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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 08:48
Audience de confirmation des charges-L’ordre de Divo va-t-il tuer Gbagbo ?

Dans notre édition N°131 datée du 22 février 2013, exploitant les informations d’une source proche de la Cpi, nous avions titré : « CPI : Voici l’arme fatale cachée par Bensouda ».

La stratégie du Bureau du Procureur de la Cpi, c’est d’arriver à convaincre les juges de la Chambre préliminaire en charge du dossier de Gbagbo, que celui-ci a mis en place, avec ses soutiens, un « plan commun » pour confisquer le pouvoir avant même le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2010.

Dans notre édition N°131, nous écrivions que la procureure Fatou Bensouda considérait le discours tenu par Laurent Gbagbo à Divo, le 27 août 2010, à la faveur de l’installation de la « CRS » dans cette ville après les violences y survenues en raison des radiations sur la liste électorale, comme l’un des éléments avant-coureurs de la mise en œuvre du « Plan Commun ».

Au point « 96 » de ce nouveau « Document », Fatou Bensouda cite les propos tenus par Gbagbo vis-à-vis des policiers au cours de cette cérémonie: «Avant la crise post-électorale, GBAGBO a dit à ses forces d’agir sans réfléchir, de ne pas remettre en question la légalité des ordres émanant de leurs supérieurs et leur a laissé entendre qu’elles ne seraient pas sanctionnées quelles que soient les mesures qu’elles prendraient… »

Selon notre source, « si les juges tiennent compte de cet élément, les choses pourraient très mal tourner pour Laurent Gbagbo… »

Lire en encadré, ces propos qui pourraient tuer l’intrépide Gbagbo. Ses avocats et lui ont sans doute déjà réfléchi à une explication imparable.

«93. Cinquièmement, lors des fréquentes réunions susmentionnées, les participants ont délibérément évité de débattre de la nécessité de mettre un terme au massacre généralisé des civils et ce, malgré les avertissements de la Haut- Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme adressés à des haut gradés des FDS et en dépit des critiques largement diffusées dans les médias visant les forces pro-Gbagbo. Les FDS ont nié à plusieurs reprises toute responsabilité pour les crimes commis lors de la crise post-électorale et aucune véritable enquête interne sur les personnes portant la responsabilité de ces crimes n’a été menée. Au contraire, les forces pro-Gbagbo ont à maintes reprises entravé les activités de l'ONUCI, y compris les tentatives d’enquêtes sur les allégations de violations aux droits de l'homme menées par sa Division des droits de l'homme.

94. Le 7 janvier 2011, soit une semaine après la notification des avis de la Haut-commissaire des Nations Unies, GBAGBO a créé une Commission Internationale d’Enquête dont le mandat était « de faire la lumière sur les infractions portant atteinte aux Droits de l’Homme » survenues depuis le 3 novembre 2010. La commission avait un mois pour exécuter son mandat. Le 16 février 2011, le Président de la Commission, Adolphe Kadjo DJIDJI, a soumis le rapport provisoire à l’attention, notamment, du Ministre de l’Intérieur afin d’obtenir ses observations et commentaires sur ledit rapport. Le rapport fait à peine plus d’une page. Un seul incident identifiait les FDS comme auteurs présumés. A titre d’exemple, la seule mention de violations alléguées pour l’attaque du 16 décembre 2010 (la marche sur la RTI) est une référence à la mort d’un civil et aux personnes blessées lors du saccage du siège du PDCI-RDA à Cocody et à l’extorsion de fonds de militants du RHDP arrêtés et détenus à des postes de police. Aucune mention n’est faite au sujet des nombreuses victimes civiles mortes et blessées dans les différentes communes et quartiers d’Abidjan ou encore, le rapport ne précise pas l’identité des auteurs présumés des crimes commis lors de la marche sur la RTI.

95. Le 23 février 2011, le Commandant Supérieur de la Gendarmerie fait parvenir ses observations et commentaires sur le rapport de la Commission à l’attention du Ministre de la Défense. Il est précisé que ces accusations graves rapportées par la Commission contre les FDS sont dénuées de tout fondement, et qu’il serait plutôt souhaitable que les victimes portent plainte « devant les services juridiques compétents » en apportant les preuves de leurs accusations contre les FDS. Les conclusions provisoires de la Commission ont ainsi été rejetées et elles n’ont pas fait l’objet de véritables enquêtes internes.

96. Avant la crise post-électorale, GBAGBO a dit à ses forces d’agir sans réfléchir, de ne pas remettre en question la légalité des ordres émanant de leurs supérieurs et leur a laissé entendre qu’elles ne seraient pas sanctionnées quelles que soient les mesures qu’elles prendraient : « […] votre rôle n’est pas un rôle d’analyse, de réflexion, votre rôle est un rôle pour mater tous ceux qui sont contre la République, tous ceux qui sèment le désordre. […] Si un soldat, un policier, veut se mettre à réfléchir comme son chef, il n’y a plus d’armée. […] S’il y a des erreurs qui sont commises, nous on règlera ça ». De plus, les autorités judiciaires militaires elles-mêmes ont rassuré les FDS dans des Réquisitions aux fins d’enquête que « toute riposte à une attaque dirigée contre eux constituerait une légitime défense ».

97. Cette volonté récurrente de ne pas intervenir malgré les meurtres de civils, largement dénoncés par les médias, démontre également que GBAGBO et son entourage immédiat cautionnaient ces attaques. Du reste, ces attaques n’étaient pas sans précédent : pendant le conflit de 2002 à 2004, les forces pro-Gbagbo auraient commis le meurtre de civils. En mars 2004, les forces de GBAGBO ont réprimé, avec l’usage des armes, des manifestants qui protestaient contre lui.

Personne n’a été puni suite à ces crimes. GBAGBO et son entourage immédiat ont ainsi créé et perpétué une culture d'impunité parmi les FDS, ce qui a contribué à la commission des crimes lors de la crise post-électorale.

98. Sixièmement, même après son arrestation en avril 2011, GBAGBO et son entourage immédiat n’ont jamais renoncé au pouvoir et ont continué d’ordonner des mesures destinées à la mise en œuvre de la Politique. Malgré l’arrestation de nombreux de ses membres, dont GBAGBO, l’organisation a poursuivi la Politique en prenant, au moins jusqu’au 8 mai 2011, des mesures en vue de reconquérir coûte que coûte le pouvoir.

7. FAITS EN CAUSE AU REGARD DES CRIMES REPROCHÉS

1. Premier événement : attaques liées aux manifestations devant le siège de la RTI (du 16 au 19 décembre 2010)

99. Le 16 décembre 2010 au matin, les partisans de OUATTARA, des civils non armés, se sont rassemblés en grand nombre dans différents quartiers d’Abidjan pour se diriger vers les locaux de la RTI à Cocody pour installer le nouveau directeur général de cette institution nommé par OUATTARA. Le contrôle de la RTI en tant que principal moyen de diffusion d’information était crucial sur le plan stratégique. La RTI soutenait le LMP depuis des années et diffusait des programmes au soutien de GBAGBO. Les alliés de GBAGBO s’en servaient aussi pour diffuser des messages de haine entre autres contre des groupes ethniques, politiques, religieux et nationaux perçus comme favorables à OUATTARA, ce qui a alimenté et exacerbé les tensions. GBAGBO et son entourage immédiat s’étaient également engagés dans une «bataille médiatique » visant à nier, auprès de l’opinion publique, tout soutien populaire en faveur de OUATTARA. Les éléments des FDS, dont les forces armées, la police, la gendarmerie, le CECOS et la GR, appuyés par les jeunes pro-Gbagbo, des miliciens et des mercenaires, ont réprimé cette manifestation dans la violence ; violence que les forces pro-Gbagbo ont continué à infliger contre les personnes perçues comme pro-OUATTARA dans divers quartiers d’Abidjan entre le 16 et le 19 décembre 2010. Pendant ces quatre jours, les forces pro-Gbagbo ont tué 45 personnes au moins, en ont blessé grièvement 54 autres au moins et ont violé 16 femmes et jeunes filles au moins. Il s’agissait de victimes civiles.

100. Les éléments de preuve recueillis montrent que la répression de cette marche avait été planifiée et organisée par GBAGBO et son entourage immédiat. Le jour avant la marche, le chef d’état-major avait convoqué une réunion avec le haut commandement des FDS afin de discuter des instructions qu’il avait reçues de GBAGBO, notamment d’empêcher les manifestants d’atteindre la RTI et des mesures qui devaient être prises en vue de la manifestation annoncée. Les forces armées, la gendarmerie, le CECOS et la police devaient être positionnés dans le périmètre de la tour de la RTI et dans d’autres quartiers d’Abidjan pour empêcher la « libération » de celle-ci par les partisans de OUATTARA et disperser les cortèges de gens qui se rassemblaient, pour faire route jusqu’à la RTI. Les troupes ont reçu l’ordre d’« empêcher tout accès à la RTI ». Le chef d’état-major général des forces armées a confié la coordination des opérations relatives à la manifestation au Directeur Général de la Police Nationale, le général M’bia BREDOU. Le chef d’état-major a tenu GBAGBO informé de l’évolution de la situation sur le terrain. »

Le discours de Divo

«(…) En 1944, en France, c’était comme ici. Notre guerre est finie, mais elle n’est pas totalement finie. En France, l’intention de De Gaule en créant en 1944 la CRS, c’était de se battre contre les semeurs de troubles, contre l’insécurité.

La CRS a donc été créée pour se battre contre le désordre. Vous, vous êtes des policiers, vous n’êtes pas des juges. Votre rôle est de faire en sorte que la République vive, que l’autorité républicaine vive ! Vos ennemis, ce sont tous ceux qui sont contre la République.

Tous ceux qui veulent installer la chienlit, le désordre. Tous ceux qui veulent troubler les élections. Battez-vous contre le désordre, contre la chienlit. Ne réfléchissez pas, ce sont les juges qui réfléchissent. Vous êtes des combattants du respect de l’ordre public et on ne vous demande pas de réfléchir, ce n’est pas votre rôle. Votre rôle, c’est de mater, mater. S’il y a des dégâts, les juges rétabliront tout. La République se construit avec les Forces de l’ordre, avec les forces de combat.

Moi, j’ai les bras de la République. Quand le moment arrive pour que je lance mes bras, je les lance. Je vous ai envoyés ici parce que l’ordre est trop souvent troublé à Divo.

Matez tous ceux qui sèment le désordre et après on réfléchira. Matez, matez tous ceux qui sont contre la République.

Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers. Votre rôle n’est pas de réfléchir comme les juges. Ce sont les commissaires qui réfléchissent à votre place. Vous, votre rôle, c’est de mater, de mater. Mon père me disait, quand tu es dans l’armée, tu ne dois pas réfléchir trop, tu dois taper, taper. Le policier ne doit pas réfléchir. Il doit taper et s’il y a des erreurs, s’il y a des problèmes, nous allons arranger. Je vous ai envoyés ici à Divo pour que ceux qui sont contre la République soient tapés, soient matés. Pourquoi il y a toujours des troubles ici? Je vous ai envoyés ici pour mettre fin à ces troubles...»

Source : « L’Eléphant Déchaîné » N°253

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Published by tressia - dans Politique
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