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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 21:43
JUSTICE- A la barre : Une peine trop douce  pour une bagarreuse violente

Le mercredi 30 avril 2014, s’est tenue au palais de justice de Yopougon, l’audience correctionnelle des flagrants délits. Cette audience, débutée à 13 heures 45 minutes, a enregistré dans le box des accusés, 12 prévenus dont une jeune dame. Le président et les juges assesseurs, après avoir consacré 4 longues minutes pour ordonner les dossiers des prévenus selon un ordre qui leur sied, ont enfin convoqué Nouané Bernie Karelle Paulet, l’unique jeune dame, à la barre.

Une peine trop douce pour une bagarreuse violente

Nouané Bernie Karelle Paulet est âgée de 23 ans. Elle est attraite devant la juridiction répressive pour des faits de coups et blessures volontaires. C’est le 17/04, dans la commune de Yopougon, que les faits se sont déroulés. Elle a donc comparu devant le juge correctionnel pour répondre de son acte. Kouassi Ahou Valérie, la victime de ces faits, est la première à être interrogée par le juge.

-Vous avez finalement pu obtenir le certificat médical ?

-Par faute de moyens financiers, je n’ai pas pu l’obtenir, répond la victime dont une partie du côté gauche du visage est lourdement masquée par du sparadrap. La preuve de l’atrocité subie du fait de la prévenue.

Instruit, le président la prie de regagner sa place et il convoque le présumé auteur de ce forfait à la barre.

-Devant le procureur, indique le président, tu as déclaré : «Je reconnais les faits qui me sont reprochés. Je demande pardon à la victime». Si ce n’est pas un couteau, poursuit-il, c’est au moins avec une lame que tu l’as blessée. Qu’est-ce que vous avez utilisé pour lui infliger cette blessure?

-C’est une capsule, se défend-elle.

-Vous reconnaissez au moins les faits qui vous sont reprochés?

-Oui, répond-elle.

De nouveau, la victime est sollicitée par le président.

-C’est avec quoi elle vous a blesséé?

-C’est avec une lame. Ma blessure a nécessité plusieurs points de suture.

-Elle (la prévenue) reconnaît les faits mais vous, vous n’avez pas de certificat médical pour éclairer le tribunal sur le coût des dépenses occasionnées par sa faute.

-Monsieur le président, je serai obligé de faire une estimation des dépenses. Je suis allée voir le dermatologue et il a évalué le traitement de la blessure à 850 mille francs CFA.

-Il reste donc 150 mille francs CFA pour atteindre 1 million de FCFA, fait remarquer le président.

-Monsieur le procureur, vous avez la parole pour votre réquisition.

-La prévenue reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Elle prétend avoir occasionné la blessure que porte la victime à l’aide d’une capsule. Mais la victime, elle, affirme le contraire. Elle affirme que c’est avec une lame qu’elle lui a infligé cette blessure. C’est vrai que la victime n’a pas pu présenter un certificat médical pour étayer cela. Mais à la vue de sa blessure, les faits sont assez graves. Mais l’auteur des faits étant une étudiante, nous ne voulons pas par notre sentence, briser son avenir. C’est pourquoi, nous vous prions, tout en la déclarant coupable de ces faits, de lui accorder des circonstances atténuantes. En répression, vous le condamneriez à 6 mois de prison avec sursis et au paiement d’une amende de 100 mille francs CFA.

- Nouané, le procureur demande de te condamner à 6 mois de prison avec sursis et au paiement d’une amende de 100 mille francs CFA. Que dis-tu pour ta défense ?

Sans laisser le temps à la mise en cause de répondre à sa question, le magistrat lui redemande :

-Tu as quel niveau d’étude?

-Je suis en deuxième année de communication.

-Dans quelle école fréquentez-vous ?

- J’étais à l’ETEP au Plateau.

-Tu es toujours là-bas ?

-Non.

-Le tribunal, conclut le président après 20 minutes de procès, te déclare coupable de ces faits. En répression, il te condamne à 12 mois de prison mais, dit qu’il sera sursis à l’exécution de cette peine et il te condamne également au paiement d’une amende de 100 mille francs CFA et la somme de 500 mille francs à titre de dommages et intérêts à la victime. Tu vas sortir de prison, conseille le président, mais pendant 5 ans, si quelqu’un vient porter plainte contre toi pour des faits similaires, tu purgeras non seulement la peine de 12 mois de prison mais aussi la nouvelle peine à laquelle tu seras condamnée.

«Un profiteur de la chaleur» mis hors d’état de nuire par la justice

Traoré Lacina est le second prévenu à être convoqué à la barre. Il est âgé de 23 ans et il est Malien. Il est accusé de vol portant sur 2 téléphones portables et la somme de 60 mille francs CFA. Ce vol perpétré pendant la nuit, a eu lieu le 20/04.

Le juge très habile, prend d’abord le soin de rafraîchir la mémoire du mis en cause, en lui retraçant dans les moindres détails le film de son exploit.

-A cause de la forte chaleur qui règne en ce moment, les gens ont laissé la porte de leur maison ouverte pour aller se coucher. Et toi, aux environs de 3 heures du matin, tu es rentré dans leur maison pour voler des téléphones portables et une somme d’argent. Tu dis quoi aujourd’hui? Tu as volé les téléphones portables-là ?

-Oui, confesse-t-il sans aucune résistance.

-Et l’argent ?

-Je n’ai pas volé d’argent.

-Comment on vous a arrêté ?

-Ils m’ont poursuivi d’abord avant de m’arrêter.

Avisé, le juge convoque Karamoko Abou, la victime du vol, pour l’entendre à son tour.

-Racontez-nous un peu les faits, dit le magistrat.

-je suis allé dans la douche et de retour dans la chambre, j’y ai surpris ce monsieur. Je lui ai demandé : «mon frère tu fais quoi ici ?» Je lui ai ensuite demandé de venir ici et voyant qu’il prenait la fuite, j’ai commencé à crier «Au voleur ! Au voleur !». Il a volé 8 téléphones portables et la somme de 60 mille francs CFA.

-Mais quand vous l’avez arrêté, qu’est-ce que vous avez pris sur lui?

-Deux téléphones portables. Ils étaient au nombre de deux et son second a réussi à fuir.

-Est-ce qu’ils se parlaient au moment où vous les poursuivez ?

La victime a du mal à réagir à cette question du juge. Le procureur demande alors l’autorisation au président, pour questionner la victime.

-A 3 heures, quand vous avez vu le prévenu dans la chambre, vous lui avez dit quoi ?

-J’ai dit : «mon frère, tu fais quoi ici ?». Je lui ai ensuite demandé de venir ici.

-Vous n’avez pas besoin de lui demander de venir vers vous, puisque vous ne le connaissez pas. Son acolyte a donc eu le temps de fuir. Vous n’avez pas besoin de lui demander : «mon frère, tu fais quoi ici ?»

-je revenais des toilettes et je l’ai surpris dans ma chambre.

-Vous êtes combien dans la maison ?

-Nous sommes au nombre de 8 personnes.

-Les 8 téléphones portables appartiennent à qui?

-J’avais mes 2 téléphones portables et les 6 autres appartiennent à d’autres habitants de la maison.

-Et les 60 mille francs CFA ? Demande le juge.

-Son second les a pris pour fuir.

-S’il est condamné, vous voulez qu’il vous paie quelque chose ?

-Oui. Je réclame 100 mille francs CFA, répond-il.

-Monsieur le procureur, vous avez la parole pour votre réquisition.

-Il faisait chaud et la victime a laissé la porte de sa maison ouverte. Profitant de cette situation, le prévenu est rentré dans la maison pour s’emparer des téléphones portables. Mais avait-il un complice caché dans l’ombre pendant cette opération? Il est difficile pour nous de prouver cela. Une chose est sûre, c’est Traoré Lacina qui a été appréhendé et en sa possession, 2 téléphones portables ont été retrouvés. Pour nous, il n’y a aucun doute, les faits de vol qui lui sont reprochés sont établis. Vous le déclareriez donc coupable de ces faits et en répression, vous le condamneriez à 6 mois de prison et au paiement d’une amende de 50 mille francs CFA.

-Tu dis quoi pour ta défense ?

-Je demande pardon, je n’ai rien d’autre à dire.

Verdict du tribunal à l’encontre du prévenu après 18 minutes de jugement : 6 mois de prison et le paiement d’une amende de 50 mille francs CFA.

Noël Konan in L’Eléphant déchaîné N°248

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Published by tressia - dans Société
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