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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 17:11

 

Propos liminaires

Je vous remercie pour l’occasion que vous me donnez de m’entretenir de la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire. Le pays du président Houphouët Boigny. La  Côte d’Ivoire a subi son premier coup d’Etat en 1999 à la veille de noël et cette irruption des  militaires sur la scène politique a détruit la stabilité politique de ce pays qui était son capital le plus précieux. Et depuis lors, ceux qui se sont mis à notre place au pouvoir, qu’il s’agisse du général Robert Guéi entouré d’une junte militaire, ou de Laurent Gbagbo, ont entraîné ce pays sur une pente descendante. Et depuis bientôt dix ans, le pays est installé dans cette régression. La démocratie est bloquée, l’unité nationale a subi de rudes épreuves, à  la place de la paix s’est instaurée d’abord une guerre civile et à la place du développement économique et social, c’est la régression. Le pays est devenu méconnaissable. Et ce pays qui était un exemple pour tous les pays africains, est devenu si méconnaissable qu’aujourd’hui les Ivoiriens que vous rencontrerez ici hésiteront, en vous répondant à vos questions, de dire du premier coup qu’ils sont d’origine ivoirienne. C’est dans ce contexte qu’un autre coup d’Etat, une tentative a eu lieu en 2002 et que le pays a connu une partition. Les deux tiers du pays, le nord, ont été placés sous la coupe de soldats rebelles. Etant une grande partie du pays représentant plus de 60% du pays qu’on a appelé la zone occupée. C’est par la suite qu’avec l’entremise du président du Burkina Faso, des négociations ont été menées entre les deux belligérants, représentés par les forces nationales de sécurité qu’on appelle les loyalistes et les forces nouvelles anciennement rebelles. A la suite des pourparlers entre les deux belligérants, des accords ont été signés, qui sont les accords de Ouagadougou.  C’est sous l’emprise de ces accords que la Côte d’Ivoire existe aujourd’hui dans un Etat de ni paix ni guerre. Et c’est dans ce contexte que le pays s’efforce de sortir de la crise grâce à un processus électoral qui a du mal à se dérouler normalement. C’est donc dans ce contexte que nous espérons vivement, que la date du 29 novembre prochain qui a été retenue pour les élections, sera respectée, que de nouvelles élections auront lieu, qu’un nouveau président sera élu. Parce que l’élection d’un nouveau président est l’une des pièces maîtresses de la sortie de crise. Voila en peu de mots ce qui caractérise la situation sociopolitique de la Côte d’Ivoire actuelle, c’est aussi mon propos liminaire et je voudrais me prêter maintenant à vos questions.  


L’INTEGRALITE DE LA CONFERENCE DE PRESSE

 

Momo Louis (Fraternité Matin)

Monsieur le président, le journal français « Le Point » vient de publier un sondage qui fait état du fait que le président Laurent Gbagbo aurait 43% des suffrages aux élections. Quels commentaires faites-vous ?

Dans ce pays encore divisé, il n’y a pas de sondage crédible.  A moins que ce sondage soit effectué par des amis. Quand on parle de sondage en France, les instituts les plus crédibles sont la Sofres et autres.

 

Fabienne Pompey (Jeune Afrique)

Mais c’est la SOFRES qui a effectué le sondage.

Cela ne peut pas être fondé. Mais même si c’était fondé, avec 43% on n’a pas la majorité du pays. Le PDCI, le RDR et les autres partis de l’opposition formeraient donc la majorité du pays. Par conséquent, ce sondage n’est pas significatif.

 

Momo Louis (Fraternité Matin

Monsieur le président, après le premier livre, à quand le prochain ?

Le livre c’est une affaire personnelle. Je ne suis pas encore à l’âge d’écrire mes mémoires.  Mais s’il y a lieu ça viendra nécessairement. Mais quand j’aurais le temps.  

 

Palliakkara Nidhya (3A TELESUD)

Si dans l’hypothèse vous perdiez ces élections au premier tour, avec qui feriez-vous alliance ?

Aujourd’hui comme je vous l’ai dit, l’opposition représente plus de 43% comme prétend le FPI. A l’heure actuelle, ce qu’il faut retenir, c’est que l’opposition forme un rassemblement : le RHDP. Et ce rassemblement emporte donc la majorité sociologique et politique. Depuis près de trois ans, nous avons une alliance. Le PDCI, le RDR, le MFA et l’UDPCI sont rentrés dans une alliance. Une alliance non seulement pour aller aux élections, c’est-à-dire qu’au deuxième tour, le mieux placé sera soutenu par les autres partis.  Si cette alliance gagne les élections, elle s’entend déjà pour gouverner ensemble le pays. Donc avec une majorité. C’est avec une majorité qu’on gouverne le pays.

 

Hervé Cohx (Direcabidjan.com)

En 1995 vous avez présenté les douze chantiers de l’Eléphant d’Afrique. Un programme que vous n’avez pu réaliser à cause du coup d’Etat de 1999. Aujourd’hui vous voulez revenir au pouvoir. Vous avez entrepris une série de tournées à travers le pays. Vous êtes venu ici en France pour la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, vous vous êtes rendu en Angleterre.  A la suite de ces différentes sorties, quelles impressions avez-vous ?

Je reviens à la première assertion de votre première déclaration. A savoir les chantiers de l’Eléphant d’Afrique. Ce programme de gouvernement que nous avions esquissé était en cours de réalisation quand le coup de force militaire est intervenu. Mais ce que j’ai constaté au cours de mes tournées, c’est que ces grands projets qui ont été approuvés par le gouvernement et par le parlement, font toujours partie des aspirations du peuple ivoirien. Par conséquent si nous sommes en situation, il sera très facile de reprendre ces travaux qui ont été interrompus par le coup d’Etat. C’est donc cela la raison suffisante qui motive notre démarche d’être candidat. Pour remettre le pays au travail et pour renouer avec la croissance qui était, comme vous le savez, très forte avant le coup d’état. C'est-à-dire 7% par an en terme réel. Voici un ensemble de raisons qui nous motivent à accepter d’être le candidat du PDCI-RDA pour ces élections prochaines.

 

Fabienne Pompey (Jeune Afrique)

Tout à l’heure dans votre commentaire, vous aviez parlé du processus électoral qui a bien du mal à se dérouler normalement. Est-ce qu’aujourd’hui, il y a encore des obstacles, vous sentez des manœuvres, vous avez dit qu’on trouve des prétextes pour repousser ces élections ?

Cela est toujours possible. Mais aujourd’hui, l’identification est terminée, l’enrôlement également. Les opérateurs techniques procèdent maintenant aux actions  qui amèneront à l’établissement d’une liste électorale. Mais, comme je l’ai dit, il y a toujours les intrigues, surtout du côté du FPI. Nous espérons vivement qu’avec la communauté internationale et les pressions que nous exerçons nous-mêmes, la date du 29 novembre sera maintenue.

 

Elsa Da Silveira (Devoir Africain)

Doit-on s’attendre à des fraudes électorales en Côte d’Ivoire ?

Nous espérons que non. Seulement, après l’enrôlement, nous avons constaté que des pièces d’état civil étaient établies par des sous préfets à la demande du ministre de l’Intérieur actuel. Nous avons non seulement dénoncé ces pratiques frauduleuses, mais nous avons même porté plainte contre ce comportement. Je pense que cela peut suffire pour arrêter net les tentatives de fraude pour que nous puissions avoir des élections transparentes, honnêtes et crédibles.

 

Clément Yao (Intelligent d’Abidjan)

Monsieur le président, avec le doute qui plane sur la date et aussi avec votre âge avancé de 75 ans, avez-vous pensé à un successeur, si ces reports s’étendaient sur plusieurs années ?

D’abord, nous pensons que les élections auront lieu le 29 novembre 2009. C’est à Marcoussis, qu’après des jours et des nuits de négociations, nous avons abandonné l’âge limite de 75 ans. Mais c’est aussi au sein du parti démocratique de Côte d’Ivoire, qui applique une politique rigoureuse de démocratie interne que se désigne les candidats aux élections présidentielles, législatives, municipales et les conseils généraux. Comme je l’ai dit, je suis à mon dernier combat, à l’issue de ce combat, quel que soit le résultat, je suis au dernier combat. C’est donc au sein de mon parti que nous rechercherons les voies et moyens pour poursuivre la lutte.

 

Victor Achy (Abidjan Sur Seine)

Il y a 9 ans que vous avez perdu le pouvoir. Depuis, la population a changé. Elle est jeune. Le contexte aussi a changé. C’est une population qui utilise l’internet, le téléphone portable, etc. Ne pensez-vous pas, monsieur le président, quand on vous voit avec l’équipe qui vous entoure, que votre génération tend à être un peu dépassée vis-à-vis de la tâche à accomplir ?

Je ne le pense pas. Nous pensons plutôt en thème de message aux populations. C'est-à-dire un programme de gouvernement. Un programme à la fois politique, économique et social. Certes, de nouvelles générations ont grandi en Côte d’Ivoire. Mais, cela n’est pas sans rejaillir sur la vie du PDCI-RDA qui est aujourd’hui pratiquement dirigé par des jeunes. Les gens de ma génération ne sont plus à la direction du PDCI-RDA. Ce sont des jeunes de 40 à 50 ans. A la base, ce sont les plus jeunes encore qui animent le parti dans nos villages, dans les chefs-lieux de préfecture et de sous-préfecture. Je viens de m’en rendre compte au cours des tournées que j’ai entreprise depuis deux ans.

 

Momo Louis (Fraternité Matin) : Monsieur le président, le président Nicolas Sarkozy a émis des doutes sur le respect de la date des élections. Quels commentaires faites-vous ?

Je ne partage pas ce sentiment.   Je veux plutôt être animé par une volonté avec les autres partis politique de maintenir la pression pour aller aux élections le 29 novembre. Mais, je pense que les doutes du président Sarkozy ne sont pas des doutes de complaisance. C’est parce qu’il y a eu de la part du pouvoir tellement de revirements, tellement de volte-face dans le passé récent.

 

Momo Louis (Fraternité Matin)

Quelle serait votre position si d’aventure il n’y a pas d’élection le 29 novembre ?

Nous aviserons. A savoir qu’avec les partis d’opposition, nous étudierons d’autres mesures de riposte à cette situation.

 

Fabienne Pompey (Jeune Afrique)

Monsieur le président, dans ces dix dernières années, il y a eu beaucoup de violence, d’exactions, de crimes etc. Est-ce que vous pensez que quels que soient les résultats des élections, la Côte d’Ivoire pour se réconcilier ne butera pas sur l’impunité et autres formes de justices ?

Je pense que la réconciliation sera toujours nécessaire. Mais, il n’y a de meilleures réconciliations que si l’impunité est sortie de ce contexte là. Il n’y a pas de réconciliation sans une justice.

Propos recueillis par Eugène YOBOUET

Correspondant permanent en France

 

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Published by tressia - dans Politique
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