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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 11:13

 

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Résultats discordants, élections controversées, dénonciations, déceptions, frustrations, revirements, désaccords, manifestations violentes, évincements … voilà les mots et les expressions auxquels l’on a droit lors d’élections en Afrique et dans bien d’autres pays du monde. Et pourtant, tous disent vouloir pratiquer et défendre la démocratie.

Malheureusement, la réalité est toute autre. Au vu de la fermeté unanime exprimée par la communauté internationale dans son ensemble dans la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, l’on penserait à des années à venir plus démocratiques dans le monde entier. L’ONU, les Etats-Unis, l’Union Européenne, la CEDEAO, l’Union Africaine ont-ils finalement décidé de faire appliquer la démocratie dans le monde ? Cette démocratie qui se définit comme étant un régime politique ou, plus largement, un corpus de principes philosophiques et politiques dans lequel le peuple est souverain et détient le pouvoir collectivement (selon wikipedia.org). Ou encore, la démocratie est un régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple (principe de souveraineté), sans qu'il y ait de distinctions dues à la naissance, la richesse, la compétence, la croyance... (principe d'égalité). Et c’est ce monde-là que semble rechercher l’ONU, aidée par l’Union Européenne, les USA, la CEDEAO, l’UA et toutes les organisations d’Etats poursuivant les mêmes buts.

Déjà au Togo,  le 25 février 2005, suite aux pressions de la CEDEAO et de l’Union européenne, le fils de Gnassingbé se retire et laisse la place au vice-président de l’Assemblée nationale, Abbas Bonfoh. Ce dernier a assuré l’intérim de la fonction présidentielle jusqu’à la tenue de l’élection présidentielle du 24 avril 2005. Puis, après les élections, le 26 avril 2005, la Commission électorale nationale et indépendante (CENI, CEI en Côte d’Ivoire) a proclamé les résultats de l’élection présidentielle du 24 avril. Faure Gnassingbé, remporte l’élection avec 60,22% des suffrages. Même si ces élections ont été décriées, il faut retenir la pression de la communauté internationale qui a soutenu la CENI. Car, les Togolais n’avaient pas demandé à l’ONU de certifier leurs élections.

En Guinée, les actions de la communauté internationale (ONU, UE, CEDEAO, l’UA…) ont rétabli une paix relative, après des élections aussi controversées.

Au Zimbabwe, le peuple a voté pour élire son président. L’ancien président Robert Mugabe s’est annoncé vainqueur. Mais il semble que les élections ainsi que les résultats aient été truqués. On parle de résultats douteux. Dans ce contexte, la communauté internationale ne pouvait que constater et non certifier, puisque la demande n’avait pas été faite par les représentants du peuple.

En Iran et en Birmanie, des élections hautement controversées ont eu lieu. Mais, il n’y avait pas de demande de certification de l’ONU.

Les pays où il y a eu des élections controversées sont innombrables. Cependant, un fait marquant : c’est l’arrivée de Barak Obama à la tête des Etats-Unis d’Amérique, cet afro-américain devenu commandant en chef des "gendarmes" du monde, après sa visite au Ghana, aurait décidé de faire barrière aux régimes dictatoriaux d’Afrique.

En Côte d’Ivoire, les élections auraient dû avoir lieu depuis 2005. De report en report, et sous la pression de la Communauté internationale et des accords de Ouagadougou, les acteurs eux-mêmes ont demandé la certification de l’ONU à travers le représentant spécial du Secrétaire général, Ban Ki-moon, Yung Jin Choi. Mis en confiance par cette disposition des accords de Ouaga, les élections ont eu lieu avec 14 candidats, le 31 octobre pour le premier tour. Ce premier tour a été certifié par l’ONU. Le second tour qui a mis en compétition Laurent Gbagbo, président sortant et Alassane Ouattara, son challenger soutenu par les plus gros partis politiques de l’opposition comme le PDCI-RDA, a été gagné par le second. Et l’ONU ayant reçu tous les procès verbaux des bureaux de vote a certifié la victoire de Ouattara. Gbagbo qui avait nourri son plan diabolique de confiscation du pouvoir a actionné le Conseil constitutionnel. Et depuis le 3 décembre 2010, la Côte d’Ivoire est dans l’impasse.

 

IMPOSITION DE LA DEMOCRATIE : IL FAUT BIEN COMMENCER QUELQUE PART…

 

De gré ou de force, la démocratie doit s’appliquer. C’est la résolution que semble avoir adopté la communauté internationale pour la Côte d’Ivoire. Et c’est à juste titre. Aujourd’hui, on parle de l’intervention imminente de la force militaire de la CEDEAO, l’ECOMOG pour faire partir l’ex-président Laurent Gbagbo. Ce que ce dernier n’admet pas. Pourtant, ce qu’il a oublié, c’est qu’il fait partie des pères fondateurs de l’Ecomog. Il en a même été le farouche artisan. Gbagbo pensait-il que les actions de l’Ecomog allaient s’arrêter à Charles Taylor du Libéria pour défendre les intérêts des peuples ? Autant l’Ecomog a chassé Taylor au Libéria pour l’avènement de la démocratie dans ce pays, autant cette force africaine doit intervenir en Côte d’Ivoire pour la même raison. Et puis Gbagbo qui reste dans logique de "le pouvoir s’arrache" biaise toutes les négociations pacifiques de sortie de crise. Pire, les tueries et les violations des droits de l’homme défendus par l’ONU, les USA, l’UE et toute la Communauté internationale, ont fait rage durant plus de 10 ans sous son règne et continuent d’endeuiller des familles dans cette crise post-électorale.

Dès lors, si la communauté internationale et les organisations africaines et l’ONU ont décidé d’imposer la démocratie dans tous les pays du monde, pour l’Afrique, il va falloir commencer par la Côte d’Ivoire. Sinon, elles auront consacré le règne des dictateurs au détriment de la démocratie. La Côte d’Ivoire est donc un test pour la suite de la démocratisation de l’Afrique et du monde entier. Démocratie oblige !

GUY TRESSIA

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Published by tressia - dans Politique
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