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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 15:04

POLICE.jpgComme le dit l’adage, à malin, malin et demi. Quelles que soient les mesures qui seraient prises par le gouvernement pour endiguer le racket sous toutes ses formes,  des personnes à l’esprit ingénieux  trouveront toujours le moyen de les contourner.

 

On peut toujours s’arranger!

Courant octobre 2013, le gouvernement ivoirien, sous la signature de notre président, a pris un vigoureux décret interdisant à tout automobiliste de communiquer au volant, sous peine d’une amende de 10.000 Fcfa. «Le non-respect de cette disposition sera puni par le paiement d’une amende de 10mille FCFA. Cette interdiction concerne bien évidemment le téléphone et également le kit mains libres». Avait dit le porte-parole du gouvernement, l’immense Bruno Koné.  Cette loi a suscité beaucoup de grognes de la part des automobilistes, mais a revigoré certains de nos vaillants policiers. C’est que pour ces derniers, cette loi a été une bouffée d’oxygène pour arrondir sans coup férir, leurs fins de mois. 

« L’Eléphant» qui, on ne sait trop pourquoi, tombe toujours sur des hauts faits de racket quand il circule, a été encore témoin de ce genre d’événements.

C’était le 20 février dernier, dans la commune de Marcory, du côté d’un hôtel qui, après la chute de l’intrépide Gbagbo, a accueilli de célèbres futurs prisonniers. 

M. Adama D., confortablement assis dans son véhicule, reçoit un coup de fil. Sans se préoccuper outre-mesure des policiers qui écumaient l’endroit,il prend la communication. Mais il n’ira pas bien loin dans l’échange. Repéré rapidement par l’un des agents, il est prié d’immobiliser son bolide sur le côté. Il obtempère.

L’agent le rejoint et tout de suite un dialogue direct commence. « L’Eléphant », qui est justement au même endroit, ne rate pas un mot de la conversation.   

Le policier : «Bonsoir M.».

M. Adama D : «Oui, Bonsoir Chef».

Le policier : «Vous aviez le téléphone tout à l’heure au volant. Vous devez payer une contravention  de 10.000 FCFA.»

 M. Adama D, reconnaissant son erreur, va tenter de négocier.

-Comment on fait ? vous me donner une contravention pour que j’aille payer là où il faut, où bien on s’arrange; c’est entre nous.»

Le policier : «Bon donnez moi 5000 FCFA, et je vous laisse partir.»

M. Adama D : «Vraiment je n’ai rien sur moi présentement, je viens de régler un problème urgent. Il ne me reste que 1500 F en poche.»

Le policier, bon négociateur: «Ce n’est pas grave, il faut me donner ça. Parce que je ne suis pas seul. Vous voyez mon collègue qui est de l’autre côté de la voie, c’est lui qui vous a vu. Il m’a appelé de son téléphone portable   pour me dire que vous étiez en communication et que je me devais de vous arrêter. Il faille  bien que vous remboursiez  ses unités.»

M. Adama D : «Mais si je vous donne tout, je fais comment si j’ai un malheur en cours de route? Je vais vous donner 1000 F et garder les 500 FCFA.»

Le policier : «Pas de problèmes, c’est toujours bon à prendre.»

M. Adama D sort le billet de 1000 F et le remet au policier. Ce dernier s’empresse de l’empocher,  au vu et au su du pachyderme dont il ignorait les intentions.

Quelques temps plus tôt, la même scène s’est produite à Cocody, au feu du carrefour dit Saint Jean.

M. Agui P. attendant patiemment dans l’embouteillage, s’est mis à communiquer au volant de sa voiture. Manque de pot, il est pris par un policier sur les faits. Monsieur, il s’agit d’un flagrant délit. M. Agui est prié de remettre son permis. Mais il tente d’obtenir la clémence de l’agent. En vain !

Après avoir remis le permis de conduire, le malheureux descend de sa voiture et suit l’agent qui s’éloignait rapidement, direction, une allée sombre du petit marché de Cocody. Là, l’agent fait semblant de remplir un document et s’arrête dès qu’il entend M. Agui parler d’arrangement :

-je vais vous donner 5000 FCFA, la moitié de l’amande.

L’agent: «Non c’est peu, il faut augmenter un peu. Il faut mettre 1000 FCFA dessus.»

Marché conclu. Trois billets de 2000 FCFA changent rapidement de poche.  Aussitôt son permis lui est remis.

 

Jamais deux sans trois ! 

Très tôt le lendemain matin, 21 février, comme d’habitude depuis le démarrage des travaux de construction de l’échangeur de la Riviera II, l’embouteillage s’étend sur des kilomètres depuis  le feu de la Riviera Palmeraie jusqu’à celui de la Riviera Sainte famille.

Des policiers sont postés le long de la voie mais ils surveillent plus les automobilistes qu’ils n’essaient de faciliter la circulation. Racket oblige ! Soudain, on voit un policier sauter sur sa moto et se faufiler parmi les voitures arrêtées. C’est que de loin, l’agent avait aperçu un automobiliste en pleine communication téléphonique. Arrivé au niveau du coupable, il lui fait signe de la main de baisser la vitre. Bloquer dans la circulation, le coupable ne peut s’enfuir et n’a d’autre choix que d’obéir.  Aussitôt l’agent récupère le permis et s’éloigne. Un billet bien ajusté réglera le malentendu.    

 

Le Ministre avait été pourtant très clair !

Dressant le bilan des activités de son ministère pour l’année 2014, le Ministre de l’Intérieur, l’immense Hamed Bakayoko avait été pourtant très clair: «Dans les barrages, on embête les Ivoiriens, on leur prend de l’argent et on les fatigue. Je demande que la notion de barrage soit oubliée. Que les gens arrêtent de penser qu’on vient à la police pour aller dans un barrage pour se faire de l’argent. Cette approche est à proscrire définitivement. Les Ivoiriens seront fiers de nous si nous pouvons assurer leur sécurité et garantir leur liberté. Il ne faut pas dormir sur nos lauriers. Et ça et là, sous le prétexte qu’on doit contrôler l’interdiction du téléphone portable au volant, qu’on laisse les rues envahies par les barrages qui perturbent nos compatriotes. Ma vision, c’est qu’on peut assurer une bonne sécurité de nos concitoyens en garantissant leur liberté de mouvements ». («Le Patriote»,18/01).

On peut surtout assurer leur insécurité en privant l’Etat des ressources liées à l’interdiction du téléphone portable au volant…

José N’Goran (L’Eléphant déchaîné N°234)

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Published by tressia - dans Société
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