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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 08:15
JUSTICE- A la barre : Le complice d’un escroc conduit en prison sans l’escroc

Complicité d’escroquerie portant sur des numéraires. Ce sont les faits reprochés par la justice à Tra-Bi Mickaël, apprenti couturier de son état. Les faits mis à la charge du prévenu se sont déroulés dans le courant de l’année 2013.Interpellé, suite à son forfait et placé sous mandat de dépôt en prison, il a comparu le 12/05 devant le juge répressif du tribunal correctionnel du palais de justice de Yopougon pour répondre de son acte.

-Le prévenu, interrogé en présence du procureur, au parquet, rappelle la présidente, a déclaré : « Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés. Je ne savais pas qu’on lui avait remis l’argent ». Avant de poursuivre, est-ce qu’aujourd’hui, vous reconnaissez les faits ? Redemande-t-elle au prévenu.

-Je demande pardon.

-Le pardon que vous demandez, est-ce parce que vous reconnaissez les faits ?

-Non.

-Qui est Coulibaly (l’auteur principal de l’escroquerie) ?

-C’est un client.

-Il vient voir régulièrement qui dans l’atelier de couture ? Est-ce que monsieur Koné Mohamed(la victime) le connaissait ?

-Non.

-Qui a donc dit à monsieur Mohamed que monsieur Coulibaly avait des machines à coudre à vendre ?

-Ce n’est pas moi, nie le prévenu.

La victime,Koné Mohamed, est convoquée par le juge à la barre.

-Racontez-nous, dit le magistrat, ce qui s’est passé.

-J’ai exprimé un jour dans l’atelier, un besoin de machines à coudre. Tra-Bi ayant entendu cela, il est allé le dire à Coulibaly. C’est ainsi que celui-ci est venu un jour dans mon atelier pour me proposer des machines à coudre.

-Vous avez payé ses machines à coudre à combien ?

-A 200 mille francs CFA.

-A qui vous avez remis cet argent ?

-J’ai d’abord remis 100 mille francs CFA à Tra-Bi pour les remettre à Coulibaly. Ensuite, je lui ai encore donné 80 mille francs CFA pour les remettre à Coulibaly. Mais voyant que les machines à coudre n’arrivaient pas, j’ai commencé à avoir peur. C’est ainsi que j’ai voulu porter plainte contre eux au commissariat de police, mais l’oncle de Tra-Bi est intervenu pour un règlement amiable de l’affaire. Mais cela n’a pas donné grande chose.

-Merci Monsieur Mohamed. Votre déclaration est claire comme de l’eau de roche.

-Monsieur Tra-Bi, venez à la barre. Après tout ce que la victime vient de dire, qu’est-ce que vous avez à déclarer ? C’est vrai ou c’est faux?

-C’est faux, persiste-t-il.

La victime de nouveau est priée de venir à la barre.

-Si le prévenu est déclaré coupable, demande la présidente, vous voulez qu’il vous paie quelque chose ?

-Son oncle est venu me voir pour un règlement amiable. Je ne demande donc rien.

-Madame le procureur, votre réquisition.

-Le prévenu est poursuivi pour des faits de complicité d’escroquerie portant sur des numéraires. A la barre, il nie les faits qui lui sont reprochés. Le témoignage de la victime, comme vous avez eu à le dire, est pourtant assez clair. Vous voudriez bien, madame la présidente, le déclarer coupable de ces faits. En répression, nous requérons que vous le condamniez à 3 mois de prison et au paiement d’une amende de 30 mille francs CFA.

Le verdict du tribunal : 3 mois de prison ferme et le paiement d’une amende de 30 mille francs CFA.

Son obstination à ne pas avouer des faits aussi clairs comme de l’eau de roche, est à la base de cette sanction terrible du tribunal.

L’aveu de l’escroc ne l’épargne pas

d’un séjour à la Maca

Contrairement à l’affaire précédente, c’est le principal auteur des faits, le présumé escroc lui-même, qui est présent au procès. Il se nomme Kassé Konan Martin, il est âgé de 38 ans. A cet individu, il est reproché les faits d’escroquerie portant sur 180 mille francs CFA. C’est dans le courant de mars 2014, dans la commune de Yopougon, que les faits mis à sa charge se sont produits. Mis aux arrêts et gardé au frais à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), il a, lui aussi, comparu devant le même juge correctionnel pour s’expliquer sur ces faits.

-Interrogé au parquet devant le procureur, le prévenu, indique le juge, a déclaré : « Je reconnais les faits. Je n’étais qu’un témoin de la transaction qui a lieu ». Et devant le tribunal ?

-Je reconnais les faits, je demande pardon au tribunal, avoue aisément le prévenu.

-Mettez-vous de côté, on va entendre la victime.

La victime(Kanga Alex),n’ayant pas répondu présent à l’appel de son nom, est prié par le juge de répéter à trois reprises, en guise de sanction, son nom. Après s’être exécuté, il est prié de se mettre à la barre.

-Vous l’avez entendu, il reconnaît les faits.

-Oui, mais je demande le remboursement de mon argent.

-Donc vous vous constituez partie civile ?

-Oui.

-Venez à la barre, redemande la présidente au prévenu. Qu’est-ce que vous avez à dire ?

-Je lui demande pardon. Je demande au tribunal de me relâcher pour que je lui rembourse son argent.

-Madame le procureur, il demande qu’on le relâche afin qu’il puisse rembourser l’argent de la victime.

Le procureur, insensible à la demande du prévenu, prenant la parole pour son réquisitoire, a requis que celui-ci soit déclaré coupable des faits d’escroquerie qui lui sont reprochés et condamné à 3 mois de prison et au paiement d’une amende de 30 mille francs CFA.

Favorable à cette réquisition, le tribunal a confirmé la sentence souhaitée par le procureur et condamné par ailleurs le prévenu à dédommager la victime à hauteur de 180 mille francs CFA. Dura lex sed lex.

Noël Konan (L'Eléphant déchaîné N°254)

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Published by tressia - dans Société
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