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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 21:56

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Un corps identifié, un autre retrouvé et deux portés disparus. Onze semaines après le rapt du Novotel d’Abidjan, l’enquête progresse en Côte d'Ivoire. Et pour l’heure, tout mène à l’entourage proche de Gbagbo. Celui-ci est-il vraiment impliqué ?

Abidjan, le 4 avril 2011. Un commando d’une dizaine d’hommes armés conduits par le commissaire Ozé Logué fait irruption à l’hôtel Novotel. Ils cherchent des Blancs, principalement des Français. Ils en enlèvent deux : Stéphane Frantz di Rippel, directeur du Novotel du Plateau, et Yves Lambelin, président du conseil d’administration de Sifca, le premier groupe ivoirien, emmenant aussi de force le Malaisien Chelliah Pandian, directeur général de Sania, filiale de Sifca, et le Béninois Raoul Adeossi, l’assistant de Lambelin. Le convoi se dirige vers le palais présidentiel, non loin de là. C’est dans ce dernier bastion de Laurent Gbagbo que le général Bruno Dogbo Blé a installé son quartier général.

Les choses vont très vite. Les otages sont divisés en deux groupes. D’un côté les Français, de l’autre le Malaisien et le Béninois. Ils sont « interrogés », c’est-à-dire torturés, puis exécutés sur l’ordre du colonel Ohoukou Mody, officier supérieur de la garde républicaine (GR). Ce dernier informe Dogbo Blé, patron de la GR.

Le général est catastrophé : « Nous sommes morts. Il n’était pas question de les tuer. » Il ordonne alors à ses hommes de faire disparaître les corps. Lestés avec des pierres, ils sont jetés dans la lagune qui jouxte le palais. Pas de chance : des pêcheurs assistent à la scène et se révéleront des témoins précieux pour les retrouver.

Coopératifs. Le 22 avril, en France, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour « enlèvement, séquestration et vol ». Parallèlement, la justice ivoirienne diligente une enquête. Le 20 mai, à la veille de l’investiture d’Alassane Ouattara, deux miliciens pro-Gbagbo soupçonnés d’avoir participé au rapt sont arrêtés. Un troisième est interpellé quelques heures plus tard. Les miliciens se montrent coopératifs. Leurs témoignages permettent de retrouver le corps d’Yves Lambelin. Un autre corps, découvert au même endroit, est en cours d’identification, selon Simplice Kouadio Koffi, le procureur. Il pourrait s’agir de Stéphane Frantz di Rippel. Le Malaisien et le Béninois sont officiellement portés disparus. Dans un pays qui sort de près de cinq mois d’une crise postélectorale meurtrière (plus de 3 000 morts, selon les chiffres officiels) où rares sont ceux qui ont retrouvé un proche porté disparu, cela n’augure rien de bon.

Les aveux des trois miliciens conduisent au palais présidentiel. Le commissaire Ozé Logué et le colonel Ohoukou Mody sont arrêtés. Quant au général Dogbo Blé, il est interrogé par les enquêteurs dans le camp militaire de Fofié Kouakou, à Korhogo (nord du pays), où il est détenu depuis son arrestation, à la mi-avril. Dogbo recevait directement ses ordres de Gbagbo. L’ex-chef de l’État, capturé le 11 avril à Abidjan et assigné à résidence à Korhogo, est-il impliqué dans le rapt ?

« Non, tranche Koné Katina, son porte-parole. Ces allégations mensongères sont dans le droit fil de la campagne de désinformation orchestrée depuis le second tour de l’élection présidentielle, qui, au mépris du droit constitutionnel ivoirien, a conduit au brutal changement de pouvoir le 11 avril. » Et de faire remarquer que le 4 avril, jour du rapt, « est aussi celui où le président Sarkozy allait lancer les hélicoptères de l’armée française contre les positions de l’armée régulière ivoirienne ». La remarque est logique. Qui avait intérêt à freiner l’élan de la force Licorne sollicitée par l’ONU pour détruire les armes lourdes du camp Gbagbo en se livrant à une prise d’otages (qui a mal tourné) de Français ? Certainement pas Ouattara…

24/06/2011 à 11h:04 Par André Silver Konan, à Abidjan

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Published by tressia - dans Crise ivoirienne
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