouverner ensemble le pays. Donc avec une majorité. C’est avec une majorité qu’on gouverne le pays.

 

Hervé Cohx (Direcabidjan.com)

En 1995 vous avez présenté les douze chantiers de l’Eléphant d’Afrique. Un programme que vous n’avez pu réaliser à cause du coup d’Etat de 1999. Aujourd’hui vous voulez revenir au pouvoir. Vous avez entrepris une série de tournées à travers le pays. Vous êtes venu ici en France pour la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, vous vous êtes rendu en Angleterre.  A la suite de ces différentes sorties, quelles impressions avez-vous ?

Je reviens à la première assertion de votre première déclaration. A savoir les chantiers de l’Eléphant d’Afrique. Ce programme de gouvernement que nous avions esquissé était en cours de réalisation quand le coup de force militaire est intervenu. Mais ce que j’ai constaté au cours de mes tournées, c’est que ces grands projets qui ont été approuvés par le gouvernement et par le parlement, font toujours partie des aspirations du peuple ivoirien. Par conséquent si nous sommes en situation, il sera très facile de reprendre ces travaux qui ont été interrompus par le coup d’Etat. C’est donc cela la raison suffisante qui motive notre démarche d’être candidat. Pour remettre le pays au travail et pour renouer avec la croissance qui était, comme vous le savez, très forte avant le coup d’état. C'est-à-dire 7% par an en terme réel. Voici un ensemble de raisons qui nous motivent à accepter d’être le candidat du PDCI-RDA pour ces élections prochaines.

 

Fabienne Pompey (Jeune Afrique)

Tout à l’heure dans votre commentaire, vous aviez parlé du processus électoral qui a bien du mal à se dérouler normalement. Est-ce qu’aujourd’hui, il y a encore des obstacles, vous sentez des manœuvres, vous avez dit qu’on trouve des prétextes pour repousser ces élections ?

Cela est toujours possible. Mais aujourd’hui, l’identification est terminée, l’enrôlement également. Les opérateurs techniques procèdent maintenant aux actions  qui amèneront à l’établissement d’une liste électorale. Mais, comme je l’ai dit, il y a toujours les intrigues, surtout du côté du FPI. Nous espérons vivement qu’avec la communauté internationale et les pressions que nous exerçons nous-mêmes, la date du 29 novembre sera maintenue.

 

Elsa Da Silveira (Devoir Africain)

Doit-on s’attendre à des fraudes électorales en Côte d’Ivoire ?

Nous espérons que non. Seulement, après l’enrôlement, nous avons constaté que des pièces d’état civil étaient établies par des sous préfets à la demande du ministre de l’Intérieur actuel. Nous avons non seulement dénoncé ces pratiques frauduleuses, mais nous avons même porté plainte contre ce comportement. Je pense que cela peut suffire pour arrêter net les tentatives de fraude pour que nous puissions avoir des élections transparentes, honnêtes et crédibles.

 

Clément Yao (Intelligent d’Abidjan)

Monsieur le président, avec le doute qui plane sur la date et aussi avec votre âge avancé de 75 ans, avez-vous pensé à un successeur, si ces reports s’étendaient sur plusieurs années ?

D’abord, nous pensons que les élections auront lieu le 29 novembre 2009. C’est à Marcoussis, qu’après des jours et des nuits de négociations, nous avons abandonné l’âge limite de 75 ans. Mais c’est aussi au sein du parti démocratique de Côte d’Ivoire, qui applique une politique rigoureuse de démocratie interne que se désigne les candidats aux élections présidentielles, législatives, municipales et les conseils généraux. Comme je l’ai dit, je suis à mon dernier combat, à l’issue de ce combat, quel que soit le résultat, je suis au dernier combat. C’est donc au sein de mon parti que nous rechercherons les voies et moyens pour poursuivre la lutte.

 

Victor Achy (Abidjan Sur Seine)

Il y a 9 ans que vous avez perdu le pouvoir. Depuis, la population a changé. Elle est jeune. Le contexte aussi a changé. C’est une population qui utilise l’internet, le téléphone portable, etc. Ne pensez-vous pas, monsieur le président, quand on vous voit avec l’équipe qui vous entoure, que votre génération tend à être un peu dépassée vis-à-vis de la tâche à accomplir ?

Je ne le pense pas. Nous pensons plutôt en thème de message aux populations. C'est-à-dire un programme de gouvernement. Un programme à la fois politique, économique et social. Certes, de nouvelles générations ont grandi en Côte d’Ivoire. Mais, cela n’est pas sans rejaillir sur la vie du PDCI-RDA qui est aujourd’hui pratiquement dirigé par des jeunes. Les gens de ma génération ne sont plus à la direction du PDCI-RDA. Ce sont des jeunes de 40 à 50 ans. A la base, ce sont les plus jeunes encore qui animent le parti dans nos villages, dans les chefs-lieux de préfecture et de sous-préfecture. Je viens de m’en rendre compte au cours des tournées que j’ai entreprise depuis deux ans.

 

Momo Louis (Fraternité Matin) : Monsieur le président, le président Nicolas Sarkozy a émis des doutes sur le respect de la date des élections. Quels commentaires faites-vous ?

Je ne partage pas ce sentiment.   Je veux plutôt être animé par une volonté avec les autres partis politique de maintenir la pression pour aller aux élections le 29 novembre. Mais, je pense que les doutes du président Sarkozy ne sont pas des doutes de complaisance. C’est parce qu’il y a eu de la part du pouvoir tellement de revirements, tellement de volte-face dans le passé récent.

 

Momo Louis (Fraternité Matin)

Quelle serait votre position si d’aventure il n’y a pas d’élection le 29 novembre ?

Nous aviserons. A savoir qu’avec les partis d’opposition, nous étudierons d’autres mesures de riposte à cette situation.

 

Fabienne Pompey (Jeune Afrique)

Monsieur le président, dans ces dix dernières années, il y a eu beaucoup de violence, d’exactions, de crimes etc. Est-ce que vous pensez que quels que soient les résultats des élections, la Côte d’Ivoire pour se réconcilier ne butera pas sur l’impunité et autres formes de justices ?

Je pense que la réconciliation sera toujours nécessaire. Mais, il n’y a de meilleures réconciliations que si l’impunité est sortie de ce contexte là. Il n’y a pas de réconciliation sans une justice.

Propos recueillis par Eugène YOBOUET

Correspondant permanent en France

 

Par tressia
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Dimanche 26 juillet 2009

 


France 24 : Bonjour Monsieur le président, merci de nous recevoir chez vous ici à Paris. Depuis combien de temps êtes vous dans la capitale française et qu’est ce que vous y êtes venu faire ?

Hkb : Cela fait deux semaines que je suis à Paris. Je suis venu assister à la remise du prix Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix à l’UNESCO. La cérémonie s’est très bien  déroulée. Et maintenant, j’attends la date de mon retour pour repartir à Abidjan.

 

Que représente ce prix, aujourd’hui, pour vous quand on sait que ce prix, pendant ses premières années, représentait une paix retrouvée en Afrique et qu’aujourd’hui un pays comme la Côte d’Ivoire n’est pas aussi paisible que cela ? Est-ce que la situation de la Côte d’Ivoire n’a pas fait que ce prix n’a plus de sens

Non. Le prix a toujours représenté l’idéal de paix. La preuve est que le prix s’appelle le prix Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix. Alors, tant que ce but n’est pas atteint, le prix reste toujours d’intérêt pour nous les Ivoiriens et pour la communauté internationale.

 

Ce prix a été remis à qui cette année et pour quelles raisons ?

Le prix a été remis au président de la république fédérative du Brésil, le président Lula. Et c’est en fonction des initiatives de paix du président Lula que le prix lui a été remis.

 

Quelles est son initiative pour la paix, qu’a-t-il pu faire réellement pour pouvoir bénéficier de ce prix ?

Il a eu des initiatives et même des actions dans son pays pour l’égalité des races, pour la lutte contre la pauvreté et j’en passe.

 

Monsieur le président, même si vous êtes venu pour ce prix, je suppose que vous pensez à Abidjan, que votre cœur est à Abidjan parce que l’actualité là-bas veut qu’on entre dans la campagne présidentielle. Ce n’est un secret pour personne que vous serez candidat. Pensez-vous que ces élections vont se tenir enfin en novembre prochain

En réalité, cela fait deux ans que le PDCI-RDA  est en campagne. Et je vais rentrer à Abidjan pour accélérer cette campagne d’autant que la date des élections est fixée au 29 novembre prochain.

 

Est-ce qu’elles vont vraiment se tenir ? On a eu tellement de date que nous restons tous sceptiques.

Nous le souhaitons vivement et nous faisons tout ce que nous pouvons pour que cette date soit respectée cette fois-ci.

 

Qu’est ce qui vous fait espérer que cette date sera respectée contrairement aux précédentes. Qu’est ce qui a changé cette fois-ci ?

Ce qui a changé, c’est que l’identification est terminée. L’enrôlement des électeurs est terminé. Il ne reste plus que des détails techniques de rapprochement des inscriptions de façon qu’il n’y ait pas de doublons, de telle sorte que tous les partis politiques puissent se mettre d’accord sur la liste définitive qui en sortira.

 

Monsieur le président, c’est sous vous que le PDCI-RDA a perdu le pouvoir lorsqu’on vous a renversé. Et le parti n’a pu jamais reconquérir le pouvoir depuis une dizaine d’années. Croyez  aujourd’hui que vous avez les atouts pour reconquérir le pouvoir ? Qu’est ce que vous allez faire de neuf s’il y a élection demain pour battre par exemple le FPI ou le RDR ?

Nous pensons, au PDCI-RDA, que nous avons réuni les conditions pour la reconquête du pouvoir. Nous avons renforcé la cohésion de ce parti. Et nous animons une campagne des plus actives et des plus pertinentes. Ensuite, la réponse que nous recevons de la population nous encourage à poursuivre nos efforts.

 

Monsieur le président, on a rencontré pas mal d’Ivoiriens qui disent finalement, le PDCI a perdu le pouvoir, d’autres se sont véritablement installés, pourquoi voterait-on pour le PDCI ? Qu’est ce que le PDCI va faire de neuf qu’il n’ait pu faire pendant ces périodes de règne ?

 

Quel est le programme qu’il va apporter qui puisse véritablement séduire les Ivoiriens ?  

Il faut rappeler que le PDCI a perdu le pouvoir non pas par les urnes, mais par un coup d’Etat militaire. Les coups d’Etat militaires, vous en voyez en Afrique. Après le coup d’Etat qui nous a enlevé du pouvoir, pourquoi nous revenons ? C’est tout simplement parce que ceux qui sont au pouvoir à notre place ont échoué. Alors même que nous avions laissé un programme des plus pertinents pour faire avancer le pays. Donc, c’est de notre devoir de reprendre les activités pour que le pays soit en quelque sorte sauvé. La Côte d’Ivoire est une personne morale aujourd’hui. Et il est du devoir de tous d’aller au secours de cette personne en danger.

 

A titre personnel, vous êtes le candidat du PDCI-RDA. A l’intérieur, on a  écouté des voix discordantes qui auraient voulu qu’il y ait des primaires peut-être pour que d’autres personnes puissent s’exprimer. Et aussi certains ont dû dire que vous avez des responsabilités dans ce qui s’est passé. Vous ne sentez-vous pas responsable de la perte de ce pouvoir, du fait qu’on en soit arrivé au putsch. Est-ce que vous n’avez pas de regret ?

Absolument. Mais pas parce que, comme je l’ai dit, nous n’avons pas perdu le pouvoir par manque de confiance des populations, mais c’est simplement par un coup d’Etat militaire, un coup de force. Et comme notre programme répond toujours aux aspirations des populations, eh bien, nous continuons.

 

Monsieur le président, on en a beaucoup parlé et je crois qu’on vous a, à maintes reprises,  posé cette question. il s’agit du fait que « l’ivoirité » soit le déclencheur de cette déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Qu’est ce que c’est exactement « l’ivoirité » et est-ce que vous l’assumez encore aujourd’hui de la façon que vous l’aviez fait lorsque vous avez écrit ce livre ?

D’abord le problème de « l’ivoirité », c’est en quelque sorte une vieille ruine sur laquelle je ne voulais pas revenir. Ou que je ne voulais pas faire réapparaître. Nous avons abandonné ce terrain. Mais « l’ivoirité » qu’est ce que c’était ? C’était le programme culturel que nous présentions aux soixante tribus qui peuplent la Côte d’Ivoire. C’est son identité culturelle. C’est l’identité culturelle de la Côte d’Ivoire. Bon, il se trouve que nos adversaires ont si bien fait qu’ils ont galvaudé le concept. En définitive, nous avons abandonné « l’ivoirité ».

 

Est-ce que ce n’est pas vous qui l’embellissez aujourd’hui ? Est-ce qu’au départ, vos adversaires n’ont pas exploité quelque chose qui était mal exprimée ?

Nos adversaires ont reconnu eux-mêmes le malentendu et qu’ils avaient tout fait pour s’opposer à « l’ivoirité », mais qu’en réalité, « l’ivoirité » ne gênait personne. Tous les pays revendiquent leur entité, leur identité et surtout leur identité culturelle. Même quand ils vont dans de grandes assemblées, ils y vont avec leur entité nationale.

 

C’est quoi l’entité nationale ivoirienne ? Elle inclut tous ceux qui sont arrivés, d’autres personnes ?

Absolument ! C’est sans exclusion aucune.

 

Aujourd’hui, Monsieur le président, vous sentez-vous encore le héritier du président Houphouët Boigny, lui qui gardait ce pays en paix ? Est-ce que vous n’avez pas l’impression d’avoir,  vous aussi, un peu échoué puisque le pays a sombré dans le chaos ?

Non ! Parce qu’un coup d’Etat militaire ne signifie pas une insuffisance quelconque pour ceux qui sont au pouvoir. Donc, l’héritage du président Houphouët Boigny qui est la paix et l’unité  nationale reste toujours intact. D’ailleurs, beaucoup de partis le revendiquent à plus forte raison le PDCI-RDA  dont le fondateur a été le père de la nation.

 

Est-ce que le président Houphouët n’avait pas trop de personnalité pour que vous portiez sa casquette. Est-ce que cette responsabilité n’était pas trop lourde pour vous ?

Non ! Le problème n’est pas là. Le problème, c’est de savoir d’abord que de son vivant, il avait fait en sorte que le président de l’assemblée soit son héritier et ensuite, le fait qu’après sa mort, c’est par des élections démocratiques que je suis arrivé au pouvoir avant que les militaires n’interviennent dans le champ politique. Ce qui n’est pas leur rôle.

 

Monsieur le président, aujourd’hui, très concrètement en quelques mots,  qu’est ce que vous aller apporter de neuf aux Ivoiriens que vous n’ayez pu leur donner lorsque vous étiez aux affaires ? Vous avez quand même occupé les rênes du pays pendant huit ans. Qu’est-ce que vous proposez de nouveau pour convaincre les Ivoiriens à vous redonner les destinées du pays ?

Il s’agit là de notre programme de gouvernement après les élections si nous les gagnons. Eh bien, ce que nous allons apporter, c’est l’ensemble des projets nationaux que nous avions esquissés pour le bien-être des Ivoiriens. Par exemple, l’extension du port autonome d’Abidjan, le troisième pont d’Abidjan, le pont sur la lagune pour joindre le littoral Alandjan, ensuite les routes, les pistes que nous avions bien coutume d’entretenir et enfin c’est la bonne gouvernance qui fait que nous n’avions exclu personne en dirigeant ce pays.

 

Vous n’aviez exclu personne en dirigeant ce pays. Pourtant, finalement vous avez été accusé d’avoir créé le concept qui allait diviser le pays.

Accuser, franchement ! Franchement, je le dis. Car ceux qui s’en plaignaient eux-mêmes ont reconnu leur erreur.

 

Aujourd’hui, monsieur le président, il y a plusieurs forces qui sont en place. Il y a le FPI, le RDR, à côté du PDCI qui était le grand maître à l’époque et qui régnait en grand maître sur le pays pendant longtemps. De quel mouvement vous sentez-vous le plus proche, le RDR ou le FPI.

Le PDCI, c’est le PDCI. Le PDCI, c’est le parti qui a conduit le pays à l’indépendance, c’est le parti qui a bâti la Côte d’Ivoire moderne et le parti de l’expérience et de la sagesse. C’est encore une fois le parti majoritaire dans le pays.

 

Est-ce que vous vous sentez contesté au sein de votre mouvement ? Existe t-il un moyen pour ceux qui ne sont pas d’accord avec le président Bédié, pour ceux qui aimeraient être candidat de discuter ?

Mais, il va d’abord falloir que ceux-là se fassent connaître. Parce que je ne suis pas à la tête du parti par ma seule volonté. C’est le parti, après des élections primaires, et par une majorité de plus de 80% qui m’a demandé de prendre les directions.

 

Vous êtes l’héritier de ce parti là ?

Héritier ? Je suis un membre actif de ce parti et c’est moi qui le conduis actuellement.

 

Monsieur le président, nous allons faire un peu de l’histoire. Qu’est ce qui fait que ce soit vous que le président Houphouët-Boigny prépare pour succéder à lui en vous installant par exemple à la présidence de l’assemblée nationale ? Quelle est la qualité qui a fait que ce soit vous en particulier ?

Je ne saurais vous répondre. Mais, je dirais tout simplement que c’est par le jeu tout à fait normal de la démocratie. Parce que pour être président de l’assemblée nationale il faut être élu par les députés.  C’est ce que j’ai été pendant treize ans.

 

Ce n’était pas parce que vous étiez un dauphin, voire plus proche de lui ?

Pas du tout. Le jeu était ouvert et tous ceux qui voulaient se présenter n’avaient qu’à le faire.

 

Monsieur le président, les gens ont envie de savoir quels étaient vos rapports avec le président Houphouët-Boigny. Comment l’avez-vous connu ?

Je l’ai connu à ma sortie de l’école, de l’université. J’ai été son ambassadeur aux Etats-Unis. J’ai été son ministre, président de l’assemblée pendant qu’il gouvernait encore le pays. Ce sont là ces rapports qui m’ont conduit à la magistrature suprême.

 

Il ne vous a pas considéré comme son fils ?

Je crois qu’il considérait tous les Ivoiriens comme ses enfants.

 

On a souvent dit qu’après sa mort, vous qui étiez son successeur constitutionnel, vous avez failli être écarté par le premier ministre de l’époque Alassane Dramane Ouattara qui voulait prendre les rênes du pays. Est-ce vrai ?

Ce n’est pas une lecture fine de la situation à cette époque là

 

Comment ça s’est passé ?

Ça s’est passé tout simplement que Ouattara a quitté son poste de premier ministre et qu’il a rejoint le Font Monétaire International.

 

Ce soir là, les choses ne se sont pas passées comme ça. Il y a eu des tensions.

Beh, peu importe. C’est du passé.

 

Mais, c’est un pan de l’histoire de la Côte d’ivoire

Ce n’est pas la vraie histoire. En ce sens qu’à cette époque là, Ouattara n’a jamais fait état de sa volonté de gouverner le pays. Mais, il y avait dans le parti de vieux caciques qui auraient préféré certainement être à ma place.

 

Que reste t-il aujourd’hui de l’héritage du président Houphouët-Boigny, vous qui êtes à la tête du parti qu’il a créé ?

Tout. L’héritage est resté intact. La preuve, c’est que tout le monde se réclame encore du président Félix Houphouët Boigny.  Bien qu’il ait quitté notre scène politique, il reste toujours le président populaire qu’il a été. Et son souvenir est intact.

 

Mais, on a souvent dit qu’il était responsable du chaos actuel.

C’est ce « on » a dit. Mais la réalité est tout autre.

 

Monsieur le président, aujourd’hui, pensez-vous que vous avez été véritablement proche  des populations ces derniers temps pour pouvoir espérer être élu ?

Je n’habite pas la capitale. J’habite à l’intérieur du pays au milieu des populations paysannes. Je suis à Daoukro où j’ai élu domicile. Et ensuite, je ne suis pas resté hors du pays. L’exil qui m’avait contraint à rester à Paris n’a duré que vingt (20) mois. Je suis rentré aussitôt en Côte d’Ivoire où j’ai reçu un accueil de plus d’un million de personnes. Aujourd’hui, pendant nos campagnes, nous voyons bien, tout le monde peut le constater, la grande mobilisation qui est la réponse des Ivoiriens à notre programme.

 

Que vous disent les populations ?

Les populations viennent par leurs danses, par leurs applaudissements, par leurs discours, nous dire qu’elles comptent sur le PDCI-RDA pour reprendre le pouvoir et remettre le pays sur les rails de la paix, du développement et du bien-être.

 

Et vous êtes celui qui pourrait leur apporter cela ?

C’est ce qu’elles pensent

 

Et vous-même

Au vu de l’expérience multiforme que nous avons eue dans les affaires de ce pays, j’y crois

Propos recueillis par Alain Foka de France 24

Avec la collaboration de Eugène YOBOUET

Correspondant permanent en France

Par tressia
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Mardi 7 avril 2009

Le régime des refondateurs de la Côte d’Ivoire qui est arrivé au pouvoir de manière calamiteuse (selon le Chef de l’Etat, Gbagbo Laurent) en octobre 2000, a depuis le jeudi 19 mars 2009, son premier journaliste emprisonné. Nanankoua Gnamantêh (créateur et animateur, depuis la mise sur le marché de "Le Repère", de cette chronique politique dénommée "Hier et aujourd’hui") séjourne à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Car, la justice des refondateurs a décidé, subitement et au mépris des lois en vigueur, de redéfinir le journalisme et le délit de presse, dans un procès dit d’outrage au Chef de l’Etat contre le leader des groupes de presse de l’opposition, le groupe "Le Réveil", à travers son hebdomadaire "Le Repère". Le procureur Tchimou et son substitut Diakité ont décidé, à la place de dire la loi, de remettre en cause cette loi du 14 décembre 2004 promulguée par Gbagbo Laurent, pour plaire au Chef de l’Etat (qui semble cautionner cette situation de violation du droit du journaliste), de maintenir le journaliste Nanankoua Gnamantêh à la MACA. Ce qui donne l’impression que la 2è République est morte, faisant place à un Etat sans lois depuis l’avènement des refondateurs.

Et pourtant que d’espoirs miroités aux Ivoiriens depuis leur piédestal de l’opposition des années 90. Aujourd’hui, les Ivoiriens vivent les pires affres et autres effets induits de la guerre que ces refondateurs nous ont imposée et dont ils refusent de sortir. Parmi ces faramineux projets "refondateurs" : la dépénalisation des délits de presse. Où est donc passée cette loi de dépénalisation des délits de presses et qui définit le travail du journaliste ? Cependant, l’article 68 de la loi du 14 décembre 2004 stipule ce qui suit : "La peine d’emprisonnement est exclue pour les délits de presse" et définit à son article 23, le travail du journaliste comme suit : "Est journaliste professionnel, dans les conditions prévues par la présente loi, toute personne physique : (…)- ayant pour occupation principale, régulière et rétribuée, la recherche, la collecte, la sélection, l’exploitation et la présentation de l’information; - exerçant cette activité dans une ou plusieurs publications quotidiennes ou périodiques (…)".

Et Nanakoua Gnamantêh accomplissait bien son travail comme ci-dessus, depuis 2005 jusqu’à sa mise sous mandat dépôt dans des conditions de kidnapping au Plateau. On l’accuse de n’être pas journaliste professionnel.

Du coup, tous ceux qu’on a toujours pris pour de grands journalistes ne le sont plus, car ils ne disposent pas de leur carte de journaliste professionnel. On peut citer entre autres, le président de l’UNJCI, Amos Béonao, Alfred Dan Moussa (Président de l’UPF), Brou Amessan (DG de la RTI et présentateur du JT de 20H), Awa Ehoura, Eloi Oulaï (Directeur de Radio CI)… le liste est très longue.

Finalement, au regard des agissements des refondateurs en matière de gestion des affaires de l’Etat avec des milliers de détenus illégaux sans procès ou avec des procès biaisés, l’hymne nationale de notre pays se réécrirait comme suit :

"Salut ô terre de désespoir

Pays de l’immoralité

Tes légions remplies de carences ont bafoué ta dignité

Tes fils, chère Côte d'Ivoire

Fiers refondateurs de ta régression

Tous rassemblés et pour ta perte

Te bâtiront dans l’injustice

Chers ivoiriens, le pays nous rejette

Si nous avons dans la guerre, ramené la pauvreté

Notre devoir sera d'être un modèle

De la calamité promise à l'humanité

En forgeant haineux  dans la voie nouvelle

La patrie de la vraie cupidité".

Le régime des refondateurs qui ont décidé de tout refonder, ce qui signifie la nécessaire destruction de ce qui existe déjà et qui est le résultat de 40 années dure labeur sous le PDCI-RDA, nous aura montré toute son incompétence à gérer la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens, avec cette autre détention illégale du journaliste Nanankoua Gnamantêh. Tout est en régression. Les refondateurs luttent avec toute leurs énergie pour inscrire ce pays qui était en voie de développement aux PPTE (Pays pauvres très endettés). Côte d’Ivoire de la Refondation, YAKO !

GUY TRESSIA

guy_tressia@yahoo.fr

Par tressia
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Vendredi 13 février 2009
L’affaire du DG de MTN escroqué puis expulsé avant le procès défraie la chronique. De la gestion de la crise ivoirienne au scandale de 65 millions escroqués à la société de téléphonie mobile MTN par la secrétaire de Gbagbo en passant par les prisonniers de la filière café-cacao et l’organisation hypothéquée des élections, Guéi Bombet Robert, président du parti "La Renaissance", accuse et propose. Entretien.

Bonjour monsieur le Président ! Bonjour La crise perdure et les voies de sortie de crise semblent se perdre à l’horizon. Quels sont vos constats par rapport à cette crise que vit la Côte d’Ivoire depuis 2002 ?
Nos constats sont multiples. Le premier est que voilà plus de 6 ans que nous sommes dans la crise. Nous avons évoqué tous les problèmes qui étaient à la base des maux de la Côte d’Ivoire. Nous avons signé plusieurs accords et nous remarquons qu’au bout de 6 ans, nous sommes quasiment au point de départ.

Qu’est-ce que vous préconisez en dehors des premiers remèdes que vous avez proposés ?
Nos propositions datent de 2005. Et certaines de nos propositions ont été à la base de la nomination du Premier ministre Charles Konan Banny. Donc nos propositions sont claires. Si la Côte d’Ivoire a atteint une phase de crise complexe, il est bien évident que pour trouver une solution, il faut passer, je dis bien passer par une transition. Et une transition sans Gbagbo. Parce que les intérêts sont tels que les suspicions se sont prononcées par rapport aux principaux antagonistes. Donc la solution du remodelage de la Côte d’Ivoire doit passer nécessairement par une transition. Et c’est ce que nous avons vu dans la plupart des pays qui se sont relancés sur la voie de la démocratie.

Que pensez-vous des reports des élections depuis 2005 ? Et selon vous qui a intérêt que ces élections ne se tiennent pas ?
Ces reports arrangent le chef de l’Etat actuel. Car s’il avait mis autant de volonté comme nous, à La Renaissance, nous en avons mis, si on suivait ou du moins si on essayait nos propositions, je pense qu’on serait un peu plus loin dans la résolution de cette crise. Sinon dans l’ensemble, nous pensons que les dirigeants actuels de notre pays n’ont pas cette réelle volonté de sortir de cette crise. Le Président de la République fait semblant de dire que tout marche, pourtant nous constatons que les choses marchent sur les béquilles. Je dirais même que ça marche à reculons.

Est-ce à dire que nos dirigeants sont hypocrites ?
S’agissant de nous, tout le monde connaît notre franc-parler. Nous ne cautionnons pas les petites combines. Mais ils y a certains politiciens qui ont choisi la voie du mensonge et de l’hypocrisie pour faire de la politique. C’est cela qui gène. Ceux-là, ce sont ceux qui font tout pour ne pas nous sortir de cette crise depuis 2003 alors que la guerre elle-même n’avait plus lieu en tant que telle. Et j’accuse en premier lieu le Chef de l’Etat à qui on a confié le pays et qui ne fait pas avancer les choses, alors que son pays est en train de mourir.

Mais avec l’avènement de l’accord de Ouagadougou et la nomination de Guillaume Soro à la Primature, l’on a pensé que la crise allait se dénouer. Il y en a qui disent même que Soro s’est inféodé au FPI. Que pensez-vous de cette situation ?
Parfaitement inféodé. Je dirais même qu’inféoder n’est pas le mot juste, je me demande même s’il ne fait pas partie du scénario qui consiste à faire durer le plus longtemps possible cette crise et la souffrance des Ivoiriens ? Parce que Soro lui-même, ça fait pratiquement 2 ans qu’il est Premier ministre. Ils ont dit que Ouaga III devrait apporter la solution. Mais depuis qu’il est premier ministre, qu’est-ce qu’il a résolu ? L’unicité des caisses, le redéploiement de l’administration, tout est toujours bloqué. Et la Côte d’Ivoire est toujours divisée. Dans ces conditions-là, je dirais que Soro lui-même trouve son salut dans la durée de la crise. Je l’accuse même d’une sorte de complicité avec Gbagbo.

Est-ce à dire que si ces deux sont encore aux commandes de notre pays, on n’irait jamais aux élections ?
Là, moi, je suis inquiet. Je ne dirai jamais non. Mais cette complicité entre Gbagbo et Soro m’inquiète. Parce que regardant toutes ces années qui sont passées alors qu’ils sont conscients de ce que le pays est dans le gouffre avec la situation des populations de plus en plus difficile, je me demande s’il faut aller jusqu’au bout avec les mêmes acteurs ? C’est pourquoi nous demandons une véritable transition avec des personnes neutres qui puissent mettre en place les conditions nécessaires pour que la Côte d’Ivoire puisse à nouveau jouer son rôle dans le concert des nations. Et repartir sur des bases solides. Pour cela, il faut maintenant consulter d’autres acteurs de la vie politique que ceux qu’on a l’habitude de consulter.

Cette année, le budget de souveraineté de la Présidence n’a pas été révélé. Cependant, on a constaté que les années passées, il allait croissant. Qu’en pensez-vous ?
C’est une connerie de la mauvaise gouvernance. Parce que, quand on a critiqué un système et qu’on a pris le pouvoir, c’est de prouver au peuple qu’on est capable de faire mieux que ses prédécesseurs. Ou bien faire mieux par rapport aux critiques qu’on a formulées. Au temps de Bédié, c’était autour de 15 milliards, Guéi, autour de 20 milliards. Il avait critiqué ces budgets de souveraineté qu’il a qualifiés d’excessifs. Mais Gbagbo arrive et ça passe à 35 ; 45 ; 65 milliards et aujourd’hui on parle de plus de 75 milliards, soit environ 1,5 milliards par semaine et 6,25 milliards par mois. Alors qu’en son temps on disait que "Bédié se donnait 1,250 milliard par mois comme argent de poche" parlant de son budget de 15 milliards annuel. Soro arrive lui aussi avec des idéaux pour le peuple, mais il a un budget qui avoisine les 25 milliards. Et nous voyons l’utilisation de ces budgets. Ils sont dépensés avec les longs cortèges les week-ends avec les grosses cylindrées et les charges de ces personnes qui les suivent partout et qui occasionnent des frais de missions payés sans travailler.

Voulez-vous dire que le Gbagbo de l’opposition et le Gbagbo au pouvoir, il y a un changement de discours ?
Ce n’est même pas le discours seulement qui a changé. C’est tout le comportement. Parce que nous qui étions avec lui et qui sommes partis, on aurait souhaité qu’il garde le discours et le comportement du Gbagbo de l’opposition. Il aurait ainsi sauvé le Socialisme. On a promis le socialisme comme le remède qu’il fallait pour contrecarrer le parti unique en garantissant les libertés, la justice et la solidarité nationale. Mais aujourd’hui, quand vous regardez son régime, les libertés, la justice et la solidarité nationale sont plombées. Et le PDCI a bien fait de boycotter la RTI qui censure l’opposition. Sur le plan de la justice, c’est totalement le chaos. On bat des honnêtes citoyens impunément. Nous avons été bastonnés sans que personne ne lève le doigt. C’est donc un comportement contraire aux idéaux qui ont amené la création du FPI. Et cela nous conforte davantage du fait que nous nous sommes désolidarisés d’eux avant leur accession au pouvoir. Les petits signaux qu’on nous envoie pour dire qu’ils luttent contre la corruption, c’est pour tromper les Ivoiriens et la communauté internationale. Il disait qu’il était une oasis de propreté. Mais aujourd’hui si on lui demande de faire un audit de sa gestion à la tête de l’Etat et de toutes les structures de l’Etat. On découvrira beaucoup d’incohérence entre ses dires et la réalité de sa gestion.

Parlant de justice. Quel commentaire faites-vous de l’affaire de la secrétaire du Président de la république qui a escroqué la société de téléphonie cellulaire MTN à hauteur de 65 millions ?
Nous, nous disons qu’il ne faut pas s’arrêter à l’emprisonnement d’une simple secrétaire sans jugement véritable. De la secrétaire de Gbagbo aux amis du café-cacao emprisonnés, il faut un véritable audit pour démasquer les instigateurs. Parce qu’actuellement, les commanditaires ou les bénéficiaires de ces pseudo-détournements sont encore en liberté. Qu’on nous dise qu’on engage un audit dans toute l’administration et un audit dans toutes les structures où l’Etat a une implication. Là, toute la vérité sortira et on saura les vrais coupables ou même les complices. S’agissant de la secrétaire de Gbagbo, je dirais qu’on n’arrive pas à ce niveau de responsabilité d’un pays pour escroquer des sociétés. Ce sont des abus de pouvoir. Mais ces abus de pouvoir ternissent l’image de notre pays considérablement. En allant au-delà de la simple secrétaire dont on a publié le nom, reste à savoir si elle est seule et n’appartient pas à un réseau. Il faut aller au bout pour savoir celui qui est vraiment en-dessous, celui qu’elle couvre. Je dis aussi qu’il faut que la justice s’établisse dans cette affaire d’escroquerie de MTN. Est-ce que cette justice est établie avant de vider le monsieur dont on a escroqué la société ? Parce qu’en mettant le monsieur dans l’avion, le principal témoin, sans le verdict de la justice, c’est qu’il y a anguille sous roche. Si les gens se sont précipités pour expulser sans jugement le Directeur de MTN, c’est que ça devrait être une habitude d’escroquer au nom de la Présidence et cette fois-ci le business n’a pas marché. Ils ont utilisé une mauvaise manière qui rejaillit négativement sur notre pays. Il s’agit de la Présidence de la République. Là où le niveau de propreté et de respect doit commencer. Il faut maintenant qu’ils aillent au-delà car, rendre une telle affaire publique veut dire qu’on doit faire un nettoyage sérieux à la Présidence. On nous cacherait sans doute des choses. Parce que la démarche utilisée semble très louche. Est-ce que cette précipitation n’est pas une façon de cacher l’hémorragie ? Parce que je ne comprends pas pourquoi un ministre de l’Intérieur se serait substitué à la Justice ? De quoi a peur le ministre de l’Intérieur ? C’est la preuve que notre pays n’est plus géré selon des normes judiciaires. La Justice est complètement phagocytée par le pouvoir d’Etat.

Finalement, qu’avez-vous à dire encore sur ce pouvoir qui semble cacher des magouilles au sommet de l’Etat?
Notre inquiétude à La Renaissance, ce sont les élections chaque fois annoncées et chaque fois reportées. Gbagbo et le FPI ont de manière calamiteuse 10 ans au pouvoir. Pour éviter des solutions à la Malgache ou à la Mauritanie, je dis tout simplement qu’il faut une transition, une vraie sans Gbagbo. Que Gbagbo soit élégant et responsable pour s’effacer et donner une chance à la paix en Côte d’Ivoire. Car, seule une transition véritable, sans les mêmes acteurs qui ont déjà démontré leur incapacité à gérer cette crise, peut sauver la Côte d’Ivoire. Entretien réalisé par GUY TRESSIA
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Mercredi 29 octobre 2008
Tous réclament à cor et à cri des élections générales. Cependant, le processus de sortie de crise piétine depuis 6 ans. Et cela inquiète plus d’un Ivoirien. Alors le parti politique "La Renaissance" de Guéhi Bombet Robert sorti de sa réserve, le 23 octobre dernier dénonce.
"Cela fait six (6) ans que la Côte d’Ivoire se trouve dans une situation confuse de ni paix ni guerre à travers une succession de gouvernements de transition tous taillés sur le schéma de Marcoussis, se ressemblant aussi bien dans leur composition que dans leur mission. Ces gouvernements de partage, enfermés dans le jeu des intérêts partisans des acteurs politiques en présence au détriment de l’intérêt général des populations, ont fini par ruiner tous nos espoirs de sortie de crise rapide, avec en prime des élections plusieurs fois annoncées, mais jamais tenues. Le mensonge, la démagogie et l’irresponsabilité ayant toujours pris le pas sur la vérité, la bonne foi et l’amour pour notre patrie", a dit le président de "La Renaissance", Guéhi Bombet Robert. Il a ensuite dressé le triste bilan de six (6) ans de gestion de la crise ivoirienne. A l’analyse de l’état actuel, La Renaissance, par la voix de son président, s’interroge : "Pour quelle élection présidentielle tout ce monde est dans la frénésie de campagne ? Pour apporter quel bonheur, tous ces gens qui ont eu un rôle de premier plan pour sortir notre pays du naufrage, se présentent-ils subitement comme des messies pour sauver un pays qu’ils ont contribué à mettre à genoux ?" Le 30 novembre, selon le président de "La Renaissance", "c’est de l’utopie sinon une autre arnaque des profiteurs de la Côte d’Ivoire qui cherchent par tous les moyens à confisquer le pouvoir", s’est-il indigné. Selon toujours le président de ce parti, "La Renaissance" fonde son inquiétude sur l’opération « Inondation » que le FPI a initié dans le dos de la CEI, qui elle-même vient de voir son indépendance contestée quelques jours seulement après le lancement de l’opération d’identification. Il a, pour finir, proposé une voie de sortie de crise : "Pour notre parti, les propositions de sortie de crise, maintes fois affirmées, n’ont pas variées: une véritable transition bâtie sur un nouveau schéma de gestion de la crise s’impose à la Côte d’Ivoire. "La Renaissance" insiste sur la nécessité d’une véritable transition pacifique de 12 à 24 mois, avec un gouvernement de mission, chargée de lever les contradictions qui minent le pays et de poser les bases de la renaissance ivoirienne", a-t-il conclu.
GUY TRESSIA
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Lundi 27 octobre 2008


Monsieur le Secrétaire Général du PDCI-RDA Messieurs les Vice-Présidents du PDCI-RDA, Messieur le Délégué départemental de Bouaflé ; Messieurs les Elus ; Autorités coutumières de Bouaflé Honorables membres des Instances du PDCI-RDA ; Vaillants Secrétaires généraux de Sections ; Madame la Présidente et les Membres de l’UFPDCI ; Monsieur le Président et les Membres de la JPDCI ; Mesdames et Messieurs, les Présidents des mouvements de soutien au PDCI-RDA ; Populations de Bouaflé; Mesdames et Messieurs ;
Chers frères et Sœurs ;
Depuis mon arrivée à Bouaflé, cette attachante capitale de la Marahoué, je constate avec une vive émotion, que malgré les longues années de séparation, les laborieuses populations Gouros, Ayaou, Yahôrè et Malinkés, ont maintenu intacts leur fidélité et leur attachement au PDCI-RDA et à ma personne. Comment interpréter autrement cette liesse populaire, le spectacle de cette cité en fête, les danses, les chants et les applaudissements nourris de milliers d’hommes, de femmes et de jeunes, espoir de la nation, qui nous crient leur joie si communicative et si touchante. Ces marques d’affection, tout en me réjouissant, me confortent dans l’espoir que très bientôt le PDCI-RDA triomphera de l’adversité et mettra ainsi fin à cet intermède de misère et de régression que nous a imposé si tragiquement le régime du FPI. Au nom de mon épouse et de la haute direction du parti dont une forte délégation m’accompagne, veuillez accepter, tous et toutes, mes plus vifs et fraternels remerciements. Je salue la présence distinguée de tous nos élus, des autorités administratives, municipales, coutumières et religieuses. J’exprime ma fierté et toute mon admiration à l’endroit du délégué départemental, et remercie très sincèrement tous ceux qui ont déployé tant d’efforts, tant de moyens matériels et humains pour assurer le succès de cette visite de retrouvailles, de mobilisation et de travail. Je salue tout spécialement l’honorable Yves N’Dia, le délégué départemental et les cadres de Bouaflé, pour leur contribution inestimable au fonctionnement et aux activités du PDCI-RDA. J’exprime à votre doyen M. Yoman Dibi Michel, membre du Conseil Politique, toute mon admiration pour sa fidélité et son attachement au PDCI-RDA. J’exprime aux pionniers du Parti avec à leur tête le doyen Yoman Dibi Michel, membre du Conseil Politique, Mesdames N’Guessan Marie, Kouamé Akissi, Yao Akissi, Kla Amani Thérèse et Messieurs N’Douffou Akouassi, Aka Bassy Koffi et Kra Kouadio, toute mon admiration pour leur fidélité et leur indéfectible attachement au PDCI-RDA. Je salue enfin nos militants, nos femmes, dynamiques et dévouées amazones, nos jeunes qui se sont mobilisés pour participer massivement à cette rencontre. Merci à toutes et à tous pour votre engagement et votre fidélité. Mes chers compatriotes, Je ne puis être dans cette ville historique de Bouaflé, sur les bords de la Marahoué, haut lieu de la lutte héroïque pour l’émancipation, la liberté et la dignité de l’homme africain en général et ivoirien en particulier, sans m’acquitter d’un devoir de mémoire envers nos pionniers. Je veux me souvenir avec fierté de la résistance que, de 1887 à 1912, les peuples de la Marahoué ont opposée aux forces coloniales pour conserver leur indépendance. Comment oublier les fameuses « émeutes de Bouaflé » en 1950 sous la conduite du valeureux Zoro Bi Tra, Secrétaire général de la section du PDCI-RDA ! Je pense avec émotion au Sénateur Biaka Boda qui, envoyé en mission par Félix Houphouët-Boigny pour remettre à M. Pautrat, président du tribunal de Bouaflé, sa requête de n’être entendu que dans le bureau de ce juge en raison de son immunité parlementaire, a rencontré de façon tragique la mort en cette région. Je salue respectueusement la mémoire des chefs de canton, Allomo Ouffouet et N’dri Yoman, du Préfet Béhibro Philippe, de Vamé Doumoya, Zamblé Bi Zamblé, Amara Diabaté, Vandou Fofana, Taki N’Guessan, Banni N’Guessan. Ils se sont illustrés par leur engagement pour la défense des idéaux du PDCI-RDA. Je salue la mémoire du ministre N’Dia Koffi Blaise, un collaborateur dévoué du Président Félix Houphouët-Boigny. Par ma voix, le parti exprime à la famille de Kouadio Koffi Germain, Membre fondateur du PDCI, qui vient de nous quitter récemment, sa compassion et sa solidarité. En leur mémoire à tous et en celle de tous les êtres chers que nous avons perdus, je vous prie d’observer, avec moi, une minute de silence. Je vous remercie. Chers frères et sœurs Mon ambition pour le développement de Bouaflé n’est pas de circonstance. Vous savez qu’elle remonte à l’époque héroïque où, auprès de Félix Houphouët-Boigny, je participais avec enthousiasme à l’oeuvre de construction et de modernisation de notre pays. En effet, le PDCI-RDA entendait faire de Bouaflé, ville agricole et forestière par excellence, une cité industrielle en raison de sa situation géographique en bordure du Bandama qui en fait « la perle de la Marahoué.» C’est dans cet esprit que la SOLIBRA fut incitée à venir s’installer ici pour faire de votre région un pays industriel. Au titre des infrastructures routières, quand j’étais aux affaires, mon gouvernement avait prévu et fait adopter par l’Assemblée nationale, le budget pour le bitumage de l’axe Bouaflé-Lotanzia dans le cadre d’un programme intégré de développement touristique des merveilleuses ressources naturelles de la région de la Marahoué. Dans ce registre des infrastructures routières, était également programmé le bitumage de l’axe Bouaflé-Sinfra, la construction d’un pont à deux voies sur la Marahoué entre Bouaflé et Daloa. Sur le plan du développement social, nous avons envisagé de construire à Bouaflé un grand hôpital régional, d’accroître la capacité du Lycée et de le doter d’une grande bibliothèque dont les travaux de réaménagement avaient débuté. L’électrification des villages est devenue aujourd’hui comme par enchantement un enjeu de politique politicienne. Or le vaste et dynamique programme de l’électrification de nos localités villageoises dénommé « Araignée » avait déjà démarré comme vous avez pu le constater et se poursuivait normalement. Ainsi par exemple tout le pays Ayaou a été raccordé au réseau et il ne restait plus qu’à le mettre sous tension. Comme je le rappelais à Tiébissou, pour raccorder un village ou une ville au réseau électrique, il faut d’abord disposer d’une ou plusieurs unités de production et de transport de l’énergie. Or, vous le savez, le FPI n’a construit aucun barrage ni aucune centrale électrique. Tout ce qui existe dans ce pays en matière de production et de transport de l’énergie électrique est exclusivement l’œuvre du PDCI-RDA. Que cessent donc les gesticulations et les mensonges, les affabulations et les manœuvres d’appropriation frauduleuse des œuvres du PDCI-RDA auxquelles se livrent grossièrement le FPI et ses mercenaires. Concernant l’hydraulique villageoise et l’hydraulique améliorée, mon gouvernement a multiplié la construction de châteaux d’eau dans les villages-centres ainsi que les forages pour mettre à la disposition des populations de l’eau potable, un instrument de lutte contre les ravages du ver de Guinée. Il en est de même de la téléphonie rurale rendue disponible dans plusieurs de vos localités. Il est regrettable que le Coup d’Etat stupide de décembre 1999 et l’avènement du FPI au pouvoir aient brutalement interrompu l’essor économique et social que mon gouvernement avait impulsé à votre département et à la région de la Marahoué. Vous avez constaté que depuis lors, le développement de la Côte d’Ivoire s’est arrêté. L’économie est ruinée, les entreprises sont fermées et celles qui résistent sont étranglées, le chômage s’est accrue, l’école n’existe plus que de nom, l’éducation et la formation de notre jeunesse sont sacrifiées, les services de santé publique sont à l’agonie, l’agriculture, secteur vital de notre politique de développement, est plongée dans le marasme le plus complet, gangrenée par la corruption et les détournements massifs des revenus de nos paysans. Cette situation a semé partout la désolation, plongé les travailleurs, le monde rural dans le dénuement total, la pauvreté la plus extrême et la misère. En conséquence, les populations et aussi les cadres ne parviennent plus à assumer les actions de solidarité traditionnelle et de développement dans les villages. Au total, la gestion catastrophique et irresponsable du FPI a créé un état d’appauvrissement inédit dans notre pays depuis notre indépendance. Le désespoir des Ivoiriens est sans précédent. Au regard de son bilan, le FPI devrait avoir le triomphe modeste et en tirer les conséquences en s’engageant résolument dans le processus de sortie de crise. Militantes et Militants, Comme vous le savez, le mandat de M. Gbagbo est terminé depuis octobre 2005. Mais par des manœuvres dilatoires, des volte-face dignes d’un usurpateur et le reniement constant de ses engagements nationaux et internationaux, par l’intimidation, la terreur et la violence, il continue à confisquer le pouvoir en s’y maintenant illégalement au mépris des règles élémentaires de la vie démocratique et républicaine. Pire, le FPI veut prolonger nos souffrances en poussant ses milices d’extraction tribale à entraver l’identification des Ivoiriens en vue des élections. Le peuple souverain de Côte d’Ivoire ne peut plus laisser le FPI prendre à sa guise la nation en otage en confisquant son droit inaliénable à choisir librement ses gouvernants et à déterminer souverainement la durée de leur mandat. Notre destin est entre vos mains, entre nos mains. Mobilisons-nous pour l’assumer en mettant fin à notre calvaire, au calvaire des populations ivoiriennes. Chers frères et sœurs de Bouaflé Mobilisons-nous pour sanctionner par le verdict des urnes le régime FPI qui a démontré qu’il ne peut rien nous apporter ! Pour cela, vous devez vous faire identifier massivement afin d’obtenir tous vos documents électoraux. Cela passe par l’enrôlement et l’inscription sur la liste électorale. J’invite tous les responsables du Parti, nos délégués départementaux, nos élus, nos secrétaires généraux de section, nos sœurs de l’UFPDCI, nos jeunes de la JPDCI, nos cadres à s’investir dans ce processus pour encadrer nos militants et nos sympathisants pour se faire enrôler et s’inscrire sur le listing électoral. Faisons échouer l’opération antirépublicaine et antidémocratique dénommée « opération inondation » ourdie par le FPI dans le but de nous voler notre victoire. Faisons également échec aux milices tribales et aux mercenaires du FPI qui veulent empêcher le bon déroulement des opérations d’enrôlement et de recensement électoral. Chers compatriotes, Par votre détermination et votre confiance, dans le PDCI-RDA, faisons en sorte qu’une nouvelle ère d’espérance renaisse. Je veux construire avec vous une nouvelle Côte d’Ivoire! Une Côte d’Ivoire à nouveau prospère où chaque Ivoirien, chaque Ivoirienne aura droit à la sécurité, à la prospérité grâce au progrès pour tous et au bonheur partagé que j’ai toujours ambitionnés pour elle. La grande majorité des Ivoiriens est convaincue qu’il faut le changement. Elle est également convaincue que ce changement ne peut lui être apporté que par le PDCI-RDA, parti de l’expérience et de l’espérance. C’est pourquoi, le PDCI-RDA doit reprendre son œuvre de construction et de développement du pays entreprise depuis Félix Houphouët-Boigny et poursuivie par moi-même. Disons : NON au FPI ! Car rien ne nous oblige à nous soumettre sans résistance à sa dictature ignoble et inhumaine ! Préparons-nous à reconquérir nos libertés en nous mobilisant pour les élections. Militantes et militants, responsables du PDCI-RDA, cadres, renforçons et resserrons nos rangs en vue de notre succès aux élections prochaines ! Pour cela, chacun de vous doit aller voter et donner sa voix au PDCI-RDA. Notre avenir et celui du pays dépendront de ces gestes simples mais décisifs qui détermineront notre capacité à maîtriser notre destin commun. Chers compatriotes, Sympathisants, Militantes et militants du PDCI-RDA, Hommes, Femmes, Jeunes de Bouaflé, je compte sur chacun de vous. Unis, disciplinés et déterminés, rien ne pourra arrêter notre marche vers la victoire aux futures élections. En avant donc vers un avenir meilleur pour une Côte d’Ivoire d’amour, d’hospitalité et d’espoir tournée vers le progrès pour tous et le bonheur partagé, dans l’union, la justice, la solidarité et la fraternité. Vive Bouaflé Vive le PDCI-RDA ! Vive la Côte d’Ivoire !
Henri Konan BEDIE, Président du PDCI-RDA
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Lundi 21 janvier 2008

2004

(6 janvier): Retour des ministres des forces nouvelles au sein du gouvernement après un boycott de 3 mois (Guillaume Soro absent).

(22 janvier): Le tribunal militaire d'Abidjan condamne à 17 ans de prison ferme le sergent de police Théodore Séri pour le meurtre du journaliste Jean Hélène.

(24 janvier): Fin du déploiement des militaires français pour sécuriser le nord du pays.

(30 janvier): Le groupe français Bolloré, à travers sa filiale la Société d'Exploitation du Terminal de Vridi (S.E.T.V), se voit attribuer (sur la base d'un accord de gré à gré) à partir du 1er mars 2004 la gestion et l'exploitation d'un important terminal à conteneurs du Port autonome d'Abidjan (PAA) pour une durée de 15 ans renouvelable pour 10 ans. Cette convention de concession assure à la société S.E.T.V le monopole de la manutention des conteneurs dans le port d'Abidjan.

(3-8 février): Visite de "réconciliation" à Paris de Laurent Gbagbo.

(4 février): Le Conseil de sécurité proroge le mandat de la MINUCI jusqu'au 27 février 2004 et renouvelle jusqu'à la même date les mandats de l'ECOMICI et des forces françaises de l'opération Licorne

(8 février): Le Sergent Coulibaly Adama alias Adam's le tombeur, commandant le secteur sud de Korhogo est abattu aux environs de 1 heure du matin.

(26 février): Le secrétaire général des Forces nouvelles et ministre de la communication, Guillaume Soro, déclare que les Forces Nouvelles ne désarmeront pas avant des "élections crédibles et transparentes en Côte d'Ivoire", prévues en 2005.

(27 février): Le conseil de sécurité de l'ONU vote la résolution 1528 qui autorise le déploiement de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) pour une durée de douze mois.

(4 mars): Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) décide de suspendre la participation de ses ministres (7) au gouvernement de réconciliation nationale.

(8 mars): Report du processus de désarmement.

(9 mars): Des magistrats sont molestés par des jeunes manifestants appartenant à des mouvements proches du chef de l'Etat au palais de justice d'Abidjan.

(11 mars): Le conseil des ministres décide l'interdiction de toute " manifestation de rue " jusqu'au 30 avril.

(19 mars): Le président Laurent Gbagbo confirme par décret l'interdiction de toute manifestation de rue jusqu'au 30 avril.

(22 mars): Remise au président de la République du mémorandum élaboré par l'opposition (PDCI, RDR, UDPCI, FN, MFA) sur les points de blocage de l'application des accords de Marcoussis. Laurent Gbagbo réquisitionne l'armée : " En vue de concourir au maintien de l`ordre public sur toute l`étendue du territoire national du lundi 22 mars au jeudi 15 avril 2004, les forces armées nationales font l`objet d`une réquisition générale ".

(25 mars): Manifestation à l'appel des " Marcoussistes " (PDCI, UDPCI, RDR, Forces Nouvelles…) pour l'application des accords de Marcoussis. Manifestation interdite par Laurent Gbagbo et durement réprimée (37 morts selon le gouvernement, entre 350 et 500 selon l'opposition, plus de 120 selon l'ONU). Les forces nouvelles, le Rassemblement des républicains (RDR), l'UDPCI et le Mouvement des forces d'avenir (MFA) annoncent qu'ils suspendent leur participation au gouvernement de réconciliation nationale.

(26 mars): Selon Laurent Gbagbo : " A l'évidence, les événements du 25 mars n'ont rien à avoir avec une manifestation pacifique. En réalité, il s'agissait sous le couvert d'une marche, de faire rentrer la rébellion à Abidjan. De saper les bases de l'Etat c'est-à-dire de ruiner les efforts consentis par le peuple de Côte d'Ivoire, son armée et le chef de l'Etat depuis bientôt deux ans".

(29 mars): Le RDR, le PDCI, le MFA, l'UDPCI et les Forces nouvelles déclinent la rencontre avec le chef de l'Etat prévue pour ce jour.

(4 avril): Début officiel de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) avec l'arrivée de quelques dizaines d'officiers onusiens .

(16 avril): Disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer.

(23 avril): Les députés adoptent la première réforme législative prévue par les accords de Marcoussis sur l'identification des personnes et le séjour des étrangers.

(18-28 avril): Enquête de l'ONU sur la répression de la manifestation du 25 mars et des exactions qui l'ont accompagnée.

(14 mai): Le ministre ivoirien des Transports Anaky Kobenan refuse d'accorder au groupe français Bolloré la concession de gestion et d'exploitation du terminal à conteneurs du port autonome d'Abidjan.

(15-16 mai): Laurent Gbagbo assiste à Bamako au 6ème sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad ou Comessa). A l'issue du sommet, la Côte d'Ivoire est admise comme membre de la Cen-Sad.

(18 mai): Dans un décret signé le 18 mai et lu à la télévision nationale le 19 mai, Laurent Gbagbo a mis fin aux fonctions de Soro Guillaume, ministre d'Etat chargé de la Communication et de Youssouf Soumahoro, ministre de l'Enseignement technique, tous deux issus des Forces Nouvelles ainsi que de Patrick Achi, ministre des infrastructures économiques, représentant le PDCI-RDA au gouvernement. Ces trois ministres ont été remplacés par trois autres membres du gouvernement, tous issus de la formation politique du chef de l'Etat, le FPI.

(28 mai): La Commission européenne annonce le décaissement d'une aide de 13,9 millions d'euros destinée au financement des services sociaux et à la réhabilitation d'infrastructures de base.

(29 mai): A Abidjan, environ 40.000 "jeunes patriotes", partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo, manifestent pour demander à l'Onu de "désarmer les rebelles" et appeler à la démission du premier ministre Seydou Diarra.  A Bouaké, environ 40.000 personnes manifestent dans le calme à l'appel des Forces nouvelles pour demander le départ du pouvoir du président Laurent Gbagbo.

(2 juin): Le groupe français Bolloré, à travers sa filiale DAFCI, décide de se retirer totalement du négoce du café/cacao en Côte d'Ivoire.

(6-15 juin): Visite privée de Laurent Gbagbo à Washington.

(7 juin): Attaque de la sous-préfecture de Gohitafla et de la ville minière d'Ity, situées dans la zone de confiance démilitarisée, par des " éléments incontrôlés " des forces ex-rebelles. En réaction, des hélicoptères de combat des forces loyalistes ivoiriennes lancent une attaque dans la zone placée sous le contrôle de l'ex-rébellion. A Abidjan plusieurs centaines de " jeunes patriotes " favorables à Laurent Gbagbo manifestent violemment contre la France et contre la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI). Agressions d'une quarantaine de français.

(15 juin): La Banque mondiale suspend ses décaissements en faveur de la Côte d'Ivoire en raison d'arriérés impayés depuis plus de 2 mois.

(20-21 juin): Affrontements armés entre factions de l'ex-rébellion ivoirienne à Korhogo et à Bouaké opposant partisans du sergent-chef Ibrahim Coulibaly (IB) et combattants fidèles à Guillaume Soro, occasionnant une vingtaine de morts.

(9 juillet) Adoption en commission par les députés ivoiriens d'un amendement de la loi sur le domaine foncier rural, issu des accords de paix de Marcoussis, permettant désormais aux héritiers non-ivoiriens de détenir un titre de propriété.

(13 juillet): Publication du rapport de l'ONUCI (Division des droits de l'homme) sur les charniers de Korhogo.

(29-30 juillet): Accord d'Accra III, conclu entre tous les protagonistes de la crise ivoirienne et destiné à relancer le processus de paix en panne depuis 22 mois dans ce pays. L'accord précise que le début du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) doit commencer au plus tard le 15 octobre.

(9 août): Réunion de tous les ministres du gouvernement ivoirien de réconciliation nationale (avec la réintégration des 3 ministres limogés par Laurent Gbagbo), après plus de 4 mois de boycott, première application de l'accord d'Accra III.

(11 août): Ouverture d'une session extraordinaire de l'assemblée nationale ivoirienne à Abidjan afin d'examiner des projets de loi prévus par les accords de paix de Marcoussis et l'accord d'Accra III.

(13 août): Interdiction de l'importation de sucre pendant deux ans pour "lutter contre la fraude" qui "met en difficulté l'industrie sucrière du pays". Création à Abidjan de "ONUCI FM" conformément à la résolution 1528 du Conseil de sécurité pour "contribuer à faire comprendre le processus de paix et le rôle de l'ONUCI aux collectivités locales et aux parties".

(15 août): Francis Wangah Romain Wodié est réélu premier président du parti ivoirien des travailleurs (PIT), à l'issue du 3è Congrès de ce parti.

(1er septembre): Le Comité de suivi sur la mise en œuvre des accords de Marcoussis et d'Accra déclare son " inquiétude " concernant la lenteur de leur examen par l'assemblée nationale.

(8 septembre): Le président Gbagbo retire " momentanément " le code de la nationalité soumis à l'examen des députés.

(9 septembre): Adoption de la loi sur le financement public des partis politiques et des campagnes électorales.

(17 septembre): Les armes lourdes des protagonistes auraient été retirées de leurs "positions avancées" et stockées sur "des sites identifiés".

(18-22 septembre): Visite du premier ministre Seydou Diarra au siège de la Banque mondiale (BM) puis du Fonds monétaire international (FMI) à Washington pour "engager des discussions" en vue de la reprise de la coopération de la Côte d'Ivoire avec ces deux institutions.

(16 août-28 septembre): Session extraordinaire de l'Assemblée nationale destinée à procéder à l'adoption des réformes constitutionnelles et législatives prévues dans les délais fixés par les accords d'Accra-Marcoussis. Seul le projet de loi relatif au financement public des partis et groupes politiques et des campagnes électorales a été approuvé au cours de la session. Les textes importants sur la nationalité, la Commission électorale indépendante (CEI) et la libre circulation des personnes restent en suspens.

(6 octobre): Ouverture d'une deuxième session ordinaire de l'Assemblée nationale.

(11 octobre): Les Fanci (loyalistes) et les FN (ex-rebelles), réaffirment leur "volonté" de débuter le processus de désarmement le 15 octobre comme prévu, mais font état de "doutes et d'inquiétudes" au sein des populations. La réunion, convoquée par le président Gbagbo, se tient en l'absence de responsables politiques des ex-rebelles.

(13 octobre): Le porte-parole des FN Sidiki Konaté affirme que le démarrage du processus de désarmement n'aura pas lieu chez les ex-rebelles, pour protester contre le blocage politique des réformes.

(28 octobre): Suspension de la participation des ministres des Forces nouvelles au Gouvernement de réconciliation nationale à la suite de la découverte à Bouaké (le 26 octobre) d'un camion transportant une grande quantité d'armes et de munitions. A l'intérieur de leur zone, les ex-rebelles ont instauré un "couvre-feu" (de 21 heures à 6h) et décrété "l'alerte maximale".

(2 novembre): La Banque mondiale place la Côte d'Ivoire dans la catégorie des pays dont la " dette est improductive " (elle n'a plus effectué de remboursement de crédits ou de prêts depuis plus de six mois). Les arriérés d'Abidjan envers la Banque internationale de reconstruction et de développement (BIRD) s'élèvent à 64,2 millions de dollars pour un encours total de crédits d'environ 443 millions hors intérêt. Les arriérés dus au titre de l'AID atteignent 16,7 millions de dollars sur un encours total de 1,8 milliard.

(3 novembre): Laurent Gbagbo préside à Abidjan un conseil des ministres extraordinaire, caractérisé par l'absence de son Premier ministre, Seydou Diarra et des ministres issus de l'opposition. Le conseil adopte deux projets de loi sur une "disposition spéciale en matière de naturalisation" et le "code de nationalité".

(4 novembre): L'aviation des forces loyalistes bombarde Bouaké et Korhogo (85 morts et une centaine de blessés, selon les FN). Guillaume Soro, SG du MPCI, déclare que ces bombardements rendent "caducs les accords de paix". Le général Mathias Doué, chef d'état-major des forces armées ivoiriennes, affirme que la "Côte d'Ivoire sera demain une et indivisible". De nombreuses manifestations violentes de "Jeunes patriotes" se déroulent à Abidjan. L'électricité et l'eau sont coupées dans la zone des ex-rebelles. A Abidjan, trois journaux proches de l'opposition sont attaqués (le Patriote, 24 Heures et le Nouveau Réveil), les locaux des deux premiers sont incendiés. Un sabotage interrompt la diffusion des émissions de Radio France Internationale (RFI), de la BBC et d'Africa N°1 sur la bande FM à Abidjan. Le siège du PDCI est saccagé. Dans la nuit, le siège du RDR est pillé puis incendié

(5 novembre): Le ministre de la Sécurité annonce que les manifestations à Abidjan sont interdites pendant trois jours dans le "souci de préserver les vies humaines et les biens". L'Onu suspend ses activités humanitaires.

(6 novembre): Raid de l'aviation gouvernementale sur une position des soldats français de la force Licorne à Bouaké : 9 morts et 34 blessés. En représailles les soldats français "neutralisent" l'aviation ivoirienne.

(6-7 novembre): Violences anti-françaises à Abidjan, scènes de violence et de pillage… l'armée française intervient pour "sécuriser" sa communauté : une trentaine d'ivoiriens tués et une centaine de blessés selon Mamadou Koulibaly (Président de l'assemblée nationale) qui déclare que la Côte d'Ivoire sera un Vietnam pour la France.

(7 novembre): La France renforce son contingent. Depuis Nice, Alassane Ouattara demande la démission de Gbagbo. Laurent Gbagbo exhorte les Ivoiriens au calme, tandis que les média nationaux sous contrôle attisent la violence. L'Union africaine (UA) mandate le président sud-africain Thabo Mbeki pour tenter une médiation dans le conflit ivoirien.

(8 novembre): Forte hausse des cours du cacao. Nouvel appel au calme des responsables civils et militaires ivoiriens. La France déclare ne pas vouloir renverser Gbagbo. Des patrouilles mixtes de casques bleus, de soldats français et de militaires ivoiriens sillonnent Abidjan.

(9 novembre): Les Etats-Unis apportent leur soutien à la France. Premières évacuations de civils français. Arrivée à Abidjan du président sud-africain Thabo Mbeki qui rencontre Laurent Gbagbo et invite à Pretoria les représentants de l'opposition ivoirienne.

(10 novembre): Début de l'évacuation massive d'européens vers Paris et d'une centaine de canadiens vers le Ghana.

(11 novembre): Alassane Ouattara, leader du RDR, déclare à son arrivée à Pretoria qu'il n'est pas question " de négocier un nouvel accord " de paix. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, condamne les "médias de la haine" qui ont attisé la violence en Côte d'Ivoire et appelle les parties au calme. L'électricité et l'eau sont rétablies à Korhogo après neuf jours d'interruption.

(13 novembre): Le colonel-major Philipe Mangou est nommé chef d'état-major de l'armée ivoirienne par le président ivoirien Laurent Gbagbo en remplacement du général Mathias Doué, appelé à "d'autres fonctions".

(14 novembre): Le sommet extraordinaire de l'Union Africaine (auquel ne participait pas Laurent Gbagbo) soutient le projet français de résolution devant être examiné le lendemain par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Nouvelle rencontre en Afrique du Sud entre M. Thabo Mbeki et des dirigeants de l'opposition ivoirienne. Une nouvelle coupure d'électricité, effectuée depuis Abidjan, touche tout le nord de la Côte d'Ivoire.

(15 novembre): Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1572 comportant des sanctions à l'encontre de la Côte d'Ivoire avec notamment un embargo immédiat sur les armes pour 13 mois. De plus, la résolution prévoit la possibilité, à partir du 15 décembre et pour une durée de 12 mois, de l'interdiction de voyager et d'un gel des avoirs pour certaines personnes qui seront désignées comme constituant une menace pour la paix et la réconciliation en Côte d'Ivoire (blocage de l'application des accords d'Accra, violation des droits de l'homme ou incitation à la haine et à la violence). Ces mesures seront levées si des progrès substantiels dans la mise en oeuvre des accords d'Accra sont constatés (la réforme de l'article 35 de la Constitution sur l'éligibilité à la présidence de la république et le désarmement des forces nouvelles). Les " jeunes patriotes " demandent le départ des troupes françaises.

(17 novembre): 8300 français et environ 600 étrangers ont quitté la Côte d'Ivoire. 10 000 Ivoiriens seraient réfugiés au Liberia selon le HCR.

(18 novembre): Laurent Gbagbo décide le remplacement de tout ministre décidant de ne pas participer au conseil des ministres par un intérimaire jusqu'à son retour officiel. Le porte-parole du gouvernement ivoirien déclare que 63 personnes ont été tuées et plus de 1 300 blessées dans les manifestations antifrançaises qui se sont déroulées entre le 6 et le 9 novembre.

(21 novembre): Nouvelle rencontre à Pretoria entre le président sud-africain Thabo Mbeki et le secrétaire général des Forces nouvelles Guillaume Soro.

(24 novembre): Le colonel-major Philippe Mangou, nouveau chef d'état-major des forces armées ivoiriennes, a procédé à de nouvelles nominations à la tête du 1er Bataillon d'infanterie, du 1er Bataillon blindé, du Bataillon d'artillerie sol-air, et du Bataillon de commandement et de soutien, unités situées à Abidjan. Reprise de la diffusion des émissions de RFI et BBC-Afrique sur la bande FM à Abidjan. Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire en poste depuis le mois de février 2003, Albert Tévoédjrè démissionne de ses fonctions.

(25 novembre): Nouveau bilan officiel des évènements du début novembre : 57 morts et 2 226 blessés. Un rapport de l'IRIN révèle que "le secteur du cacao est de plus en plus contrôlé par des personnes qui prétendent se battre pour améliorer les conditions de vie des planteurs. En réalité, ces personnes ne sont intéressées que par le pouvoir et l'argent que leur organisation de type mafieuse et elles-mêmes tirent du cacao". La Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont prôné la libéralisation du secteur et la suppression de la Caistab, remplacée par "la Bourse du café et du cacao et d'autres organismes de gestion qui étaient censés mieux représenter les planteurs". "Le nouveau système s'est avéré encore moins efficace. En 2003, le cabinet de consultant Arthur Andersen a indiqué que les nouveaux organismes de régulation coûtaient trois fois plus chers que la Caisse de stabilisation".

(27 novembre): Le 10ème Sommet de la Francophonie rassemblant à Ouagadougou une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement dénonce dans une résolution spéciale les récentes attaques de l'armée ivoirienne et exige la "stricte application" des accords de paix de Marcoussis-Accra.

(28 novembre): La Côte d'Ivoire va déposer plainte contre la France auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) pour violation des accords de défense liant les deux pays et pour la destruction de l'aviation ivoirienne. Information démentie par M. Désiré Tagro, porte-parole du président Gbagbo. Le colonel Georges Guiai Bi Poin, qui commandait le détachement de gendarmes ivoiriens devant l'hôtel Ivoire, accuse les soldats français d'avoir tiré "directement sur la foule et sans aucune sommation" le 9 novembre dernier.

(30 novembre): Les autorités françaises estiment à "une vingtaine" le nombre d'Ivoiriens tués par l'armée française du 6 au 9 novembre. Environ 80 soldats français blessés ont dû être rapatriés. Le ministère français de la défense accuse les "corps habillés" ivoiriens (armée, police, gendarmerie) d'avoir multiplié les provocations et les affrontements avec les forces françaises

(2 décembre): Selon le MEDEF, au cours des évènements du début novembre, "144 filiales de sociétés françaises ont été spoliées, pillées ou détruites" et "73% des cadres travaillant pour les entreprises françaises en Côte d'Ivoire " ont quitté le pays ces dernières semaines.

(4 décembre) A la suite des troubles du début novembre, le président de la Chambre de Commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, Jean Louis Billon, dresse le bilan : 78 entreprises sont en cessation totale d'activité (détruites), 11 entreprises ont vu leur activité partiellement perturbée et 106 ont provisoirement fermé leurs portes. Concernant les PME, le président du Mouvement des petites et moyennes entreprises (MPME), Daniel Bréchat, affirme que 120 établissements sur les 500 affiliés à sa structure n'ont pas survécu aux pillages. Les pertes d'emplois seraient de l'ordre de 20 000 à 30 000.

(2-6 décembre): Deuxième mission de médiation et de paix du président sud-africain Thabo Mbeki en Côte d'Ivoire qui se traduit par un accord de l'ensemble des parties sur un plan de sortie de crise comportant quatre propositions susceptibles d'accélérer la mise en œuvre des accords d'Accra-Marcoussis. Ces points portent sur l'adoption rapide par l'Assemblée nationale des réformes politiques prévues par Marcoussis, le début du processus de désarmement, le retour au gouvernement de "réconciliation nationale" des ministres de l'ex-rébellion et la nécessité d'un "retour à la sécurité" sur l'ensemble du pays.

(8 décembre): Vote à l'Assemblée nationale de la loi sur la Commission Electorale Indépendante (CEI). Les députés du PDCI ont voté contre. Le RDR qui n'a aucun député conteste vivement ce vote.

(9 décembre): La France décide d'étendre aux français " rapatriés " de Côte d'Ivoire, le bénéfice de la loi du 26 décembre 1961 relative à l'accueil et à la réinstallation des français d'outre-mer, qui avait été adoptée pour les Français d'Algérie. La France allège son dispositif militaire, qui avait été renforcé au cours de la récente crise, ramenant l'effectif des militaires français présents en Côte d'Ivoire à environ 5 000. Selon M. Guédié Zadi, Directeur général de la société des Palaces de Cocody qui assure la gestion de L'Ivoire Golf club, de l'Hôtel du Golf et de l'Hôtel Ivoire, les dégâts occasionnés par les évènements du début novembre s'élèvent à 1,104 milliard de francs CFA. A l'intérieur du pays, les dégâts subis par l'Hôtel Président de Yamoussoukro et par l'Hôtel de la paix de Daoukro, se chiffreraient à 10 milliards. La radio de la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire émet désormais aussi à partir de Bouaké.

(10 décembre): Laurent Gbagbo interdit par décret toute manifestation sur la voie publique pendant trois mois, jusqu'au 10 mars 2005. Adoption en commission à l'Assemblée nationale de l'amendement de l'article 35 de la constitution portant sur les conditions d'éligibilité à la présidence de la République (17 voix pour, 16 abstentions).

(12 décembre): Selon le ministre du Tourisme Amon Tanoh Lambert, à la suite des troubles du début novembre, le montant des travaux de réhabilitation des 5 grands hôtels de Côte d'Ivoire (hôtel Ivoire, Golf hôtel, Ivoire Golf club, hôtel de la paix de Daoukro et hôtel président de Yamoussoukro) pourrait s'élever 50 milliards de francs CFA. L'Association pour le Développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO) quitte son siège régional de Bouaké pour le Bénin.

(14 décembre): Adoption en commission à l'Assemblée nationale de la loi sur le code de la nationalité. Les points les plus discutés concernaient les modes d'acquisition de la nationalité ivoirienne et les conditions de sa perte.

(15 décembre): Le Conseil de sécurité de l'ONU décide le report des sanctions ciblées contre les personnalités ivoiriennes bloquant l'application des accords de Marcoussis-Accra après le 10 janvier 2005, date de la réunion extraordinaire du Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine sur la crise ivoirienne. Kofi Annan demande le renforcement du contingent (un millier d'hommes) et des moyens des Nations-Unies en Côte d'Ivoire. Les députés ivoiriens adoptent en commission le projet de loi sur la naturalisation.

(17 décembre): Vote à l'Assemblée nationale en plénière, des textes de loi sur la nationalité et les naturalisations et de la modification des articles 35 et 55 de la Constitution. Selon l'article 35 nouveau, ''le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n'est rééligible qu'une fois. Le candidat doit jouir de ses droits civils et politiques et être âgé de trente cinq ans au moins. Il doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d'origine''.

(18 décembre): Laurent Gbagbo rappelle que toute modification constitutionnelle doit être approuvée par référendum.

(20 décembre): Le porte-parole des Forces nouvelles, Sidiki Konaté, demande la promulgation immédiate de l'article 35 nouveau de la Constitution et réfute toute idée de référendum à ce propos.

(22 décembre): Début des patrouilles mixtes composées d'éléments des forces nationales (Fanci) et onusiennes pour la sécurisation d'Abidjan. Les forces françaises ne prennent pas part à ces opérations.Dans le cadre de la révision annuelle de l'African Growth and Opportunity Act (AGOA), les Etats-Unis retirent la Côte d'Ivoire de la liste des pays africains éligibles à l'aide économique et commerciale (la Côte d'Ivoire bénéficiait de l'AGOA depuis le 16 mai 2002). En 2003, les exportations ivoiriennes vers les Etats-Unis bénéficiant du régime de l'AGOA s'élevaient à 88 millions de dollars soit environ 18% du montant total des exportations vers ce pays. Le ministre de l'Economie et des Finances, Bohoun Bouabré affirme que les arriérés de paiements extérieurs de la Côte d'Ivoire dépassent 400 milliards de Fcfa.

(23 décembre): Réunis en séance plénière, les députés rejettent le projet de loi sur l'organisation de référendums en Côte d'Ivoire : 198 votants : 108 pour, 89 abstentions et 1 bulletin nul (une majorité des 2/3 était requise).

(24 décembre): 18 personnes ont trouvé la mort à la suite de violents affrontements entre des villageois Bété près de Gagnoa, et des allogènes originaires d'autres régions de Côte d'Ivoire et d'autres pays d'Afrique de l'Ouest.

(31 décembre): Dans son message de vœux à la nation, le président Gbagbo dresse un bilan sombre de la situation économique et sociale en Côte d'Ivoire, conséquence directe "de la guerre qui nous est imposée depuis deux ans". Concernant la mise en œuvre des accords d'Accra-Marcoussis, le président déclare : "aujourd'hui, j'ai terminé ma part". A propos de la modification de l'article 35 de la Constitution, Laurent Gbagbo réaffirme la nécessité d'un référendum. Enfin, pour lui, "le processus de paix dépend d'une chose et d'une seule chose: le désarmement des rebelles". Les Nations Unies estiment que 44 % des 16 millions d'Ivoiriens vivent désormais en-dessous du seuil de pauvreté, contre 38 % en 2002.

2005

(4 janvier): Alassane Ouattara se prononce contre une candidature unique du G7 (qui regroupe quatre partis politiques (PDCI, RDR, UDPCI, MFA) et les trois ex-mouvements rebelles (MPCI, MPIGO, MJP) aux futures présidentielles. La Bourse du café cacao (BCC) fixe le prix "indicatif d'achat bord champ" du cacao à 390 francs CFA le kilo pour la période de janvier à mars 2005. Le premier Conseil des ministres de l'année s'est ouvert à Abidjan, en l'absence des huit ministres issus des rangs des Forces nouvelles. En 2004, 17 cas de polio ont été enregistrés contre un seul en 2003 et la situation pourrait être bien plus alarmante compte tenu de l'absence de données dans les zones contrôlées par les Forces nouvelles, déclare le ministre ivoirien de la Santé Albert Toikeusse.

(5-6 janvier): Laurent Gbagbo déclare au quotidien Fraternité-Matin : "si à la fin du mois d'octobre, les élections ne sont pas organisées, je reste Président de la République". Le nouveau conseil d'administration de la Radio télévision ivoirienne (RTI) désigne son président, Oulaï Siéné, ancien ministre de la Justice et cadre du FPI. Ce "coup de force de Gbagbo" qui traduit la mainmise du pouvoir sur les média, est dénoncé par Guillaume Soro SG des Forces nouvelles. Pour les députés du G7, il s'agit d'une "violation fragrante et grave de la liberté d'expression et du pluralisme d'opinion…". Les sociétés sinistrées à la suite des évènements du 6-8 novembre 2004, réclament 150 milliards de FCFA d'indemnités à l'Etat ivoirien. Pour les entreprises ayant subi des préjudices et des dommages au cours de la période 1999-2003, les indemnités sollicitées sont estimées à 100 milliards de FCFA.

(7 janvier): Dans sa lettre de vœux aux Ivoiriens, le sergent-chef Ibrahim Coulibaly (I.B), un des principaux instigateurs de la rébellion, dresse un sombre bilan de la situation de crise en Côte d'Ivoire et n'épargne aucun protagoniste. Pour lui, "au Nord comme au Sud, les crimes économiques sont les mêmes, les massacres de populations civiles s'équivalent, les charniers humains se valent". La "classe politique, toutes chapelles confondues,… est collectivement responsable et solidairement comptable des multiples fractures qu'elle a infligées au pays" depuis 1994. Concernant le discours "indépendantiste" de Gbagbo, I.B déclare : "les mêmes qui agitent l'étendard panafricaniste de lutte de libération économique contre la France, tout en se gardant bien de dire aux Ivoiriens que dans le même temps, ils installent exclusivement des intérêts anglo-américains et néerlandais aux commandes des secteurs du café et du cacao". Enfin, le plan Mbeki, légèrement amendé, "est notre espoir de sortie de crise".

(10 janvier): Réuni à Libreville, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) admet, concernant la modification de l'article 35 de la constitution, "que le recours au référendum est une des options -qui n'est pas exclusive- auxquelles le Président de la République de Côte d'Ivoire pourrait avoir recours seulement si cette consultation est organisée dans le respect de l'esprit de Linas Marcoussis et d'Accra III... Le Conseil appelle à une solution rapide de cette question, et ce de manière à encourager la mise en œuvre du programme DDR et à permettre la tenue des élections dans les délais prévus, en octobre 2005". Le FPI au pouvoir interprète la déclaration du CPS comme un aval de l'UA pour le référendum, tandis que l'opposition préfère retenir que "le référendum n'est pas une voie exclusive. Et si il doit y avoir un référendum, il doit être organisé dans l'esprit de Marcoussis". Le CPS recommande un nouveau report des sanctions prévues par la résolution 1572 de l'ONU, visant les personnalités faisant obstacle au processus de paix ou responsables de violations des droits de l'homme pour donner plus de temps à la médiation conduite par Thabo Mbeki. Le corps criblé de balles du chef Ousmane Coulibaly, dit Ben Laden, est retrouvé à Bouaké. Ce nouvel assassinat semble traduire la persistance de dissensions au sein de l'ex-rébellion.

(12 janvier): Lors de sa troisième visite en Côte d'Ivoire, Thabo Mbeki participe à Yamoussoukro à un Conseil des ministres du gouvernement, à nouveau boycotté par les rebelles des Forces Nouvelles (FN) qui déclarent préférer rencontrer, pour des raisons de sécurité, le médiateur en Afrique du Sud.

(17 janvier): Au cours d'une conférence de presse tenue au 43ème BIMA dans la banlieue d'Abidjan, le général Henri Poncet, commandant de la force Licorne, déclare que "la France dépense la somme de 10 milliards de Fcfa par mois, soit environ 170 millions d'Euros, pour l'entretien de la force Licorne".

(21 janvier): Décès à Bouaké de Drabo Modibo alias chef Mobio, l'une des figures emblématiques des Forces nouvelles.

(22 janvier): L'ONU autorise la Côte d'Ivoire à transférer de Yamoussoukro à Abidjan ses aéronefs "neutralisés" par la force Licorne le 6 novembre 2004.

(23-25 janvier): Rencontre à Pretoria entre le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de l'Union africaine dans la crise ivoirienne et l'opposition ivoirienne, représentée par Alassane Dramane Ouattara (RDR), Lambert Kouassi Konan (PDCI) et Guillaume Soro (Forces nouvelles), en vue de relancer le processus de paix.

(25 janvier): Lors d'une réunion avec les responsables des sociétés cotonnières exerçant dans la zone des Forces nouvelles, Chérif Ousmane, commandant de la zone sud, déclare : "jusqu'à nouvel ordre, les produits de la CIDT [Compagnie Ivoirienne de Distribution du Textile] ne sortiront plus de nos zones pour aller vers le sud". En effet, "La CIDT est une société d'Etat. C'est en partie avec l'argent que rapporte cette société que (Gbagbo achète des armes pour nous bombarder. Nous mettons fin à cela". Les autres sociétés cotonnières privées peuvent poursuivre leur activité mais elles doivent désormais payer des redevances aux Forces nouvelles et "payer leurs dettes envers les paysans". Selon le quotidien Le Front, "d'octobre 2004 au 9 janvier dernier, la récolte du cacao qui a atteint les deux ports de San-Pédro et d'Abidjan, se chiffrait à environ 600 855 tonnes" en baisse de plus de 100 000 t par rapport à la même période de la campagne précédente. Les raisons de ces mauvaises performances seraient liées à la mauvaise pluviométrie, aux "remous qui secouent la filière", aux conséquences des troubles du début novembre 2004... Ces moindres performances rejaillissent sur les recettes de l'Etat largement alimentées par le Droit unique de sortie (Dus) fixé à 220 Fcfa le kg.

(30-31 janvier): Quatrième sommet de l'Union Africaine (UA) à Abuja. Kofi Annan reconnaît l'existence d'une liste de 95 personnes censées être des obstacles au retour de la paix ou incitant à la haine et à la violence. Il déclare que cette liste ne sera pas publiée pour le moment, mais "sera remise à un procureur".

(31 janvier): Albert Tévoédjrè, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire, quitte Abidjan au terme d'une mission de deux ans dans ce pays.

(1er février): Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1584 visant le renforcement de l'effectivité et du contrôle de l'embargo sur les armes. Ladite résolution prévoit la mise en place d`un comité d`experts de trois membres qui sera chargé de surveiller sur le terrain l`application de l’embargo.

Rédigée par Bernard Conte

Chercheur au CEAN

Par tressia
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Lundi 21 janvier 2008

L'histoire de la Côte d'Ivoire indépendante n'est pas toujours linéaire. Elle a connu des hauts et des bas au cours des 40 dernières années, du fait des humeurs politiques des uns et des autres. De 1960 à 1999, la Côte d'Ivoire a connu la paix et une stabilité exemplaire, malgré quelques soubresauts vite maîtrisés. C'était sous le règne du PDCI-RDA avec les Présidents Félix Houphouët-Boigny (1960-1993) et Henri Konan Bédié (1993-1999). Depuis le 24 décembre 1999 qui a vu le premier coup d'Etat de l'histoire ivoirienne à maintenant, la Côte d'Ivoire baigne dans la violence et la peur des lendemains incertains. Bernard Conte, Chercheur au CEAN a retracé les grandes dates de cette histoire ivoirienne.

2002

(5 août): Formation d'un gouvernement réunissant toutes les forces politiques du pays, dont le RDR.

(12 août): Neuf militaires proches du général Gueï sont incarcérés pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", selon l'entourage du général.

(27 août): Cambriolage du siège de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest (BCEAO) à Abidjan : au moins deux milliards de francs CFA auraient été dérobés.

(13 septembre): Le général Gueï annonce la fin de l'alliance de son parti, l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI), avec le FPI et dénonce la "complotite aiguë" du régime.

(19 septembre): Une tentative de coup d'Etat à Abidjan dégénère en soulèvement armé. Les villes de Bouaké et Korhogo, respectivement dans le centre et le nord du pays, passent sous contrôle rebelle. Le général Robert Gueï et le ministre de l'intérieur Emile Boga Doudou, sont tués.

(22 septembre): Arrivée des premiers renforts français pour assurer la sécurité des ressortissants étrangers (3000 seront évacués). Le dispositif français est baptisé "Opération Licorne".

(24 septembre): Le FPI accuse le Burkina Faso d'être impliqué dans la "déstabilisation" de la Côte d'Ivoire. Le Burkina Faso dément toute implication.

(28 septembre): Abidjan demande l'activation des accords de défense conclus avec la France qui annonce apporter son "soutien logistique".

(30 septembre): La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) crée un groupe de contact et décide l'envoi d'une force de paix.

(1er octobre): Les mutins déclarent vouloir renverser le régime et invitent la France à respecter une "stricte neutralité".

(4-8 octobre): Une première tentative de médiation de la CEDEAO échoue.

(6-7 octobre): De violents combats se déroulent à Bouaké mais les forces loyalistes sont finalement repoussées.

(15 octobre): Le sergent-Chef Tuo Fozié révèle l'existence d'un dirigeant politique de la rébellion : Guillaume Soro, un temps sympathisant du FPI, puis plus récemment, proche du RDR, qui se présente lui-même comme le secrétaire général du MPCI.

(17 octobre): Signature par les rebelles à Bouaké d'un accord de cessation des hostilités. Le président Gbagbo l'accepte et demande à la France d'assurer le contrôle du cessez-le-feu.

(22 octobre): La France envoie des renforts pour contrôler le cessez-le-feu. Manifestation violente devant le 43ème BIMA à Port-Bouet (banlieue d'Abidjan), les manifestants exigent qu'on leur livre Alassane Ouattara.

(23 octobre): Le président togolais Gnassingbé Eyadéma est désigné par la CEDEAO coordinateur de la médiation.

(24 octobre): Les forces loyalistes reprennent Daloa ,48 heures après sa capture par les forces rebelles.

(30 octobre): Début à Lomé des premières négociations directes entre les délégations du gouvernement et des rebelles du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), conduite par Guillaume Soro

(1er novembre): Le gouvernement accepte le principe d'une amnistie et d'une réintégration des rebelles dans l'armée.

(19 novembre): Le président Laurent Gbagbo propose d'organiser un référendum sur la constitution, une des revendications des rebelles.

(27 novembre): Visite à Abidjan du ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, marquée par l'exfiltration de Côte d'Ivoire du principal opposant Alassane Ouattara.

(28 novembre): Le Mouvement populaire ivoirien du grand ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la justice et la paix (MJP), deux nouveaux groupes, revendiquent la prise de Man et de Danané.

(1er décembre): Premiers affrontements meurtriers entre militaires français et rebelles lors d'une évacuation de 160 étrangers depuis Man: une dizaine de morts chez les rebelles et un blessé chez les militaires français.

(3 décembre): Rencontre à Bamako des présidents Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré.

(12 décembre): Le MPCI demande "une neutralité totale" et le retrait de la France.

(16 décembre): Le ministre français des affaires étrangères, Dominique de Villepin, dénonce "les ingérences extérieures".

(18 décembre): Un sommet de la CEDEAO à Dakar, marqué par l'absence de nombreux chefs d'Etat concernés, "fixe au 31 décembre la date limite du déploiement" des troupes de la CEDEAO

(19 décembre): Amnesty International demande à l'ONU une enquête sur les exactions, après la découverte de charniers (Bouaké)

(20 décembre): Les rebelles du MPIGO prennent Bangolo (sud de Man). L'ONU appuie le gouvernement légal. Les forces loyalistes bombardent le village de Menakro, en zone rebelle derrière la "ligne de cessez-le-feu" surveillée par les troupes françaises : plusieurs civils tués.

2003

(3 janvier): Arrivée à Abidjan des premiers éléments de la force ouest-africaine de paix.

(3-4 janvier): Visite de Dominique de Villepin, les autorités d'Abidjan et du MPCI s'engagent au respect du cessez-le-feu et à participer à une table ronde politique le 15 janvier à Paris, suivie d'un sommet de chefs d'Etat africains le 27 janvier.

(6 janvier): Accrochage entre les rebelles de l'ouest et les militaires français aux environs de Duékoué: 30 morts chez les rebelles et 9 blessés côté français.

(8 janvier): Le MPIGO et le MJP concluent un accord de cessez-le-feu avec les troupes françaises et acceptent de participer à la table ronde de Paris.

(9 janvier): Des hélicoptères de l'armée régulière bombardent dans la région de Grabo (ouest), faisant, selon les rebelles, 15 morts civils.

(13 janvier): Le représentant du gouvernement et les chefs du MPIGO et du MJP signent un accord de cessation des hostilités à Lomé.

(15 janvier): Début de la table ronde à Linas-Marcoussis près de Paris.

(24 janvier): Signature d'un accord à Marcoussis, qui prévoit le maintien au pouvoir du président Gbagbo et un gouvernement ouvert à toutes les parties, y compris les rebelles.

(25 janvier): Laurent Gbagbo accepte l'accord de paix de Marcoussis et nomme Seydou Diarra premier ministre du gouvernement de réconciliation nationale chargé d'appliquer l'accord de paix en Côte d'Ivoire. Début d'une série de manifestations anti-françaises organisées par des organisations proches du président pour dénoncer les accords signés à Marcoussis. Les manifestations dégénèrent en émeutes anti-françaises.

(26 janvier): Guillaume Soro, annonce que son mouvement a obtenu les portefeuilles de la Défense et de l'Intérieur.

(31 janvier): Des centaines de "jeunes patriotes" envahissent les pistes de l'aéroport d'Abidjan provoquant l'intervention de l'armée française.

(février): Les opérations de la Banque africaine de développement (BAD) sont "temporairement" relocalisées à Tunis en raison de la crise en Côte d'Ivoire

(4 février): Selon La Croix, les "escadrons de la mort" qui opèrent en Côte d'Ivoire sont proches du pouvoir en place à Abidjan. Le quotidien cite un rapport de l'ONU qui indique : " les escadrons de la mort en Côte d'Ivoire seraient constitués d'éléments proches du gouvernement, de la garde présidentielle et d'une milice tribale de l'ethnie du président " Laurent Gbagbo.

(7 février): Laurent Gbagbo déclare qu'il accepte l'"esprit" des accords de Marcoussis comme "base de travail". Arrivée de nouveaux renforts français, portant à plus de 3 000 les effectifs de l'opération Licorne.

(20-21 février): Lors du 22ème sommet Afrique-France, le président Jacques Chirac appelle à "l'application intégrale" de Marcoussis. Il déclare que les escadrons de la mort "sont une réalité" et "que tout cela pourrait se terminer devant les tribunaux internationaux".

(22 février): Le ministre ivoirien de la Défense, Bertin Kadet rejette toute responsabilité concernant les "escadrons de la mort" sévissant à Abidjan, indiquant que son gouvernement continue à recevoir des armes et à recruter des soldats dans le seul but de " construire la paix ".

(26 février): Amnesty International accuse le MPCI d'avoir exécuté une soixantaine de gendarmes et une trentaine d'enfants à Bouaké du 6 au 9 octobre. Le MPCI dément.

(2 mars): Le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) déclare avoir dépensé environ 700.000 dollars US en deux mois pour ses interventions en faveur des réfugiés ivoiriens en Guinée.

(6 mars): Arrivée de 1100 soldats de la MICECI sous le commandement du général sénégalais Khalil Fall.

(10 mars): Laurent Gbagbo délègue certains de ses pouvoirs au Premier ministre dans 16 domaines bien précis et "pour une durée de six mois renouvelable".

(20 mars): Présentation de la liste quasi-complète des membres du nouveau gouvernement de réconciliation lors du deuxième Conseil des ministres qui s'est réuni à Yamoussoukro.

(26 mars): Le président ivoirien Laurent Gbagbo a signé un décret nommant à "titre intérimaire" Adou Assoa au poste de ministre de la Défense et Fofana Zémogo, à celui de la sécurité,

(2 avril): Laurent Gbagbo accuse Alassane Ouattara d'être le cerveau de la tentative de coup d'Etat.

(7 avril): La présidence ivoirienne a démenti lundi soir avoir passé un contrat avec la société britannique de gardiennage et de sécurité Northbridge Services Group (NSG) pour le recrutement de mercenaires

(17 avril): Conseil des ministres à Abidjan, avec la participation des ministres issus de la rébellion.

(2 mai): Mamadou Koulibaly, le président de l'Assemblée nationale, demande aux députés de ne pas légiférer avant le désarmement complet des rebelles.

(3 mai): Tous les belligérants impliqués dans la crise en: Côte d'Ivoire concluent un cessez-le-feu complet pour l'ensemble du territoire de la Côte d'Ivoire. Le Port autonome d'Abidjan (PAA), a vu ses activités chuter de moitié en sept mois de crise politico-militaire.

(5 mai): Laurent Dona Fologo, le président du Conseil économique et social, annonce la création d'un mouvement baptisé Rassemblement pour la paix (RPP), dont l'objectif est de "lutter pour le retour de la paix". Les Fanci et les "forces nouvelles", regroupant les trois mouvements rebelles, acceptent le principe d'une "zone de confiance" où elles circuleront sans armes.

(8 mai): La Commission européenne adopte un programme d'aide humanitaire de 3,7 milliards de francs CFA pour subvenir aux besoins des groupes les plus vulnérables touchés par le conflit.

(9 mai): Visite à Abidjan du ministre burkinabé des Affaires étrangères, Youssouf Ouédraogo.

(10 mai): En vigueur depuis le début de la crise, le couvre-feu est levé.

(13 mai): Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1479, qui crée "pour une période initiale de six mois, une Mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (MINUCI) avec mandat de faciliter la mise en oeuvre de l'Accord de Linas-Marcoussis et comprenant une composante militaire, en complément des opérations menées par les forces françaises et celles de la CEDEAO".

(20 mai): Laurent Gbagbo juge que les accords de paix signés à sont "des commodités" et affirme qu'il reste le seul "arbitre" de la vie politique ivoirienne.

(27 mai): Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), la situation alimentaire en Côte d'Ivoire se dégrade après huit mois de crise, pour y faire face le PAM lance un programme d'aide d'urgence destiné à fournir une aide à quelque 500 000 personnes d'ici à la fin de l'année.

(28 mai): Le Premier ministre Seydou Diarra présente le programme de politique générale de son gouvernement de réconciliation à l'Assemblée nationale.

(27 juin): Guillaume Soro, ministre de la Communication et ancien chef rebelle, est séquestré pendant près de deux heures dans les locaux de la télévision nationale par une centaine de " jeunes ".

(1er juillet): Selon le FMI, en 2002, le PIB se serait réduit de -1,5 à -1,8%.

(4 juillet): A l'issue d'un conseil des ministres,le gouvernement ivoirien a adopté un projet de loi d'amnistie qui doit effacer toutes les infractions contre la sûreté de l'Etat de septembre 2000 au 19 septembre 2002.

Fin officielle de la guerre annoncée par les rebelles et les loyalistes.

(7 juillet): La côte d'Ivoire annonce le retrait de la candidature d'Amara Essy à la présidence de l'Union Africaine.

(11 juillet): Installation officielle à Bouaké du QG international chargé de superviser le processus de désarmement et de démobilisation des combattants.

(16 juillet): Les Forces armées de Côte d'Ivoire (Fanci, forces régulières) et les "Forces nouvelles" (ex-rébellion) décident à Bouaké de créer un comité mixte d'état-major pour contrôler l'application de la décision de mettre fin à la guerre prise le 4 juillet.

(4 août): Le Conseil de sécurité des Nations Unies renouvelle pour six mois le mandat de la force franco-africaine déployée en Côte d'Ivoire.

(6 août): Adoption par l'assemblée nationale d'une loi amnistiant toutes les atteintes à la sûreté de l'Etat liées aux troubles politiques en Côte d'Ivoire entre le 17 septembre 2000 et le 19 septembre 2002.

(11 août): L'Unicef annonce le financement d'un programme de coopération avec la Côte d'Ivoire pour 2003/2007 à hauteur de 16 milliards de FCFA pour remédier à " la situation alarmante " des enfants et des femmes.

(20 août): Le Premier ministre Seydou Diarra réclame avec force au président Gbagbo les pouvoirs nécessaires pour mener à bien son programme de " réconciliation nationale ".

(21 août): Rencontre à Abidjan entre le président libérien Moses Blah et Laurent Gbagbo.

(21 août): Les planteurs de cacao de Côte d'Ivoire s'opposent à un audit international de la gestion de la filière demandé par la Banque Mondiale, le FMI et l'Union Européenne.

(25 août): Arrestation à Paris d'une dizaine de personnes dont Ibrahim Coulibaly (IB) pour tentative de déstabilisation de la Côte d'Ivoire. IB sera remis en liberté à la mi-septembre.

(10 septembre): Réouverture de la frontière terrestre entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, fermée depuis l'insurrection du 19 septembre 2002.

(13 septembre): Nomination contestée par les ex-rebelles de René Amani et Martin Bléou aux ministères de la Défense et de la Sécurité.

(18 septembre): Selon l'ONU, le conflit déclenché le 19 septembre 2002 a fait entre 500 000 et 600 000 déplacés et provoqué la fuite hors de Côte d'Ivoire de quelque 300 000 immigrés ouest-africains.

(23 septembre): Les ministres des forces nouvelles décident de ne plus participer au conseil de gouvernement.

(24-26 septembre): Attaque de la succursale de la BCEAO à Bouaké, le butin s'élèverait à environ 20 milliards de francs CFA.

(2 octobre): Manifestation à Abidjan de 20 000 à 30 000 " jeunes patriotes " partisans du président Laurent Gbagbo.

(4 octobre): Manifestation à Bouaké pour demander la démission du président Laurent Gbagbo.

(16 octobre): Le conseil des ministres ivoirien interdit toute manifestation publique pour une durée de trois mois.

(21 octobre): Meurtre de Jean Hélène correspondant en Côte d'Ivoire de Radio France internationale (RFI) en Côte d'Ivoire. Un sergent de police sera condamné à 17 ans de prison.

(30 octobre): Visite à Abidjan des présidents ghanéen et nigérian : John Kufuor et Olusegun Obasanjo.

(11 novembre): Mini-sommet de la CEDEAO à Accra pour accélérer le règlement de la crise en Côte d'Ivoire.

(13 novembre): Le Conseil de sécurité par sa résolution 1514, proroge le mandat de la MINUCI pour une période de trois mois jusqu'au 4 février 2004.

(15 novembre): Le Chef d'état-major, le général Mathias Doué déclare : " la guerre peut redémarrer à tout instant".

(26 novembre): Selon Human Rights Watch, des milices pro-gouvernementales ivoiriennes commettent " en toute impunité ", des exactions à l'égard de civils, y compris des meurtres et des actes de torture.

(29 novembre): Des éléments de l'armée régulière (FANCI) se heurtent aux forces françaises près de M'Bahiakro, alors qu'ils tentaient de franchir la " zone de confiance " démilitarisée.

(30 novembre): Des militaires ivoiriens interviennent en direct à la télévision nationale pour exiger dans les 48 heures la démission de leur chef d'état-major et des principaux généraux ainsi que le départ des soldats français.

(1er décembre): Manifestations de "jeunes" devant la base militaire française d'Abidjan.

(4 décembre): Laurent Gbagbo se prononce pour l'application des accords de Marcoussis dans leur intégralité.

(7 décembre): Les Forces Nouvelles libèrent 40 membres des FANCI et de la police qui avaient été faits prisonniers de guerre.

(18 décembre): Le conseil des ministres adopte un projet de loi modifiant les conditions d'éligibilité à la présidence de la République.

(22 décembre): Les forces nouvelles décident au cours d'une réunion de leurs dirigeants politiques et militaires à Bouaké de reprendre leur participation au conseil des ministres après trois mois de boycott.

Par tressia
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Lundi 21 janvier 2008

1990

(mars): Application du plan d'austérité décidé en 1989 avec la Banque Mondiale et la FMI prévoyant, notamment, la baisse des salaires du service public et le prélèvement d'une contribution de solidarité dans le secteur privé. Mais, dès avril, le plan est suspendu à la suite de manifestations à Abidjan.

(février-mai): Manifestations étudiantes et troubles sociaux

(5 mai): Houphouët-Boigny accepte l'instauration du multipartisme après trente années de pouvoir absolu du PDCI-RDA, 14 nouvelles formations politiques sont légalisées.

(10 septembre): Le pape Jean Paul II consacre la Basilique de Yamoussoukro.

(28 octobre): Election présidentielle opposant pour la première fois deux candidats. Félix Houphouët-Boigny est réélu pour un septième mandat avec 82% des voix devant Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara est nommé Premier ministre

(6 novembre): Modification de l'article 11 de la constitution : "en cas de vacance de la présidence de la République par décès, démission ou empêchement absolu constaté par la Cour suprême saisie par le gouvernement, les fonctions de président de la République sont dévolues de plein droit au président de l'Assemblée nationale". La version précédente de cet article ne prévoyait qu'un intérim de quarante-cinq à soixante jours, le temps d'organiser des élections générales

(7 novembre): Alassane Ouattara est nommé Premier ministre, poste nouvellement créé.

(25 novembre): Premières élections législatives sous le signe du multipartisme (175 députés, dont 9 pour le FPI, le parti d'opposition).

1991

(mai): Manifestations étudiantes violemment réprimées.

(17-18 mai): Intervention de l'armée (sous le commandement du Général Gueï) sur le campus universitaire après des affrontements entre policiers et étudiants.

(31 mai): 20.000 personnes manifestent pour protester contre cette intervention, à l'appel du Front populaire ivoirien (FPI). Les manifestants, avec à leur tête Laurent Gbagbo, député et leader du FPI, scandent notamment " Houphouët démission ".

(20 septembre): Lancement du programme global à moyen terme 1991-1995 par le gouvernement Ouattara et approuvé par les bailleurs de fonds internationaux. Les objectifs généraux du programme visent le retour aux grands équilibres macro-économiques, sans pour autant recourir à la manipulation du taux de change du franc CFA. Le lancement du programme est notamment appuyé par le FMI (crédit stand-by d'un montant de 82,750 millions de DTS) et la Banque Mondiale (3 programmes sectoriels: ajustement financier (Pasfi), compétitivité (Pasco) et ressources humaines (Pasrh).

(16 octobre): Adhésion au pacte de l'ONU sur les droits civils et politiques, et à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples de l'OUA (Organisation de l'unité africaine).

(20 novembre): Traitement de 724 millions de dollars de dette extérieure publique au Club de Paris (selon les termes de Houston).

1992

(29-30 janvier): Manifestations étudiantes. Flambée de violence dans les cités universitaires, au lendemain des déclarations du président Houphouët-Boigny, affirmant qu'il n'y aurait "aucune sanction" contre le chef d'état-major de l'armée, considéré comme principal responsable des exactions commises en mai 1991, selon le rapport d'une commission d'enquête.

(18 février): Arrestation de Laurent Gbagbo à la suite d'une violente manifestation de l'opposition. Il est condamné le 6 mars à deux ans de prison ainsi que huit autres dirigeants politiques ou syndicaux. Ils seront libérés le 1er août.

(7 avril): Etablissement de relations diplomatiques avec l'Afrique du Sud. La Côte d'Ivoire est le premier pays africain à prendre cette initiative.

1993

(9 mars): Les députés ivoiriens demandent au Président de surseoir au programme de privatisations, Cette démarche révèle au grand jour la "guerre des chefs" pour la succession à la tête de l'Etat qui, bien qu'officiellement niée, oppose le président de l'assemblée, M. Konan Bédié, au Premier ministre Alassane Ouattara. Mais le 28 mars, le président Houphouët-Boigny renouvelle sa confiance au chef du gouvernement.

(avril): Répondant à une demande du FMI, le gouvernement annonce une réduction de près d'un quart du nombre des ses fonctionnaires.

(7 décembre): Décès du Président Félix Houphouët-Boigny. Henri Konan Bédié, président de l'Assemblée nationale, est chargé de terminer son mandat.

(9 décembre): Le premier ministre Alassane Outtara annonce sa démission et celle de son gouvernement

(11 décembre): Konan Bédié désigne Daniel Kablan Duncan comme Premier ministre.

1994

(12 janvier): Dévaluation du Franc CFA de 50%..

(25 janvier): Signature d'une lettre d'intention avec le FMI pour un plan triennal (1994-1996), d'un montant global de 333,5 millions de DTS, soit 281 milliards de francs CFA.

(26 janvier): Le quotidien gouvernemental Fraternité-Matin lance une virulente attaque contre l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara qu'il accuse de "troubler l'ordre public" en l'avertissant que le pouvoir disposait " des moyens pour écraser la chienlit ". L'accusation de Fraternité-Matin se réfère aux incidents qui ont marqué le retour au pays, le 22 janvier, de M. Ouattara après trois semaines de vacances en France. Plusieurs centaines de ses partisans avaient voulu l'accueillir à l'aéroport mais en avaient été empêchés par les forces de sécurité.

(7 février): Les funérailles de Félix Houphouët-Boigny se déroulent à Yamoussoukro en présence de 27 chefs d'Etat et de représentants de 120 autres pays. Le nombre total d'invités s'élevait à 7000 et le coût de la manifestation a représenté environ 630 millions de francs CFA.

(8 février): La Banque Mondiale annonce une assistance immédiate 90 milliards de francs CFA, premier volet des 250 milliards de décaissements prévus pour 1994. De plus, ces financements bénéficieront des conditions concessionnelles attachées aux crédits de l'Association internationale de développement (IDA).

(11 mars): Le FMI approuve une facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (PRGF). Cet accord se situe dans le cadre d'une Facilité d'Ajustement Structurel Renforcé (FASR), il marque la reprise des relations entre la Côte d'Ivoire et les bailleurs de fonds internationaux après quasiment deux ans de suspension.

(23 mars): Traitement de 1 849 millions de dollars de dette extérieure publique au Club de Paris (selon les termes de Londres)

(30 avril): Henri Konan Bédié est élu à la présidence du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI).

(24 mai): Alassane Ouattara est nommé directeur adjoint du Fonds monétaire international et quitte la Côte d'Ivoire.

(27 juin): Un certain nombre de dissidents du PDCI, se réclamant de 'l'enseignement de l'ancien premier ministre Alassane Ouattara', constituent le 27 juin leur propre parti : le Rassemblement des républicains (RDR). Parti modéré, centriste, situé dans l'opposition, le RDR revendique 50 000 adhérents et se réclame de 'l'houphouëtisme'. Son secrétaire général M. Djeny Kobina est un ancien du comité central du PDCI.

(14 juillet): Le président Bédié est invité au défilé officiel à Paris. Dans un entretien avec le quotidien Le Monde, il évoque la double nationalité ivoiro-burkinabe de Alassane Ouattara.

(22 octobre): Environ 10 000 personnes assistent à Abidjan au premier meeting public organisé par le Rassemblement des Républicains (RDR), la nouvelle formation politique née en juin d'une scission au sein du PDCI. A la tribune d'honneur siégeaient quatre anciens ministres du gouvernement d'Alassane Ouattara

(25 novembre): L'opposition dénonce le projet de loi modifiant les conditions d'éligibilité à l'élection présidentielle visant à exclure Alassane Ouattara.

(8 décembre): Vote de la loi sur le code électoral par l'Assemblée Nationale à une très large majorité (109 voix contre 13). Ce nouveau code électoral apparaît plus restrictif que le précédent. Le texte comporte 139 articles et les principales innovations concernent le droit de vote et les conditions d'éligibilité. Désormais, les candidats à l'élection présidentielle doivent être "ivoiriens de naissance", "nés de père et de mère eux-mêmes ivoiriens de naissance". Ils doivent avoir résidé dans le pays de façon continue pendant les cinq années précédant la date de l'élection et ne jamais avoir renoncé à la nationalité ivoirienne.

(décembre): La Banque mondiale constate l'insuffisance des incitations à l'investissement privé en Côte d'Ivoire.

1995

(13 janvier): Alassane Ouattara adhère au RDR.

(8 mars): Le FMI félicite la Côte d'Ivoire pour sa gestion de la dévaluation du franc CFA et pour ses résultats économiques encourageants.

(5 avril): Création du Front républicain regroupant le FPI, le RDR et l'UFD, avec pour principal objectif la transparence des élections.

(juillet): Accord avec la Banque mondiale sur la libéralisation des marchés du café et du cacao.

(10 août): Installation officielle du Conseil constitutionnel, qui aura notamment pour tâche d'arbitrer les éventuels litiges lors des élections présidentielles et législatives. Présidé par M. Noël Némin, ancien ministre de la justice et ancien directeur du cabinet du chef de l'Etat, ce conseil comporte 2 vice-présidents et 6 membres

(septembre/octobre): Importantes manifestations de l'opposition à Abidjan, puis dans tout le pays contre le code électoral. Devant le refus du président de revenir notamment sur la loi électorale, le Front Républicain (comprenant le FPI et le RDR) et l'alliance des partis d'opposition appellent au boycott "actif" des prochaines élections.

(22 octobre): Henri Konan Bédié est élu à la présidence de la République, avec 96,44 % des suffrages contre Francis Wodié du Parti ivoirien des travailleurs (PIT) seul adversaire de Bédié.

(26 novembre): Elections législatives marquées par l'exclusion de plusieurs candidats, dont le secrétaire général du RDR, Djeny Kobina, en raison de la nationalité. Le PDCI conserve la majorité à l'assemblée nationale.

1996

(26 janvier): Formation du nouveau gouvernement par le Premier ministre Daniel Kablan Duncan, reconduit à son poste, composé des 25 membres de son ancienne équipe et de 6 technocrates.

(11 février): Elections municipales : Le PDCI remporte 164 communes, contre 32 pour l'opposition.

(16 mars): Selon le FMI, la croissance économique de la Côte d'Ivoire serait de 6,5% en 1996 contre 7% en 1995.

(30 avril): Cinquantenaire du PDCI-RDA, au pouvoir depuis l'indépendance (le plus ancien parti au pouvoir du continent africain).

(3 juillet): lancé le 25 avril 1996, le recensement des fonctionnaires et agents de l'Etat, en vue d'un dégraissage de la fonction publique, livre ses résultats ce jour : on dénombre 4 884 fonctionnaires fictifs, ce qui permet de réaliser une économie de plus de 1 milliard de franc CFA par mois.

(10 août): Remaniement ministériel : le nombre de ministères passe de 30 à 35, 23 ministres de l'ancienne équipe sont reconduits avec maintien ou modification de leurs affectations, 7 personnalités quittent le gouvernement tandis que l'on compte 13 nouveaux arrivants (dont 3 personnalités issues de l'opposition). Ce remaniement se traduit par l'éviction du général Guëi du gouvernement (ministre des sports).

(14 août): Le général Gueï est révoqué de l'armée, placé en résidence surveillée et interrogé sur son rôle éventuel dans une tentative de coup d'Etat présumé à la veille des élections présidentielles de 1995.

(18 novembre): Le gouvernement affirme avoir déjoué un complot contre l'autorité de l'état lors de la présidentielle de 1995. Six officiers et un sous-officier sont révoqués. Le chef d'état-major de l'armée au moment du scrutin présidentiel de 1995, le général Robert Gueï, avait été limogé à la veille de l'élection.

(29 décembre): Elections législatives partielles afin de pourvoir les sièges vacants de l'Assemblée nationale. Le PDCI compte 146 députés, le FPI et RDR, 14 chacun.

(22 novembre) Accord de principe sur le rééchelonnement de la dette bancaire ivoirienne au Club de Londres.

1997

(22 janvier): France Télécom acquiert 51% du capital de la compagnie ivoirienne de télécommunication.

(mai): Manifestations étudiantes menées par la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI), théoriquement dissoute en 1991. Les cités universitaires sont fermées.

(6 mai): Signature d'un accord au Club de Londres, par l'ensemble des créanciers, réduisant l'encours de la dette bancaire ivoirienne de 6,8 à 2,6 milliards de dollars.

(12 juin): le gouvernement adopte un plan de réduction de la pauvreté dont il confie le pilotage, en janvier 1998, à un comité permanent comprenant des représentants de l'administration, des ONG (NGOs) et du secteur privé.

1998

(17 mars): Après sept mois d'âpres négociations, le FMI et la Banque mondiale signent un accord triennal (1998-2000) sur la politique économique du pays. Le FMI approuve une facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (PGRF) d'une durée de 3 ans, d'un montant de 285,84 millions de DTS, (123,86 seront effectivement déboursés).

(19 mars): La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) sont convenus d'appuyer un plan de réduction de la dette de la Côte d'Ivoire dans le cadre de l'Initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE).

(avril): Pour la première fois, la Côte d'Ivoire participe à une mission internationale de maintien de la paix (MINURCA), sous l'égide des Nations Unies, en envoyant un contingent de 233 hommes à Bangui en République Centrafricaine.

(24 avril): Traitement de 1 402 millions de dollars de dette extérieure publique au Club de Paris (selon les termes de Lyon)

(2 juillet): Malgré le refus de l'opposition, regroupée au sein du Front républicain, de participer au vote, Konan Bédié fait adopter par l'Assemblée nationale une révision de la Constitution. Cette révision, qualifiée de “coup d'Etat institutionnel” par l'opposition, accroît la durée du mandat ainsi que les pouvoirs du chef de l'Etat.

(16 septembre): Ouverture à Abidjan de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).

(16 octobre): Konan Bédié signe avec Laurent Gbagbo leader du FPI, un accord portant sur : (a) l'amnistie pour les prisonniers du boycott actif de 1995, (b) la reformulation de certaines dispositions de la Loi No 98-387 du 2 juillet 1998 portant révision de la Constitution, (c) la clarification et la transparence du processus électoral, (d) le financement des partis politiques et l'accès aux média d'Etat.

(5 novembre): Un journal sud-africain met en cause le président Bédié dans un trafic pétrolier en faveur du régime d'apartheid entre 1989 et 1992. L'intéressé dément.

(décembre): Le FMI et la Banque Mondiale suspendent leur coopération financière avec la Côte d'Ivoire pour cause de "mauvaise gouvernance".

(15 décembre): Adoption d'un document-cadre de partenariat et de développement entre la France et la Côte d'Ivoire.

(23 décembre): Vote de la loi foncière (Loi n° 98750 du 23 décembre 1998). Dans une de ses dispositions, cette loi exclut les non-ivoiriens de la propriété foncière rurale et en ce sens constitue le volet rural de l'ivoirité.

1999

(janvier): Démantèlement de la Caisse de stabilisation, notamment sous la pression de la Banque mondiale.

(février): Le FMI suspend ses décaissements pour mauvaise gestion des affaires publiques.

(mai): Une évaluation de l'Union européenne (UE) met à jour des détournements de fonds et de la corruption liés à son budget d'aide, ce qui la conduit à suspendre ses décaissements au titre de l'appui à l'ajustement structurel.

(29 juillet): Alassane Ouattara rentre en Côte d'Ivoire et le 1er août, au cours d'un congrès extraordinaire au Palais des sports d'Abidjan, il est élu président du RDR et déclare accepter d'être candidat à la présidence de la République.

(10 août): Remaniement du gouvernement annoncé depuis le mois de mars : le nombre de ministères passe de 36 à 35, trois ministres quittent le gouvernement.

(12 août): Le gouvernement ivoirien libéralise totalement le marché du cacao. Le prix d'achat aux producteurs fixé jusqu'alors par l'Etat est désormais libre.

(18 septembre): Konan Bédié reçoit Alassane Ouattara.

(28 septembre): A Dimbokro, le juge Zoro Bi ballo délivre un certificat de nationalité ivoirienne à Alassane Outtara.

(6 octobre): Alassane Ouattara se voit retirer la nationalité ivoirienne.

(29 octobre): Les principaux responsables du RDR sont arrêtés, puis condamnés au nom de la loi "anticasseurs", en novembre (10-12), à des peines de prison ferme, ceci à la suite d'une manifestation violente.

(18 novembre): Selon le gouvernement du Burkina Faso, 12 000 burkinabés ont été expulsés de Côte d'Ivoire en deux semaines.

(29 novembre): Alassane Ouattara qui séjourne en France est inculpé de "faux commis dans des documents administratifs, usage de faux et complicité" et un mandat d'arrêt est lancé contre lui.

(24 décembre): Une mutinerie débouche sur un coup d'Etat. Le président Henri Konan Bédié est destitué. Le général Robert Gueï, ancien chef d'état-major, est présenté comme le nouveau président de la République. Dissolution de toutes les institutions de la République. Création du Comité national de salut public (CNSP).

(29 décembre): Alassane Ouattara est de retour au pays et les poursuites judiciaires à son encontre sont levées.

2000

(3 janvier): En provenance de Lomé où il s'était réfugié, Henri Konan Bédié s'exile à Paris.

(4 janvier): La junte militaire annonce la composition du gouvernement de transition composé de 22 ministères.

(5 janvier): Le général Gueï annonce un moratoire sur le paiement de la dette extérieure de la Côte d'Ivoire.

(10 janvier): Le général Gueï annonce que la Côte d'Ivoire honorera sa dette extérieure.

(11 janvier): La France annonce qu'elle suspend une partie de sa coopération militaire.

(16 janvier): Le gouvernement est remodelé pour y insérer deux ministres supplémentaires pour le FPI

(21 janvier): Un décret présidentiel crée une Commission consultative constitutionnelle et électorale (CCCE) chargée de préparer le nouveau cadre et les nouvelles règles du jeu politique

(26 janvier): Le général Gueï annonce l'amnistie des dirigeants et militants du RDR et la libération des derniers dignitaires de l'ancien régime.

(10 février): La presse ivoirienne publie un document du FMI selon lequel la situation des finances publiques ivoiriennes est plus grave que prévu.

(mars) Suspension du processus de privatisation de la Société ivoirienne de raffinage (SIR).

(10 mars): La Suisse bloque, à titre provisoire, les comptes de l'ancien chef de l'Etat Konan Bédié.

(15 mars): Le parlement européen adopte une directive sur l'introduction de matières grasses végétales dans le chocolat.

(18 mai): Le gouvernement d'union nationale vole en éclats avec le départ des ministres RDR. Le nouveau gouvernement compte 21 ministères, Seydou Diarra devient premier ministre, le FPI conserve ses six postes, deux membres du PDCI entrent dans le gouvernement à titre individuel, Henriette Diabaté est le seul ministre RDR.

(31 mai): Alassane Ouattara appelle à voter en faveur de la nouvelle constitution tout en regrettant que " ce texte renferme certaines ambiguïtés et incohérences concernant les conditions d'éligibilité du président de la République ".

(4-5 juillet): Des centaines de soldats investissent les rues de plusieurs villes pour réclamer un 'trésor de guerre' pour leur participation au coup d'Etat du 24 décembre. Nombreux pillages surtout à Bouaké. Robert Gueï dénonce une tentative de coup d'État.

(23 juillet): Les ivoiriens se prononcent sur les projets de constitution et de code électoral. Le 'oui' remporte 87% des suffrages (avec une participation de 56%). La nouvelle constitution dispose que le candidat à l'élection présidentielle "doit être ivoirien de père et de mère eux-mêmes ivoiriens et qu'il ne doit pas s'être prévalu d'une autre nationalité", ce qui élimine Alassane Ouattara. Ce dernier se déclare néanmoins candidat le 29 juillet.

(septembre): L'Agence française de développement (AFD) arrête ses décaissements en Côte d'Ivoire en vertu de l'application de la politique de sanction pour arriérés de remboursement de la dette.

(18 septembre): Attaque de la résidence de Robert Gueï qui aboutit au limogeage des numéros 2 et 3, les généraux Palenfo et Coulibaly.

(6 octobre): La Cour suprême déclare invalide les candidatures de 14 des 19 candidats à l'élection présidentielle dont celle de M. Ouattara et La Cour suprême déclare invalide la candidature de M. Ouattara ainsi que celle de Konan Bédié.

(22 octobre): A l'issue de ce premier tour de l'élection présidentielle, le général Gueï se déclare vainqueur et l'opposant Laurent Gbagbo, en tête dans les résultats partiels, se déclare chef de l'Etat de la Côte d'Ivoire. De graves émeutes éclatent. De très nombreux manifestants (25 octobre) réclament le départ des putschites. M. Ouattara, exclu de cette élection, réclame de nouvelles élections.

(26 octobre): Le général Gueï s'enfuit. Laurent Gbagbo est déclaré par la Cour suprême vainqueur avec 59, 36 % des voix devant Robert Guéï 32,7 %, Francis Wodié 5,7 %, Mel Théodore 1,5 % et Nicolas Dioulo 0,8 %. Laurent Gbagbo devient président de la 2ème République de Côte d'Ivoire. De violents affrontements ethniques ont lieu dans tout le pays.

(27 octobre): Récusant toute idée de nouvelles élections, Laurent Gbagbo forme son gouvernement, après la reconnaissance de sa victoire par le président de la Chambre constitutionnelle. Laurent Gbagbo nomme Pascal Affi N'guessan premier minister.

(28 octobre): Découverte d'un charnier composé de 57 cadavres près de Yopougon, un quartier d'Abidjan. La responsabilité en est attribuée à la gendarmerie.

(13 novembre): Le général Gueï reconnaît la légitimité de Laurent Gbagbo.

(4 décembre): Suite à l'invalidation de la candidature d'Alassane. Ouattara aux élections législatives, de nombreuses et violentes manifestations éclatent à Abidjan.

(10 décembre): Elections législatives. A la suite du mot d'ordre de boycott lancé par le RDR, les élections n'ont pu se dérouler dans 29 circonscriptions du nord. Le taux de participation s'est élevé à 33.12%. Le FPI obtient 96 sièges de députés, le PDCI 77, les indépendants 16, le PIT 4, le MFA 1, l'UDCY 1, le RDR 1, les résultats concernent 196 sièges sur 225.

2001

(7 janvier): Tentative de coup d'Etat.

(14 janvier): Elections législatives partielles dans le nord du pays marquées par une très faible participation.

(31 janvier): Reprise de la coopération économique, suspendue depuis janvier 2000, entre la France et la Côte d'Ivoire.

(13 mars): Procès des généraux Coulibaly et Palenfo. Le premier est acquitté, tandis que le général Palenfo est condamné à un an de prison. Le 31 juillet suivant, la Cour suprême casse cependant et annule toutes les procédures engagées contre ce dernier.

(25 mars): Les élections municipales sont marquées par le retour du RDR dans le jeu politique. Le parti d'Alassane Ouattara remporte 64 communes (sur 197), notamment dans ses "bastions" nordistes

(3 août): Acquittement des huit gendarmes jugés dans l'affaire du "charnier de Yopougon", découvert après les violences d'octobre 2000.

(9 octobre-18 décembre): Un Forum de réconciliation nationale sous la présidence de Seydou Diarra réunissant tous les responsables politiques reconnaît la nationalité ivoirienne d'Alassane Ouattara ainsi que la légitimité du gouvernement de Laurent Gbagbo

(4 décembre): Les présidents Compaoré et Gbagbo décident d'"intensifier les consultations à tous les niveaux", après une visite du président ivoirien à Ouagadougou.

2002

(22-23 janvier): Sommet de Yamoussoukro, réunissant Laurent Gbbago, Alassane Ouattara, Robert Gueï et Henri Konan Bédié.

(1er février): La Banque Mondiale reprend sa coopération financière avec la Côte d'Ivoire après l'apurement d'une dette de 40 millions de dollars.

(20 février): L'Union européenne décide la reprise totale de sa coopération, après presque trois ans de suspension. La France accorde une aide budgétaire d'un montant de 183 millions d'euros.

(mars): La justice ivoirienne délivre un certificat de nationalité à Alassane Ouattara.

(29 mars): Le FMI approuve un programme tri-annuel de réduction de la pauvreté d'un montant de 366 millions de dollars.

(4 avril): La Banque africaine de développement (BAD) reprend sa coopération avec la Côte d'Ivoire avec la signature d'un accord de prêt de 21 milliards de FCFA au titre du Mécanisme de financement supplémentaire (MFS).

(10 avril): Traitement de 1 822 millions de dollars de dette extérieure publique (911 milliona annulés et 911 rééchelonnés) au Club de Paris (selon les termes de Lyon)

(7 juillet): Elections départementales marquées par de nombreuses anomalies et de la violence contre les opposants du FPI..

(1er août): L'ex-ministre ivoirien Balla Kéïta, secrétaire général de l'UDPCI (parti de Gueï), passé dans l'opposition et exilé depuis 2001 au Burkina

Par tressia
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Lundi 21 janvier 2008

L'histoire de la Côte d'Ivoire indépendante n'est pas toujours linéaire. Elle a connu des hauts et des bas au cours des 40 dernières années, du fait des humeurs politiques des uns et des autres. De 1960 à 1999, la Côte d'Ivoire a connu la paix et une stabilité exemplaire, malgré quelques soubresauts vite maîtrisés. C'était sous le règne du PDCI-RDA avec les Présidents Félix Houphouët-Boigny (1960-1993) et Henri Konan Bédié (1993-1999). Depuis le 24 décembre 1999 qui a vu le premier coup d'Etat de l'histoire ivoirienne à maintenant, la Côte d'Ivoire baigne dans la violence et la peur des lendemains incertains. Bernard Conte, Chercheur au CEAN a retracé les grandes dates de cette histoire ivoirienne.

1960

(7 août): Proclamation de l'indépendance de la Côte d'Ivoire.

(3 novembre): Promulgation de la Constitution qui établit un régime de type présidentiel.

(27 novembre): Félix Houphouët-Boigny est élu premier président. Première Assemblée nationale (70 députés). Le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), restera jusqu'en 1990 un parti unique.

1962

Un complot fomenté par un groupe du PCDI est déjoué.

(24 avril): Signature d'un accord de défense et d'un accord d'assistance militaire technique entre la France et la Côte d'Ivoire.

1963

(janvier): L'Assemblée nationale vote une loi portant création d 'une cour de sûreté de l'Etat.

(janvier et août): Complot impliquant d'anciens ministres, de nombreuses condamnations sont prononcées, des mesures d'épuration sont diligentées.

(9 avril): 89 inculpés sont jugés par la cour de sûreté de l'Etat qui prononce cinq condamnations à mort (peines qui ne seront pas exécutées).

1964

(17 août): La Caisse de stabilisation et de soutien des prix des produits agricoles (CSSPPA) est transformée en société d'Etat.

(décembre): La cour de sûreté juge 96 inculpés et prononce six condamnations à mort, dont celle de Jean-Baptiste Mockey, qui sera gracié par la suite.

1965

(7 novembre): Réélection de Félix Houphouët-Boigny à la présidence de la République.

Election des 85 députés du PDCI à l'Assemblée nationale.

1967

(7 novembre): La Côte d'Ivoire et l'URSS établissent des relations diplomatiques. Elles seront rompues en mai 1969, en raison de l'immixtion de Moscou dans les affaires intérieures, puis rétablies en février 1986.

1968

(14 mai): Au cours de la guerre civile au Nigeria, la Côte d'Ivoire reconnaît le régime sécessionniste du Biafra, lors de la guerre civile au Nigeria. Lagos rompt ses relations avec Abidjan (rétablies en 1971). En janvier 1970, le Général Ojukwu, ancien chef du Biafra, trouve refuge en Côte d'Ivoire.

1970

(octobre): Répression d'un soulèvement de l'ethnie Bété dans la région de Gagnoa contre la domination économique exercée par les Baoulé, ethnie à laquelle appartient Félix Houphouët-Boigny (le massacre du Gébié).

(novembre) Nouvelle réélection de Félix Houphouët-Boigny à la présidence de la République et élection de 100 députés présentés par le parti unique, le PCDI.

(4 novembre): Houphouët-Boigny est le premier chef d'Etat noir à préconiser le dialogue avec l'Afrique du Sud. Cette politique de rapprochement aboutira à une rencontre historique, le 21 septembre 1974 à Yamoussoukro, entre le Premier ministre sud-africain John Vorster et le président ivoirien.

1973

(juin): Tentative de coup d'Etat.

1975

(16 novembre): Troisième élection de Félix Houphouët-Boigny. Elections législatives (120 députés).

1977

Création du ministère chargé de la réforme des sociétés d'Etat et de la direction des participations au ministère des finances. En application de "l'esprit de juillet", Houphouët-Boigny procède à un remaniement ministériel qui se traduit par le départ de 4 ministres soupçonnés d'enrichissement personnel frauduleux. Création d'un ministère du travail et de l'ivoirisation des cadres.

1978

(18-19 mars): Sommet de la réconciliation au Liberia entre la Côte d'Ivoire, le Sénégal et la Guinée. Dakar et Abidjan avaient refusé de livrer des Guinéens impliqués dans l'attaque contre Conakry en novembre 1970, menée par l'armée portugaise et des éléments hostiles au régime guinéen.

1979

(février): Visite de Sékou Touré en Côte d'Ivoire..

(24 septembre): Après avoir recueilli à maintes reprises des chefs d'Etat renversés, la Côte d'Ivoire accueille pendant quatre ans l'ancien empereur de Centrafrique Bokassa.

1980

(12 juillet): Réforme du secteur parapublic : réorganisation et réforme juridique des règles de fonctionnement et du contrôle de l'Etat.

(1er octobre): Suppression du poste de secrétaire général du PDCI, détenu depuis 15 ans par Philippe Yacé, longtemps considéré comme le "dauphin" d'Houphouët-Boigny qui assume désormais la présidence du parti.

(12 octobre): Quatrième élection de Félix Houphouët-Boigny à la présidence de la République.

(novembre): Elections législatives (147 députés).

1981

Premier programme d'ajustement mené sous l'égide du FMI et la Banque mondiale

(9-13 juillet): Houphouët-Boigny est le premier chef d'Etat africain à être reçu à Paris par le président Mitterrand, nouvellement élu.

1982

(9 février): Manifestations étudiantes, fermeture de l'Université et des grandes écoles. Laurent Gbagbo le leader de la contestation crée l'embryon de ce qui deviendra le Front populaire ivoirien (FPI), principal opposant au PDCI, puis s'exile en France.

1983

(21 mars): Yamoussoukro, village natal d'Houphouët-Boigny, devient la capitale du pays.

1984

(4 mai): Traitement de 224 millions de dollars de dette extérieure publique au Club de Paris (selon les termes classiques)

(3 août): Accord de confirmation du FMI assorti d'un crédit Stand by d'un montant de 82,750 millions de DTS.

1985

(3 juin): Accord de confirmation du FMI assorti d'un crédit Stand by d'un montant de 66,2 millions de DTS.

(25 juin): Traitement de 215 millions de dollars de dette extérieure publique au Club de Paris (selon les termes classiques)

(12 octobre): Le poste de vice-président, jamais pourvu, est supprimé. En cas de vacance du pouvoir, l'intérim sera désormais assuré par le président de l'Assemblée nationale

(27 octobre): Cinquième élection de Félix Houphouët-Boigny à la présidence de la République.

(10 novembre): Elections législatives (175 députés).

(18 décembre): La Côte-d'Ivoire renoue ses relations diplomatiques avec Israël.

1986

(11 février): Etablissement de relations diplomatiques avec Cuba.

(20 février): Rétablissement des relations diplomatiques avec l'URSS.

(23 juin): Accord de confirmation du FMI assorti d'un crédit Stand by d'un montant de 100 millions de DTS.

(27 juin): Traitement de 380 millions de dollars de dette extérieure publique au Club de Paris (selon les termes classiques)

(11 août): Mini-sommet à Abidjan des chefs d'Etat de quatre pays (Côte d'Ivoire, Gabon, Togo, Zaïre) sur les problèmes de défense et de sécurité intérieure.

1987

(27 mai): Abidjan annonce la cessation du paiement de sa dette.

(9 juillet): devant l'effondrement des cours du cacao, la Côte d'Ivoire décide un embargo sur les exportations qui durera 18 mois, jusqu'au 2 janvier 1989.

(3 septembre): Le gouvernement fait incarcérer plusieurs responsables du Syndicat national des enseignants du secondaire (SYNESCI) dont le secrétaire général, Laurent Akoun. Ils seront condamnés le 4 décembre de quatre à six mois de prison ferme pour détournements et recel de fonds et de biens sociaux.

(18 décembre): Traitement de 600 millions de dollars de dette extérieure publique au Club de Paris (selon les termes classiques).

1988

(29 février): Accord de confirmation du FMI assorti d'un crédit Stand by d'un montant de 94 millions de DTS.

(29 avril): Accord de rééchelonnement avec le Club de Londres, reportant en 1993 le remboursement du principal de la dette privée ivoirienne courant sur les années 1985-1995 et son étalement sur quinze ans.

(septembre): Retour de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire après six ans d'exil. En novembre, se déroule le Congrès constitutif du Front Populaire Ivoirien (FPI).

1989

(3 janvier): La Côte d'Ivoire annonce officiellement avoir vendu 400 000 tonnes au groupe français "Sucres et Denrées", c'est la fin de la "guerre du cacao".

(2 juin): Constitution de la Ligue ivoirienne des Droits de l'homme (LIDHO).

(5 juin): Pressé par le FMI, le gouvernement se résigne à baisser le prix du cacao à la production. Le prix officiel d'achat du cacao aux planteurs passe de 400 FCFA le kilo à 250 FCFA, puis à 200 FCFA en 1990.

(20 novembre): Accord de confirmation du FMI assorti d'un crédit Stand by d'un montant de 146,5 millions de DTS.

(18 décembre): Traitement de 881 millions de dollars de dette extérieure publique au Club de Paris (selon les termes classiques).


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