Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de tressia
  • Le blog de tressia
  • : Politique, economie, société, sports, humour, pensées, crise ivoiriennes
  • Contact

Recherche

Archives

4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 13:19
Guillaume Gbato (SYNAPPCI) accuse : «Le GEPCI, depuis six ans, fait du dilatoire »

Non application de la Convention Collecftive de la presse ivoirienne: Guillaume Gbato (SYNAPPCI) accuse : «Le GEPCI, depuis six ans, fait du dilatoire »

Journée mondiale de la liberté de la presse Mai 2014-Conférence de presse du SYNAPPCI

THEME : Application de la Convention Collective annexe des journalistes et professionnels de la Communication : Bilan et Perspective.

Conférencier : Guillaume GBATO, Secrétaire général du Syndicat National des Agents de la Presse Privée de Côte d’Ivoire (SYNAPP-CI), Président du Comité de Pilotage de l’Intersyndicale du secteur de Médias en Côte d’Ivoire

Il m’a été demandé par le comité d’organisation de cette vingtième édition de la journée mondiale de la liberté de la presse dans notre pays, de prononcer une conférence sur le thème du bilan de l’application de la Convention collective annexe des journalistes professionnels et des professionnels de la communication conclue le 12 février 2012b entre le syndicat national des agents de la presse privée de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI) et le groupement des éditeurs de presse de Côte d’Ivoire (GEPCI) et entériné par l’Etat de Côte d’Ivoire à travers la double signature des ministres de la Fonction publique et de l’emploi, le Prof. Hubert Oulaye et celui de la Communication, Ibrahim SySavané.

Je voudrais à mon nom personnel et au nom des membres du Bureau Exécutif National du SYNAPPCI et de l’ensemble des travailleurs du secteur des médias de notre pays, exprimer à ceux qui ont porté leur choix sur ma modeste personne, toute ma reconnaissance et ma profonde gratitude pour l’honneur qui m’est ainsi fait. Et à travers moi, à toutes ces femmes et ces hommes qui se battent chaque jour au risque de leur vie, pour que les professionnels des médias de notre pays ne soient pas condamnés à la misère, à la mendicité et au déshonneur social. Mais, ce choix est aussi un signe des temps. Il est en effet la preuve de ce que toute la communauté médiatique de notre pays, mais aussi et surtout l’Etat, les partenaires au développement, et les consommateurs d’œuvre de presse de façon générale ont fini par se rendre à l’évidence. A savoir que la situation de précarité généralisée et entretenue qui est aujourd’hui celle des professionnels des médias ne peut plus durer.

C’est pour quoi je tiens à saluer tous ceux qui de près ou de loin ont travailler à la maturation de cette de prise de conscience collective qui est aujourd’hui notre principal acquis et surtout notre principal atout dans notre volonté de faire changer les chose dans le bon sens.

Pour en venir au sujet qui nous réunis ici ce matin, je vous propose, après cette brève introduction, de partager avec vous une définition acceptable pour tous de la convention collective, de faire un rappel historique du processus ayant conduit à la signature de la Convention collective annexe des journalistes professionnels et des professionnels de la communication, le 12 février 2008 comme je l’ai déjà rappelé, de rappeler quelques actes importants qui ont été posés ça et là depuis cette date historique avant de finir par vous dire le sentiment qui est le mien aujourd’hui, en ce qui concerne l’avenir.

Si nous sommes d’accord, je dirai qu’une convention collective est un accord écrit qui découle de négociations entre syndicatsd’employeurs et de salariés.

Une convention collectivecomplète, en les améliorant,les dispositions du Code dutravailen instituant des dispositions qui n'y sont pas prévues tels que les salaires minimaux ou un régime de prévoyance, par exemple. Elle comprend un texte de base ainsi que des avenants, accords ou annexes résultant de modifications périodiques sur des points particuliers. Chaque convention collective définit le cadre géographique et professionnel qu'elle va couvrir. Et c'est l'activité économique principale de l'entreprise qui la détermine. Et dans notre cas c’est la presse.
Quelque soit l'effectif, elle s'applique : dans les entreprises où l'employeur est adhérent à une organisation patronale signataire, dans les entreprises où l'employeur décide de l'appliquer volontairement, et dans toutes les autres entreprises de la branche et du secteur géographique, quand la convention collective a été étendue par arrêté du Ministère dutravail.Généralement,en matière de dialogue social, il est admis qu’une bonne convention collective est unatout pour une entreprise qui recrute! Si laconvention collective n'est pas appliquée, dans les faits et dans le contrat de travail, le salarié peut en demander l'application soit directement à son employeur, soit par l'intermédiaire des délégués du personnel.

Dans le secteur des médias en Côte d’Ivoire, comment en est-on arrivé à la convention de février 2008 ?

Pour répondre à cette question, il faut dire, que notre convention est à l’origine, une annexe de la convention collective interprofessionnelle de 1977. Laquelle a été signée entre les travailleurs de Fraternité Matin et leur employeur en 1983.

Avec le printemps de la presse intervenu en 1990, certaines entreprises de presse comme la SADEA Editions, qui éditait à l’époque le quotidien La Voie, ont essayé de s’y conformer. Parce que justement, à l’époque, plusieurs inspirateurs et animateurs de ce groupe de presse étaient issus de Fraternité Matin. Cependant et malheureusement, la quasi-totalité des titres qui ont fleuri à cette période ont évolué dans l’informel. L’entreprise de presse se résumant généralement à un promoteur omnipotent, à des locaux sommaires, à quelques ordinateurs et à des travailleurs dont le salaire était la seule joie qu’ils avaient, chaque matin, de voir leur nom au bas d’un article. Et qui ne cessaient de remercier le ciel quand une âme généreuse, daignait leur tendre un billet de dix mille francs pour service rendu.

C’est cette situation dramatique qui a conduit à la première décision historique, en faveur de l’amélioration des conditions de vie et de travail des professionnels des médias ivoiriens, à l’occasion du congrès de l’Union Nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) en Août 1998 à Grand-Bassam. Au terme de ces assises, les participants conscients que toutes les autres solutions proposées pour améliorer la qualité des journaux seraient inopérantes sans la prise en compte des conditions de travail, ont décidé de la création d’un syndicat pour défendre leurs intérêts.

Le syndicat national des agents de la presse privée de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI) est ainsi né un an plus tard le 25 Août 1999 à l’institut des sciences et techniques de la Communication (ISTC). C’est le lieu de rendre hommage aux précurseurs, dont certains malheureusement ne sont plus des nôtres comme le camarde Cendres Glazaï, premier secrétaire général de notre organisation, figure emblématique de notre lutte et CriwaZéli Paulin, premier secrétaire général de la section SYNAPPCI du groupe Olympe, et par la suite membre du bureau national du SYNAPPCI. Heureusement, ils sont encore nombreux ceux qui sont encore avec nous. Et sans vouloir les citer tous, je voudrais saluer le camarade Dékos Badaud, président du Conseil syndical du SYNAPPCI, Armand Bohui, 1er secrétaire général adjoint du SYNAPPCI, MM. MéitéSindou, Charles Sanga, et Fernand DédehTagro.

Dans la marche victorieuse du SYNAPPCI et de toutes les forces de progrès dans notre secteur, je veux retenir quelques dates significatives. Le 14 décembre 2004 qui a vu l’adoption de la loi N°2004-643 du 14 décembre 2004, dans laquelle le législateur à fait de l’application de la convention collective une condition de création des entreprises de presse.

Le 17 juillet 2007, date de signature de l’arrêté interministériel N°002/MINICOM/MFPE du 17 juillet 2007 portant création du groupe de travail sur la convention Collective des journalistes et professionnels de la Communication.

Du 11 au 15 décembre 2007, le temps de l’organisation du séminaire de finalisation et de validation des travaux du groupe de travail sur la Convention collective

Le 27 décembre 2007, le jour de l’adoption du décret N° 2007 portant attributions, organisation et fonctionnement du Fonds de Soutien et de Développement de la Presse. Tous ces textes ayant pour objectif d’améliorer l’environnement juridique, économique et social des médias privés ivoiriens ont eu pour conséquence logique, la signature de la Convention collective qui au final, n’est qu’une copie légèrement améliorée de son ancêtre de 1983. Elle prend en compte notamment les professionnels de la communication, les critères de recrutement des journalistes professionnels et des professionnels de la communication, les critères d’avancement des journalistes professionnels et des professionnels de la communication, la valeur du point fixée à 1900, l’indemnité de logement fixée à 13% du salaire catégoriel, la prise en compte des prestations maladie, montures et verres correcteurs au travers d’une assurance l’assurance maladie à hauteur de 80%. Mais, conscientes des difficultés qui étaient celles du secteur les parties se sont accordées sur délai de carence des dix huit mois pour : « permettre la vulgarisation suffisante du nouveau texte, la mise en place des mesures d’accompagnement prévues par la loi 2004-643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse et pour rendre l’environnement économique favorable aux activités des entreprises de presse ».

Je tiens à préciser que ces mesures d’accompagnement ont été clairement identifiées dans des recommandations faites au gouvernement. Il s’agit notamment :

  • De la mise en place du Fonds de soutien et de développement de la presse dans toute sa composante
  • Des allègements fiscaux (annulation de la patente et de l’ITS)
  • Application pleine et entière de la convention de florence, réduction substantielle du prix unitaires d’impression des journaux
  • Baisse de la commission perçue par les distributeurs
  • Répartition équitable de la manne publicitaire institutionnelle

Mais alors qu’avons-nous fait depuis ce fameux 12 février 2008 ? Beaucoup de chose. Le SYNAPPCI s’est notamment investit corps et âme dans la vulgarisation de ce texte conformément aux recommandations de Grand-Bassam. C’est ainsi que durant toute l’année 2009, grâce au soutien financier du National Endowment for Democracy (NED), une organisation non gouvernementale américaine nous avons entrepris une grande campagne de vulgarisation du document qui a permis à tous les professionnels des médias de se familiariser avec cet outil.

Dans cette bataille, il est bon de rappeler quelques dates importantes. Je retiendrai plus près de nous les états généraux de la presse organisés du 30 août au 1er septembre 2012 à Yamoussokro et qui ont fortement recommandé l’application de la convention collective. J’y ajouterai la décision du Conseil National de la Presse (CNP) en date 13 septembre 2013 fixant un chronogramme d’application de la Collective. Je terminerai ce chapitre du bilan par le communiqué N° 004/CNP/SG du CNP en date du 19 mars 2013 relatif à la mission d’évaluation des entreprises de presse. Dans ce communiqué, le conseil lui-même fait le constat qu’ « un nombre considérable d’entreprises de presse évolue encore dans l’informel », et affirme clairement « 40% des entreprises de presse payent leur journalistes professionnels et professionnels de la communication au niveau minimum des 1400 points requis par le protocole d’accord sur l’application de la convention collective ». Ce qui veut dire que 60% des entreprises de presse de le fait pas. Le constat est donc clair. La Convention collective plus de six ans après sa signature, plus de dix ans après l’adoption de la loi sur la presse faisant d’elle une condition de création des entreprise de presse n’est pas encore entièrement appliquée dans les entreprises de presse écrite de Côte d’Ivoire. A la limite deux entreprises, la Refondation S.A, éditeur du quotidien Notre Voie et Mayama Editions, éditeur du quotidien Le Patriote font une petite exception à la règle.

Mais à qui la faute ?

Au GEPCI d’abord. Qui depuis six ans fait du dilatoire et trouve toujours des arguments pour se soustraire à ses engagements pris publiquement et en toute responsabilité. Alors que l’Etat, même s’il peut mieux faire à fait des gestes importants. J’en veux pour preuve, la mise en place du FSDP, et de son fonds de garantie, l’annulation de toutes les dettes fiscales des entreprises de presse depuis 2008. Mieux les patrons de presse eux même viennent de procéder à l’augmentation des prix des journaux, avec pour objectif annoncé, de mieux payer leurs travailleurs.

Au CNP ensuite. Qui pendant longtemps, notamment sous le président Eugène Kacou a freiné des quatre fers et refusé de prendre quelques initiatives visant à contraindre les patrons de presse à respecter leurs engagement et la loi. Mais plus grave récompensait chaque année, les entreprises qui s’illustraient le plus négativement dans le traitement de leur travailleur. C’est pour quoi les syndicats ont applaudi des deux mains les initiatives prises par le nouveau CNP sous la houlette du président Raphaël Lakpé. Même si nous estimons que ces efforts doivent être poursuivis avec diligence.

Aux travailleurs des médias enfin. Qui ont abdiqué. Et laissé leur sort entre les mains d’on ne sait qui. Préférant les perdiems déshumanisant, à une lutte responsable pour le respect de leurs droits.

Face à un tel constat que faire ? Quelle sont les perspectives ?

En termesde perspective il faut déjà noter la date du 7 Mai prochain, la date réclamée par le GEPCI pour faire connaître sa position sur la décision du CNP du 13 septembre 2012.

Mais au-delà de cette date, à notre humble avis, la seule voie qui s’offre aux travailleurs des médias de Côte d’Ivoire s’ils veulent voir la convention collective s’appliquer, c’est d’intensifier la lutte syndicale. De dénoncer avec force les violations du droit du travail qui fleurissent partout en ce moment dans nos entreprises de presse. De faire preuve de lucidité et de solidarité. Sur ce chantier, le SYNAPPCI a pris les devant en travaillant à la création d’une intersyndicale et demain à la mise en place d’une fédération forte et solidaire. C’est pour quoi, pour nous le seul message qui tienne est que chaque partie prenne ses responsabilités, parce que la Convention attendue est déjà dépassée. Mais il faut que les choses soient claires. Pour nous, la rencontre du 7 mai prochain au CNP sera la dernière. Si nous n’obtenons pas satisfaction, nous reviendrons à la voie judiciaire. Nous saisirons le procureur pour qu’il fasse appliquer la loi. Je voudrais dire que notre destin est entre nos mains. Plus que jamais.

Merci de votre aimable attention.

Partager cet article

Repost 0
Published by tressia - dans Société
commenter cet article

commentaires