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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 23:02
L’affaire du DG de MTN escroqué puis expulsé avant le procès défraie la chronique. De la gestion de la crise ivoirienne au scandale de 65 millions escroqués à la société de téléphonie mobile MTN par la secrétaire de Gbagbo en passant par les prisonniers de la filière café-cacao et l’organisation hypothéquée des élections, Guéi Bombet Robert, président du parti "La Renaissance", accuse et propose. Entretien.

Bonjour monsieur le Président ! Bonjour La crise perdure et les voies de sortie de crise semblent se perdre à l’horizon. Quels sont vos constats par rapport à cette crise que vit la Côte d’Ivoire depuis 2002 ?
Nos constats sont multiples. Le premier est que voilà plus de 6 ans que nous sommes dans la crise. Nous avons évoqué tous les problèmes qui étaient à la base des maux de la Côte d’Ivoire. Nous avons signé plusieurs accords et nous remarquons qu’au bout de 6 ans, nous sommes quasiment au point de départ.

Qu’est-ce que vous préconisez en dehors des premiers remèdes que vous avez proposés ?
Nos propositions datent de 2005. Et certaines de nos propositions ont été à la base de la nomination du Premier ministre Charles Konan Banny. Donc nos propositions sont claires. Si la Côte d’Ivoire a atteint une phase de crise complexe, il est bien évident que pour trouver une solution, il faut passer, je dis bien passer par une transition. Et une transition sans Gbagbo. Parce que les intérêts sont tels que les suspicions se sont prononcées par rapport aux principaux antagonistes. Donc la solution du remodelage de la Côte d’Ivoire doit passer nécessairement par une transition. Et c’est ce que nous avons vu dans la plupart des pays qui se sont relancés sur la voie de la démocratie.

Que pensez-vous des reports des élections depuis 2005 ? Et selon vous qui a intérêt que ces élections ne se tiennent pas ?
Ces reports arrangent le chef de l’Etat actuel. Car s’il avait mis autant de volonté comme nous, à La Renaissance, nous en avons mis, si on suivait ou du moins si on essayait nos propositions, je pense qu’on serait un peu plus loin dans la résolution de cette crise. Sinon dans l’ensemble, nous pensons que les dirigeants actuels de notre pays n’ont pas cette réelle volonté de sortir de cette crise. Le Président de la République fait semblant de dire que tout marche, pourtant nous constatons que les choses marchent sur les béquilles. Je dirais même que ça marche à reculons.

Est-ce à dire que nos dirigeants sont hypocrites ?
S’agissant de nous, tout le monde connaît notre franc-parler. Nous ne cautionnons pas les petites combines. Mais ils y a certains politiciens qui ont choisi la voie du mensonge et de l’hypocrisie pour faire de la politique. C’est cela qui gène. Ceux-là, ce sont ceux qui font tout pour ne pas nous sortir de cette crise depuis 2003 alors que la guerre elle-même n’avait plus lieu en tant que telle. Et j’accuse en premier lieu le Chef de l’Etat à qui on a confié le pays et qui ne fait pas avancer les choses, alors que son pays est en train de mourir.

Mais avec l’avènement de l’accord de Ouagadougou et la nomination de Guillaume Soro à la Primature, l’on a pensé que la crise allait se dénouer. Il y en a qui disent même que Soro s’est inféodé au FPI. Que pensez-vous de cette situation ?
Parfaitement inféodé. Je dirais même qu’inféoder n’est pas le mot juste, je me demande même s’il ne fait pas partie du scénario qui consiste à faire durer le plus longtemps possible cette crise et la souffrance des Ivoiriens ? Parce que Soro lui-même, ça fait pratiquement 2 ans qu’il est Premier ministre. Ils ont dit que Ouaga III devrait apporter la solution. Mais depuis qu’il est premier ministre, qu’est-ce qu’il a résolu ? L’unicité des caisses, le redéploiement de l’administration, tout est toujours bloqué. Et la Côte d’Ivoire est toujours divisée. Dans ces conditions-là, je dirais que Soro lui-même trouve son salut dans la durée de la crise. Je l’accuse même d’une sorte de complicité avec Gbagbo.

Est-ce à dire que si ces deux sont encore aux commandes de notre pays, on n’irait jamais aux élections ?
Là, moi, je suis inquiet. Je ne dirai jamais non. Mais cette complicité entre Gbagbo et Soro m’inquiète. Parce que regardant toutes ces années qui sont passées alors qu’ils sont conscients de ce que le pays est dans le gouffre avec la situation des populations de plus en plus difficile, je me demande s’il faut aller jusqu’au bout avec les mêmes acteurs ? C’est pourquoi nous demandons une véritable transition avec des personnes neutres qui puissent mettre en place les conditions nécessaires pour que la Côte d’Ivoire puisse à nouveau jouer son rôle dans le concert des nations. Et repartir sur des bases solides. Pour cela, il faut maintenant consulter d’autres acteurs de la vie politique que ceux qu’on a l’habitude de consulter.

Cette année, le budget de souveraineté de la Présidence n’a pas été révélé. Cependant, on a constaté que les années passées, il allait croissant. Qu’en pensez-vous ?
C’est une connerie de la mauvaise gouvernance. Parce que, quand on a critiqué un système et qu’on a pris le pouvoir, c’est de prouver au peuple qu’on est capable de faire mieux que ses prédécesseurs. Ou bien faire mieux par rapport aux critiques qu’on a formulées. Au temps de Bédié, c’était autour de 15 milliards, Guéi, autour de 20 milliards. Il avait critiqué ces budgets de souveraineté qu’il a qualifiés d’excessifs. Mais Gbagbo arrive et ça passe à 35 ; 45 ; 65 milliards et aujourd’hui on parle de plus de 75 milliards, soit environ 1,5 milliards par semaine et 6,25 milliards par mois. Alors qu’en son temps on disait que "Bédié se donnait 1,250 milliard par mois comme argent de poche" parlant de son budget de 15 milliards annuel. Soro arrive lui aussi avec des idéaux pour le peuple, mais il a un budget qui avoisine les 25 milliards. Et nous voyons l’utilisation de ces budgets. Ils sont dépensés avec les longs cortèges les week-ends avec les grosses cylindrées et les charges de ces personnes qui les suivent partout et qui occasionnent des frais de missions payés sans travailler.

Voulez-vous dire que le Gbagbo de l’opposition et le Gbagbo au pouvoir, il y a un changement de discours ?
Ce n’est même pas le discours seulement qui a changé. C’est tout le comportement. Parce que nous qui étions avec lui et qui sommes partis, on aurait souhaité qu’il garde le discours et le comportement du Gbagbo de l’opposition. Il aurait ainsi sauvé le Socialisme. On a promis le socialisme comme le remède qu’il fallait pour contrecarrer le parti unique en garantissant les libertés, la justice et la solidarité nationale. Mais aujourd’hui, quand vous regardez son régime, les libertés, la justice et la solidarité nationale sont plombées. Et le PDCI a bien fait de boycotter la RTI qui censure l’opposition. Sur le plan de la justice, c’est totalement le chaos. On bat des honnêtes citoyens impunément. Nous avons été bastonnés sans que personne ne lève le doigt. C’est donc un comportement contraire aux idéaux qui ont amené la création du FPI. Et cela nous conforte davantage du fait que nous nous sommes désolidarisés d’eux avant leur accession au pouvoir. Les petits signaux qu’on nous envoie pour dire qu’ils luttent contre la corruption, c’est pour tromper les Ivoiriens et la communauté internationale. Il disait qu’il était une oasis de propreté. Mais aujourd’hui si on lui demande de faire un audit de sa gestion à la tête de l’Etat et de toutes les structures de l’Etat. On découvrira beaucoup d’incohérence entre ses dires et la réalité de sa gestion.

Parlant de justice. Quel commentaire faites-vous de l’affaire de la secrétaire du Président de la république qui a escroqué la société de téléphonie cellulaire MTN à hauteur de 65 millions ?
Nous, nous disons qu’il ne faut pas s’arrêter à l’emprisonnement d’une simple secrétaire sans jugement véritable. De la secrétaire de Gbagbo aux amis du café-cacao emprisonnés, il faut un véritable audit pour démasquer les instigateurs. Parce qu’actuellement, les commanditaires ou les bénéficiaires de ces pseudo-détournements sont encore en liberté. Qu’on nous dise qu’on engage un audit dans toute l’administration et un audit dans toutes les structures où l’Etat a une implication. Là, toute la vérité sortira et on saura les vrais coupables ou même les complices. S’agissant de la secrétaire de Gbagbo, je dirais qu’on n’arrive pas à ce niveau de responsabilité d’un pays pour escroquer des sociétés. Ce sont des abus de pouvoir. Mais ces abus de pouvoir ternissent l’image de notre pays considérablement. En allant au-delà de la simple secrétaire dont on a publié le nom, reste à savoir si elle est seule et n’appartient pas à un réseau. Il faut aller au bout pour savoir celui qui est vraiment en-dessous, celui qu’elle couvre. Je dis aussi qu’il faut que la justice s’établisse dans cette affaire d’escroquerie de MTN. Est-ce que cette justice est établie avant de vider le monsieur dont on a escroqué la société ? Parce qu’en mettant le monsieur dans l’avion, le principal témoin, sans le verdict de la justice, c’est qu’il y a anguille sous roche. Si les gens se sont précipités pour expulser sans jugement le Directeur de MTN, c’est que ça devrait être une habitude d’escroquer au nom de la Présidence et cette fois-ci le business n’a pas marché. Ils ont utilisé une mauvaise manière qui rejaillit négativement sur notre pays. Il s’agit de la Présidence de la République. Là où le niveau de propreté et de respect doit commencer. Il faut maintenant qu’ils aillent au-delà car, rendre une telle affaire publique veut dire qu’on doit faire un nettoyage sérieux à la Présidence. On nous cacherait sans doute des choses. Parce que la démarche utilisée semble très louche. Est-ce que cette précipitation n’est pas une façon de cacher l’hémorragie ? Parce que je ne comprends pas pourquoi un ministre de l’Intérieur se serait substitué à la Justice ? De quoi a peur le ministre de l’Intérieur ? C’est la preuve que notre pays n’est plus géré selon des normes judiciaires. La Justice est complètement phagocytée par le pouvoir d’Etat.

Finalement, qu’avez-vous à dire encore sur ce pouvoir qui semble cacher des magouilles au sommet de l’Etat?
Notre inquiétude à La Renaissance, ce sont les élections chaque fois annoncées et chaque fois reportées. Gbagbo et le FPI ont de manière calamiteuse 10 ans au pouvoir. Pour éviter des solutions à la Malgache ou à la Mauritanie, je dis tout simplement qu’il faut une transition, une vraie sans Gbagbo. Que Gbagbo soit élégant et responsable pour s’effacer et donner une chance à la paix en Côte d’Ivoire. Car, seule une transition véritable, sans les mêmes acteurs qui ont déjà démontré leur incapacité à gérer cette crise, peut sauver la Côte d’Ivoire. Entretien réalisé par GUY TRESSIA

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Published by tressia - dans Politique
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