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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 16:14

Ble-goude.jpgBlé Goudé nous reçoit dans sa nouvelle résidence presque fortifiée. Il a toujours un chapelet au cou et sa bouteille de jus de fruit à portée de main. Il n’est pas encore informé de son transfèrement imminent à la CPI.

 

Question : Blé Goudé, même en prison vous défrayez la chronique. Ces derniers jours, on ne fait que parler de vous dans tous les médias.

B.G : Un général reste un général, même en prison.

 

Q : Oui, mais un général ne se laisse pas prendre aussi facilement comme vous l’avez été. On vous croyait bien plus malin ?

B.G : Le pays me manquait trop, il fallait que je rentre ! J’en avais marre de fuir et de changer d’identité !

 

Q : Vous confirmez donc que votre arrestation est un arrangement avec les autorités du pays ?

B.G : Non, je n’ai pas parlé d’arrangement, j’ai dit que le pays me manquait. Je ne peux jamais faire d’arrangement avec ce régime !

 

Q : Oui mais on a dit que vous avez organisé votre arrestation pour échapper à un transfèrement à la Cpi depuis le Ghana.

B.G : Quand on m’arrêtait, il n’y avait pas de mandat d’arrêt de la CPI contre moi.

 

Q : Si ! Huit mois avant votre arrestation « L’Eléphant Déchaîné » avait annoncé qu’il y avait un mandat d’arrêt de la CPI contre vous. Donc avec votre arrestation par le régime ivoirien, vous vous offriez de nombreuses chances d’échapper à la CPI?

B.G : Regardez dans quelles conditions on m’a détenu. S’il y avait un arrangement quelconque avec les nouvelles autorités, est-ce que je subirais ce sort ?

 

Q : Oui, mais peut-être que tout ça fait partie de l’arrangement, non ? C’est peut-être pour rassurer les victimes qu’on ne vous fait pas de cadeau ? On ne comprend toujours pas pourquoi vous n’êtes pas dans une prison alors que Simone Gbagbo et les autres sont détenus dans des prisons au nord du pays. Qu’est-ce que vous avez de plus que les autres pour être dans une résidence surveillée à Abidjan avec jus de fruit et autre télévision ?

B.G : (Il reste silencieux un moment, comme pris au piège.) Je ne sais pas pourquoi on me garde à Abidjan.

 

Q : En publiant sur sa page Facebook les photos qui vous montrent dans une résidence, le ministre de l’Intérieur a écrit que « même les pires criminels ont des droits ». On ne comprend donc pas pourquoi vous avez ce traitement de faveur. Vous n’êtes pas en prison, pourquoi?

B.G : Les moutons marchent ensemble mais ils n’ont pas le même prix.  

 

Q : Donc vous confirmez l’arrangement ?

B.G : Je dis que les moutons se promènent ensemble mais ils  n’ont pas le même prix !

 

Q : Parlons un peu des photos dans cette cellule et qui montrent une personne qui vous ressemble. C’est bien vous sur ces photos ?

B.G : Ce sont bien des photos de moi. Et l’autre personne, c’était Jean Yves Dibopieu.

 

Q : Le caleçon que vous portiez, tout le monde l’a trouvé trop blanc pour être vrai. C’est le photographe qui venait de vous l’offrir ou quoi ?

B.G : Qu’est-ce que vous avez contre la blancheur ? Ce n’est pas parce qu’on est dans une cellule qu’on doit porter des caleçons sales, ou bien ?

 

Q : Sur la deuxième photo, on vous voit avec un caleçon bleu. Pourquoi avoir changé de caleçon ? Les photos ont été faites en des jours différents ou le même jour ou il s’agissait juste d’une mise en scène?

B.G : J’ai le droit de changer de caleçon pour faire des photos, ou bien ?

 

Q : Pouvez-vous nous expliquer le sens de la bible et de l’éponge ? Généralement, c’est une combinaison qui ne marche pas, non ?

B.G : Il faut ajouter aussi le caleçon blanc. Le blanc, c’est la paix, la réconciliation. La bible, c’est Dieu, c’est le pardon. L’éponge, c’est pour laver la Côte d’Ivoire de toutes les souillures, pour la naissance d’une nouvelle Côte d’Ivoire.

 

Q : Revenons aux autres photos, celles prises dans la résidence. Tantôt vous vous apprêtez à vous servir un jus de fruit, tantôt vous êtes assis en train de prier, tantôt vous regardez la télévision, tantôt vous êtes couché en train de lire un live, tantôt vous rangez une chemise dans le placard sourire aux lèvres, c’est quoi toute cette mise en scène ? Vous a-t-on obligé à vous livrer à ce spectacle? 

B.G : Personne ne peut m’obliger à faire des photos. Je reste toujours le général.

 

Q : Vous savez que la CPI vous réclame à cor et à cri ?

B.G : Ils ne m’auront pas !

 

Q : A cause de votre arrangement avec les nouvelles autorités ?

B.G : Non ! Parce que je me suis toujours battu pour le respect des institutions de notre pays, dont la justice. La justice ivoirienne est la seule digne pour juger les Ivoiriens.

 

Q : Vous arrive-t-il de penser à Gbagbo ?

B.G : Il demeure mon leader, mon maître, mon guide. Mais en ce moment celui qui occupe plus ma tête, c’est l’éternel des armées, Dieu ! Je l’ai véritablement découvert depuis mon arrestation !

 

Q : Vous n’avez pas envie de revoir Gbagbo, même à la CPI ?

B.G : Non ! Je veux le revoir ici au pays !

 

Q : Savez-vous que le gouvernement a donné son accord pour que vous soyez transféré à la CPI ?

B.G : (Il garde le silence pendant un moment). Ils m’ont eu alors !

 

Q : De qui parlez-vous ?

B.G : Je parle des gens de mon camp.

 

Q : Ils vous ont eu ? On ne comprend pas. Vous pouvez expliquer ?

B.G : Non ! Vous ne comprendrez pas. Je vous demande de partir ! Adieu ! 

Propos (presque) recueillis par

Alex Kassy

 

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Published by tressia - dans Politique
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