Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de tressia
  • Le blog de tressia
  • : Politique, economie, société, sports, humour, pensées, crise ivoiriennes
  • Contact

Recherche

Archives

26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 17:02

 


France 24 : Bonjour Monsieur le président, merci de nous recevoir chez vous ici à Paris. Depuis combien de temps êtes vous dans la capitale française et qu’est ce que vous y êtes venu faire ?

Hkb : Cela fait deux semaines que je suis à Paris. Je suis venu assister à la remise du prix Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix à l’UNESCO. La cérémonie s’est très bien  déroulée. Et maintenant, j’attends la date de mon retour pour repartir à Abidjan.

 

Que représente ce prix, aujourd’hui, pour vous quand on sait que ce prix, pendant ses premières années, représentait une paix retrouvée en Afrique et qu’aujourd’hui un pays comme la Côte d’Ivoire n’est pas aussi paisible que cela ? Est-ce que la situation de la Côte d’Ivoire n’a pas fait que ce prix n’a plus de sens

Non. Le prix a toujours représenté l’idéal de paix. La preuve est que le prix s’appelle le prix Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix. Alors, tant que ce but n’est pas atteint, le prix reste toujours d’intérêt pour nous les Ivoiriens et pour la communauté internationale.

 

Ce prix a été remis à qui cette année et pour quelles raisons ?

Le prix a été remis au président de la république fédérative du Brésil, le président Lula. Et c’est en fonction des initiatives de paix du président Lula que le prix lui a été remis.

 

Quelles est son initiative pour la paix, qu’a-t-il pu faire réellement pour pouvoir bénéficier de ce prix ?

Il a eu des initiatives et même des actions dans son pays pour l’égalité des races, pour la lutte contre la pauvreté et j’en passe.

 

Monsieur le président, même si vous êtes venu pour ce prix, je suppose que vous pensez à Abidjan, que votre cœur est à Abidjan parce que l’actualité là-bas veut qu’on entre dans la campagne présidentielle. Ce n’est un secret pour personne que vous serez candidat. Pensez-vous que ces élections vont se tenir enfin en novembre prochain

En réalité, cela fait deux ans que le PDCI-RDA  est en campagne. Et je vais rentrer à Abidjan pour accélérer cette campagne d’autant que la date des élections est fixée au 29 novembre prochain.

 

Est-ce qu’elles vont vraiment se tenir ? On a eu tellement de date que nous restons tous sceptiques.

Nous le souhaitons vivement et nous faisons tout ce que nous pouvons pour que cette date soit respectée cette fois-ci.

 

Qu’est ce qui vous fait espérer que cette date sera respectée contrairement aux précédentes. Qu’est ce qui a changé cette fois-ci ?

Ce qui a changé, c’est que l’identification est terminée. L’enrôlement des électeurs est terminé. Il ne reste plus que des détails techniques de rapprochement des inscriptions de façon qu’il n’y ait pas de doublons, de telle sorte que tous les partis politiques puissent se mettre d’accord sur la liste définitive qui en sortira.

 

Monsieur le président, c’est sous vous que le PDCI-RDA a perdu le pouvoir lorsqu’on vous a renversé. Et le parti n’a pu jamais reconquérir le pouvoir depuis une dizaine d’années. Croyez  aujourd’hui que vous avez les atouts pour reconquérir le pouvoir ? Qu’est ce que vous allez faire de neuf s’il y a élection demain pour battre par exemple le FPI ou le RDR ?

Nous pensons, au PDCI-RDA, que nous avons réuni les conditions pour la reconquête du pouvoir. Nous avons renforcé la cohésion de ce parti. Et nous animons une campagne des plus actives et des plus pertinentes. Ensuite, la réponse que nous recevons de la population nous encourage à poursuivre nos efforts.

 

Monsieur le président, on a rencontré pas mal d’Ivoiriens qui disent finalement, le PDCI a perdu le pouvoir, d’autres se sont véritablement installés, pourquoi voterait-on pour le PDCI ? Qu’est ce que le PDCI va faire de neuf qu’il n’ait pu faire pendant ces périodes de règne ?

 

Quel est le programme qu’il va apporter qui puisse véritablement séduire les Ivoiriens ?  

Il faut rappeler que le PDCI a perdu le pouvoir non pas par les urnes, mais par un coup d’Etat militaire. Les coups d’Etat militaires, vous en voyez en Afrique. Après le coup d’Etat qui nous a enlevé du pouvoir, pourquoi nous revenons ? C’est tout simplement parce que ceux qui sont au pouvoir à notre place ont échoué. Alors même que nous avions laissé un programme des plus pertinents pour faire avancer le pays. Donc, c’est de notre devoir de reprendre les activités pour que le pays soit en quelque sorte sauvé. La Côte d’Ivoire est une personne morale aujourd’hui. Et il est du devoir de tous d’aller au secours de cette personne en danger.

 

A titre personnel, vous êtes le candidat du PDCI-RDA. A l’intérieur, on a  écouté des voix discordantes qui auraient voulu qu’il y ait des primaires peut-être pour que d’autres personnes puissent s’exprimer. Et aussi certains ont dû dire que vous avez des responsabilités dans ce qui s’est passé. Vous ne sentez-vous pas responsable de la perte de ce pouvoir, du fait qu’on en soit arrivé au putsch. Est-ce que vous n’avez pas de regret ?

Absolument. Mais pas parce que, comme je l’ai dit, nous n’avons pas perdu le pouvoir par manque de confiance des populations, mais c’est simplement par un coup d’Etat militaire, un coup de force. Et comme notre programme répond toujours aux aspirations des populations, eh bien, nous continuons.

 

Monsieur le président, on en a beaucoup parlé et je crois qu’on vous a, à maintes reprises,  posé cette question. il s’agit du fait que « l’ivoirité » soit le déclencheur de cette déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Qu’est ce que c’est exactement « l’ivoirité » et est-ce que vous l’assumez encore aujourd’hui de la façon que vous l’aviez fait lorsque vous avez écrit ce livre ?

D’abord le problème de « l’ivoirité », c’est en quelque sorte une vieille ruine sur laquelle je ne voulais pas revenir. Ou que je ne voulais pas faire réapparaître. Nous avons abandonné ce terrain. Mais « l’ivoirité » qu’est ce que c’était ? C’était le programme culturel que nous présentions aux soixante tribus qui peuplent la Côte d’Ivoire. C’est son identité culturelle. C’est l’identité culturelle de la Côte d’Ivoire. Bon, il se trouve que nos adversaires ont si bien fait qu’ils ont galvaudé le concept. En définitive, nous avons abandonné « l’ivoirité ».

 

Est-ce que ce n’est pas vous qui l’embellissez aujourd’hui ? Est-ce qu’au départ, vos adversaires n’ont pas exploité quelque chose qui était mal exprimée ?

Nos adversaires ont reconnu eux-mêmes le malentendu et qu’ils avaient tout fait pour s’opposer à « l’ivoirité », mais qu’en réalité, « l’ivoirité » ne gênait personne. Tous les pays revendiquent leur entité, leur identité et surtout leur identité culturelle. Même quand ils vont dans de grandes assemblées, ils y vont avec leur entité nationale.

 

C’est quoi l’entité nationale ivoirienne ? Elle inclut tous ceux qui sont arrivés, d’autres personnes ?

Absolument ! C’est sans exclusion aucune.

 

Aujourd’hui, Monsieur le président, vous sentez-vous encore le héritier du président Houphouët Boigny, lui qui gardait ce pays en paix ? Est-ce que vous n’avez pas l’impression d’avoir,  vous aussi, un peu échoué puisque le pays a sombré dans le chaos ?

Non ! Parce qu’un coup d’Etat militaire ne signifie pas une insuffisance quelconque pour ceux qui sont au pouvoir. Donc, l’héritage du président Houphouët Boigny qui est la paix et l’unité  nationale reste toujours intact. D’ailleurs, beaucoup de partis le revendiquent à plus forte raison le PDCI-RDA  dont le fondateur a été le père de la nation.

 

Est-ce que le président Houphouët n’avait pas trop de personnalité pour que vous portiez sa casquette. Est-ce que cette responsabilité n’était pas trop lourde pour vous ?

Non ! Le problème n’est pas là. Le problème, c’est de savoir d’abord que de son vivant, il avait fait en sorte que le président de l’assemblée soit son héritier et ensuite, le fait qu’après sa mort, c’est par des élections démocratiques que je suis arrivé au pouvoir avant que les militaires n’interviennent dans le champ politique. Ce qui n’est pas leur rôle.

 

Monsieur le président, aujourd’hui, très concrètement en quelques mots,  qu’est ce que vous aller apporter de neuf aux Ivoiriens que vous n’ayez pu leur donner lorsque vous étiez aux affaires ? Vous avez quand même occupé les rênes du pays pendant huit ans. Qu’est-ce que vous proposez de nouveau pour convaincre les Ivoiriens à vous redonner les destinées du pays ?

Il s’agit là de notre programme de gouvernement après les élections si nous les gagnons. Eh bien, ce que nous allons apporter, c’est l’ensemble des projets nationaux que nous avions esquissés pour le bien-être des Ivoiriens. Par exemple, l’extension du port autonome d’Abidjan, le troisième pont d’Abidjan, le pont sur la lagune pour joindre le littoral Alandjan, ensuite les routes, les pistes que nous avions bien coutume d’entretenir et enfin c’est la bonne gouvernance qui fait que nous n’avions exclu personne en dirigeant ce pays.

 

Vous n’aviez exclu personne en dirigeant ce pays. Pourtant, finalement vous avez été accusé d’avoir créé le concept qui allait diviser le pays.

Accuser, franchement ! Franchement, je le dis. Car ceux qui s’en plaignaient eux-mêmes ont reconnu leur erreur.

 

Aujourd’hui, monsieur le président, il y a plusieurs forces qui sont en place. Il y a le FPI, le RDR, à côté du PDCI qui était le grand maître à l’époque et qui régnait en grand maître sur le pays pendant longtemps. De quel mouvement vous sentez-vous le plus proche, le RDR ou le FPI.

Le PDCI, c’est le PDCI. Le PDCI, c’est le parti qui a conduit le pays à l’indépendance, c’est le parti qui a bâti la Côte d’Ivoire moderne et le parti de l’expérience et de la sagesse. C’est encore une fois le parti majoritaire dans le pays.

 

Est-ce que vous vous sentez contesté au sein de votre mouvement ? Existe t-il un moyen pour ceux qui ne sont pas d’accord avec le président Bédié, pour ceux qui aimeraient être candidat de discuter ?

Mais, il va d’abord falloir que ceux-là se fassent connaître. Parce que je ne suis pas à la tête du parti par ma seule volonté. C’est le parti, après des élections primaires, et par une majorité de plus de 80% qui m’a demandé de prendre les directions.

 

Vous êtes l’héritier de ce parti là ?

Héritier ? Je suis un membre actif de ce parti et c’est moi qui le conduis actuellement.

 

Monsieur le président, nous allons faire un peu de l’histoire. Qu’est ce qui fait que ce soit vous que le président Houphouët-Boigny prépare pour succéder à lui en vous installant par exemple à la présidence de l’assemblée nationale ? Quelle est la qualité qui a fait que ce soit vous en particulier ?

Je ne saurais vous répondre. Mais, je dirais tout simplement que c’est par le jeu tout à fait normal de la démocratie. Parce que pour être président de l’assemblée nationale il faut être élu par les députés.  C’est ce que j’ai été pendant treize ans.

 

Ce n’était pas parce que vous étiez un dauphin, voire plus proche de lui ?

Pas du tout. Le jeu était ouvert et tous ceux qui voulaient se présenter n’avaient qu’à le faire.

 

Monsieur le président, les gens ont envie de savoir quels étaient vos rapports avec le président Houphouët-Boigny. Comment l’avez-vous connu ?

Je l’ai connu à ma sortie de l’école, de l’université. J’ai été son ambassadeur aux Etats-Unis. J’ai été son ministre, président de l’assemblée pendant qu’il gouvernait encore le pays. Ce sont là ces rapports qui m’ont conduit à la magistrature suprême.

 

Il ne vous a pas considéré comme son fils ?

Je crois qu’il considérait tous les Ivoiriens comme ses enfants.

 

On a souvent dit qu’après sa mort, vous qui étiez son successeur constitutionnel, vous avez failli être écarté par le premier ministre de l’époque Alassane Dramane Ouattara qui voulait prendre les rênes du pays. Est-ce vrai ?

Ce n’est pas une lecture fine de la situation à cette époque là

 

Comment ça s’est passé ?

Ça s’est passé tout simplement que Ouattara a quitté son poste de premier ministre et qu’il a rejoint le Font Monétaire International.

 

Ce soir là, les choses ne se sont pas passées comme ça. Il y a eu des tensions.

Beh, peu importe. C’est du passé.

 

Mais, c’est un pan de l’histoire de la Côte d’ivoire

Ce n’est pas la vraie histoire. En ce sens qu’à cette époque là, Ouattara n’a jamais fait état de sa volonté de gouverner le pays. Mais, il y avait dans le parti de vieux caciques qui auraient préféré certainement être à ma place.

 

Que reste t-il aujourd’hui de l’héritage du président Houphouët-Boigny, vous qui êtes à la tête du parti qu’il a créé ?

Tout. L’héritage est resté intact. La preuve, c’est que tout le monde se réclame encore du président Félix Houphouët Boigny.  Bien qu’il ait quitté notre scène politique, il reste toujours le président populaire qu’il a été. Et son souvenir est intact.

 

Mais, on a souvent dit qu’il était responsable du chaos actuel.

C’est ce « on » a dit. Mais la réalité est tout autre.

 

Monsieur le président, aujourd’hui, pensez-vous que vous avez été véritablement proche  des populations ces derniers temps pour pouvoir espérer être élu ?

Je n’habite pas la capitale. J’habite à l’intérieur du pays au milieu des populations paysannes. Je suis à Daoukro où j’ai élu domicile. Et ensuite, je ne suis pas resté hors du pays. L’exil qui m’avait contraint à rester à Paris n’a duré que vingt (20) mois. Je suis rentré aussitôt en Côte d’Ivoire où j’ai reçu un accueil de plus d’un million de personnes. Aujourd’hui, pendant nos campagnes, nous voyons bien, tout le monde peut le constater, la grande mobilisation qui est la réponse des Ivoiriens à notre programme.

 

Que vous disent les populations ?

Les populations viennent par leurs danses, par leurs applaudissements, par leurs discours, nous dire qu’elles comptent sur le PDCI-RDA pour reprendre le pouvoir et remettre le pays sur les rails de la paix, du développement et du bien-être.

 

Et vous êtes celui qui pourrait leur apporter cela ?

C’est ce qu’elles pensent

 

Et vous-même

Au vu de l’expérience multiforme que nous avons eue dans les affaires de ce pays, j’y crois

Propos recueillis par Alain Foka de France 24

Avec la collaboration de Eugène YOBOUET

Correspondant permanent en France

Partager cet article

Repost 0
Published by tressia - dans Politique
commenter cet article

commentaires