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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 18:03
2000 : Au commencement était le sang !

2000-2007. Laurent Koudou Gbagbo l'historien, devenu président de la République suite à un bégaiement tragique de l'histoire, après un quinquennat mué en septennat exclusif, a un règne des plus exceptionnels. De la prise du pouvoir dans le sang à la réintégration controversée de directeurs généraux présumés, complices dans l'épandage criminel de déchets toxiques à Abidjan, le règne du socialiste autoproclamé, élu de Dieu est émaillé de faits, d'actes et d'évènements exceptionnels, voire historiques, souvent dramatiques, parfois pathétiques, quelquefois ridicules. Cent "crimes" inédits. Du jamais vu dans l'histoire de la Côte d'Ivoire. Laurent Gbagbo story.


Laurent Koudou Gbagbo a été porté à la tête de la Côte d'Ivoire le 26 octobre 2000. Il a été élu face notamment à Robert Guéi (32,7%) avec 59,36% des voix sur un taux de participation qui avoisinait 33%. Au décompte final, ce sont un peu plus de 500.000 personnes qui ont porté leur choix sur le champion du Front population ivoirien (FPI, parti socialiste). Une véritable minorité. L'histoire tumultueuse du règne de Laurent Gbagbo, commence ce jour-là. Ceux qui ont eu le privilège historique de participer à la prestation de serment de Laurent Gbagbo dans une salle troublée par les pleurs de joie ou d'amertume (on ne le sait pas trop) de Simone Gbagbo, ont encore en mémoire les bruits sporadiques d'armes à feu qui leur parvenaient du centre-ville.

2000 : Au commencement était le sang

uElection calamiteuse. Laurent Gbagbo a, en effet, dû enjamber des morts pour aller s'asseoir sur un trône d'où coulait le sang. Au commencement était le sang. Les violences pré et post électorales, ont fait, selon un rapport officiel publié en janvier 2001, 303 morts, 65 disparus et 1546 blessés. " Mille morts à gauche, mille morts à droite, moi, j'avance ", dira Laurent Gbagbo dans une sentence cynique qui guidera son action politique.  C'était la première fois que les Ivoiriens découvraient des hommes politiques qui vouaient un tel culte à la banalisation de la vie.

uLe charnier de Yopougon. C'est à juste titre que le charnier (de 57 corps) de Yopougon, découvert le 27 octobre 2000, au lendemain de " l'élection calamiteuse " du candidat du FPI, n'émouvra nullement le nouveau régime. C'était la première fois que les Ivoiriens découvraient ce mot.

uLe boycott du nord. Ce serait aussi la première fois que moins de deux mois plus tard, les élections législatives ont été boycottées par toute une région. Le 10 décembre 2000, suite à l'invalidation de la candidature d'Alassane Dramane Ouatatra, président du Rassemblement des républicains (RDR), candidat au poste de député à Kong, 29 circonscriptions du nord boycottent les élections.

2001 : Immoralité

uLa trêve. L'an 2001 a été marqué par l'intrusion d'un nouveau terme dans le langage des Ivoiriens : la trêve. C'est le Premier ministre Pascal Affi N'guessan qui a utilisé ce terme pour demander aux couches socio-professionnelles d'observer " un an de trêve pour dix ans de bonheur ". La promesse s'est révélée être une grosse farce. Puisqu'à la fin de l'année, il devait négocier une autre trêve. Ceci a convaincu la communauté internationale sur l'esprit de bricolage qui allait caractériser le régime des "refondateurs".

uLa loi anti Ouattara. "La constitution ivoirienne a été votée pour régler le problème Ouattara", dixit Laurent Gbagbo à la clôture du Forum pour la réconciliation nationale, une trouvaille budgétivore et harassante d’une durée de plus d'un mois pour entrer dans les bonnes grâces de la communauté internationale. Le chef de l'Etat reconnaissait tout haut ce qui se chuchotait tout bas. A savoir qu'à l'écriture de la constitution, ses partisans qui avaient pris en otage, la sous-commission, avaient introduit le "et" ainsi que bien d'autres termes d'exclusion et confligènes dans la constitution.

uDes magistrats hués. 2001 a été marquée par la grève, la première, des magistrats. Ceux-ci revendiquaient de meilleures conditions de travail et la hausse de leur salaire (un million FCFA minimum) afin qu'ils ne soient plus tentés, comme c'est très souvent le cas, par l'argent sale de la corruption. Ils ont organisé une marche qui est partie du palais de justice et qui devait les conduire à la primature. A la hauteur de la "Sorbonne", des militants du FPI qui les attendaient les ont couverts d'humiliation. Huées, injures, menaces verbales et physiques ont été servies aux magistrats. C'était la première fois qu'un pouvoir en Côte d'Ivoire mobilisait des citoyens pour huer et empêcher d'autres citoyens de manifester.

uBastonnade d'un ministre. L'on se souvient encore de la manifestation des jeunes chômeurs au Plateau. L'on se souvient aussi du mauvais quart d'heure qu'a passé le ministre de la Jeunesse et de la formation professionnelle d'alors Lazare Koffi Koffi, entre leurs mains. Les mauvaises langues avancent que les manifestants qui l'ont rudoyé, n'ont pas hésité à lui donner des "kôkôta" pour qu'il se rappelle qu'un an plus tôt, il était un enseignant de collège, correspondant du journal "La Voie".

uLa dot présidentielle. Un fait plutôt insolite, celui-là. Laurent Gbagbo, chrétien, marié légalement devant Dieu et les hommes à Simone Ehivet, a doté sans discrétion Nady Bamba. Le chef de l'Etat qui devrait être le modèle parfait du bon père en tant que président de la République et incarner le parfait modèle de la famille chrétienne (une seule femme pour un seul homme, les deux s'étant jurés fidélité) sapait officiellement les bases morales qui font de la monogamie, un principe chrétien et constitutionnel. On le verra par la suite, certains de ses très proches collaborateurs ne se gêneront pas pour marier des jeunes filles à peine sorties de la puberté (Aboudrahamane Sangaré, Memel Fotêh) ou pour tromper publiquement leur épouse légale (Me Patrice Bailly).

2002 : Guerre historique

uLe gazage de Boga. La bastonnade de Lazare Koffi Koffi cité par ailleurs en 2005, dans une rocambolesque affaire de détournement de 20 millions Fcfa destinés à la rénovation du palais royal du Sanwi, n'a pas été la seule mésaventure insolite vécue par un ministre de la République. Le défunt ministre de l'Intérieur Emile Boga Doudou a été gazé à l'école de police par des policiers qui protestaient ainsi contre la croisade qu'il avait entreprise contre le racket. Cela aurait pu être pire si le tout puissant ministre qu'il était n'avait pas des jambes solides.

u3 mois pour un certificat de nationalité. En mars 2002 et en conformité avec les résolutions du forum pour la réconciliation nationale, la justice ivoirienne délivre un certificat de nationalité à Alassane Ouattara. Devant la fronde de ses partisans, Laurent Gbagbo fait savoir qu'ils n'ont pas à geindre parce que le délai de validité d'un certificat de nationalité est de 3 mois. Une grosse bourde. Qui prouvait tout du moins que le chef de l'Etat ne maîtrisait pas les actes juridiques les plus élémentaires. C'était, qui plus est, un signe évident de sa volonté de prendre déjà au début de son mandat, la justice en otage.


La béatification du meurtre
uL'assassinat de Balla. Le 1er août 2002, Balla Kéita, secrétaire général de l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI, parti guéiste) exilé depuis 2001 au Burkina Faso, est retrouvé mort, tué à l'arme blanche à son domicile de Ouagadougou. Le procureur général du Faso a déclaré que la justice de son pays, privilégiait la piste politique ivoirienne. La tiédeur avec laquelle Abidjan a accueilli la nouvelle et le peu d'empressement à ouvrir une enquête (on n'a jamais su ce qui s'était passé) confirmaient les présomptions du juge burkinabé. Le régime venait d'ouvrir la voie au crime politique et d'exporter l'Etat de terreur.

uLe casse de Sia Popo. Ça a été baptisé "Le braquage du siècle" par la presse ivoirienne. Le 27 août 2002, Sia Popo, un vigile au siège national de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO), réussissait avec des complicités extérieures et certainement intérieures (les résultats de l'enquête, s'il y en a eu, n'ont jamais été rendus publics) à braquer cette institution. Le vol toucherait au moins 2 milliards FCFA. C'est au Burkina Faso que le voyou a été arrêté et ramené en Côte d'Ivoire. Détenu d'abord à la DST puis à la MACA, il n'a jamais été jugé, toute chose qui confirme les thèses les plus folles qui continuent d'avancer que c'était un coup de certains refondateurs pressés de s'enrichir "en vitesse". En 2005, Sia Popo s'est évadé dans des conditions jamais élucidées. Il s'est retrouvé au Bénin où il serait mort. Cette dernière information reste à être prouvée.

uLe putsch mué en rébellion. Le 19 septembre 2002 restera sans doute et pendant longtemps encore dans la mémoire des Ivoiriens, comme le jour le plus triste. Le putsch foireux qui s'est mué en rébellion du fait des contradictions internes des refondateurs et leur incurie militaire, est la tragédie la plus horrible qui ne se soit jamais abattue sur les Ivoiriens. La première guerre dans l'histoire de la Côte d'Ivoire. Une guerre historique.

uUn pays coupé en deux. Autant la guerre est historique, autant la division en deux du pays est historique. Autant aussi tous les autres faits (casques bleus, Licorne, ONUCI, résolutions de l'ONU…) sont historiques.

uL'Assassinat de Guéi. Ce 19 septembre 2002, outre l'assassinat dans des conditions non encore élucidées (la commission parlementaire d'enquête mise sur pied n'a jamais rendu publics ses travaux) du ministre de l'Intérieur Emile Boga Doudou, il a été enregistré l'assassinat du général Robert Guéi. Pour la première fois, un ancien chef d'Etat est assassiné en Côte d'Ivoire par des " hommes en treillis et en armes " présumés militaires pro-Gbagbo.

uIncendie criminel. Deux jours après le déclenchement de la crise, des incendies criminels ont ravagé plusieurs quartiers précaires de la capitale économique. La célèbre "casse" d'Adjamé n'échappe pas à la furia des malfaiteurs parmi lesquels, ont assuré des témoins, des militaires. Ces derniers prétendaient nettoyer ces quartiers des "assaillants" qui, selon eux, s'y cachaient.

uEnvie de sang. Le 22 octobre 2002, une étrange manifestation s'est déroulée devant le 43e BIMA à Port-Bouët. Les manifestants qui se faisaient maintenant appeler "jeunes patriotes" sous la férule de Charles Blé Goudé qui lui-même se faisait appeler "général", exigeaient qu'on leur livre Dramane Ouattara. " On veut le Mossi ", criaient-ils. Leur mot d'ordre était clair : saisir le président du RDR soupçonné d'être le parrain du chef de file des rebelles Guillaume Soro et le tuer. C'était le summum de la haine.

uLes escadrons de la mort. Une haine criminelle qui va pousser le régime, selon les révélations du journal chrétien français La Croix (4 février 2003) citant un rapport de l'ONU, à monter des escadrons de la mort. Ce rapport indiquait que "les escadrons de la mort en Côte d'Ivoire seraient constitués d'éléments proches du gouvernement, de la garde présidentielle et d'une milice tribale de l'ethnie du président". Ce sont les membres de ces escadrons de la mort qui ont tué notamment le comédien Camara Yêrêfê H, le petit frère de Louis Dakoury Tabley, Dr Benoît Dakoury.

2003 : Béatification du meurtre

uDe Villepin conspué. Le 3 janvier 2003, le ministre français des Affaires étrangères qui s'était rendu à Abidjan pour inviter les parties ivoiriennes à la future table ronde de Linas Marcoussis a passé un très mauvais quart d'heure. Le régime avait méthodiquement préparé son humiliation. Des femmes "patriotes" convoyées spécialement au palais se sont employées avec une rare hargne à le huer et à le conspuer. Certaines ont poussé l'indécence jusqu'à dénuder leurs fesses pour les lui montrer. C'était une trouvaille exclusive, semble-t-il, de Geneviève Bro Grébé, présidente des femmes "patriotes" avec la bénédiction de la présidence.

uNomination en terre étrangère. A l'issue de l'accord de Linas Marcoussis et après la conférence des chefs d'Etat à Kléber, Laurent Gbagbo a nommé à l'ambassade de Côte d'Ivoire en France, le Premier ministre Seydou Diarra. Cette façon atypique de nommer le Premier ministre s'expliquait par le fait que personne n'avait confiance au chef de l'Etat ivoirien, notoirement reconnu comme étant un "roublard".

uDes villages disparus de la carte. Prenant prétexte de la guerre, les autorités d'Abidjan ont commis beaucoup de crimes. A l'instar du bombardement de certains villages pour déloger, selon elles, les rebelles, certains villages surtout dans l'ouest du pays (l'on cite souvent en exemple le village natal de l'ex-chef d'état major des armées Mathias Doué) ont ainsi été rayés de la carte. Ainsi, des autorités ivoiriennes dont le rôle régalien est d'assurer la sécurité des biens et des personnes et de s'assurer de la préservation de la vie de leurs concitoyens, allaient être les principaux artisans de destruction de leurs biens et de leur vie.

uLe couvre-feu le plus long. Le 10 mai 2003, le couvre-feu en vigueur depuis le déclenchement de la crise est levé. C'était la fin du plus long couvre-feu de l'histoire de la Côte d'Ivoire. Il a duré près de 30 semaines. Historique ! Pendant près de 8 mois, les Ivoiriens, dans la zone gouvernementale, auront dormi d'abord à 18h, puis à 19h, enfin à 22h.

uSoro séquestré. Le 27 juin 2003, alors qu'il effectuait une visite à la Radio télévision ivoirienne (RTI), Guillaume Soro Kigbafory alors ministre de la Communication a été séquestré pendant deux heures par des "jeunes patriotes" arrivés sur les lieux, on devine aisément comment (c'était Georges Aboké, le journaliste "patriote" qui dirigeait cette maison). Ils étaient bien décidés " à en finir avec le rebelle ". Un autre ministre, celui-là des Infrastructures, Patrick Achi, a échappé, en 2006 au campus de Cocody où il était allé prononcer une conférence sur invitation d'un groupe d'étudiants, à un lynchage prémédité par des étudiants de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI, membre de la galaxie patriotique).


Crimes contre l'humanité et crimes de guerre

uEssy trahi. S'il y a une personne qui garde un très mauvais souvenir de la roublardise érigée en système de gouvernement par les refondateurs, c'est incontestablement Essy Amara. Candidat au poste de président de l'Union africaine et après qu'il eût reçu publiquement le soutien de Laurent Gbagbo, il était en pleine campagne à Addis Abeba quand il apprit par les média que le chef de l'Etat retirait sa candidature au profit du Malien Alpha Oumar Konaré. L'on saura par la suite qu'en fait, Laurent Gbagbo avait fait les mêmes promesses de soutien aussi bien à son compatriote (qu'il a trahi simplement parce qu'il était PDCI) qu'au Malien.

uLa nébuleuse café-cacao. L'une des plus grosses forfaitures du mandat du FPI à la tête de la Côte d'Ivoire est incontestablement la gestion "libéralisée" de la filière café-cacao. Laurent Gbagbo dont le fier slogan était "donnez-moi le pouvoir pour que je vous le rende", a rendu le pouvoir de la gestion de la filière, à des proches qui le lui rendent trop bien. Le 21 août 2003, ces personnes qui contrôlent la filière se sont énergiquement opposées, avec la bénédiction du régime qui avait bien de choses à cacher, à un audit international demandé par la Banque mondiale, le FMI et l'Union européenne. Le 26 novembre de l'année suivante, un rapport de l'IRIN révélait que "le secteur du cacao est de plus en plus contrôlé par des personnes qui prétendent se battre pour améliorer les conditions de vie des planteurs. En réalité, ces personnes ne sont intéressées que par le pouvoir et l'argent que leur organisation de type
mafieuse et elles-mêmes tirent du cacao ". Précisant que la Banque mondiale et le FMI ont prôné la libéralisation du secteur et la suppression de la Caistab, remplacée par " la Bourse du café et du cacao et d'autres organismes de gestion qui étaient censés mieux représenter les planteurs. Le nouveau système s'est avéré encore moins efficace. En 2003, le cabinet de consultance Arthur Anderson a indiqué que les nouveaux organismes de régulation coûtaient trois fois plus cher que la Caistab ".

uLe meurtre de Jean Hélène. Le 21 octobre 2003, un sous-officier de police recruté dans des conditions floues (il était mal entendant d'une oreille) sous Boga Doudou, le sergent Théodore Séry Dago tuait par balles Jean Hélène le correspondant de RFI en Côte d'Ivoire, dans les encablures de la DST. Un journal français n'avait pas hésité à titrer : "Laurent Gbagbo, l'Ivoirien tueur de Jean Hélène". Le chef de l'Etat ivoirien a porté plainte contre ce journal et il a été débouté. Le sergent Séry Dago que Laurent Gbagbo nommera par la suite alors qu'il était en prison, "par inadvertance" sergent chef, a été condamné à 17 ans de prison.

uFan club pour un meurtrier. Après le meurtre dont s'est rendu coupable le sergent Séry Dago, il s'est trouvé en Côte d'Ivoire, des personnes poussées par leur haineux sentiment anti-français, pour former un fan club à l'effet de soutenir le criminel. L'on a même vu un journaliste du journal officiel du FPI (Notre Voie) se mettre à la tête d'un groupe de soutien au policier meurtrier. Ce dernier était présenté comme un héros. Le comble de la déshumanisation.

uSiège militaire de la RTI. Le 30 novembre 2003, au lendemain d'une tentative de franchissement ratée de la zone de confiance du côté de M'bahiakro, des soldats du rang et des militaires subalternes, se sont rendus à la télévision nationale, se sont emparés des antennes pour faire une intervention en direct et réclamer la démission de leur chef d'état major le général Mathias Doué et des principaux généraux de l'armée "dans les 48 heures". C'était un coup exclusif bien ficelé par le régime pour humilier le général.

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Published by tressia - dans Politique
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