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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 13:54

ASSALE-TIEMOKO-205.jpgDes jeunes Ivoiriens, du moins, un nombre important, se reconnaissant dans le combat de l’intrépide Gbagbo, attaqué par une rébellion armée, ont passé, regroupés dans la galaxie patriotique, huit années de leur vie  à s’égosiller dans des espaces appelés « agoras » et autres « parlements ». Moyennant des piécettes. Pendant que les leaders de cette galaxie s’empiffraient sur le dos du contribuable ivoirien et que les hommes politiques, regroupés dans le gouvernement de réconciliation nationale, s’enrichissaient sur le dos des pauvres. Dont les problèmes ont été relégués, dans tous les accords qui ont été signés et notamment l’accord de Ouagadougou, au second plan.

N’a-t-on pas vu dans ce pays, l’ancien président faire un don de 500 millions FCFA au Burkina après les inondations y survenues alors que deux mois plus tôt, les victimes d’inondations semblables (il y a eu neuf morts) n’ont eu aucune aide de la part du Gouvernement ivoirien ? La charité bien ordonnée, à cause de la crise, commençait toujours par le médiateur !   

Ailleurs, les autres jeunes qui ne se reconnaissaient pas dans les hauts faits de la galaxie patriotique, n’étaient pas mieux logés. Abandonnés comme tout le peuple ivoirien sur le dos de la crise, ils ont également passé huit années à avaler le vent et à scruter l’horizon à la recherche de la moindre lueur. Mais rien n’est venu.

« Je n’ai pas travaillé parce qu’on était en guerre. Je ne connais pas un pays où on fait quelque chose pendant la guerre». Avait tonné Laurent Gbagbo en 2008, au cours d’une rencontre avec des jeunes au complexe de Yopougon. Avant de prendre l’engagement, à travers d’étranges contrats, de créer 800 mille emplois en cinq ans, s’il était réélu.

«Je ne connais pas un pays où on fait quelque chose pendant la guerre ». C’est vrai que quelques mois plus tôt, à l’inauguration de l’hôtel des Députés de Yamoussoukro, il avait dit parfaitement le contraire. «C’est pendant les guerres qu’on fait les grands travaux. C’est pendant les guerres que les pays se construisent parce qu’on crée des emplois et on redistribue les impôts ».

La contradiction sous l’ancien régime, c’était un métier.

Notre nouveau président lui, a été plus ambitieux. Il a promis un million d’emplois en cinq ans. Mais lui aussi dit à présent qu’à cause de la guerre qui a ravagé le pays avant son arrivée, il ne pourra pas atteindre ce chiffre. En réalité, il n’est pas sûr qu’il atteigne le tiers du million promis avant la fin de son mandat.

Et voilà les jeunes et tous les chômeurs de nouveau piégés par une crise. Gbagbo n’a pas atteint ses objectifs de création d’emplois à cause d’une crise. Ouattara non plus ne réalisera pas sa promesse à cause d’une crise.

Huit ans plus cinq ans, cela fera 13 ans que les chômeurs attendent et que leur âge prend l’ascenseur. Ceux qui avaient 30 ans quand Gbagbo décrochait le pouvoir en 2000 en ont à présent 44. Quand Ouattara finira son premier mandat, ils en auront 46 et continueront à être, pour la plupart, toujours chez « papa et maman».

Etre diplômé et âgé de 46 ans sans avoir décroché son premier emploi dans un contexte où des parvenus et des faux modèles roulent carrosse et s’engraissent sans crainte avec l’argent public, c’est rageant !

Mais le temps passe et de plus en plus, on commence à reparler d’élection présidentielle sans qu’on ne voie nulle part, la volonté de mettre en pratique toutes les leçons tirées des précédents drames pour éviter un nouveau drame en 2015. 

C’est vrai qu’après 2015, si  tout se passe mal encore, on pourra demander aux chômeurs qui auront atteint l’âge de la retraite sans avoir jamais travaillé nulle part, de patienter un peu encore pour sentir les effets de la croissance et de la reconstruction. Et comme l’émergence a été promise pour l’horizon 2020, attendre encore juste cinq nouvelles petites années, ne devrait pas être trop difficile à supporter. Pour des gens qui attendent depuis cinquante ans de trouver leur premier emploi.

On dira merci qui après la mort par privation et désespérance devant le temps qui passe et qui ne fait pas arriver enfin le temps des pauvres ?   

A.T. (L’Eléphant déchaîné N°233)

 

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Published by tressia - dans Politique
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