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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 15:20

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Après ses rencontres, en vue de créer une union des groupes, clubs et mouvements de soutien au PDCI-RDA et au Président Henri Konan Bédié, certaines voix racontent qu’il manœuvrerait pour diviser cette jeunesse de son parti. Ensuite, l’on lui reproche d’avoir demandé au PDCI-RDA de soutenir feu le Général Robert Guéi, candidat à la présidentielle de 2000. Pour ses détracteurs, il travaillerait contre le Président de son parti. Nous l’avons approché, il s’explique. Entretien.

 

 Pr, depuis un moment, vous avez convoqué tous les clubs de soutien au Pdci et au président Bédié pour avoir un seul interlocuteur pour tous ces mouvements. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Effectivement, dans le cadre de la mission qui nous a été confiée pour la campagne du président Bédié, nous avons décidé de regrouper tous les clubs de soutien pour en faire des groupes de mobilisation. Ce sont des leaders d’opinion. En dehors des syndicats  des ONG et des groupes socioprofessionnels qui sont spécialisés, ces mouvements ont besoin d’être organisés. Il fallait donc qu’on les organise et qu’on les mette en rangs serrés pour que l’impact de leurs actions soit efficace sur le terrain, surtout, au niveau du District d’Abidjan et de la banlieue où la campagne sera plus complexe. Parce qu’à l’intérieur du pays, ce sera plus facile pour le délégué de coordonner les groupes qui sont sur le terrain. Nous avons donc convoqué tous les groupes de soutien, qu’ils soient tenus par des adultes, des jeunes ou des femmes, à qui nous avons demandé de former un trépied. C’est-à-dire trois (3) organisations : une des jeunes, l’autre des adultes et une autre des femmes. C’est sur cette option que nous nous sommes quittés pour nous retrouver ensuite. Les différents groups de femmes se sont entendus pour demander à Mme Koné Colette d’être leur représentante. Les adultes ont demandé que M. Kouadio Sylvain soit leur unique président. C’est au niveau des jeunes qu’ils a eu trois (3) têtes. Il y a eu la plate-forme dirigée par Abo Florent, la coalition conduite par Atsé Atsé Jean-Claude et la Coordination dirigée par Williams Koffi. Chaque groupement de jeunes représentants entre 20 et 30 clubs de soutien. Nous avons donc passé ces deux derniers mois à rencontrer les trois (3) têtes des jeunes, car les femmes et les adultes avaient déjà résolu leur problème de leadership.

 

Quel a été le résultat après avoir échangé avec les trois (3) leaders de jeunesse ?

D’abord, il faut rappeler la méthode que nous avons utilisée. Nous sommes partis du principe que nous ne considérions pas les actions des trois (3) groupes sur le terrain. C’est-à-dire que nous ne nous tablions pas sur le nombre d’adhérents de chaque groupe sur le terrain. Parce qu’il y a des groupes qui peuvent avoir 5000 personnes quand d’autres en ont environ 200. Nous avons seulement considéré la conviction, la volonté et la disponibilité des uns et des autres, à apporter un plus à la campagne du président Bédié. Et puis, les groupes de soutien sont autonomes. Donc nous n’avons pas voulu interférer dans les affaires intérieures. C’est pourquoi, nous leur avons demandé de s’organiser pour mieux aider le Pdci-Rda. C’est ainsi que nous avons rencontré les trois (3) responsables de groupes, Atsé, Aboh et Williams Koffi. Ils ont dit qu’ils étaient prêts à aller à l’union. Ils m’ont donc demandé de réfléchir à la dénomination de cette union. Je leur ai proposé: Union des Mouvements de Soutien des Jeunes au PDCI-RDA et au président Henri Konan BEDIE. Et l’ossature du bureau se présente comme suit : si un regroupement a la présidence, le second aura le secrétariat général et le troisième la trésorerie. C’est ainsi que nous avons fait la répartition des postes. Aucun groupe ne doit avoir plus de membres que les autres. Ils ont été très satisfaits de ces dispositions. C’est le choix de celui qui va diriger l’Union qui a posé problème. Nous leur avons demandé d’aller s’entendre tous les trois. Après quoi, Aboh Florent s’est désisté en faveur d’Atsé Atsé Jean Claude, en relevant une question d’ancienneté et d’expérience. Williams Koffi, lui, a maintenu son désir d’être président et demandé un délai de réflexion d’une semaine pour aller consulter  sa base. Ce qui lui a été concédé. Le 2 juin dernier, après avoir consulté sa base, il est revenu dire que sa base maintenait sa candidature. Donc, il ne pouvait pas se retirer. En plus, selon lui, sa base lui demandait de dire à Atsé de se désister en sa faveur. Atsé a dit qu’étant fort du soutien d’Aboh Florent, il ne pouvait pas le faire. Aussi,  ai-je passé la parole à Aboh Florent qui a réitéré son soutien à Atsé. Pour moi, sur les trois, deux étaient ensemble pour l’union. J’ai donc tiré la conclusion d’arrêter les discussions et de m’en référer à ma hiérarchie.

 

Est-ce  résultat mitigé qui fait dire à certains militants que vous voulez diviser la jeunesse ?

C’est surprenant d’entendre cela. Avec tout ce que je viens de relater, on ne devrait pas m’accuser de diviser la jeunesse. J’ai plutôt cherché à unir cette jeunesse gérant des groupes de soutien en une seule structure. Et puis, je n’ai pas utilisé de mesure de coercition. Ces discussions ont été menées dans un esprit d’union librement consentie. Je suis un peu surpris par ce jugement. Mais c’est un état d’âme que  je ne gère pas.

 

 

Mais Monsieur le ministre, les gens se demandent ce qui fait courir le ministre Guikahué, en vous accusant de poser des actes contre le président Bédié. Par exemple, vous voudriez le poste de Directeur national de sa campagne, etc.

Ce sont des élucubrations. J’ai été responsabilisé au Secrétariat général du PDCI-RDA et je pense jouer mon rôle. Vous savez, la seule façon de ne pas faire l’objet de critique, c’est de rester inactif.

 

Revenons à l’actualité. Que pensez-vous des visites du président Gbagbo aux présidents Bédié et Ouattara qui font dire qu’un nouveau dialogue inter-ivoirien est en marche ?

Moi, je pense que ces rencontres sont des "CPC" qui ne disent pas leur nom. Parce que Gbagbo ne rencontre pas tous les leaders politiques de l’opposition ivoirienne. Il ne rencontre que Bédié, Ouattara et Soro. Les trois et lui-même, sont membres du CPC, en dehors du Président Compaoré. Donc pour moi, ces rencontres sont une variante dans l’application de l’APO. Cependant, ce que je pense du dialogue inter-ivoirien, c’est qu’on a tellement eu de déceptions que j’ai décidé d’être prudent. Je n’ai donc pas d’impression particulière. On attend de voir ce que cela va donner. Toutefois, en tant qu’houphouétiste, j’encourage tout dialogue qui pourrait sortir notre pays de la crise. Ce que nous voulons, aujourd’hui, ce sont les élections, la seule porte de sortie de la crise. On attend donc que le chronogramme des élections soit donné.

 

Parlons un peu de votre adversaire politique, le FPI. En tant qu’homme politique, membre du Secrétariat Général du PDCI-RDA, que pensez-vous de la guéguerre entre Koulibaly et Tagro ?

C’est une situation que nous suivons avec vigilance. En fait, Koulibaly fait un peu comme cette femme du village qui, dans ses différends avec ses sœurs, se met d’abord à dépeindre toute sa laideur en s’insultant elle-même, avant d’attaquer les autres. Je pense que cette contribution de Mamadou Koulibaly est surtout réservée à son président Affi N’Guessan, qui est frappé d’une véritable cécité politique. J’ai dénoncé le fait qu’Affi N’Guessan vivait dans une bulle, quand il a osé dire, au lendemain de la visite mémorable du Président BEDIE à Bondoukou, que le Président BEDIE venait de faire une tournée d’au revoir aux populations du Zanzan. Face à cette déclaration, j’avais dit qu’Affi N’Guessan était dangereux pour Gbagbo. Et que le FPI ne vivait plus à la base. Mamadou Koulibaly n’a fait qu’enfoncer le clou. D’ailleurs, à un colloque sur l’Administration, l’ancien ministre de la Fonction publique, Hubert Oulaye, a reconnu toutes les fraudes, les corruptions, les ventes de concours dans l’Administration. Il a même décrit avec minutie, les circuits de cette corruption et avancé que certains candidats échouaient malgré l’argent qu’ils donnaient. Cette assertion démontre que le ministre Oulaye avait la liste exacte de tous les candidats aux concours de la Fonction publique avec les montants payés pour corrompre l’Administration et qu’à la fin, il faisait le bilan pour savoir qui avait réussi et qui avait échoué. En fait, l’adage dit que c’est au pied du mur qu’on voit le vrai maçon. En définitive, toutes les critiques du FPI dans l’opposition n’étaient qu’une projection de leur nature réelle en dénonçant à tout vent, des soi-disant détournements. Le peuple devrait comprendre par là, que les dirigeants du FPI accusaient à tort le PDCI-RDA, parce qu’ils ne s’imaginaient pas qu’on pouvait gérer autant d’argent sans le détourner. La guéguerre Koulibaly-Tagro a permis d’avoir des révélations choquantes, telles que les 2/3 des places au concours de police étaient réservés aux pontes du FPI, sous forme de quota. Comment peut-on penser que le FPI qui, hier, vilipendait Houphouët parce qu’il y avait des personnes qui avait des quotas dans la filière café-cacao, qui relève du domaine commercial, voire, privé puisse, aujourd’hui faire la promotion des quotataires qui seraient les Simone Gbagbo (Première dame, c’est-à-dire la maman de tous les enfants de Côte d’Ivoire), Affi N’Guessan, Sokouri Bohui, dans les concours de l’Etat, dans un domaine public où la gouvernance du parti au pouvoir doit être au service du peuple dans la justice, la neutralité et l’équité, car l’Administration d’un pays doit être neutre. Nous sommes ahuris d’apprendre de la part de Hubert Oulaye et de Tagro Désiré, que depuis l’avènement du FPI au pouvoir, tous les préfets, sous-préfets, douaniers, magistrats, policiers formés, l’ont été sous une base douteuse. Merci à Koulibaly Mamadou d’avoir démontré que la gouvernance de Laurent Gbagbo est vraiment dangereuse pour la Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens devraient en tenir compte le moment venu.

 

Pour clore cet entretien, quel message avez-vous à l’endroit des jeunes de votre parti et des acteurs politiques ?

Aux jeunes, j’ai tenu un langage de vérité. Je les ai reçus et je leur ai dit que l’organisation structurelle des jeunes du parti s’appelle la JPDCI et que KKB en est le président. Cependant, puisqu’il y a eu des groupes de soutien qui se sont créés, pour ne pas que ces groupes rament à contre-courant de l’organisation du parti, nous avons voulu les mettre ensemble dans une union. Nous allons, après l’union des groupes et mouvements de soutien, installer des représentants de cette nouvelle structure dans les délégations communales d’Abidjan. Dès lors, on aurait dans les communes et délégations, un mouvement de femmes, un de jeunes, un des adultes, la JPDCI et l’UFPDCI autour des délégués. Ce qui va permettre une mobilisation massive et facile. On sera donc efficace sur le terrain si on arrive à mettre cette organisation en place. Nous n’excluons personne. Bien au contraire, nous voulons mettre tout le monde dans une organisation efficace. Pour les acteurs politiques, je leur demanderai simplement d’être francs avec eux-mêmes et avec les autres. Qu’ils soient honnêtes. Qu’ils évitent les ragots et les calomnies. Cela pourrit l’atmosphère politique et on perd de vue l’essentiel pour avancer.

Entretien réalisé par

Guy Tressia

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Published by tressia - dans Politique
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