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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 08:29
L’Eléphant déchaîné révèle les étranges actes de gouvernance d’un « disciple » de Ouattara à la CNRA!

Il faut croire que la bonne gouvernance a décidément des soucis dans certaines sociétés publiques. C’est le cas, actuellement, pour le Centre National de Recherche Agronomique. Où l’infernal quadrupède a mis la patte sur des documents qui démontrent que le Directeur Général, Yté Wongbé, se donne quelques libertés qui pourraient compromettre à terme, l’avenir de cette structure importante pour l’émergence agricole de la Côte d’Ivoire.

Petit historique du CNRA

Le Cnra a été créé en 1998 après la dissolution de plusieurs structures rendues inutiles par la célébration de la mauvaise gouvernance à leur tête. Il s’agit de « Idefor », « Idessa », « Cirt ». La création de cette nouvelle structure, selon ce que l’on peut lire sur son site Internet, obéissait à un souci de coordination plus huilée dans la recherche agronomique afin d’obtenir des résultats plus éclatants.

« Le CNRA regroupe ainsi plusieurs sites répartis sur l'ensemble du territoire ivoirien. Chaque site se compose d'un ensemble de Stations de recherche rattachées administrativement à une Direction Régionale DREG. L'activité de recherche agronomique est menée par des chercheurs de haut niveau issus de prestigieuses universités et instituts de recherche. Le siège se trouve à Adiopodoumé, Km17 Route de Dabou. »

Sauf qu’en raison, depuis quelques temps, de certains exploits dans la gouvernance, cette structure ne se porte pas très bien.

La gouvernance tue l’émergence de la Recherche

Hier Président du Conseil d’Administration du Cnra, Yté Wongbé a été nommé directeur général à l’avènement du nouveau régime. C’est dire si l’homme connaît la maison.

Depuis son arrivée, il s’est attelé à modeler la structure pour atteindre les objectifs qui lui ont été fixés par le conseil d’administration. Faire rayonner le Centre pour qu’il accompagne l’émergence agricole de la Côte d’Ivoire.

Sauf que pour le moment, les résultats ne sont pas au rendez-vous ! Bien au contraire, la santé du Cnra se décline au fil des mois. Depuis le début de la nouvelle année, les salaires ont comme quelques difficultés à retrouver leurs destinataires à temps dans les banques, à la fin du mois.

Pendant ce temps, le directeur général, comme « L’Eléphant » l’a constaté, mène une vie plutôt confortable, sans prendre de risque avec son salaire. Versé avec tous les avantages légalement prévus.

Suivant la « Circulaire N°001-2011 du 15 juillet 2011 relative à l’harmonisation des conditions de service et de rémunération des dirigeants sociaux », les salaires des directeurs généraux des sociétés d’Etat et des sociétés à participation financière publique majoritaire se décomposent comme suit :

« Salaire : 2 millions FCFA ; indemnité de représentation, 600 mille FCFA, indemnité de fonction, 600 mille FCFA ; indemnité de logement, 500 mille FCFA ; domesticité (y compris eau, téléphone, électricité), soit, un total net de 4,3 millions par mois. Ce qui est parfaitement confortable.

Mais, le nouveau directeur du Cnra, une fois ce montant sécurisé sur son compte, s’empresse, curieusement, de mettre à la charge de la structure, des charges déjà prises en compte dans son salaire suivant la Circulaire suscitée.

Une résidence cossue aux frais du Cnra

Alors que tous les agents qui occupent des maisons du Cnra payent un loyer, le directeur général lui, ne paie rien du tout. Contrairement à ces prédécesseurs.

Dès son arrivée, il a fait réhabiliter à hauteur de près de 100 millions, une villa du Cnra située à Cocody les Ambassades.

Depuis le mois de janvier 2014, il occupe cette résidence sans verser le moindre sou à la structure. Que fait-il donc avec l’indemnité de logement de 500 mille Fcfa qui lui est versée ?

Interrogé par « L’Eléphant », il s’est expliqué : «J’ai été nommé depuis le 22/10/2012. J’ai toujours habité dans une maison que je paie. C’est en janvier 2014 que la structure a décidé de réhabiliter une maison qui lui appartient pour que j’y habite. Donc je n’y suis que depuis quatre mois seulement. Je ne me fais pas verser une indemnité de logement, j’ai un salaire qui inclut des éléments y compris cette indemnité. La pratique est que tous les cadres de la maison ont une contribution pour le logement qu’ils habitent. Quand j’ai pris la maison j’ai cherché à savoir ce que je devais faire. Mes services étudient dans quelle mesure j’aurai une contribution au logement pour savoir ce que je paie. J’attends cela. Dès que c’est prêt, je paie les quatre ou cinq mois pour lesquels je suis dans cette maison, pour que je sois dans les règles. Je suis un admirateur, un disciple du Président Alassane Ouattara, qui prône la bonne gouvernance; ce n’est pas mon intention de bénéficier de quoi que ce soit. Dès que le retour de l’étude est fait, je m’exécuterai comme tout bon citoyen en règle vis-à-vis des lois de mon pays ».

Depuis quatre mois donc, ses services étudient le niveau du montant qu’il doit payer pour la maison qu’il occupe à Cocody ? Cette étude doit être bien compliquée pour nécessiter autant de temps ! En attendant, il continue de percevoir joyeusement son indemnité de logement de 500 mille Fcfa.

« Donnez moi crédit, je vais payer à la fin ! »

Ce ne sont pas les propos du dégé, c’est le titre d’une vieille chanson d’un chansonnier « Agni » nommé T. Johny.

Alors qu’il prétend que dès que ses services auront déterminé ce qu’il doit payer pour la villa du Cnra qu’il occupe, Yté Wongbé a contracté un prêt de 1,5 million FCFA auprès du Cnra.

Pourtant, l’article 2 du Titre 4 des statuts du Cnra interdit aux directeurs généraux, directeurs généraux adjoints et autres administrateurs «de contracter sous quelque forme que ce soit, des emprunts auprès de la société, de se faire consentir par elle un découvert, en compte courant ou autrement, ainsi que de faire cautionner ou avaliser par elle leurs engagements envers les tiers (…) la même interdiction s’applique aux conjoints, ascendants et descendants des personnes visées au présent article ainsi qu’à toute personne interposée».

Interrogé par « L’Eléphant » sur cet autre exploit, Yté Wongbé s’est inscrit en faux : «Ce sont des conneries, parce que je ne peux pas contracter des prêts. Il peut arriver que pour solliciter un certain nombre de services pour le Cnra, je puisse discrétionnairement demander de l’aide auprès des services. Le seul prêt que j’ai aujourd’hui contracté est de quelques dizaines de millions de FCFA, auprès de ma banque pour acheter ma maison et la terminer.»

Il ne sollicite pas de prêt ? Pourtant, dans une note adressée au DAAF sur simple papier, datée du 27 février et dont « L’Eléphant » s’est procuré une copie, cet « admirateur et disciple » d’Alassane Ouattara a écrit : «Je vous prie de bien vouloir me consentir un prêt d’une valeur 1.500.000FCFA (un million cinq cent mille francs CFA), remboursable en trois mensualités à compter de fin avril 2014. »

Le même jour, un chèque du même montant lui a été donné (voir notre document).

Pour quelqu’un qui ne viole pas les textes en contractant des prêts auprès du Cnra, ce sont là d’étranges coïncidences…

Comment je paie mon eau et mon électricité ?

Il va être content, notre président, de découvrir les actes de son admirateur et disciple à la tête du Cnra. Non seulement il perçoit une indemnité de logement sans payer de loyer, contracte un prêt auprès de la structure qu’il dirige sans en avoir le droit, mais en plus, malgré ses frais de domesticité (eau, courant, téléphone ) d’un montant de 600 mille Fcfa, il fait supporter ses charges d’électricité et d’eau par la société (voir chèque de 298075FCFA)

Interrogé également par «L’Eléphant» sur cet énième exploit, le «disciple» de Ouattara a trouvé des arguments émergents : «ça fait 26 ans que je travaille, j’ai toujours payé mon électricité et mon eau courante. Pendant un an quatre mois soit de 2012 au 31 décembre 2013, j’habitais une maison de location…Au Cnra, l’abonnement est au nom de la structure. Quand j’ai vu cet état de fait, ça m’a gêné; j’ai demandé à mes services comment je fais? Mes services m’ont répondu qu’en attendant de trouver la solution, les factures viendront telles quelles. La tradition au Cnra est que tous ceux qui sont logés par la société ne paient pas l’eau et le courant ; cela est réglé par le Cnra. Depuis mon arrivée j’ai proposé des compteurs individuels et cette proposition est en conseil de réflexion pour que les agents notamment les cadres, puissent participer à leur consommation. C’est bien que vous m’ayez alerté sur ces points, mais il n’en est rien. Depuis 16 ans que le Cnra a été créé, les responsables logés ont tout, ce n’est pas nouveau. Ça sonne certes mal, mais voila un peu ce qui se passe. Dès que j’ai l’étude qui a été diligentée auprès de mes services depuis janvier, vous verrez que tous les agents qui bénéficient de ces avantages, commenceront à participer aux frais».

Pourquoi faire payer son eau et son électricité par le Cnra quand cette dernière verse déjà une confortable indemnité pour cela ?

Ah mais qu’est-ce qu’on est bête ! Il attend les résultats de l’étude de ses services pour savoir ce qu’il doit faire.

On espère au moins qu’il a commencé à rembourser son prêt depuis fin avril 2014 comme promis.

Notre président va adorer de découvrir que ses enseignements en matière de bonne Gouvernance sont appliqués à la lettre au Cnra.

ASSALE TIEMOKO

Collaboration : W.A.

Source: L'Eléphant déchaîné N°253

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Published by tressia - dans Société
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